‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 1 sur 192 · DESSEIN DE L’OUVRAGE · texte numérisé non relu

DESSEIN DE L’OUVRAGE

Idée générale de U religion protratanle et de ses varialk>ns ; qoe la découverle en est utile n la cootiainMnee de la véritable doctrine, et a la récondUatlon dee eaprlUJea auteure dont oo K sert dans celte histoire.

Si tes protestants savaient à fond comment s'est formée leur reli|;ion, avec combien de variations et avec quelle inconstance leurs Confessions de foi ont été dressées; comment ils se sont séparés premièrement de nous, et puis entre eux; par combien de subtilités, de détours cl d'équivoques ils ont tâché de réparer leurs divisions, et de rassembler les membres épars de leur reforme désunie : cette réforme, dont ils se vantent, ne les conU>ntcrnit guère; et, pour dire franchement ce que je pense, elle ne leur inspirerait que du mépris. C’est donc ces variations, ces subtilités, ces équivoques, et CCS artifices, dont j’entreprends de faire l’iiistoire. Mais afin que ce récit leur soit plus utile, il faut poser quelques principes dont ils ne puissent disconvenir, et que la suite d’un récit, quand on y sera engagé, ne permettrait pas de déiluire.

Lorsque, parmi les chrétiens, on a vu des varialions dans l’exposition de la foi, on les a toujours regardées comme une marque de fausseté et d'inconséquence (qu'on me permette ce mot) dans la doctrine exposée. La foi parle simplement : le Saint- Esprit répand des lumières pures, et la vérité qu'il enseigne a un langage toujours uniforme. Pour peu qu’on saehe I histoire de l’^^glisc, on saura qu'elle a opposé à chaque hérésie des explications propres et précises , qu’elle n’a aussi jamais changées ; et si l’on prend garde aux expressions par lesquelles elle a condamné les hérêUijues, on verra qu’elles vont toujours à attaquer l’erreur dans sa source par la voie la plus courte et la plus droite. C'est pourquoi tout oequi varie, tout ce qui se charge de ternies douteux et enveloppés a toujours paru suspect, et non-seulement frauduleux , mais encore absolument faux, parce qu'il marque un embarras que la vérité ne connaît point. C’a été un des fondements sur lesquels les anciens docteurs ont tant condamné les ariens, qui faisaient tous les jours paraître des cou-

»o«t TT — rmii: IV.

fessions de foi de nouvelle date, sans pouvoir jamais se fixer. Depui.s leur première Confession de foi, qui fut faite par Arius, et présentée par cet héré.siarque à son évêque Alexandre, ils n’otil jamais cessé de varier. C’est ce que saint Hilaire reproclie à Constance, protecteur de ces hérétiques; et pend«int que cet em|iereur assemblait tous les jours de nouveaux conciles pour réformer les symboles, et dresser do nouvelles Confession.s de fni, ce saint cu’(|ue lui adresse ces fortes paroles * : « I.a mémo > chosevousestarrivéequ’auxignoranLsarchitix'tes, » à qui leurs propres ouvrages déplaisent toujours :

• vous ne faites que bâtir et détruire : an lieu que

• l’Cgiise catholique, (lès la pnmiière fois qu’elle « s'assembla , fit un édifice immortel , et donna dans

• le syinliole de rsicéc une si pleine déclaration de « ia vérité, que, pour condamner éternellement <1 l’arianisme, H n’a jamaus fallu que la répéter. •

Ce n'a pas seulement été les ariens qui ont varié de cette sorte : toutes les hérésies, des l'origine du christianisme, ont eu le nuTiie caractère; et longtemps avant Arius, Tcrtullien avait déjà dit* :

• Les h(Tétiqucs varient dans leurs règles, c'esi-a-

• dire, dans leurs confessions de foi : chacun

• parmi eux sc croit en droit de changer et de inodi-

• fier par son propre e.sprit ce qu'il a reçu, comme « c’est par son propre esprit que l’auteur de la secte « l’a composé : l'hérésie retient toujours sa propre « nature, en ne cessant d'innover; ei le progrès de « ia cliose est semblable à son origine. Ce qui a été « permis à Valentin l'est aus.si aux Valentiniens; les « marcionites ont le meme pouvoir que Marcion :

• et les auteurs d'une hérésie n'ont pas plus de droit « d'innover, que leurs sectateurs ; tout change « dans les hérésies , et quand on les pénètre à fond , « on les trouve dans leurs suites différentes en « beaucoup de points de ce qu’elles ont été dans leur « naissance. «

Ce caractère de riiérésie a toujours élc remarqué par les catholiques; et deux saints auteurs du huitième siècle ^ ont écrit que « l'iiérésie en elle-méine « est toujours une nouveauté, quelque vieille qu’elle « soit; mais que pour se conserver encore mieux le

• titre de nouvelle, elle innove tous les jours; et « tous les jours elle change sa doctrine. »

* Lib. contra Const. n. 23, cd. * D* Priser I2

— > Elh. «t Beat. Ub. I, roii/. Slip.

