CH.VP1TRE XXX
Les prédiclinDS réduites il trois f.dts palp.ibles : parabole du Fils de Dieu qui en établit là liaison.
Et ù cause que la discussion des prédictions particulières , quoiqu’en sol pleine de lumière , dépend de beaucoup de faits que tout le monde ne peut pas suivre également , Dieu en a choisi quelques-uns qu'il a rendus sensibles aux plus ignorants. Ces faits illustres, ces faits éclatants dont tout l’anivers est témoin , sont les faits que j'ai téché jnsques ici de vous faire suivre ; c’esta-dire,, la désolation du peuple juif et la eouversion des Gentils arrivées ensemble , et toutes deux précisément dans le même temps que l'Évangile a été prêché , et que Jésus-Christ a paru.
Ces trois choses unies daas l'ordre des temps , l’étaient encore beauconp davantage dans l’ordre des conseils de Dieu. Vous lesnvez vues marcher ensemble dans les anciennes prophéties ; mais Jésus-Christ , fidèle interprète des prophéties et des volontés de son Père , nous a encore mieux expliqué cette liaison dans son Évangile. U le fuit dans la parabole de la vigne ' , si familière aux prophètes. Le père de famille avait planté cette vigne, c'est-à-dire, la refigion véritable fondée sur sonaiiiance; et l’avait donnée à cultiver à des ouvriers, c’est-à-dire , aux Juifs. Pour en recueillir les fruits, il envoie à diverses fois ses serviteurs, qui sont les prophètes, fats ouvriers infidèles les font mourir. Sa bonté le porte à leur envoyer son propre fils. Ils le traitent encore plus mal que les serviteurs. A la fin, il leur Atc sa vigne et la donne à d’autres ouvriers : il leur Ate la grâce de son alliance pour la donner aux Gentils.
Os trois choses devaient donc concourir ensemble , l’envoi du Fils de Dieu , In réprobation des Juifs, et la vacation des Gentils. Il ne faut plus de commentaire à la parabole , que l’événe ment a Interprétée.
Vous avez vu que les Juifs avouent que le
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royaume de Juda et l'état de leur répuhli((ue a commencéà toiniierdans les temps d'ilérode, et ; lors(|ue Jésus-Christ est venu au monde. Mais I si les altérations qu’ils faisaient à la loi de Dieu leur ont attiré une diminution si visible de leur puissance, leur dernière désolation, qui dure encore, devait être la punition d'un plus grand crime.
Ce crime est visiblement leur méconnaissance envers leur Messie , qui venait les instruire et les olfranchir. C'est au.ssi depuis ce temps qu'un joug de fer est sur leur tête ; et ils en seraient accablés , si Dieu ne les réservait ù servir un jour ce Messie qu'ils ont crucifié.
Voilà donc dtjà un fait avéré et public; c'est la ruine totale de l'état du peuple juif dans le temps de Jésus-Christ. La convcrs'ou des Gentils, qui devait arriver dans le même temps, n’est pas moins avérée. Eu même temps que l’ancien culte est détruit dans Jérsualem avec le temple , l’idolâtrie est attaquée de tous cêtés ; et les peuples, qui depuis tant de milliers d'années avaient onblié leur créateur, se réveillent d'uu si long assoupissement.
Et, afin que tout convienne, les promesses spirituelles sont développées par la prédication de l'Évangile dans le temps que le peuple juif, qui n’en avait reçu que de temporelles, réprouvé manifestement pour son mcn^ulité, et captif par toute la terre , n’a plus de grandeur humaine à espérer. Alors le ciel est promis à ceux qui .souffrent persécution pour la justice ; les secrets de la vie future sont prêches, et la vraie iiéatitude est montrée loin de ce séjour où règne la mort, où abondent le péché et tous les autres maux.
Si on ne découvre pas ici un dessein toujours soutenu et toujours suivi ; si on n’y voit pas un même ordre des conseils de Dieu , qui prépare dès l’origine du monde ce qu’il achève à la lin des temps , et qui , sous divers états, mais avec une succession toujours constante , perpétue aux yeux de tout l’univers la sainte société ou il veut être servi : on mérite de ne rien voir, et d’être livré à son propre endurcis-sement comme au plus juste et au plus rigoureux de tous les supplices.
Et afin que cette suite du peuple de Dieu fût claire aux moins clairvoyants , Dieu la rend sensible et palpable par des faits que personne ne peut ignorer, s’il ne ferme volontairement les yeux a la vérité. Le Messie est attendu par les Hébreux; il vient, et il apiielle les Gentils, i comme il avait été prédit. Le peuple qui le reconnaît comme venu, est incoriwre au peuple qui l'attendait; sacs qvi'il y ait entre deux un seul moment d’intcrniption : ce [icuple est re-
ICO
DISCOURS
pandu par toute la terre, les Gentils ne cessent de s'y agréger; et cette Kglise que Jésus-Cbrist a étalilie sur la pierre , malgré les efforts de l'enfer, n'a jamais été renversée.