‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 46 sur 518 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Abraliam et les patriarches.

Mais comme le peuple de Dieu a pris sons le patriarche Ahraham une forme plus réglée , U est nécessaire , Monseigneur, de vous arrêter un peu sur ce grand homme.

1 1 naquit environ trois cent cinquante ans après le déluge, dans un temps où la vie humaine, quoique réduite à des bornes plus étroites, était encore très-longue. Noé ne faisait que de mourir, Sem son tiU aîné vivait encore , et Ahraham a pu passer avec lui presque toute sa vie.

Représentez-vous donc le monde encore nouveau, et encore pour ainsi dire tout trempé des eaux du déluge , lorsque les hommes , si près de l’origine des choses , n'avaient besoin , pour connaître l'unité de Dieu, et le service qui lui était dû , que de la tradition qui s'en était conserv ée depuis Adam et depuis Moé ; tradition d'ailleurs si conforme aux lumières de la raison , qu'il semblait qu'une vérité si claire et si importante ne pdt Jamais être oliscurcie, ni oubliée parmi les hommes. Tel est le premier état de la religion, qui dure Jusqu'à Abraham, où pour connaître les groiuleuts de Dieu , les hommes n'avaient à consulter que leur raison et leur mémoire.

Mais la raison était faible et corrompue ; et à mesure qu'on s'éloignait de l'origine des choses , les hommes brouillaient les idées qu'ils avaient reçues de leurs ancêtres. Les enfants indociles ou mol appris n'eu voulaient plus croire leurs grandspères décrépits , qu'ils ne connaissaient qn'à peine après tant de générations ; le sens humain abruti ne imuvait plus s'élever aux choses intellectuelles ; et les hommes ne voulant plus adorer que ce qu'ils voyaient , l'idolâtrie se répandait par tout l'univers.

L'esprit qui avait trompé le premier homme goûtait alors tout le fruit de sa séduction, et voyait l'effet entier de cette parole : • Vous serez • comme des dieux. » Dès le moment qu’il la proféra, il songeait à confondre en l’homme l'idée de Dieu avec celle de la créature , et à diviser un nom dont la majesté consiste à être incommunicable. Son projet lui réussissait. Les hommes, ensevelis dans la choir et dans le sang, avaient pourtant conservé une idée obscure de la puis- ^ sauce divine , qui se soutenait par su propre force , mais qui , brouillée avec les images venues par letu-s sens, leur faisait adorer toutes les choses

où il paraissait quelque activité et qtMique paissance. Ainsi le soleil et les astres, qui se falsaieiit sentir de si loin ; le feu et les éléments, dont les effets étaient si universels, furent les premiers objets de l’adoration publique. Les grands rois, les grands conquérants, qui pouvaient tout sur la terre , et les auteurs des inventions utiles à la vie humaine , eurent bientêt après les honneurs divins. Les hommes portèrent la peine de s'être soumis à leurs sens : les sens décidèrent de tout , et firent, malgré la raison, tous les dieux qu'oo adora sur la terre.

Que l'homme parut alors éloigné de sa première institution, M que l'image de Dieu y était gitée ! Dieu pouvait-il l’avoir fait avec ces perverses indinations qui sedéclaroient tous les Jours de plus en plus? et cette pente prodigieuse qu’il avait à s’assqjettir à toute autre chose qu’à son seigneur naturel , ne montrait-elle pas trop visiblement la main étrangère, par laquelle l’œuvre de Dieu avait été si profondément altérée dans l’esprit humain , qu’à peine pouvait-on y en reconnaître quelque trace? Poussé par cette aveugle impression qui le dominait , il s’enfonçait dons l'idolàtrie, sans que rien le pût retenir. Un si grand mal faisait des progrès étranges. De peur qu’il n'Infectàt tout le genre humain , et u'étcignlt tout à fait la connaissance de Dieu, ce grand Dieu appela d’en haut son serviteur Ahraham, dans la fàmUle duquel il voulait établir son colle , et conserver l’ancienne croyance tant de la création de l’univers que de la providence particulière avec laquelle il gouverne les choses humaines.

Abraham a toujours été célèbre dons l'Orient. Ce n'est pas seulement les Hébreux qui le regardent comme leur père. Les Iduméens se glorifient de la même origine. Ismaêl , fils d' Abraham, est connu parmi les Arabes comme celui d'où ils sont sortis '. Iji circoncision leur est demeurée comme la marque de leur origine , et ils l'ont reçue de tout temps , non pas au huitième Jour, à la manière des Juifs , niais à treize ans , comme l’Écriture nous apprend qu’elle fut donnée à leur père Ismaôl ’ : coutume qui dure encore parmi les mahométans. D'autres peuples arabes se ressouviennent d'.àbrnham et de Cétura, et ce sont les mêmes que l'Écriture fait sortir de ce mariage Ce patriarche était Qialdéen ; et ces peuples renommés pour leurs observations astronomiques, ont compté Abraham comme un de leurs plus savants observateurs *. Ijes historiens de Syrie l’ont fiüt

• Cen. ïTï, xvjf.

