‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 459 sur 518 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Grande puiManee de la doctrine et de la grSoe de Jéns-

Chrùt , conuneot démoolrée et eipliqoée par Origtoe.

Ce docte auteur nous fait voir encore la grande puissance de la doctrine et de la grâce de Jésus- Christ , lorsqu'il enseigne que ta prédication prévaudra un Jour sur toute la nature raisonnable , et changera Pâme en sa propre perfection ; dont il rend cette raison ' : Qu’il n’y a point dans les âmes de maladies incurables, ni aucun rire que le Verbe ne puisse guérir ; car il n'y apoint de malignité ni de mauvaise disposition si puissante en Phomme, que le Verbe ne soit encore plus puissant, en appliquant à chacun, selon qu’il plaît à Dieu, te remède dont Pe/fet et le succès est d’âter tes vices .

Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce passage , c’est qu'il y fait mention expresse du libre arbitre de l’homme ; ce qui ne sert qu'à montrer qne lorsqu'il est prévenu de cette manière que Dieu sait , Il n’empéche point l’effet de la gràoe ; et , comme dit saint Augustin , que lorsque Dieu veut guérir, nul libre arÙtre ne lui résiste. Origène n'en a pas dit moins ; et le principe d’où il infère cette conséquence, est qu’il y a dans le Verbe une vertu médicinale infinie ’ , par laquelle il a guéri, dès qu'il a été dans le monde , nonseulement la lèpre vulgaire par un attouchement sensible, mais encore une autre lèpre, c’est-à-dire, celle des vices, par un attouchement vraiment divin , sans doute aussi erficnce et d'un secours aussi infaillible , que celui dont il guérissait la lèpre du corps.

Il a appliqué aux hommes ce divin remède per la prédication de ses apAtres , dans laquelle il y avait une • démonstration de la vérité qui leur <1 était divinement donnée, et qui les rendait di-

• gnes de croyance par l'esprit et par la puissanee « qui accompagnaient leur parole. Cest pourquoi

• elle courait vite et rapidement, on pIntAt le - Verbe de Dieu changeait par eux plusieurs

• hommes , qui étaient nés dans le péché et pleins

• de mauvaises habitudes , que les hommes n’au-

• raient pas changées par quelque supplice que ■ ce fût ; mais le Verbe de Dieu les a changées , les « formant et les refaisant , ou les refondant selon « son bon plaisirL - Voilà, encore une fois, ce qu'enseigne sur l'efficace de la grâce un homme que M. Simon oppose à saint Augustin , comme le défènseur du 11^ arbitre. Que ce suit lui qui parle ainsi, selon son propre sentiment ; ou , comme quelques-uns l'aiment mieux, que ce soit l’esprit de l’Église et de la traditioD qui l'entraloent ,

‘ lib. Tiii, p. i’3h. Ub. I, p. 37.

* Lib- tll, p. I»3.

DÉFENSE DE LA TRADITION

pour aiusi parler, à dire des choses au-dessus de sou propre esprit , la preuve de la vérité n'en est pas moins constante , et peut-être est-elle encore pins forte dans cette dernière présupposition.

Page 1