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rni'iFACE

Mais , pondant que les hérésies toujours variables ne s'accordent pas avec e]lesimbm‘s,elinlruduisLnt conlinuellcinent de nouvelles ri‘;;les, c'est-à-dire, de nouveaux symlwles, dans l’ÊglIse, dit Tertullicn ‘ , la r^gle de la foi est immualde, H ue te ré‘ forme point. C'est <jue l'Eglise, qui fait prufessiou de ne dire el de u'ensei^ijer que ce qu’elle a reçu,

)’ ue varie jamais; et au contraire rhérésie, qui a cuinmencA* par innover, innove toujours, i-t ne change point de nature.

I)t« la vient f|ue saint Cbrysostùme traitant ce précepte de l’apiitre : i:vitez les «oMrfaw/éjt profanes dans vos disnmrs, a fait celte léncxlon * : • Evitez les nmiveaiité^ dans vos discours; car les • choses n*4-n demeurent pa* là : une nouveauté en • produit une autre; et on s'étrarc sans fm quand ■ ou a une fois commencé à s'égarer. •

Deux choses causent ce désortlre dans les hérésies ; l'une est tirée du génie de IVsprit humain , qui depuis qu'il a goilté une fols l'appàl de la nouveauté, ne cesse de rechercher avec un appétit déréulc celte Irompctisc dmirinir : l'aiitrccst tirée «le la diffén’iice de ce que Dieu fait, d’avec ce que font les hommes. La vérité catholique, venue de Dieu, a ü'ahord sa perfection : riiérésie, faible production de l’esprit humain , ne sc peut faire que par pièces mal assorties. Pendant qu'on veut renverser, contre le précepte du Sage les anciennes bornes posées fmr nos pères, vt reformer la doctrine une fois reciio parmi leslhlèies. on s'engage sans bien pénétrer toutes les suites de ce qu'on avance. Ce qu’une fausse lueur avait fait hasarder au commencement, se trouve avoir «les inconvénients qui oldigent les réformateurs à SP réformer tous les jours : de sorte qu'ils ne peuvent dire quand finiront les innovations, ni jamais se contenter etix-mcmes.

Voilà les principes solûles et inél)ranlal>lcs par lesquels je prélemls démontrer aux protestants la fausseté de leur doctrine dans leurs continuelles variations, et dans la manière ciiangeante dont ils ont expliqué leurs dogmes; je ne dis pas seulement en particulier, mais en corps d’Eglise, dans les livres qu'ils appellent symhollques, c’est-à-dire, dans ceux qu'on n faits pour exprimer le consentement des Eglises; en un mot, dans leurs propres Confessions de foi, arrêtées, signées, publiées, dont on a donné la doelrine comme une doctrine qui ne contenait que la pure parole de Dieu, et qu'on a changées néanmoins en tant de manières dans les articles principaux.

Au re.sle, quand Je parlernî de ceux qui se sont dits réformés en ces derniers siècles, mon dessein n'est point de parler des sociniens, ni des différentes sociétés d'anabaptistes, ni de tant de diverses sectes qui s'élèvent , en Angleterre et ailleurs, dans le sein de la nouvelle réforme; mais seulement de ces deux corps, dont l'un comprend les luthériens, c'est-à-dire, ceux qui ont pour règle la confession d'Augsbourg; et l'autre suit les sentiments de /uhi-

• l)« rirg. vfl. B. I. — • Hum. V, in ?. n,t Tim. Prov. x«|i. as.

gic Pt de («ilvin. I^s premiers, dans /'institution de l’eucharÎMie, sont défenseurs du sens litténd, et les autres du sens figuré. C'e.st aussi par ce caractère que nous les distinguerons principalement les uns dt's autres, quoiqu'il y ait entre eux beaucoup d’autres démêies très-graves et tres-importanls, comme la suite le fera paraître.

