‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 486 sur 518 · CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

CATHOLIQUE

Au reste , la vérité que contient l’eucharistie dans ce qu’elle a d’intérieur, n’empéche pas qu’elle ne soit un signe dans ce qu’elle a d’extérieur et de sensible; mais un signe de telle nature, que bien loin d’exclure la réalité, il l’emporte nécessairement avec soi , puisqu’on effet cette parole , Ceci est mon corps, prononcé sur la matière que Jésus-Christ a choisie, nous est un signe certain qu’il est pr(*sent : et quoique les choses paraissent toujours les mêmes à nos sens, notre âme en juge autrement qu’elle ne ferait , si une autorité supérieure * n’était pas intervenue! Au lieu donc que de certaines espèces et une certaine suite d impressions naturelles qui se font en nos corps , ont accoutumé de nous désigner In substance du pain et du vin ; l’autorité de celui à qui nous croyons, fait que ces mêmes espèces commencent à nous désigner une antre substance. Car nous écoutons celui qui dit que ce que nous prenons et ce que nous mangeons est^ son corps ; et telle est la force de cette parole, qu’elle empêche que nous ne rapportions à la substance du pain ces apparences extérieures, et nous les fait rapporter au corps de Jésus-Christ présent; de sorte que la présence d’un objet s» adorable nous étant certifiée par ce signe, nous n’hésitons pas à y porter nos adorations.

Je ne m’arrête pas sur le point de l’adoration , parce que les plus doctes et les plus sensés de nos adversaires nous ont accordé, il y a' longtemps, que la présence de Jésus-Christ dans I eucharistie, doit porter à l’adoration ceux qui en sont persuadés.

Au reste , étant une fois convaincus que les paroles toutes-puissantes du Fils de Dieu opèrent tout ce qu’elles énoncent, nous croyons avec raison qu’elles eurent leur effet dans la Cène aussitôt qu’elles furent proférées; et, par une suite nécessaire, nous reconnaissons la présence réelle du corps avant la manducation.

Ces choses étant supposées , le sacrifice que nous reconnaissons dans l’eucharistie n’a plus aucune difficulté particulière.

Nous avons remarqué deux actions dans ce mystère, qui ne laissent pas d’être distinctes, quoique l’une se rapporte à l’autre. La premièro est la consécration, par laquelle le pain et le vin sont changés au corps et au sang; et la seconde

.vu lome XVI , p. 561 , de fédltion de D. D^fori-» . où Is>queux, qui avait «vu ce voluoae. a «produit l’édIlloD de 'i-' traducUoo la-

au Heu <lc supé-

L éditeur met en uole , que pkesqüb toutes les éditions sinrjUEtnK : et 11 dil vrai; car U n’y a que le- «ieno» ou on lise aut«ment Pour nous , nous n’avons pas voulu ‘•a changer un seul mot d’un livre dont Bo^

EXPOSITION DE I.A DOCfIVINE.

est la manducation , par laquelle on y participe.

Dans la consécration , le corps et le sang sont mystiquement séparés, parce que Jésus-Christ a dit séparément : Ceci est mon corps, ceci est mon sang; ce qui enferme une vive et cflicuce i-cprésentation de la mort violente qu'il a souffüvte.

Ainsi le Fils de Dieu est mis sur la sainte table , en vertu de ces paroles , revêtu des signes qui représentent sa mort : c'est ce qu'opère la consécration; et cette action religieuse porte avec soi la reconnaissance de la souveraineté de Dieu en tant que Jésus-Christ présent y renouvelle et perpétue , en quelque sorte , la mémoire de son obéissance jusqu’à la mort de la croix ; si bien que rien ne lui manque pour être un véritable sacrifice.

On ne peut douter que cette action , comme distincte de la manducation, ne soit d'elle-même agréable à Dieu , et ne l'oblige a nous regarder d'un œil plus propice ; parce qu'elle lui remet devant les yeux la mort volontaire que son Fils bicn-aimé a soufferte i>our les pécheurs, ou plutôt clic lui remet devant les yeux son Fils même sous les signes de cette mort, par laquelle il a été apaisé.

Tous les chrétiens confesseront que la seule présence de Jésus-Christ est une manière d'intercession trcs-pulssantc devant Dieu pour tout le gcm-c humain , selon ce que dit l'apôtre , que Jésus-Christ se présente et pumit pour nous devant la face de Dieu'. Ainsi nous croyons que Jésus-Ciirist présent sur la sainte table en cette ligure de mort, inlercédc pour nous, et représente coiitimiellcment a son Père la mort qu'il a soufferte pour sou Église.

C'est en ce sens que nous disons que Jésus- Christ s’offre a Dieu pour nous dans l’eucharistie ; c'est en cette manière que nous pensons que cette oblation fait que Dieu nous devient plus propice, et c'est jxmrquoi nous l’appelons propitiatoire.

I.orsque nous considérons cc qu'opère Jésus- Christ dans ce mystère, et que nous le voyons par la foi présent actuellement sur la sainte table avec CCS signes de mort, nous nous unissons à lui en cet état ; nous le présentons a Dieu comme notre unique victime, et notre unique propitiateur par son sang , protestant que nous n’avons rien à offrir à Dieu que Jésus-Christ , et le mérite infini de sa mort. Nous consacrons toutes nos prières par cette divine offrande; et en présentant Jésus-Christ à Dieu, nous apprenons en même temps a nous offrir a la Majesté divine , en lui et par lui , comme des hosties vivantes.

