SUR LE LIVRE DK L’E.\ POSITION
Je n’aurais rien à remarquer sur cet ouvrage , ni sur VAveriissement qui a été mis à la tétc de la seconde édition, avec les approbations, si les protestants n’avajent affecté de relever depuis peu dans les journaux ce que quelques-uns d’eux avaient avancé, qu’il y avait eu une première édition de ce livre fort différente des autres, et que j’avais supprimée : ce qui est très-faux.
Ce petit livre fut d’abord donné manuscrit à quelques pei*sonnes particulières, et il s’en répandit plusieurs copies. Lorsqu’il le fallut imprimer,
* K U fin de son vie atkrtirsemkkt aux pbotestakts, imprime en lool , Bossuet a inséré [page a-2S et suiv. }, sous le litre de Hevue, des remarquas, rorroctions et additions à faire dans plusieurs ouvrages qu’il avait publiés précédemii’.wt. C’est di> là qu’est tirée celte Hi'marqtiriiirrExposiiioit.
{Édii Hf f'i'miiÛrt.)
L’EXPOvSITION. 733
de peur qu’il ne s'altérét , et aussi pour une plus grande utilité, je résolus de le communiquer, nonsGuloment aux prélats qui l’ont honoré de leur approbation, mais encore à plusieurs personnes savantes pour profiter de leurs avis, et me réduire, tant dans les choses que dans les expressions, à la précision que demandait un ouvrage de cette nature. C’est ce qui me fit résoudre à en faire imprimer un certain nombre, pour mettre entre les mains de ceux que je faisais mes censeurs. La petitesse du livre rendait cela fort aisé ; et c’était un soulagement pour ceux dont je demandais les avis. Le plus grand nombre de ces imprimés m’est revenu ; et je les ai encore , notés de la main de ces examinateurs, que j’avais choisis, ou de la mienne, tant en marge que dans le texte. Il y a deux ou trois de ces exemplaires, qui ne m’ont point été rendus : aussi ne me suisje pas mis fort en peine de les retirer. Messieurs de la religion prétendue réformée , qui se plaisent assez à chercher de la finesse et du mystère dans ce qui vient de nous, ont pris de là occasion ae débiter que c’était là une édition que j’avais supprimée, quoique ce ne fût qu’une impression qui devait être particulière, comme on vient de voir, et qui en effet l’a tellement été, que mes adversaires n’en rapportent qu’un seul exemplaire, tiré, à ce qu’ils disent, de la prétendue bibliothèque de feu M. de Turenne, à qui cette impression ne fut point cachée, pour les raisons que tout le monde peut savoir.
Voilà tout le fondement de cette édition prétendue. On a embelli la fable de plusieurs inventions, en supposant que cet ouvrage avait été extrêmement concerté, et en France, et avec Rome; et même que cette impression avait été portée à la Sorbonne, qui, au lieu d’y donner son approbation , y avait changé beaucoup de choses : d’où l’on a voulu conclure que j’avais varié moi-môme dans ma foi, moi qui accusais les autres de variations. Mais, premièrement, tout cela est faux. Secondement , quand il serait vrai, au fond il n’importerait en rien.
Premièrement donc, cela n’est pas. Il n’est pas vrai qu’il y ait eu autre concert que celui qu’on vient de voir, ni qu’on ait consulté la Sorbonne, ni qu’elle ait pris aucune connaissance de ce livre, nique j’aie eu besoin de l’approbation de cette célèbre compagnie. En général , elle sait ce qu’elle doit aux évêques, qui sont , par leur caractère , les vrais docteurs de l’Église; et en particulier, il est public que ma doctrine, que j’ai prise dans son sein , ne lui a jamais été suspecte, ni quand j'ai été dans ses assemblées simple docteur, ni quand j’ai été élevé, quoique indigne, à un plus haut ministère. Ainsi , tout ce qu’on dit