Les luihcrirns nous diront ici qu'iU prennent fort peu de part aux variations et à la conduite des zuingliens et des calvinistes; et quelqui's-uns de ceux-ci pourront penser à leur tour que l'incoiistancc des luthériens ne les touche pas; m.iis iis so trompoit les uns et les autres, puisque les luthériens [HMivent voir dans les calvinistes les suites du mouvement qu'iLs «ni excite; el nu contraire, les calvinistes doivent remarquer dans les lutlirrien.s le désordre et riiiccrtiliiiie du coinmciiccmetit qu'ils ont suivi : mais surtout les calvinistes ne peuvent nier qu’ils ii’aienl toujours regarde Luther et les lutliérieiis comme leurs auteurs; et sans poirier de Calvin, qui a souvent nommé Luther avec respect, comme le chef de la réforme , on verra dans la suite de celte liisloire ' , tous les calvinistes (j’apiK'Ile ici de ce nom Icsccond parti des protestant.^) allemands, anglais, hongrois, polonais, hollandais, et tous les autres généralement assrunhb’s à Francfort » , par les soins delà reine Elisabeth, apres avoir reconnu ceux (le la confession d'.iutjsiiturfj, c'est-àdire, les luthériens, comme les premiers qui ont fait rcnailre t’ÊglisCf reconnaître encore la confession d’Augsbourg, comme une pièce coimntinc de tout le parti, qu'ils ne veulent pas contredire, mais seulement la bien entendre; el encore dans un seul article, qui est celui de la cène, nommant aussi pour cette raison parmi leurs pères, non-seulement Zuingle, Biicerel Calvin; mais encore Luther el Melanehton ; et mettant Luther à la tête de tous leurs réformateurs.

Qu'Ils disent après cela que les variations de T.uther et des lutliérieus ne les touchent pas : nous leur dirons au (*ontrairc, que, selon leurs propres principes et leurs propre.s déclarations, montrer les variations et les inconstances de Luther et des luthériens, c’est montrer l'esprit de vertige dans la source de la réforme, et dans la tête où elle a été premièrei!)ent conçue.

On a imprimé à (îcneve, il y a longtemps, un recueil de Confessions de foi^, où avec relie des défenseurs du sens figuré, comme relie de France et des Suisses, sont aussi celles des défenseurs du sens littéral , comme celle d’Augsbourg , et quelques autres; et ce qu'il y a de pins remarquable, c’est qu’encore que les Confessions qu'on y a ramassée.s soient si différentes, et se condamnent les unes les autres en plusieurs articles de foi , on ne laisse pas néanmoins de les proposer, dans la préface de ce recueil , • comme un corps entier de la saine tliéofo- « gie, et comme dt^ registres authentiques, où il « fallait avoir recours pour connaître la fin ancienne « cl primitive. » Files sont dedircs aux rois d’An-

' Lib. *n. — * Ji'i. .i4nih. Bloud. p. és. — ^ SjfnUtçma ' CoHf. fidri Cm.

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DKS VARIATIONS.

gleterre, d'Écosso, de Danemark et de Suède, et aux princes et républiques par qui elles sont suivies, ^i'iinporte que ces rois et ces états soient séparés entre eux de communion aussi bien que de croycin* ce. Ceux de Genève ne laissent pas de leur (Kii'ier comme à des fidèles éclairés dans res derniers temps par une grâce singulière de Dieu y de la véritable lumière de son Érangile, et ensuite de leur présenter à tous ces Confessions de foi , comme un monument éternel de la piété ejctraordinaire de leurs ancêtres.

C'est qu^en effet ces doctrines sont également adoptées par les calvinistes, ou absolument comme véritables, ou du moins comme n’ayant rien de contraire au fondement de la foi : et ainsi , quand on verra dans cette histoire la doctrine des Confessions de foi , je ne dis (Kis de France ou des Suisses, et des autres défenseurs du sens figuré , mais encore d'Augsbour^, et des autres qui ont été faites par les lutliériens, on iic la doit pas prendre pour une doctrine étrangère au calvinisme; mais pour une , doctrine que les calvinistes ont expressément ap- ^'prouvée comme véritable, ou en tout cas épat^née comme innocente, dans les actes les plus auüientiques qui se soient faits parmi eux.

Jen’en dirai pas autant des luthériens, qui, au lieu d'être toucliés de l'autorité des défenseurs du sens fisuré, n’ont que du mépris et de l’aversion pour leurs sentiments. Leurs propres changements les doivent confondre. Quand on ne ferait seulement que lire les titres de leurs Confessions de foi dans ce recueil de Genève, et dans les autres livres de cette nature, où nous les voyons ramassées, on serait étonné de leur multitude. La première qu’on voit paraître est celle d’Atigsbourg , d'où les luthériens prennent leur nom. On In verra présenter à Cliarles V, en 1530; et on verra depuis qu’on y a touché et retouché plusieurs fois. Melancliton, qui l'avait dressée , en tourna encore le sens d'une autre manière, dans l’Apologie qu’il en fit alors, souscrite de tout le parti : ainsi elle fut changée en sortant des mains de son auteur. Depuis , on n’a cessé de la réformer, et de l'expliquer en difîérentes manières; tant ces nouveaux réformateurs avaient de peine à se contenter, et tant ils étaient peu stylés ù enseigner précisément ce qu’il fallait croire!