Tel est le sacrifice des chrétiens , iofiniment

' Hebr. ix , 31.

différent de celui qui se pratiquait dans la loi ; sa criflcc spirituel , et digne de la nouvelle alliance , où la victime présente n’est aperçue que |)ar la foi , où le glaive est la parole qui sépare mystiquement lecorps et le sang, où ce sang par conséquent n'est répandu qu'en mystère , et où la mort n'intervient que par représentation ; sacrifice néanmoins très- véritable, en ce que Jésus- Christ y est véritablement contenu et présenté à Dieu sous cette figure de mort ; mais sacrifice de commémoration, qui, bien loin de nous détacher, comme on nous l'objecte, du sacrifice de la croix , nous y attache par toutes ses circonstances , pnisque non-seulement il s'y rapporte tout entier, mais qu'en effet il n’est et ne subsiste que par ce rapport , et qu'il en tire toute sa vertu.

C'est la doctrine expresse de l’Église catholique dans le concile de Trente' , qui enseigne que ce sacrifice n'est institué qu'aflii • de représenter

• celui qui a été une fois accompli en la croix ;

• d'en faire durer la mémoire jusqu’à la fin des sic-

• des; et de nous en appliquer la vertu salutaire < pour la rémission des péchés que nous commet- > tons tous les jours. > Ainsi , loin de croire qu'il manque quelque chose an sacrifleede licroix, l'Église, au contraire , le croit si parfait et si pleinement suffisant, que tout ce quise fait ensuite n’est plus établi que pour en célébrer la mémoire, et pour en appliquer la vertu.

Par là cette même Église reconnaît que tout le mérite de la rédemption du genre humain est attaché à la mort du Fils de Dieu ; et on doit avoir compris , par toutes les choses qui ont été exposées , que lorsque nous disons à Dieu , dans la célébration des divins mystères : Nous vous présentons cette hostie sainte; nous ne prétendons point, par cette oblation, faireou présenter à Dieu un nouveau payement du prix de notre salut ; mais employer auprès de lui les mérites de Jésus- Christ présent, et le prix infini qu’il a payé une fois pour nous en la croix.

Messieurs de la religion prétendue réformée ne croient point offenser Jésus-Christ, en l’offrant à Dieu comme présent a leur foi ; et s’ils croyaient qu’il fût présent en effet, quelle répugnance auraient-ils à l'offrir, comme étant effecHvemonl présent? Ainsi toute la dispute devrait, de bonne foi , être réduite à la seule présence.

Après cela , toutes ces fausses idées que messieurs de la religion prétendue réformée se font du sacrifice que nous offrons, devraient s’effacer. Us devraient reconnaître franchement que les catholiques ne prétendent pas se faire une nouvelle propitiation, pour apaiser Dieu de nouveau, comme s’il ne l'était pas suffisamment par le sa-

■ Sc». xxn, up. I.

DE L’EGLISE CATHOLIQUE

erilice de la crol.x ; ou pour ajouter quelque supplément au prix de notre salut , eomme s'il était imparfait. Toutes ces choses n'ont point de lieu dans notre doctrine , puisque tout se fuit ici par forme d'intercession et d'application , en la manière qui vient d'étre expliquée.

.\près cette explication, ces grandes objections (;n'on tire de l'Épttre aux Hébreux, et qu’on fait tant valoir contre nous , paraîtront peu raisonnables ; et c'est en vain qu'on s'efforce de prouver, par le sentiment de l'apdtre, que nous anéantLssons le sacrifice de la croix. Mais comme la preuve la plus certaine qu'on puisse avoir que deux doctrines ne sont point opposées, est de reconnaître , en les expliquant , qu'aucune des propositions de l’une n’est contraire aux propositions de l’autre; je crois devoir en cet endroit exposer sommairement ladoctrinede l'EpItre aux Hebreux.

L’apûtre a dessein en cette épltre de nous enseigner que le pécheur ne pouvait éviter la mort, qu'en subrogeant en sa place quelqu'un qui mourût pour lui; que tant que les hommes n'ont mis en leur place que des animaux égorgés, leur sacrillccs n'opéraient autre chose qu'une reconnaissance publique qu’ils méritaient la mort ; et que la justice divine ne pouvant pas être satisfaite d'un échange si inégal, on recommençait tous les jours û égorger des victimes ; ce qui était une marque certaine de l'insufllsance de cetle subrogation ; mais que , depuis que Jésus-Christ avait voulu mourir pour les pécheurs. Dieu , satisfait de la subrogatiou volontaire d'une si digne personne, n’avait pins rien & exiger pour le prix de notre rachat. D'où l'apûtre conclut, que non-seulement on ne doit plus immoler d’autre victime après Jésus-Christ, maisque Jésus-Christ même ne doit être offert qu’une seule fois à la mort.

Que le lecteur soigneux de son salut, et ami de la vérité , repasse maintenant dans son esprit ce que nous avons dit de la manière dont Jésus-Clirist s’offre pour nous à Dieu dans l'eucharistie ; je m'assure qu’il n'y trouvera aucunes propositions qui soient contraires à celles que je viens de rapporter de l'apAtre, ou qui affaiblissent sa preuve: de sorte qu’on ne pourrait tout au plus nous objecter que son silence. Mois ceux qui voudront considérer la sage dispensation que Dien fait de ses secrets dans les divers livres de son Écriture, ne voudront pas nous astreindre à recevoir de la seule Épltre aux Hébreux, toute notre instruction sur une matière qui n’était point necessaire nu sujet de cette épltre; puisque l’apûtre se propose d’y expliquer la perfection du sacrifice de la croix, et non tes moyens différents que Dieu nous a donnés pour nous l'appliquer.