* Jd. XT1I, 2b. Joêepk. Aot. Ilb. I, cap. xiti, aJ. 12.

^ Alex. Pol^h.npud.Jot. AuL ltb.l,cap.X((, Al. U.

*iïrnM. Hecat. Eupot. Alex. Polÿk. rt al. apud. Jus. Anl. Ilh. i,cap.>ui, a1.7; riEutcb. Prvp. Ev. lib.ix, cap. tv», XMi, xtm. XIX, XX, etc.

SLR miSTOIRE ÜMVEBSELLE.

roi de Damas , quoique étranger et venu des environs de Dabyione ; et ils racontent qu'il quitta le royaume de Damas pour s'établir dans le pays des Chananéens, depuis appelé Judée Mais il vaut mieux remarquer ce que l'histoire du peuple de Dieu nous rapporte de ce grand homme. Nous avons vu qu' Abraham suivait le genre de vie que suivirent les anciens hommes, avant que tout l'univers eût été réduit en royaumes. Il régnait dons sa Runille, avec laquelle il embrassait cette vie pastorale tant renommée pour sa simplicité et son innocence ; riche en troupeaux , en esclaves, et en argent , mais sans terres et sans domaine ’ ; et toutefois il virait dans un royaume étranger, respecté , et indépendant comme un prince Sa piété et sa droiture protégée de Dieu , lui attirait ce respect. Il traitait d'égal avec les rois , qui recherchaient son a Iliance ; et c'est de lé qu'est venue l'ancienne opinion qui l'a lui-même fait roi. Quoique sa vie fût simple et pacifique , il savait faire la guerre , mais seulement pour défendre ses aillés opprimés Il les défendit, et les vengea par une victoire signalée : il leur rendit toutes leurs richesses reprises sur leurs ennemis , sans réserver autre chose que la dîme qu'il offrit A Dieu , et la part qui appartenait aux troupes auxiliaires qu'il avait menées au combat. Au reste, après un si grand service, il refusa les présents des rois avec une magnanimité sans exemple , et ne put souffrir qu'aucun homme se vantât d'avoir enrichi Abraham. Il ne voulait rien devoir qu'à Dieu qui le protégeait , et qu'il suivait seul avec une foi et une obéissance parfaite.

Guidé par cette foi , il avait quitté sa terre natale pour venir au pays que Dieu lui montrait. Dieu, qui l'avait appelé, et qui l'avait rendu digne de son alliance , la conclut à ces conditions.

Il lui déclara cpi'il serait le Dieu de lui et de ses enfants c'est-à-dire , qu'ii serait leur protecteur, et qu'ils le serviraient comme le seul Dieu créateur du ciel et de la terre.

Il lui promit une terre [ce fût celle de Chanaan) pour servir de demeure fixe à sa postérité , et de siège à la religion

Il n'avait point d'enfants, et sa femme Sara était stérile. Dieu lui jura par soi-méme, et par son éternelle vérité , que de lui et de cette femme naîtrait une rare qui égaierait les étoiles du ciel et le sable de la mer ’.

* AVr. Ûamaâ. liti. IT. Hiftl. uoiv. In F.xoerpl. Faifê. p. A9f ; et op. Joa. Ant- tib. I, cap. vui, et Bnteb. Frxp. Ev. iib. IX, rap. XTi.

* Gen. xiii, etc.

^iiiJ.XlT,Xs|,33.37; IXUl , 0.

* Ibtâ. xiv.

^ Ibiti. III, iMi.

’ ibift. 111,3; XV, I, 5; xvti, 19.

Mais voici l’article le plus mémorable de la promesse divine. Tous les peuples se pi-éclpitaien". dans l'idolâtrie. Dieu promit au saint patriarche qu’en lui et en sa semence toutes ces nations aveugles, qui oubliaient leur créateur, seraient bénies *, c’est-è-dire, rappelées à sacoimaissonce, où se trouve la véritable bénédiction.

Par cette parole. Abraham est fait le père de tous les croyants , et sa prostérité est choisie pour être la source d’où la bénédiction doit s'étendre par tonte la terre.

En cette promesse était enfermée la venue dn Messie tant de fois prédit A nos pères , mois toujours prédit comme celui qui devait être le Sauveur de tons les Gentils et de tous les peuples du monde.

Ainsi ce germe béni, promis A Ère, devint aussi le germe et le rejeton d’Abrahun.