Mais comme si une seule Confession de foi ne suffisait pas sur les mêmes matières, Luther crut qu’il avait besoin d'expliquer ses sentiments d’une autre façon, et dressa, en 1537, les articles de Smalcalde, pour être présentés au concile que le pape Paul III avait indiqué à Mantoue : les articles furent souscrits par tout le parti, et se trouvent insérés dans le livre que les luthériens appellent la Concorde *.

Cette explication ne satisfit pas tellement, qu’il ne fallût encore dresser la Confession que l’on appelle SaxoniquCy qui fut présentée au concile de Trente en l'an 1551, et celle de>Vittemberg, qui fut aussi présentée au même concile en 1553.

A tout eda il faut Joindre les explications de l'R-

• r onconi. p. iW, 7.10.

glisede Wittemberg, où la réforme avait pris naissance; et les autres, que celte histoire fera paraître en leur rang, principalement celle du livre de la Concorde, dans l'abrégé des articles , et encore dans le même livre, les explications répelées *, qui sont tout autant de Confessions de foi, publiées authentiquement dans le parti, embrassées par des Kglises, combattues par d’autres, dans des points très-importants : et ces Églises ne laissent pas de faire semblant de composer un seul corps, à cause que, par politique, ellcsdissimulentleursdissensions sur l'ubiquité et sur les autres matières.

L’autre parti des protestants ii'a pas été moins fécond en Confessions de foi. En mênie temps que celle d’Augsboun? fut présentée à Charles V, ceux qui ne voulurent pas en convenir lui présentèrent la leur, qui fut publiée sous le nom de quatre villes de l’Empire, dont celle de Strasbourg était la première.

Elle satisfît si peu les défenseurs du sens figuré , que chacun voulut faire la sienne : nous en verrons quatre ou cinq de la façon des Suisses. Mais si les ministres zuingiiens avaient leurs pensées, les autres avaient aussi les feurs ; et c’est ce qui a produit la Confession de France et de Genève. On voit à peu près dans le même temps deux C.onfessions de foi sous le nom do l'Église anglicane, et autant sous le nom de l’Église d’Écosse. L’électeur palatin Frédéric lll, voulut fairo la sienne en particulier: et celle-ci a trouvé sa place avec les autres dans le recueil de Genève. Ceux des Pays-Bas ne se sont tenus à pas une de celles qu'on avait faites devant eux , et nous avons une Confession de foi bcigique, approuvée au synode de Dordrecht. Pourquoi les calvinistes polonais n'auraient-ils pas eu la leur? En effet , encore qu'ils eussent souscrit la dernière canfessioii de.s siiingliens, on voit qu’ils ne laissent pas <Pen publier encore une autre au synode do Czenger : outre cela , s’étant assemblés avec les vaudois et les luthériens à Sendomir, ils convinrent d’une nouvelle manière d’expliquer l’article de l'eudiaristie, sans qu'aueun d’eux se départit de ses sentiments.

Je ne parle pas de la Confession de foi des Bohémiens, qui voulaient contenter les deux partis de la nouvelle réforme. Je ne parle pas des traités d'accord qui furent faits entre les Eglises avec tant de variétés ( t tant d’équivoques : ils paraîtront en leur lieu, avec les déebions des synodes nationaux, et d'autres Confessions de foi faites en difTérentes conjonctures. Est-il possible, ô grand Dieu! que sur les mêmes matières et sur les mêmes questions on ait eu besoin de tant d’actes multipliés, de tant de décisions et de Confessions de foi si dilTérentes? Encore ne puis-je pas me vanter de les savoir toutes; et j'en sais queje n’ai pu trouver. L'Église catholique n’en eut jamais qu’une à opposer à chaque hérésie : mais les' 1-^Mses de la nouvelle réforme, qui en ont produit un si grand nombre, cüoso étrange, et néanmoins véritable! n’en sont pas encore contentes; et on verra dans celte histoire,

' Cotf". p. i70 , 77S.

PnÉFACK

qu‘il n‘a (ws Icnu ii nos calvinistes qu’ils n’cn aient l'ait de nouvelles, qui aient supprimé ou réfurme tontes les autres.

On est étonné de ces variations. On le sera beaucoup davantage quand on verra le détail et la manière dont des actes si authentiques ont été dressés. On s’est joué, je le dis sans exagérer, du nom de confession de foi; et rien n’a été moins sérieux dans la nouvelle réforme, que ce qu’il y a de plus scrieux dans la religion.