Et pour ûter toute équivoque , si l’on prend le mot ojjrir, comme il est pris, dans cette épltre, au sens qui emporte lamortactnellede la victime, nous confesserons hautement que Jésus-Christ n'est plus offert, ni dans l'eucharistie ni ailleurs. Mais comme ce même mot à une signification plus étendue dans les autres endroits de l'Écriture , ou ii est souvent dit qu’on offre à Dieu ce qu’on présente devant lui , l’Église, qui forme son langage et sa doctrine , non sur la seule Épltre aux Hébreux , mais sur tout le corps des Écritures , ne craint point de dire que Jésus-Christ s'offre à Dieu partout où il parait pour nous à sa face, et qu’il s’y offre , par consr-quent , dans l’eucharistie, suivant les expressions des saints Pères.

De penser maintenant que cette manière dont Jésus-Christ se présente à Dieu , fasse tort au sacrifice de la croix, c’est ce qui ne se peut eu façon quelconque , si l’on ne veut renverser toute l’Écriture, et particulièrement cette même épltre que l’on veut tant nous opposer. Car il faudrait conclure , par même raison , que , lorsque Jésus- Christ sc dévoue û Dieu en entrant au monde, pour se mettre à la place des victimes qui ne ti,i ont pas plu' , il fait tort à l’action par laquelle il SC dévoue sur la croix; que lorsqu’i’/confinucrfa paraître pournous devant Dieu' , il affaiblit l’oblation, par laquelle il a paru une fois par l'immolalion de lui-même^', et que ne cessant d’intercéder pour nous >, il accuse d’insuffisance l’intercession qu’il a faite en mourant avec tant de larmes et de si grands cris^.

Tout cela serait ridicule. C’est pourquoi il faut entendre que Jésus-Christ , qui s'est une fois offert pour être l’humble victime de la justice divine , ne cesse de s’offrir pour nous ; que la perfection infinie du sacrifice de la croix consiste en ce que tout ce qui le précède , aussi bien qne ce qui iesuit, s’y rnpporteentièremcnt;que, comme ce qui le précède en est 1a préparation , ce qui le suit en est la consommation et l’application : qu’à la vérité le payementdu prix de notre rachat ne se réitère pins , parce qu’il a été bien fait la première fois; mais que ce qui nous applique cette rédemption se continue sans cesse ; qu’enfln il faut savoir distinguer les choses qui se réitèrent comme Imparfaites, de celles qui se continuent comme parfaites et nécessaires.

Nous conjurons messleui's de la religion prétendue réformée de faire un peu de réflexion sut les choses que nous avons dites de l’eucharistie.

La doctrine de la présence réelle en a été la

' Helr. X , 6.

> Ibid. IX, ai.

* Ibid. i6.

* Ibid. Tll . 3^

5 Ibid. V , 7.

EXPOSITION DE LA DOCTRINE

fondement nécessaire. Ce fondement nous est euutestc par les calvinistes. Il n'y a rien qui paraisse plus important dans nos controverses, puisqu’il s’a^t de In présence de Jésus-Christ même ; il n'y a rien que nos adversaires trouvent plus difflcile à croire ; il n’y a rien en quoi nous .'oyuus si effeetivement opposés.

Dans la plupart des autres disputes , quand ces messieurs nous écoutent paisiblement, iis trouvent que les dimcultcs s'aplanissent et que souvent ils sont plus choqués des mots que des choses. Au contraire, sur ce sujet, nous convenons davantage de la façon de parler, puisqu'on entend de part et d'autre ces mots de participation récite, et autres semblables. Mais plus nous nous expliquons à fond , plus nous nous trouvons contraires, parce que nosnd versaires ne reçoivent pas toutes les suites des vérités qu’ils ont reconnues, rebutés, comme j'ai dit, des difficultés que les sens et la raison humaine trouvent dans ces conséquences.

C'est donc ici , à vrai dire , la plus importante et la plus diflicile de nos controverses , et celle où nous sommes en effet le plus éloignés.

Cependant Dieu a permis que les luthériens soient demeurés aussi attachés à la croyance de In réalité que nous : et il a permis encore que les calvinistes aient déclaré que cette doctrine n’a aucun t'cnfn; qu’elle ne renverse pas le fondement du salut et de la foi ; et qu'elle ne doit pas rompre la communion entre les frères.

Que ceux de messieurs de la religion prétendue réformée, qui pensent sérieusement à leur salut, se rendent ici attentifs à l'ordre que tient la divine Providence, pour les rapprocher Insensiblement de nous et de la vérité. On peut , ou dissiper tout A fait, ou réduire A très-peu de chose les autres sqjets de leurs plaintes, pourvu qu'on s'explique. En celle-ci, qu'on ne peut espérer de vaincre par ce moyen , ils ont eux-mémes levé la principale difficulté, en déclarant que cette doctrine n’est pas contraire au salut, et aux fondements de la religion.

Il est vrai que les luthériens, quoique d'accord avec nous du fondement de la réalité , n’en reçoivent pas toutes les suites, lis mettent le pain avec le corps de Jésus-Christ ; quelques-uiisd'cux rejettent l'adoration : ils semblent ne reconnaître la présence que dans l'usage. Mais aucune subtilité des ministres ne pourra jamais persuader aux gens de bon sens que , supportant la réalité, qui est le point le plus important et le plusdifUcl le, on ne doive supporter le reste.

