‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 96 sur 518 · DE L’ÉCRITURE SAINTE · texte numérisé non relu

DE L’ÉCRITURE SAINTE

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Dieu est le rot des rois : c’est à lai qn'il appai^ tient de les instnüre et de les régler comme ses ministres. Écoatezdonc, Monseignenr, les leçons qn'il lenr donne dans son Écriture, et apprenez de Ini les règles et les exemples sur lesquels ils doivent former leur conduite.

Outre les autres avantages de l’Écriture, elle a encore celul^!i , qu’elle reprend l’Iiistoire du monde dès sa première origine , et nous fait voir par ce moyen , mieux que tontes les antres histoires, les principes primitlb qui ont formé les empires.

Nulle histoire ne découvre mieux ce qu’il y a de bon et de mauvais dans le cœur humain , ce qui soutient et ce qui renverse les royaumes ; ce que peut la religion pour les établir, et l'impiété pour les détruire.

Les autres vertus et les autres vices trouvent aussi dans l’Écriture leur caractère naturel , et on n’en volt nulle part dans une plus grande évidence les véritables effets.

On y volt le gouvernement d’un peuple dont Dieu même a été le législateur; les abus qu’il a réprimés et les lois qu’il a établies , qui comprennent la plus belle et la plus Juste politique qui ftit Jamais.

Tout ce que Lacédémone , tout ce qu’.\thènes , tout ce que Borne; pour remonter & la source, tout ce que l’Égypte et les États les mieux policés ont eu de plus sage n’est rien en comparai- I son de la sagesse qui est renfermée dans la loi de Dieu , d’où les autres lois ont puisé ce qu’elles ont de meilleur.

Aussi n’y cut-11 Jamais une plus belle constitution d’État que celle ou vous verrez le peuple de Dieu.

Moïse, qui le forma, était instruit de toute la sagesse divine et humaine dont un grand et noble génie peut être orné ; et l’inspiration ne fit que porter è la dernière certitude et perfection ce qu'avaient ébauché l'usage et les connaissances

du plus sage de tous les empires et de ses plus grands ministres, tel qu’était le patriarche Joseph , comme lui inspiré de Dieu.

Deux gran^ rois de ce peuple , David et Salomon, l’un guerrier, l'autre pacifique , tous deux excellents dans l’art de régner, vous en donneront non-seulement les exemples dans leur vie, mais encore les préceptes : l'un , dans ses divines poésies ; l’antre , dans ses instructions que la sagesse étemelle lui a dictées.

Jésus-Christ vous apprendra, par lui-même et par ses apétres, tout ce qui failles États heureux : son Évangile rend les hommes d’autant plus propres à être bons citoyens sur la terre, qu’il leur apprend par lé A se rendre dignes de devenir citoyens du eiel.

Dieu , enAn , par qui les rois régnent , n’oublie rien pour leur apprendre é bien régner. Les ministres des princes , et ceux qui ont une part sous leur autorité au gouvernement des États, et à l’administration de la Justice , trouveront dans sa parole des leçons que Dieu seul pouvait leur donner. Cest une partie de la morale chrétienne que de former la magistrature par ses lois : Dieu a voulu tout décider, c’est-à-^re, donner des décisions A tons les états ; A plus forte raison A celui d’où dépendent tous les autres.

Cest , Monseigneur, le plus grand de tous les objets qu’on puis.se proposer aux hommes ; et Us ne peuvent être trop attentifs aux règles sur lesquelles ils seront jugés par une sentence étemelle et irrévocable. Ceux qui croient que la piété est un affaiblissement de la politique, seront confondus ; et celle que vous verrez est vraiment divine.

:»oo POLITIQUE

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