Celte prodigieuse multitude de Confessions de foi a effrayé ceux qui les ont faites : on verra les pitoyables raisons par lesquelles ils ont tâché de s'en excuser : mais je ne puis m'empécher ici de rap|>orter celles qui sont proposées dans la préfacé du recueil de Genève ' ; parce qu’elles sont générales , et regardent également toutes les Églises qui se disent réformées.

I>a première raison qu’on allègue pour établir la néj*essité de multiplier ces Confessions, c’est que plusieurs articles de foi ayant été attaqués , il a fallu opposer plusieurs Confessions à ce grand nombre d'erreurs : j’en conviens; et en même temps, par line raison contraire, je dcnronlre l’absurdité de toutes ces Confessions de foi des protestants; puisque toutes, comme il parait par la seule lecture des titres, regardent pn^isémeot les mêmes articles; de sorte que c’était le cas de dire avec saint Aihanase* : • Pourquoi un nouveau concile, de nouvelles • Confessions, un nouveau symbole? Quelle nou- « velie question s'élall élevée? •

Une autre excuse qu’on apporte, c’est que tout le monde, comme dit l'npotre, doit rendre raison de sa foi ; de sorte que les Églises répandues en divers lieux ont dd déclarer leur croyance par un témoignage public : comme si toutes les Kglises du monde, dans quelque éloignement qu’elles soient, ne pouvaient pas convenir dans le même témoignage , quand clics ont la même croyance; et qu'on n’ait pas vu en effet , dès l’origine du christianisme , un semblable consentement dans les Églises. Où csl-ccque l'on me montrera que les Églises d’Orient aient eu dans l’anliquitc une confe.ssion differente de celle d'Ocrident? Iæ symbole de îSicée ne leur a-l-il jKis servi paiement de témoignage contre tous les arienr? ladclinition de Calcédoine, contre tons les eulychiens , les huit chapitres de Carthage, contre tous les pélngiens? et ainsi du reste.

Mais, disent les protestants, y avait-il une des Églises réformées qui pdt faire la loi à toutes les autres? Pion, sans doute .* toutes ces nouvelles Églises, sous prétexte d’éloigner la domination , se sont même privées de l’ordre, et n’ont pas pu Conserver le principe d’unité. Mais enfin, si la vérité les dominait toutes, comme elles s’en glorifient, U ne fallait autre chose, pour les unir dans une même Confession de foi , sinon que toutes entrassent dans le sentiment de celles à qui Dieu aurait fait la grâce d’exposer la [iremlère la vérité.

F.nfin . nous lisons encore dans la préface de Gc-

• C«./. Pra-f. — * df Syn. et Fp. ad. .4/r.

! nève, que si h réforme n'avait produit qu’une seule Confession de foi , on aurait pris ce consentement pour un concert étudié; «au lieu qu’un consenlemenl entre tant d'Éghscs, et de Confessions de foi sans concert, est l’oeuvre du Sainl-Ksprit. O eonrert, en effet, serait merTellIeux : mais par malheur la merveille du consentement manque fi CCS Confessions de foi; et relie histoire fera paraître qu’il n’y eut jamais, dans une matière si sérieuse, une si étrange inconstance.

On s’est aper(;u d'un si grand mal dans la réforme, et on a vainement tenté d’y remédier. Tout le second parti des protestants a tenu une assemblée générale, pour dresser une commune Confession de foi. Mais nou.s verrons par les actes » qii’aiitant qu'on trouvait d’inconvénient à n’en avoir point, autant fut-il impo.sslble d’en convenir.

I.es luthériens, qui paraissent plus unis dans la confession d’Augsbourg, n’ont pas été moins embarrassés de ces éditions differentes, et n’y ont pas pu trouver un meilleur remède *.

ün sera fatigué sans doute en voyant ces variations, et tant de fausses subtilités de la nouvelle réforme; tant de chicanes sur les mots; tant de divers accommodements; tant d'équivoques et d’explications forcées sur lesquelles on les a fondées. Est-ce là, dira-t-on souvent, la religion chrétienne, que les païens ont admirée autrefois comme si simple, si nette et si précise en scs dogmes! Chrhtlanam , religionem absotutam et ximpUccmf Non certainement, ce ne l’est pas. Ammian Rtarcelin avait raison , quand ü disait que Constance , par tous ses conciles et tous ses symboles , était éloigné de celto admirable simplicité, et qu'il avait affaibli toute la vigueur de la fol, par la crainte perpétuelle qu’il avait de s’être trompé dans ses sentiments

Encore que mon intention soit ici de représenter les Confessions de foi , et les autres actes publics où paraissent les variations, non pas des particuliers, mais' des Églises entières de la nouvelle reforme : je ne pourrai m’empêcher de parler en même temps des chefs de parti qui ont dressé ces Confessions, ou qui ont donné lieu à ces changements. Ainsi Luther, Melanchton, Cariostad, Zuingle, Bucer, CÆcolampade, Calvin, et les autres, paraîtront souvent sur les rangs : mais je n’en dirai rien qui ne soit tiré le plus souvent de leurs propres écrits, et toujours d’auteurs non suspects: de sorte qu'il n’y aura dans tout ce récit aucun fait qui ne soit constant, et utile à faire entendre les variations dont j’écris riùstoire.