Tel est le fondement de l’alliance; telles en sont les conditions. Abraham en reçut la marque dans la circoncision * , cérémonie doht le propre effét était de marquer que ce saint homme appar tenait A Dieu avec tonte sa famille.

Abraham était sans enfants quand Dieu commença A bénir sa race. Dieu le laissa plusieurs années sans lui en donner. Après 11 eut Ismaêl, qui devait être père d'un grand peuple , mais non pas de ce peuple élu , tant promis A Abraham ^ Le père du peuple élu devait sortir de lui et de sa fèmmc Sara, qui était stérile. Eniln , treize ans après Ismaël , il vint, cet enfant tant désiré : il fut nommé Isaac *, c’est-à-dire, ris, enfant de joie, enfant de miracle, enfrmt de promesse, qui marque par sa naissance que les vrais enfants de Dieu naissent de la grâce.

Il était déjà grand, ce béni enfant, et dans un âge où son père pouvait espérer d’en avoir d’autres enfants, quand tout A coup Dieu lui commanda de l'immoler A quelles épreuves la fol est-elle exposée I Abraham mena Isaac A la montagne que Dieu lui avait montrée , et il allait sacrifier ce fils en qtd seul Dieu lui promettait de le rendre père et de son peuple et du Messie. Isaac présentait le sein A l'épée que son père tenait toute prête A frapper. Dieu , content de l’obéissance du père et du fils , n’en demande pas davantage. Après que ces deux grands hommes ont donné au monde une image si vive et si belle de l'oblation volontaire de Jésus-Christ, et qu'ils ont goûté en esprit les amertumes de sa croix , ils sont jugés vraiment dignes d'être ses ancêtres. La fidélité d' Abraham fait que Dieu lui confirme

' C«n.xil,3;xvlll, IS.

V rfrht. XVU.

>iMd. XII, XT,2IXn,3;4, XVII, SOI XXI, IX XXI. 2,3.

I Ibid. XXII.

Diyiii^cu uy

DISCOURS

toutes ses promesses ' , et bénit de nouveau non seulement sa famille , mais encore par sa famille toutes les nations de l'univers.

En effet , il continua sa protection à Isoac son lUs, et à Jacob son pctit-flls. Ils furent ses imitateurs, attachés comme lui à la croyance ancienne, à l'ancienne manière de vie qui était la vie pastorale ; à l'ancien gouvernement du genre humain où chaque père de fuinille était prince dons sa maison. Ainsi , dans les cinmgements qui s’introduisaient tous les jours parmi les honunes, la sainte antiquité revivait dans la religion et dans la conduite d'Abrabam et de scs enfants.

Aussi Dieu réitéru-t-il ù Isauc et ù Jacob les mimes promesses qu'il avait fuites à .\brubam ’ ; et comme il s'était appelé le Dieu d'Abrabam, il prit encore le nom de Dieu d'isaac, et de Dieu de Jacob.

Sous sa protection ces trois grands hommes commencèrent à demeurer dons la terre de Cliannan , mais comme des étrangers , et sans y posséder un pied de terre jusqu'à ce que la famine attim Jacob en Égypte , où ses enfants muitipliés devinrent bientôt un grand peuple , comme Dieu l'avait promis.

Au reste, quoique ce peuple, que Dieu faisait naître dans son alliance, dût s'étendre par la gé~nération , et que la bénédiction dut suivre le sang , cc grand Dieu ne laissa pas d'y inanpier l'élection de sa gréce. Car, apK's avoir choisi Abraham du milieu des nations , parmi les enfants d'.Abraliam il choisit Isoac ; et des deux jumeaux d'isaac il choisit Jacob, à qui il donna le nom d'Israël.

La préférence de Jacob fut marquée par la so- Uonclle bénédiction qu'il reçut d'isaac, par surprise eu apparence, mais en effet par une expresse disposition de la sagesse divine. Cette action prophétique et mystérieuse avait été préparée par un oracle , dés le temps que Rébccca , mère d'Ésaü et de Jacob, les portait tous deux d:ms son sein. Car cette pieuse femme , troublée du combat qu'elle sentait entre ses enfants dans scs entrailles , consulta Dieu , de qui elle reçut cette réponse : • Vous portez deux peuples dans votre sein , et > l’atnc sera assujetti au plus jeune. > En exé-cution de cet oracle, Jacob avait reçu de son frère la cession de son droit d’aînesse , confirmée par serment ^ ; et Isoac en le bénissant ne Ht que le meti re sn possession de ce droit , que le ciel lui-ménie lui avait donné, La préférence des Israélites , enfants de Jacob, sur les Iduméens, enfants d'Ésaü, est prédite par cette action, qui maniue aussi

'■ Ors. XIII , 18.

> ffrià. XXV, 11; XXVI, 3; XXVIII, 14.