De plus , celte même Providence , qui travaille secrètement à nous rapprocher, et pose des fondements de reeonciliation et de paix au milieu

des aigreurs et des disputes , a permis encore que les calvinistes soient demeurés d'accord, que, supposé qu’il faille prendreà la lettre ces paroles. Ceci est mon corps , les catholiques raisonnent mieux et plus conséquemment que les luthériens.

Si je ne rapporte point les passages qui ont été tant de fois cités en cette matière, on me le pardonnera facilement; puisque tous ceux qui ne sont point opiuiétres, nous accorderont sans peiue que, la réalité étant supposée, notre doctrine est celle qui se suit le mieux.

C’est donc une vérité établie, que notre doctrine en ce point ne contient que la réalité bien entendue. Mais il n'en faut pas demeurer là; et nous prions les prétendus réformés de considérer que nous n’employons pas d’autres choses pour expliquer le sacrifice de l'eucborixtic, que celles qui sont enfermées nécessairement dans celte réalité.

Si l'on noos demande après cela d'où vient donc que les luthériens , qui croient la réalité , rejettent néanmoins ce sacrifice , qui , selon nous, n'en est qu’une suite , nous répondrons en un mot, qu’il faut mettre cette doctrine parmi les autres conséquences de la présence réelle, que ces mêmes luthériens n’ont pas entendues, et que nous avons mieux pénétrées qu’eux , de l’aveu même des calvinistes.

SI nos explications persuadent à ces derniers, que notre doctrine sur le sacrifice est enfermée dans celle de la réalité , ils doivent voir clairement que cette grande dispnte du sacrifice de la messe , qui a rempli tant de volumes, et qui a donné lieu à tant d'invectives, doit être dorénavant retranchée du corps de leurs controverses, puisque ce point n’a plus aucune difficulté particulière ; et ( ce qui est bien plus important ) que ce sacrilîce , pour lequel ils ont tant de répugnance , n'est qu'une suite nécessaire, et une explication naturelle d'une doctrine qui, seion eux , n'a aucun venin. Quils s’examinent maintenant euxmêmes , et qu'ils voient après cela , devant Dieu , s'ilsont autant de raison qu’ils pensent en avoir, de s'être retirés des autels, où leurs pères ont reçu le pain de vie.

Il reste encore une conséquence de cette doctrine à examiner, qui est que Jésus-Christ étant réellement présent dans ce sacrement, la grâce cl la bénédiction n’est pas attachée aux espèces sensibles , mais ù la propre substance de sa chair, qui est vivante et vivifiante, à cause de la divinité qui lui est unie. C'est pourquoi tous ceux qui croient la réalité ne doivent point avoir de peine è ne communier que sous une espèce; puis(|u'ils y reçoivent tout ce qui est essentiel à ce sacrement , avec une plénitude d'autant plus

DE L'ÉGLISE C\THOLIQÜE.

certaine, que la séparation du corps et du sang i n’étant pas réelle , ainsi qu'il a été dit , on reçoit ' entièrement, et sans division, celui qui est seul | capable de nous rassasier.

Voilà le fondement solide, sur lequel l'Église, interprélant le précepte de la communion , a déclaré que l'on pouvait recevoir la sanctiflcatlon que ce sacrement apporte , sons une seule espèce : et si elle a réduit les fidèles à cette seule espi-ce, ce n'a pas été par mépris de l'autre , puisqu'elle l'a fait au contraire pour empêcher les irrévérences, que la confusion et la négligence des peuples avait causées dans les derniers temps , se réservant le rétablissement de la communion sous les deux espèces , suivant que cela sera plus utile pour la paix et pour l'unité.

Les théologiens catholiques ont fait voir à mes.«ieurs de la religion prétendue reformée, qu'ils ont eux-mémes usé de plusieurs interprétations semblables à celle-ci , en ce qui regarde l'usage des sacrements : mais surtout on a eu raison de remarquer celle qui est tirée du chapitre xii de leur discipllue, tit. delà Cène, art.7, où ces paroles sont écrites ; • On doit admi-

• nistrer le pain de In cène à ceux qui ne peuvent

■ Imire de vin , en faisant protestation que ce

• n'est par mépris , et faisant tel effort qu'ils > pourront , même approchant la coupe de la bou-

■ che tant qu'ils pourront , pour obvier à tout

« scandale. » Ils ont jugé, par ce règlement, que les deux espèces n'étaient pas essentielles à la communion par l'institution de Jésus-Christ : autrement il eût fallu refuser tout à fait le sacrement à ceux qui n'eussent pas pu le recevoir tout entier, et non pas le leur donner d'une manière ; eontraire à celle que Jésus-Christ aurait coniman- 1 dée; en ce cas, leur impuissance leur aurait sers i d'excuse. Mais nos adversaires ont cru que la rigueur serait excessive, si l'on n'accordait du i moins une des especes à ceux qui ne pourraient | recevoir l'autre : et comme cette condescendance , n'a aucun fondement dans les Écritures, il faut , i|u'ils reconnaissent avec nous, que les panrics j par lc.squellcs Jésus-Christ nous propose les deux especes, sont sujettes à quelque interprétation, et que ceite interprétation se doit faire par l'autorité de l'Eglise. j

Au reste, il pourrait sembler que cet 'article j de leur discipline, qui est du synode de Poitiers, j tenu en 1600, aurait été réformé par le synode de j Vertueil tenu en 1667, où il est porté que /a cor/i- : pagnie n'est ptts d’avis qu’on administre le pain à ceux qui ne voudront recevoir ta coupe Ces ' deux synodes néanmoins ne sont nullement opposés. Celui de Vertueil parle de ceux qui ne veulent pas recevoir la coupe ; et celui de Poitiers

parle de ceux qui ne le peuvent pas. En effet, nonobstant le synode de Vertueil , l'article est demeuré dans la discipline, et même a été approuvé par un synode postérieur à celui de Vertueil, c'est-à-dire, par le synode de la Rochelle de 167 1 , où l'article fut revu et mis en l'etat qu’il est.