Pour ce qui r^arde les actes publics des protestants, outre leurs Confessions de foi et leurs Catéchismes, qui sont entre les mains de tout le monde, j’en ai trouvé quelques-uns dans le recueil de Genève; d’autres dans le livre appelé Concorde, imprimé par les luthériens en IG54; d'autres dans le résultat des synodes nationaux de nos prétendus réformés, que j'ai vus en forme authentique dans la bibliothèque du lloi; d'autres dans l’Histoire Sacramentaire, imprimée à Zurich, en 1G02, par

• Lit-. XII. — ’ vni. fianxi. lib.x-it.

DES VAUIATiONS

nuspinicn, auteur Kuingiien, ou enfin dans d'au* très auteurs protestants : en un mot> je ne dirai rien qui ne soit authentique et ina)ntestublp. Au reste , pour le fond des choses , on sait bien de quel avis je suis : car assuréu>ent je suis catholique aussi soumis qu'aucun autre aux décisions de rEÿ^lise, et tellomcnt disposé, que personne ne craint da* vnntage de préférer son senliinent particulier au sentiment universel. Après cela, d’aller faire le neutre et rindifferent , n cause que j'écris une histoire, ou de dissimuler ce que je suis, quand tout le monde le sait et que j'en fais gloire, ce serait farre au lecteur une illusion trop grossière : mais aveu cet aveu sincère, je maintiens aux protestants qu’ils ne peuvent me rt’fuser leur croyance, etqu’ils ne liront jamais nulle histoire, quelle qu'elle soit, plus indubitable que celle-ci ; puisque, dans ce que j'ai à dire contre leurs Eglises et leurs auteurs , je n'en raconterai rien qui ne soit prouvé clairement par leurs propres témoignages.

Je n'ai pas épargné ma peine à les transcrire; et le lecteur se plaindra. peut-être que je n'aie pas assez ménagé la sienne. D'autres trouveront mauvais que je me sois quelquefois attaché à des choses qui leur paraîtront méprisables. Mais, outre que ceux qui sont accoutumés à traiter le-s matières de la religion savent bien que dans un sujet de cette importance et de celte délicatesse, presque tout, jusqu'aux moindres mois, est essentiel; il a fallu considérer, non ce que les choses sont en ellesincines, mais ce qu'elles ont été ou sont encore dans l’esprit de ceux à qui j'ai affaire; et après tout on verra bien que cette histoire est d'un genre tout particulier; qu'elle a dd paraître avec toutes scs preuves, et munie, pour ainsi dire , de tous cotés; et qu'il a fallu hxsarder de la rendre moins divertissante, pour la rendre plus convaincante et plus utile.

(Quoique mon dessein me renferme dans l'histoire des protestants, j'ai cru en certains endroits devoir remonter plus haut ' ; et c'a été lorsqu’on a vu les I vaudois et le.s liussites se réunir avec les calvinistes et les luthériens : il n donc fallu, en ces endroits, faire connaître l’origine et les sentiments de ces sectes, en montrer la descendance, les distinguer d'avec celles avec qui on a voulu les confondre, découvrir le maniciicisnic de Pierre de Bruis et des nihigeois, et montrer cmnmciil les vaudois sont sortis d eux ; raconter les impiétés et les bla.sphèines de \ icief, dont Jean llus et ses disciples ont pris naiss;mce;enun mol, révéler la honte de tous ces sect.iires à ceux qui se gloriüent de les avoir pour prédcct'sseurs.

Quant àJa méthode de cet ouvrage, on y verra marcher les disputes et les décisions dans l'ordre qu'elles ont paru, sans distinction des matières, parce que les temps mêmes m'invitaient à suivre cet ordre. Il est certain que, par ce moyen, les variations des protestints et l'état de leurs Églises sem mieux marqué. On verra aussi plus clairement, en mettant ensemble sous les yeux le& circonstances des lieux et des temps, ce qui pourra servir à la

conviction ou ^ la défense <fe ceux dont il s’agit.

