CHAPITRE XXV
Prières dam les hymnes ; hymne de Synisias , évèqiw de Cyrène.
Parmi tes prières des saints , il faut mettre damt les premiers rangs les hymnes qu’ils ont composées à la louange de Dieu. L’Église d’Occident a adopté celles de saint Ambroise , de Prudence et de beaucoup d’autres , où nous voyons à chaque vers qu’on demande à Dieu , non le pouvoir, mais l’effet et lesecours qui l’attire, commeon voit dans l’hymne de Tierce, où l’on invoque le Saintj Esprit , afin que la bouche , tous les sens , toute laforce de l'âme, retentissent d'actions de grâces, que la charité s'allume en nous, et que l'ardeur s'en répande sur le prochain, ce ipi’on termine en disant : O Père, accorde z-le-nous , etc. On n’a (pi’à ouvrir le Bréviaire pour trouver dans toutes les hymnes ces prières, où l’on demande l’efiiet actuel ; mais les saints d’Orient ne sont pas moins attaché à ces demandes , que ceux d’Occident. Synèse , évêque de Cyrène , a composé au quatrième siècle des hymnes sacrées, dans lesquelles on trouve , avec le tendre d’Anacréon , la sublimité d’Aicée et de Pindare. Mats, sans nous arrêter là , il s’agit d’entendre dire à ce poète céleste : « D^uvrez-moi la lumière de la sagesse : « donnez-moi la grâce d’une vie traiMpiille : Atez « de mes membres les maladies et l’emportemimC « désordonné de mes passions : chassez ces chiens X dévorants de mon âme, de mes prières , de mes « actions ; donnez à votre suppliant une vie inno- « cente, une vieintelleirtuelle : gardez mon corps n sain et noon esprit pur : donnez-moi lesXruits des X bonnes œuvres : donnez-moi des paroles vérita- X bles,ettoutce(iuinou(Titrespérance:accordez, X Père céleste , à mon âme d’être unie à la lumière X primitive , et qu’y étant une fois unie elle ne s»
> P. «la. — > P. 6(6.
DÉFENSE DE LA TRADITION
hlfi
- replonge jamais dausofs ordures terrestres', > c'est-à-dire , en d'autres termes : dounez-moi le commencement , donnez-moi la fin : • Afin , dit-
• il que je sols uni à la source de l'àme, donnez,
• mon Dieu, une telle vie, une vie irréprehensi-
■ Ide à votre poète. •
Mais de peur qu'on ne nous réponde qu'en demandant le commencement il avait déjà commencé, puisqu'il priait, il reconnaît la prière même comme un don de Dieu : • Accordez , dit- « il’, à mon àmc, que soigneusement gardée « (comme sous la clef) par votre main paternelle ,
• elle vous offre suintement des hymnes intellcc-
■ tuelles avec la sainte assemblée qui régne avec
■ nous ; • et encore’ : • Donnez-moi pour coinpa-
• gnic un de vos suints anges , bénin dispensateur
• des prières conçues dans mon Ame par une
• lumière divine. » C'est le secret de la grAce, de savoir connaître que lorsque Dieu veut nous exaucer. Il inspire premicrement les prières qu’il vent entendre ; et ensuite , quand on lui demande, comme fait ce philosophe chrétien, qu'il nous délivre des vices, et qu'il nous inspire la vertu, on imputetoutàsa grâce jusqu'au premier commencement.