Mais quand les synodes de messieurs de la religion prétendue réformée auraient varié dans leurs sentiments , cela ne servirait qu'à faire voir que la chose dont il s'agit ne regarde pas la fbl , et qu'elle est de celles dont l'Église peut dispeeer selon leurs principes.

Il ne reste plus qu’à exposer ce que les catholiques croient touchant la parole de Dieu , et touchant l'autorité de l'Église.

Jésus-Christ ayant fondé son Église sur la prédication , la parole non écrite a été la première règle du christianisme , et lorsque les Ecritures du Nouveau Testament y ont été jointes, cette parole n’a pas perdu pour cela son autorité : ce qui fait que nous recevons avec une pareille vénération tout ce qui a été enseigné par les apètres, soit par écrit, soit de vive voix , selon que saint Paul même l’a expressément déclaré '. Et la marque certaine qu'une doctrine vient des apètres , est lorsqu'elle est embrassée par toutes les Églises chrétiennes, sans qn’on en puisse marquer le commencement. Nous ne pouvons nous empêcher de recevoir tout ce qui est établi de la sorte , avec la soumission qui est due à l'autorité divine : et nous sommes persuadés que ceux de messieurs de la religion prétendue réformée, qui ne sont pas opiniâtres, ont ce même sentiment au fond du coeur; n'étant pas possible de croire qu’une doctrine reçue dès le commencement de l’Église vienne d’une autre source que des apôtres. C'est pourquoi nos adversaires ne doivent pas s'étonner si, étant soigneux de recueillir tout ce que nos pères nous ont laissé , nous conservons le dépôt de la tradition aussi bien que celui des Écritures.

L'Église étant établie de Dieu pour être gardienne des Écritures et de la tradition , nous recevons de sa main les Ecritures canoniques ; et quoi que disent nos adversaires , nous croyons que c'est principalement son autorité qui les détermine à révérer comme des livres divins le Cantique des cantiques, qui a si peu de marques sensibles d'inspiration prophétique; l'ÉpItre de saint Jacques, que I-uther a rejetée; et celle de saint Jude, qui pourrait paraître suspecte, à cause de quelques livres apocryphes qui y sont allégués. Enfin , ce ne peut être que par cette autorité qu'ils reçoivent tout le corps des Écritures

' U TAcSÊ n. Il

7Sfi

EXPOSITION DE I.A DOCTRINE

saintes, que les clircliens écoutent comme divines, avant même que la lecture leur ait fait ressentir l'esprit de Dieu dans ces livres.

Étant donc lies inséparablement .comme nous le sommes a In sainte autorité de l'Église , par le moyen des Écritures que nous recevons de sa main , noos apprenons aussi d'elle la tradition , et par le moyen de la tradition , le sens véritable des Ecritures. C'est pourquoi l'Éplisc professe qu'ellenedit rien d’clle-méme ,el qu'elle n'invente rien de nouveau dans la doctrine : elle ne fait que suivre et déclarer la révélation divine par In direction intérieure du Saint-Esprit, qui lui est donné pour docteur.

Que le Saint-Esprit s’explique par elle , la dispute qui s'éleva sur le sujet des cérémonies de In loi, du temps même des apôtres , le fait paraître ; et leurs Actes ont apprisà tous les siècles suivants, par la manière dont fut décidée cette première contestation , de quelle autorité se doivent terminer toutes les autres. Ainsi , tant qu'il y aura des disputes qui partageront les fidèles, l'Église interposera son autorité; et ses pasteurs assemblés diront après les apblres: Il asemblé bon au Saint- Kxpril et à nous’. Et quand elle aura parlé, on enseignera à ses enfants qu’ils ne doivent pas examiner de nouveau les articles qui auront été résolus , mais qu'ils doivent recevoir humblement ses décisions. En cela on suivra l'exemple de saint Paul et de Silas, qui portèrent aux fldèles ce premier jugement des apôtres , et qui , loin de leur permettre une nouvelle discussion de ce qu’on avait décidé , allaient par les villes, leur enseignant de garder les ordonnances des apôtres’.

C'est ainsi que les enfants de Dieu acquiescent au jugement de l’Église , croyant avoir entendu par sa bouche l’oracle du Saint-Esprit ; et c’est a cause de cette croyance , qu’après avoirditdans le symbole , Je crois au ^int-Esprit, nous qjoulons incontinent après, la sainte Église cat/ioligiie ; par où nous nous obligeons a reconnaiire une vérité infaillible et perpétuelle dans l’Église universelle , pulsquecette même Église , que nous croyons dans tous les temps, cesserait d’être l'iglise, si elle cessait d'enseigner la vérité révélée de Dieu. Ainsi ceux qui appréhendent qu'elle ii'ahuse de son pouvoir pour établir le mensonge , n’ont pas de foi en celui par qui elle est gouvernée.