Il n’y a qu'une controverse dont je fais Thistoire à part; et c'est celle qui rcgardel'Église * : matière si importante, et qui seule pourrait emporter la décision de tout le procès, si elle n’etait aussi em brouillée dans les écrits des protestants, qu'elle est claire et intelligible en elie-niéme. Pour lui ren dre sa netteté et sa simplicité naturelle, j'ai recueilli dans le dernier livre tout ce que j'ai eu à raconter sur cette matière, atin qu'oyant une fois bien envisagé la difQculté, le lecteur puisse apercevoir pourquoi les aouvolles Églises se sont senties obligées à tourner successivement de tant de côtés et* qui dans le fond ne pouvait jamais avoir qu'une même face. Car enfin tout se réduit à montrer où était l'Eglise avant la réforme, ^’aturellement on la doit faire visible, selon la cominuiic idée de tous les chrétiens , et on était allé lùdans les premières Confessions de foi, comme ou le verra dans celles d'Augsbourg et de Strasbourg, qui sont dans cliaque parti des protestants les deux premières. On s'obligeait, par ce moyen, à montrer dans sa croyance, non pas des particuliers répandus deçà et delà, et encore les uns sur un point, et les autres sur un aulre; mais des corps d'Églisc, c’est- à-dire des corps composés de pasteurs et de peuples : et on a longteni|>s amusé le monde en disant, qu’à la vérité rf'glise n'était pas'tüujours dans l'éclut; mais qu'il y avait du moins, dans tous les temps, quelque petite assemblée où la vérité se faisait entendre. .A lu fin, comnw' on a bien vu qu'on n’en pouvait marquer, ni petite nrgrande, ni obscure ni éclatante, qui fiU de la croyance protestante; le refuge d'Église invisible &’esl présenté très à propos, et la dispute a roule longtemps sur cette question. De nos jours ou a reconnu plus clairement que l'Église réduite à un étal invisible était une rhiincre inconciliable avec le plan de l'Écriture et la commune notion des chrétien.s et 00 a abandonné c-e mauvais poste. Les prote. -

I tants ont été contraints à clvercher leur successiixi ju$(|ue d.ins l'Église romaine. Deux fameux ministres de Erance ont travaillé à l’envi à sauver les iiiconvérrients de ce système , pour parler dans le style du temps : on entend bien que ces deux iiiinislrcs sont ines.sieurs Claude et Jurieu. On ne pouvait .apporter ni plus d'esprit, ni plus d'étude, ni plus de subtilité et d'adresse, en un mot, plus de tout ce qu'il fallait pour se biendefendre : ou ne pouvait non plus faire meilleure contenance, ni renvoyer leurs adversaires d'un air plus lier et plus dédaigneux avec les petits esprits, et avec les missionnaires tant méprisés par les ministres : toutefois la difllcultc qu'on voulait faire paraître si légère, à la (In s'est trouvée si grande, qu’elle a mis la division dans le parti. Il a enfin fallu reconnaître publiquement qu'on trouvait dans l'Église ronvainc, comme dans les autres Églises, avec la suite essentielle du vrai christianisme , même le salut éternel ; secret que la politique du parti avait tenu si caché dejiuis longtemivs. Au reste , on nous a donné tant d'avantage, il a fiiiln se jeter dans des excès si visibles, on a st

PRRFACE

fort oublié et les anciennes maximes de la rcfunne , (t ses propres Confessions de foi , que je n'ai pu m'emptk'lipr de raconter ce clianKcment dans toute sa suite. Que si Je me suis attaché à tracer ici avec soin le plan de ces Jeux ininislres, et à faire bien connaître l'ctat où ils ont mis la question; c'est de bonne foi que J'ai trouvé dans leurs écrit.s , avec les plus adroits, toute Pérudilion et toutes les subtili> tés que j’avais pu remarquer dans tous les auteurs que Je connais, soit luthériens ou calvinistes : et si parmi les protestants on s’avisait de les dédire, sous prétexte des absurdités où on les verrait poussés, et qu'on voulût se réfugier de nouveau, ou dans TÊgli.se invisilite, ou dans les autres retraites également abandonnées; ce serait comme le désordre d’une année vaincue, qui, consternée par sa déroute, voudrait rentrer dans les forts qu'elle n'aurait pu défendre , au itasard de s’y voir bientôt forc^ encore une fois; ou comme l'inquiétude d'un malade, qui après s'étre longtemps inutilement tourné et retourné dans son lit, pour y trouver une place plus commode, reviendrait à celle qu'il aurait quittée, où peu après il sentirait qu'il n'est pas mieux.

