CHAPITRE XX
Suit** des eonsAUtiona de la dt>ctrine p«‘cWeole t prédestination de Jéàua>Chriat.
I.es fldèles , A qui Dieu propose une si solide consolation, n’en doivent point chercher d’autres, ni souhaiter de devoir leur salut à une autre cause qu’A la bonté et à l’éternelle prédilection de celui dont il est écrit : Que ce n’est pas nous qui l’amns aimé; mais que c’est lui qui nous a aimés le premier' ; ce qui les doit d’autant pins toucher, que cette grâce qui se trouve dans tous les élus , a précédé dans leur chef. Je ne m’étonne donc pas que M. Simon , q<ii est l’ennemi de la prédestination, se déclare premièrement avec tout l’acharnement que nous avons vu contre celle de Jésus-Christ ; mais nous lui dirons , malgré qu’il en ait , avec saint Augustin ’ , que /e modèle le plus éclatant de la prédestination et j de la grâce, est le Sauveur mime. Par quel mérite, ou des œuvres ou tle la foi , la nature humaine, qui est en lui, a-t-elle obtenu d'être ce qu'elle est; c'est-à-dire, d'être unie au Verbe en unité de personne? Saint Augustin conclut de ce principe , que nous sommes faits les membres de Jésus-Christ par la même grâce qui l’a fait être notre chef : que celui-là nous fait croire en Jésus-Christ qui nous a fait Jésus- Christ , en qui nous croyons; par conséquent , que la même grâce qui l’a fait Christ , nous a faits chréUens , et que ce qui a mis en lui la source des grâces l’a dérivée sur nous , à chacun selon sa mesure : d’où il s’en suit que notre prédestination est aussi gratuite que la sienne. C’est notre consolation d être aimés , d’être choisis , d’être prévenus A notre manière, comme l’a été Jésus-Christ, il a été promis , et les élus ont été promis : Dieu a promis de faire naître son Fils unique d' Abraham * , et lorsqu’il a promis nu même Abraham de le faire la père de tous les croyante , il lui a promis en même temps tous les enfants de la foi et de la promesse'. Ilest écrit qneccyH’ifnpromfr, ilcstpuis-
> I. Joas. IV, to. ,
■ De pmi. SS. Aï. De doua pen. IIIT. Oper. lmp. lu. I,
QtUD. IM* I**-
> Ami. tv, 10.
♦ Df prmd. SS- cap. X.
l)Eri;.\SK DE l.\ TiUDlTlON
tant pour te fmn. Sninl Pnul lie dit pas : Ce qu’il n promis, il est puissant pour le prévoir: mais il dit: Ce qu'il a promit, U estpuissant pour le faire'. Il fait donc la fol dans les enfants de la promesse : il en fait jusqu'au premier commeneement , puisipic e'est cela même qu'il a promis , lorsqu'il a promis aux enfants de la foi de leur donner la naissance ; c'est-à-dire , de leur donner leur être depuis leur conception en Jésus-Christ. Il a promis la persévérance de ces mêmes enfants de la foi, lorsqu'il a dit : Je mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu'ils ne me quittent pas ’ ; et cela qu'est-ce autre chose , dit saint Augustin * , sinon en d'antres paroles : que sa crainte qu'il leur donnera sera si qrande, qu'ils lui seront attachés persèvéramment? Ce qu'il n promis , il l a fait : il a fait la persévérance comme il n fait le eoramenccment. Comme il a fait , dit saint Augustin ^ , qu'on fini à lui, il a fait qu'on ne s'en retirât jamais. L’un et l'autre est l’effet de la même grâce , et cette prSet’ est l'effet de la prédestination; c’est-à-dire, de ce regard de prédilection qui fait la consolation des chrétiens, et dont ils reçoivent un gage, lorsque Dieu leur inspire, avec la prière, la volonté de remettre en ses mains tout l'ouvrage de leur salut , de la maniéré qui a été dite.