Et quand nos adversaires voudraient regarder les choses d’une façon plus humaine, ils seraient obligés d'avouer que l'Église catholique , loin de se vouloir rendre maîtresse de sa foi , comme ils l'en ont accusée, a fait au contraire tout ce qu’elle

‘ .tri. XV , -JS,

* .tri. \vi. V

a pu pour se lier elle-même, et pour s’ôter tous les moyens d’innover ; puisque non-seulement elle se soumet à l'Écriture sainte , mais que pour bannir à jamais les interprétations arbitraires, qui font passer les pensées des hommes pour l'Écriture , elle s’est obligée de l’entendre , en ce qui regarde la foi et les mœurs, suivant le sens des saints l’ères' , dont elle professe de ne se départir jamais, déclarant par tous ses conciles et par toutes les professions de foi qu'elle u publiées , qu’elle ne reçoit aucun dogme qui ne soit conforme a la tradition de tous lessiwies précédents.

Au reste, si nos adversaires consultent leur conscience, ils trouveront que le nom d’Église a plusd'autorité sur eux qu’il n’osent l'avouer dans les disputes ; et je ne crois pas qu'il y ait parmi eux aucun homme de bon sens , qui se voyant tout seul d'un sentiment, pour évident qu’il lui semblât, n'eùt horreur de sa singularité, tant il est vrai que les hommes ont besoin en ces matières d'être soutenus dans leurs sentiments parl’antorité de quelque société qui pense la même chose qu’eux. C’est pourquoi Dieu qui nous a faits, et qui connaît ce qui nous est propre , a voulu pour notre bien que tous les particuliers fussent assujettis a l’autorité de son Église, qui de toutes les autoi'ites est sans doute la mieux établie. En effet , elle est établie , non-seulement par le témoignage que Dieu lui-même rend en sa faveur dans les saintes Écritures , mais encore par les marques de sa protection divine , qui ne parait pas moins dans la durée inviolable et perpétuelle de cette Église , que dans son établissement miraculeux.

Cette autorité suprême de l’Église est si nécessaire pour régler les différends qui s’élèvent sur i les matières de foi et sur le sens des Écritures,

! que nos adversaires mêmes, après l’avoir décriée

i comme une tyrannie insupportable , ont été enfin obligés de l’établir parmi eux.

Lorsque ceux qu’on appelle indépendants déclari'rent ouvertement que chaque fidèle devait j suivre les lumières de sa conscience, sans sou- I mettre son jugement à l’autorité d'aucun corps ou d'aucune assemblée ecclésiastique , et que sur I ce fondement ils refusèrent de s'assujettir aux synodes, celui de Charenton, tenu en lG-14, censura cette doctrine par les mêmes raisons, et a cause des mêmes inconvénients qui nous la font rejeter. Ce synode marque d’abord que l’erreur des indépendants consiste en ce qu’ils enseignent que « chaque Églisese doit gouverner par ses pro- ■ près lois, sans aucune dépendance de personne • en matières ecclésiastiques, et sans obligatioi;

’ Cofir. Triti. Sfs». it

DE L’EGLISE CATHOLIQUE

• de reconnaître l'autorité des colloques et des

• synodes pour son régime et conduite. • Ensuite oc même synode décide que celte secte est ■ au- . tant préjudiciable à l’Etat qu’à l’E;;lisi- ; qu elle

• ouvre la porte à toutes sortes d'irrégularités et > d’extravagances ; qu’elle été tous les moyens d’y

• apporter le remède ; et que si elle avait lieu , il . pourrait se former autant de religions que de

• paroisses ou assemblées iwrlieuliéres. • Ces dernières paroles font voir que c’est principalement en matière de foi que ce synode a voulu établir la dfpeniUince , pui$(|uc le plus grand Inconvénient où il remarque que les fidèles tomberaient par l’indépendance , est qu’iV sc pourrait fonner autant lie reliÿions que lie paroisses. Il faut donc nécessairement, selon la doctrine de ce synode, que chaque Église, et, à plus forte raison, chaque particulier, dépende, en ce qui regarde la foi, d'une autorité supérieure, qui réside dans quel- (|ue assemblée ou dans quelque corps , à la(|ticllc autorité tous les fidèles soumettent leur Jugement. Car les indépendants ne refusent pas de se soumettre à la parole de Dieu, selon qu'ils croiront la devoir entendre, ni d’embrasser les décisions des synodes, quand , après les avoir examinées , ils les trouveront raisonnables. Ce qu’ils refusent de faire, c’est de soumettre leur jugement à celui d'aucune assemblée, parce que nos adversaires leur ont appris que toute assemblév, même celle do l’Églisr- universelle , est une société d'hommes sujeltc à faillir, et à laquelle par consésiucnt le chrétien ne doit pas assujettir son Jugement, ne devant cette sujétion qu’à Dieu seul. C'est de celte prétention des indépendants ipic suivent les inconvénients que le syniHle, de Charenton a si bien marques. Car quelque profession qu'on fasse dose soumettre à la parole de Dieu, si ehaeiin croit avoir droit de l'interpréter selon son sens, et contre le sentiment de l’Église déclare par un jugement dernier , cette prélention ouvrira lu porte à toutes sortes il'extrnrnijances; elle otera tout te moyen d'y apporter le remède, pui.sque la décision de l’Église n'est pas un remede à ceux c|ui ne croient pas cire obligrà de s’y soumettre; enfin elle donnera lieu h former autant de religions, non-seulement qu’il y a de paroisses, mais encore qu’il y a de têtes.

