‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 65 sur 518 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Corruptions et supersUlions parmi les Juifs : fausses doctrines des pharisiens.

Cependant, à la fin des temps, les Juifs mêmes qui le connaissaient, et qui étaient les dépositaires de la religion, commencèrent (tant les hommes vont toujours affaiblissant la vérité ), non point à oublier le Dieu de leurs pères , mais à mêler dans la religion des superstitions indignes de lui. Sous le règne des Asmonéens et dès le temps de Jonathas , la secte des pharisiens commença parmi les Juifs*. Ils s’acquirent d’abord un grand crédit par la pureté de leur doctrine , et par l’observance exacte de la loi : Joint que leur conduite était douce , quoique régulière, et qu’ils vivaient entre eux en grande union. Les récompenses et les châtiments de la vie future , qu’ils soutenaient avec zèle , leur attiraient beaucoup d’honneur’. A la lin, l’gmbition se mit parmi eux. Ils voulurent gouverner, et en effet ils se donnèrent un pouvoir absolu sur le peuple : ilâ se rendirent les arbitres de la doctrine et de la religion , qu’ils tournèrent insensiblement à des pratiques superstitieuses, utiles à leur intérêt et à ta domination qu'ils voulaient établir sur les consciences ; et le vrai esprit de la loi était prêt à se perdre.

A CCS maux se joignit un plus grand mal , l’orgueil et la présomption; mais une présomption qui allait à s’attribuer à soi-même le don de Dieu. Les Juifs , accoutumés à ses bienfaits , et éclairés depuis tant de siècles de sa connaissance , oublièrent que sa bonté seule les avait séparés des autres peuples, et regardèrent sa grâce comme une dette. Race élue et toujours bénie depuis deux mille ans , ils se Jugèrent les seuls dignes de connaître Dieu , et se crurent d'une autre espèce que les autres hommes qu’ils voyaient privés de sa connaissnncc. Sur ce fondement, ils regardèrent les Gentils avec un insupportable dédain. Être sorti d’Abraham selon la chair, leur paraissait une distinction qui les mettait naturellement au-dessus de tous

' Dioÿ. Laert. Ilb. il. SUlp-

> Jo»eph. AnIUi- Hb. xm, c*p. îX,M. R.

* Ibid. cap. XTtii, al. io. Id. de &rtlo Jud. lib. ii , cap. ? n , I. 8.

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DISCOURS

las autres; et, enflés d'une si belle origine , ils se croyaient saints par nature, et non par gr^ce : erreur qui durceneoix* parmi eux. Ce furent les pliarisiens , qui , chcrchunt à se gloriflcr de leurs lumières , et de l'exacte observance des cérémonies de la loi, introduisirent celte opinion vers la flu des temps. Comme ils ne songeaient qu'ù se distinguer des autres homntes , ils multiplièrent sans bornes les pratiques extérieures, et débitèrent toutes leurs peus^ , quelque contraires qu'elles fussent ù la loi de Dieu, comme des traditions auUtentiques.

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