‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 99 sur 518 · IM. I, M · texte numérisé non relu

IM. I, M

I Ibid. XXIII , a.

■ IMul. XXXI, 3, 7.

POLITIQUE

conseil , fil le partage entre le* tribiu et entre les parlienliers, selon le projet et les ordres de Mi.isc

lie là est né le droit de propriété ; et en général tout droit doit venir de l'autorité puliliipic , N\ns qu'il soit permis de rien envahir, ni de rien attenter par la foree.

V' PEOPOSITIOX.

Par le gourernemcnt disque particulier devient plus fort.

Iji raison est que chacun est secouru. Toutes les forces de la nation concourent en un , et le magistral souverain a droit de les reunir. • Haee - relielle et méchante, dit Moïse à ceux de Itu-

• hen , demeurerez -vous en repos pendant que \ os . frères iront au comhal? iNon, répondent-ils,

> nous marcherons avancés à la tête de nos frères,

■ et ne retournerons point dans nos maisons Jus-

• qu'à ee qu’ils soient en possession de leur héri-

« tage ’. » i

Ainsi le magistrat souverain a en sa main ton- ' tes les forces de la nation qui se soumet à iui oliéir. • Nous ferons, dit tout le peuple a Josué,

« tout ee que vous nous commanderez : nous

• irons partout où vous nous enverrez. Qui résis- . lera à vos paroles , et ne sera pas olxùssant à . tous vos ordres, qu'il meure! Soyez ferme seu- . lement et agissez avec vigueur •

Toute la force est transportée au magistrat souverain; chacun l'affermit au préjudice de ia aiciine, et renonce à sa propre vie en cas qu'il désobéisse. On y gagne ; car on retrouve , eu la IH'rsoune de ce suprême magistrat , plus de force qu'on n'en a quitté pour l’autoriser; puisqu'on y retrouve toute la force de la nation réunie ensemble pour nous secourir.

Ainsi , un particulier est en repos contre l'opprcivsion et la violence ; parce qu'il a en la personne du prince un défenseur invincible, et plus fait sans comparaison que tous ceux du peuple qui cul reprendraient de l'oppr'uncr.

Le magistrat souverain a intérêt de garantir de la foree tous les partieuliei-s ; parce que si une autre foi-ce que la sienne prévaut parmi le peuple, son autorité et sa vie est en péril.

Ix’S hoiniues superbes et violents sont eiuiemis dd'autorité,ct leur discoui-s naturel est de dire :

• Qui est notre maitre t? ■

« La multitude du peuple fait la dignité du " roi » .S'il le laisse dissiiwrct accabler par le.s liommcs violents, il se fuit tort à lui-inéme.

* Jos. xm , VIT, rlc.

V ^Hm. vvMi, 6, li, 17, 18.

1 Jitt. I, IA, 18.

V Pt. XI , 5.

* Prvr. XIV. as.

Ainsi le magistrat souverain est l’ennemi naturel de toutes les violences. • Ceux qui agissent « avec violence sont en abomination devant le

• roi , parce que son tréne est affermi par la jus-

• tlcc '. •

le prince c.sl donc par sa charge, à chaque particulier, « un abri pour se mettre à couvert

• du vent et de la tempête , et un rocher avancé A sous lequel il se met à l’ombre dans une terre A sèche et brûlante. I.a justice établit la jiaix ; il « n’y arien de plus beau que de voir les hommes « vivre tranquillement : ehacim est en sûreté dans ■ sa tente, et jouit du repos et de r,abondance’. ■ Voilà les fruits naturels d'un gouvernement réglé.

En v oulant tout donner à la force , chacun sc trouve faillie dans ses prétentions les plus légitimes, i>ar la multitude des concurrents, contre qui il faut être prêt. Mais sous un pouvoir légitime chacun se trouve fort, en mettant toute In force dans le magistrat, qui a intérêt de tenir tout en paix pour être lui-méme en sûreté.

Dans un gouvenicmcnt réglé, les veuves, les orphelins, les pupilles, les enfants même dans le berceau sout forts. l.eur bien leur est conservé; le public prend soin de leur édueution; leurs droits sont défendus, cl leur cause est la cause propre du magistrat. Toute l’Écriture le charge de faire justice au pauvre, au faible, à la veuve, à l’orphelin et au pupille *.

C’est donc avec raison que saint Paul nous recommande de • prier persévéramment , et avec

• instance pour les rois, et pour tous ceux qui

• sont constitués en dignité, afin que nous pas-

• Bions tranquillement notre vie en toute piété

• et chasteté ‘. ■

De tout cela il résulte qu’il n’y a fioint de pire état que l'anarchie , c'est-à-dire , l’état où il n’y a point de gouvernement ni d’autorité. Ou tout le monde veut faire ce qu'il veut, nul ne fait ce qu'il veut; où il n’y a point de maître, tout le monde est maitre; où tout le monde est maître, tout le monde est esclave.

VI' l'EorusiTio.v.

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