Pour éviter ces inconvénients, d'on s'ensuivrait In ruine du christianisme, le syiUHlc de Charenton est obligé d'établir une dépendance en matières ecclésiastiques , et même en matière de foi. Mais Jamais cette dépendance n’em|)échera les suites pernieieuses (pi'ils ont voulu prévenir, si l'on n’établit avec nous cette maxime, que chaque Église particulière, et, à plus forte raison , chaque fidèle en ivarlicnlier , doit croire

■ JSSlLr. — TO«t I.

qu’on est obligé de soumettre son propre Jugement à l’autorité de l'ÉglLse.

Aussi voyons-nous nu chap. v de la discipline de messieurs de la religion prétendue réformée, litre des Coiisisloin'S, art. :il , que voulant prescrire le moy en de terminer tes débats qui pour raient survenir sur quelque point de doctrine ou de discipline, etc., ils ordonnent premièrement que le consistoire tâchera i'apaiser le tout sans bruit, et arec toute douceur de taparolede Dieu; et qu’apres avoir établi le eousistoirc, Iccoltoque et le symxlo pravineial, comme autant de divers degrés de Juridiction, venant enfin au synode national, au-dessus duquel il n’y a parmi eux aucune puissance, ils en parlent ru ces termes :

• Là sera faite l'enticre et finale résolution par la « parole de Dieu, à laquel le s’ils refusent d’acquies-

• ccr de point en point, et avec exprès désaveu " de leurs erreurs, ils seront retranchés de l’E- > glise. • Il est visible que messieurs de la religion prétendue réformée n’altribuent |kis l'autorité de cejugement dcrn'cr à la parole de Dieu , prise en elle-même, et indépendamment de rinterprétation de l'Église, pnisrpie cette parole ayant été employée dans les premiers Jugements, ils ne laissent pas d’en ivermettre l'appel. C’est donc cette parole, comme interprétée par le souverain tribunal de l'Eglise, qui faitre(/c/îno/c cl deniiere résolution, à laquelle quiconque refuse d'acquiescer de point en point , ([uoiqu’il se vante d'élrc autorise par la [xarolc de Dieu , n'est plus regardé que comme un profane qui la corrompt et qui en abuse.

Mais la forme des lettres d’envoi , qui fut dri'ssco nu synode de Vitré en 1017, pour être suivie [Kir les provinces, quand elles députeront au synode national, a enwre qneh|uc chose de bien plus fort. Elle est conçue en ces termes :

• iNous promettons devant Dieu de nous soumet-

• tre à tout ce (|ui sera conclu et résolu en votre

• sainte assemblée, y olvélr , cl rexé’culer de tout

• nolié pouvoir, persuailés(|uc nous sommes que ■ Dieu y présidera, et vous conduira par son " Saint-Kspriten toute vérité et équité, par la rè- . gle de sa parole. - Il ne s'agit (xis ici de recevoir la résolution d'un synode, apres i|u'on a reconnu qu'il a parlé selon l'KcriInre ; on s’y soumet , avant même qu'il ait été assemblé ; et on le fait , parce qu’on est persuadé que le Saint- lisprit y présidera. Si cette persuasion est fondé-c sur une pré>somption humaine, (leut-on en conscience /)romettre devant Dieu de se .soumettre à tout ce qui sera conclu et résolu , y obéir, et l’exéciiter de tout son pouvoir.' Et si cette persuasion a son fondement dans une Cray ancc cerlainc de l'assistance que le Saint-Esprit donne à l'Église dan»

EXPOSITION DE LA DOCTTIINE

ses derniers jugements, les catholiques mfmcs ii'cn demandent pas davantage.

Ainsi la conduite de nos adversaires fait voir qu'ils conviennent avec noua de cette suprême autorité, sans laquelle on ne peut Jamais terminer aucuA doute de religion. Et si , lorsqu’ils ont voulu secouer le joug, ils ont nié que les fidèles fussent obliges de soumettre leur jugement à celui de l'Église, la nécessite d'établir l’ordre les a forcés, dans la suite, à reconnaître ce que leur premier engagement leur avait fait nier.

Ils ont passé bien plus avant au synode national tenu il Saintc-Eoi en l'an 1 578. Il sr fit quelque nuvcilnre de réconciliation avec les luthériens, par le moyen d’un formulaire de profession de foi générale et commune à toutes les Kgliscs, (pi’on proposait de dresser. Celles de ce royaume furent conviées d’envoyer a une nssembb'c qui se devait tenir pour cela, - des gens de bien, ap-

• prouvés, et autorisés de toutes lesdites Eglises,

> avec ample procuration i'ocb tbaitek, ac-

■ COnilF.n ET nÉCIDEB DF. Tons lES POISTS DE

• i.A DOCTBiNE, et auti'cs choses concernant l’u-

• nion. • Sur cette proposition, voici en quels termes fut conçue la résolution du synode de Sainte-Foi ; • Lesynotic national de ce royaume, . après avoir remercié Dieu d’une telle ouverture,

• et loué le soin, diligence et bons conseils des -susdits convoqués, et apcbouvast ees «f- « JIÉUES gtj’iLS ONT sus EN AVANT, - c’cSt-âdire, principalement celui de dres.ser une nouvelle confession de foi, et de donner pouvoir ii certaines personnes de la faire , . a ordonné , que