■ G<s. XXV, U, 23,33.

la préférence future des Gentils, nouvellement appelés à l’alliance par Jésus-Christ , au-dessus de l’ancien peuple.

Jacob eut douze enfants qui fùrent les douze patriarches auteurs des douze tribus. Tous devaient entrer dans l’alliance ; mais Juda fut choisi parmi tous ses frères pour être le père des rois du peuple saint, et le père du Messie tant promis à ses ancêtres.

Le temps devait venir que dix tribus étant retranchées du peuple de Dieu pour leur infidélité, la postérité d’ Abraham ne conserverait son ancienne bénédiction , c’est-n-dire, la religion , la terre de Clianaan , et respérance du Messie , qu'en la seule tribu de Juda, qui devait donner le nom au reste des Israélites qu'on appela Juifs, et ù tout le pays qu'on nomma Judé-e.

Ainsi l'élection divine parait toujours , même dans cc peuple charnel , qui devait se conserver par la propagation ordinaire.

Jacob vit en esprit le secret de cette élection ’. Comme il était prêt ù expirer, et que ses enfants autour de son lit demandaient la bénédiction d'un sibon père , Dieu lui découvrit l'étatdcsdouze tribus quand elles seraient dans la terre promise : il l'expliqua en peu de paroles, et cc peu de paroles renferment des mystères innombrables.

Quoique tout ce qu'il dit des frères de Juda soit exprime avec une magnificence extraordinaire, et ressente un homme transporté hors de lui-même |>ar l'esprit de Dieu; quand il vient ù Juda, il s’élève encore plus haut. • Juda, dit-

• il ', tes frères te loueront ; ta main sera sur le

■ cou de tes ennemis; les enfants de ton père se

• prosterneront devant toi. Judn est un jeune

• lion. Mon fds , tu es allé au butin. Tu t’es re-

■ posé comme un lion et comme une lionne. Qui

• osera le réveiller? Le sceptre {c’est-ù-dire , l’au- « torité) ne sortira point de Juda, et ou verra « toiqours des capitaines et des magistrats , ou

• des juges nés de sa race, jusqu’à ce que vienne

• celui qui doit être envoyé , et qui sera l'attente « des peuples; > ou, comme porte une autre leçon qui peut-être n’est pas moins ancienne, et qui au fond ne diffère pas de cclle-cl , • jusqu’é

• cc que vienne celui à qui les choses sont ré- « servées , • et le reste comme nous venons de le rapporter.

La suite de la prophétie regarde à la lettre la contrée que la tribu de Juda devait occuper dansJa terre sainte. Mais les dernières. paroles que nous avons vvics, en quelque façon qu’on les veuille prendre , ne signifient autre chose qut celui qui devait être l'envoyé de Dieu , le minis-

' ^/I.XUX.

SUR L’HISTOIRE UNIVERSELLE

It<7

tre et l’iuterpréte de ses volontés , l'aeconipltssement de ses promesses , et le roi du nouveau peuple , c'est-àslirc , le Messie ou l'Oint du Seigneur.

Jacob n’eu parle expressément qu’au seul Juda dont ce Messie devait naître : il comprend, dons la destinée de Juda seul , la destinée de toute lu nation, qui après sa dispersion devait voir les restes des autres tribus réunis sous les étendards do-Juda .

Tous les termes de la prophétie sont clairs ; il n’y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté; au lieu que, dans la langue sainte, il signifie en général , la puissance , l’autorité , la magistrature. Cet usage du mot de seeptro se trouve i toutes les pages de l’Écriture : il parait même manifestement dans la prophétie de Jacob, et le patriarche veut dire qu'aux jours du Messie toute autorité cessera dons la maison de Juda ; ce qui emporte la ruine totale d'nn Etat.

Ainsi les temps du Messie sont marqués ici par un double changement. Par le premier , le royaume do Juda et du peuple juif est menacé de sa dernière ruine. Par le second , il doit s’clevor un nouveau royaume, non pas d'un seul peuple, mais de tous les peuples, dont le Messie doit être le chef et l'espérance.

Dons le style de l’Écriture, le peuple juif est appelé en nombre singulier, et par e.xccilence , te peuple ou le peuple de Dieu ’ ; et quand on trouve les peuples • , ceux qui sont exercés dans les Écritures entendent les autres peuples, qu’on voit aussi promis au Messie dans la prophétie de Jacob.

Cette grande prophétie comprend en peu de paroles toute l'histoire du peuple juif, et du i Christ qui lui est promis. Elle marque toute la suite du peuple de Dieu, et l'effet en dure encore. Aussi ne prétends-je pas vous en faire un commentaire : vous n'en aurez pas besoin , puisqu'on remarquant simplement la suite du peuple de Dieu, vous verrez le sens de l'oracle se développer de lui-mème, et que les seuls événements en seront les interprètes.

Page 1