AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR
Rien ne contribue autant à la gloire de nos grands écTivaiiis , surtout lorsqu'il s'agit de Bossuet , que de mettre leurs ouvrages h la portée de tous les lecteurs.
Trop longtemps on n'a réiniprinié pour les gens du monde et même pour un grand nombre de fidèles que deux de scs admirables ouvTages : les Oraisons funèbres et l’IIistoire universelle, (.^ux qui voulaient connaître d'autres productions non moins remarquables do cet homme prodigieux , tout à la fois orateur, historien, philosophe, théologien, et qui par son génie, son éloquence, son érudition, sa profondeur fut le dernier des Pères de l'Église, devaient aexjuérir la totalité de scs œu^Tes complètes qui ne formaient pas moins de 39 volumes in ou 43 volumes in 8".
Dans ces derniers temps , l'heureuse idée de ren« fermer les œuvres complètes , de Bossuet en douze volumes grand in 8“ d’un format pareil a celui que nousavonsadopté pournotreBinuoTHÈQDK fbasç*iSE a rendu plus accessible ce vaste ensemble. Mais n’y avait-t-il pas un milieu h garder entre la réimpression des œuvres coinplettes dont une grande partie est uniquement ascétique , ou polémique , ou bornée à des intérêts du moment (1) et la simple réimpression des Oraisons funèbres et de l’ilistoire universelle ?
Déjà en 1822 un éditeur (^1 Delestre Boulage), dans une édition en 21 volumes in 8" imprimée chez P. Didot, avait fait un choix de tout oe que Bossuet lui semblait offrir déplus remarquable. Notre édition sera beaucoup plus complète; et ce qui lui donnerasurtoutune véritablesupériorité, c'est qu'au lieu de ne contenir qu’un choix très-restreint des Sermons de Bossue* (or, onsait que c’est là que so manifeste le plus visiblement toute la vigueur de son génie), nous avons réproduit la totalité de ces sermons; car, à notre avis, il est impossible d’y toucher ; partout l'empreinte du génie de Bossuet s’y fait sentir dans toute sa puissance, même dans les endroits qui semblent le plus négligés.
Bien que ces Sermons ne soient souvent que des esquisses , des fragments , ou même de simples notes pour aider sa mémoire, c’est cependant dans ces notes , dans ces esquisses qu’abondent les grandes pensées dont l'orateur s'inspirait au moment où il montait dans la chaire.
Nous avons de plus ajouté le grand ouvTnge de Bo.ssuet intitulé Défense de la Tradition et des Saints
( I } Trllfs «ont par exemple : La qaerelle du QuIéUsme qui h elUt M'ule ftirme près du qitart de» ffuvres complétés, c’esta dire, sept \ulamnt dans l'MlUlon de Vi-rsalllee — Des questions de dogme ou autres dbcusslons qui n’ont plus o.aintenant un aussi grand Intérêt, et qui, écrites en lalln, forment plusieurs volumes In 4‘. — Une correspondance fort etendue (|ui n’a généralement rien de très- remarquable. — U’aulrcs pirecs fort longues : telles que celle qui concerne l'abtuiye de Juuarre dont llnléréi est nul aujourd'hui et qui remplissent aussi plusieurs volumes.
^ Pères, qui a lui seul forme un volume dans rédhion I de Versailles, 1818. Jamais Bossuet n'a dans au- I cun ouvrage déployé une plus vaste érudition et une j logique plus serrée. En combattant les erreurs du I livre de M. Simoa^f/UtoireenfiquedesCommen- /tt/ewrj (/il Nouveau Testament, il passe en revue j les doctrines de tous les Pères de l’Église et des principaux hércsiarque.s.
Nous croyons utile de rappeler ici sommairement ce que contiennent les quatre volumes de notre édition, qui renferme tout ce qu’un littérateur de profession et un homme d'un goût éclairé doivent connaître. O clioix suffira même à la plupart des ecclésiastiques , d'autant plu.s que nous nous proposons de publier dans le même format les vies de Bossuet et de Fénélon |wr le (iirdinal de Beausppt , interprète si éloquent et successeur si honora- ]>le de CCS deux grands génies. T.à, .se trouveront les détails et le résumé de la grande et déplorable querelledu Quiétisme qui divisa deux hommes si digues de s'aimer, et l'analyse de plusieurs écrits ascétiques qui n'ont plus maintenant, même pour les ecclésiastiques, l’importance qu'ils avaient à l’époque où Bossuet les écrivit. Le volume sera complété par l'Essai sur l’Éloquence de la Chaire de Msr le Cardinal Maury, autre ouvTage qui n'honore pas moins la chaire fi^nçaise que celui de le Cardinal de Beausset. Ces deux ouvrages qui signalent le caractère et les écrits de Bossuet et de Fénelon semblent avoir été inspirés par leurs deux immortels prédécesseurs.