• si In copie de la susdite confession de foi est « envoyée à temps, elle soit examinée en chacun - synode provincial ou autrement , scion lacom-

> modilc de chacune province; et cependant a

• député quatre ministres les plus expérimentés . en telles affaires, auxquels charge expresse a

> été donnée de se trouver nu lieu et jour , avec . lettres et amples procurations de tous les mi-

■ nistres et anciens députés des provinces de ce . royaume , ensemble de monseigneur le vicomte

■ de Turenue, pour faire toutes les clioscs que . dessus : mémo, en cas ql’on n’eit le movfn . u’fxamineb pab toutes les pbovtnces la- . uiTEcoNFEssioN, on s’est remisa leur prudence

• et sain jugement, iwur accorder et conclibe

• tous les points qui seront mis en délibération ,

• soit POiiB LA DOCTBINE , OU autrc chosc concer-

• nant le bien, union et repos de toutes les Ëgli-

• ses. • C’est à quoi aboutit enfin la fausse délicatesse de messieurs de la religion prétendue réformée. Ils nous ont tant de fois reproché comme une faiblesse , cette soumission que nous avons pour les jugements de l’Église, qui n’est, disent-ils,

qu’une société d’Iioinmes sujets à faillir; et cependant étant assemblés en corps dans un synode' national , qui représentait toutes les Églises prétendues réformées de France , ils n’ont pascraint de mettre leur foi en compromis entre les mains de quatre hommes, avec un si grand abandonnemenidclem-s propres sentiments, qu’ils Icuront donné plein pouvoir de changer la même confession de foi , (|u’ils proposent encore aujourd'hui à tout le mondechréticn comme uneconfi^iondc fui, qui ne contient autre chose que la pure parolede Dion , et pour laquelle ils ont dit , en laprésenfant à nos rois , qu’une infinité de pci-sonnes étaient prêtes à répandre leur sang. Je laisse au sage lecteur A faire scs réflexions sur le décret de ce synode ; et j’acliévc d'expliquer en un mot les sentiments de l'Église.

Le Fils de Dieu ayant'voulu que son Église lAt une , et solidement bétic sur l’unité , a établi et Institué la primauté de saint Pierre , pour l’entretenir et la cimenter. C’est pourquoi nous reconnaissons celte même primauté dans les successeurs du prince desapAtres, uu.xquels on doit, pour cette raison , la soumission et l’obéissance que les saints conciles et les saints Pères ont toujours enseignée à tous les fidèles.

Quant aux choses dont on sait qu’on dispute dans les éeoles, quoique les ministres ne cessent de les alléguer pour rendre eette puissance odieuse , il n’est pas nécessaire d’en parler ici , puisqu’elles ne sont pas de la foi catholique. Il suffit de reconnaître un chef établi de Dieu, pour conduire tout le troupeau dans scs voies : ce que feront toujours volontiers ceux qni aiment la concorde des frères et l’unanimité ecclésiastique.

Et certes, si les autenrs de la réformation prétendue eussent aimé l’unité , ils n’auraient ni aboli le gouvernement épiscopal, qui est établi par Jésus-Christ même, et que l’on voit en vigueur dès le temps des apAtres, ni méprisé l’autorité de la chaire de saint Pierre, qui a un fondement si certain dans l’Éivangilc, et une suite si évidente dans la tradition ; mais plutAt ils auraient conservé soigneusement, et l’autorjté de l’épiscopat, qui établit l’unité dans les Églises particulières , et la primauté du siège de saint Pierre , qui est le centre commun de toute l’unité catholique.

Telle est l’exposition de la doctrine catholique, en laquelle, pour m’attacher à ce qu’il y a de principal, j’ai laissé quelques questions que messieurs de la religion prétendue réformée ne regardent pas comme un sujet légitime de rupture. J’espère que ceux de leur communion qui examineront éqnilahlemcnl toutes les parties de ce

RRMARQUK SUR

traité, seront disposés, par cette lecture, à mieux recevoir les preuves sur lesquelles la foi de l’Églisc est établie, et reconnaîtront, en attendant, que beaucoup de nos controverses se peuvent terminer par une sincère explication de nos sentiments, que notre doctrine est sainte, et que , selon leurs principes mêmes, aucun de scs articles ne renverse les fondements du salut.

Si quelqu'un trouve à propos de répondre à ce traité, il est prié de considérer que, pour avancer quelquechose, il ne faut pas qu'il entreprenne de réfuter la doctrine qu’il contient, puisque j'ai eu dessein de la proposer seulement , sans en faire la preuve; et que si en certains endroits j’al touché quelques-unes des raisons qui l'étabüssent, c’estè cause que la connaissance des raisons principales d'une doctrine fait souvent une partie nécessaire de son exposition.

Ce serait aussi s'écarter du dessein de ce traité, que d’examiner les différents moyens dont les théologiens catholiques SC sont servis pour établir ou pour éclaircir la doctrine du concile deTrcntc et les diverses conséquences que les docteurs particulière en ont tirées. Pour dire sur ce traité quelque chose de solide, et qui aille au but, il faut , ou par des actes que l’Église se soit obligée de recevoir, prouver que sa foi n’est pas ici fidèlement exposée, ou montrer que cette explication laisse toutre les objections dans leur force, et toutes les disputes en leur entier ; ou enfin faire voir précisément en quoi cette doctrine renverse les fondements de la foi.

REMARQUK

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