Je ne crains ici qu’une chose, c’est, s’il m’est permis de le dire, de faire trop voir à nos frères le faible de leur réforme. Il y en aura parmi eux qui s'aigriront contre nous, plutôt que de sc calmer, en voyant dans leur religion un tort si visible; quoique, hélas f je ne songe point à leur imputer le mallieiir de leur nai.ssance , et que Je le.s plaigne encore plus que je ne les bhhne. Mais ils ne laisseront pas de s'élever contre nous. Que de récriminations préparera-t-onVontrel'Kglise, et que de reproches peut-être , contre moi-méme , sur la nature de cet ouvrage ! Combien de nos adversaires me diront, quoique sans sujet, que je suis sorti de mon caractère et de mes maximes , en abandonnant la modération qu'ils ont eux-mémes louée, et en tournant les disputes de religion à des accusations personnelles et parliculères! Mais assurément ils auront tort. Si ce récit rend le procédé de la réforme odieux, les bons esprits verront bien qu’en cela ce n'est pas moi , mais la chose meme qui parle. Il ne s'agit de rien moins que de faits personnels, dans un discours où jo me propose d'exposer, sur les matières de la foi , les actes les plus authentiques de la religion protestante. Que si on trouve dans leurs auteurs, qu'on nous vante comme des hommes extraordinairement envoyés pour faire renaître le christianisme au seizième siècle, une conduite directement opposée à un tel dessein; et qu'on voie en général, dans le parti qu’ils ont formé, tous les caractères contraires à un christianisme renaissant : les protestants apprendront dans cet endroit deriiisloire à ne point déshonorer Dieu et sa providence, en lui attribuant un choix spécial qui serait visiblement mauvais.

Pour les récriminations, il les faudra essuyer, avec toutes les injures et les calomnies dont nos adversaires ont accoutumé de nous charger : mais je leur demande deux conditions, qu'ils trouveront

équiubles la première, qu’ils ne songent h nous accuser de variations dans les matières de foi , qu’après qu’ils s’en seront purgés eux-mémes; autrement il faut avouer que ce ne serait pas réjiondre à celte histoire, mais éblouir le lecteur, et donner le change : la seconde, qu’ils n’opposent (tas des raisonnements ou des conjectures à des faits constants ; mais des faits constants à des faits constants, et des décisions de foi authentiques à des décisions de foi authentiques. Que si par de telles preuves ils nous montrent la moindre inconstance, ou la moindre variation dans les dogmes de l'Eglise catholique, depuis son origine ju.squ’à nous , c'est-à-dire depuis la fondation du christianisme , je veux bien leur avouer qu'ils ont raison : et moi-méme j’effacerai toute mon histoire.

Au reste, je ne prétends pas faire un récit seo et décharné des variations de nos réformés. J'en découvrirai les causes : je montrerai qu'il ne s’est fait aucun changement parmi eux, qui ne marque un inconvénient dans leur doctrine, et qui n’en soit l'effet nécessaire. Leurs variations, comme celles des ariens, découvriront ce qu'ils ont voulu excuser, ce qu’ils ont voulu suppléer, ce qu’ils ont voulu déguiser dans leur croyance. Leurs disputes, leurs contradictions et leurs équivoques rendront témoignage à la vérité catholique. Il faudra aussi de temps en temps la représenter telle qu'elle est , adn qu’on voie par combien d'endroits ses ennemis sont eoQn contraints de s'en rapproclier. Ainsi, au milieu de tant de disputes, et des embarras de la nouvelle réforme, la vérité catholique éclatera partout , comme un beau soleil qui aura percé d'épais nuages; et ce traité, si je l'exécute comme Dieu me l'a inspiré, sera une démonstration de la ju.stice de notre cause; d'autant plus sensible, qu’elle procédera par des principes et par des faits constants entre les parties.

Rnlin, les altercations et les accommodements des protestants nous feront voir en quoi ils ont inLs de part ou d'autre l'essentiel de la religion et le nœud de la dispute; ce qu'il y faut avouer, ce qu'il y faut du moins supporter selon leurs principes. I.a seule Confession de foi d’Augsbourg avec son apologie , décidera en notre faveur beaucoup plus de points qu’on ne pense, et sans hésiter, ce qu'il y a de plus essentiel. Nous ferons aussi reconiiattre au calviniste, complaisant envers les uns, et inexorable envers les autres, que ce qui lui parait odieux dans le catholique, sans le paraître de la même sorte dans le luthérien, ne l'est pas au fond. Quand on verra qu’on exagère contre l'un ce qu’on favorise ou qu'on tolère dans l’autre, c’en sera assez pour montrer qu’on n'agit point par principes, mais par aversion; ce qui est le véritable esprit de schisme. Celle épreuve, que le calviniste pourra faire ici de lui-méme, s'étendra plus loin qu'il ne croit. Le luthérien trouvera aussi les disputes fort abrégées parles vérités qu'il reconnaît; et cet ouvrage, qui d'abord pourrait paraître contentieux , se trouvera dans le fond beaucoup plus tourné à la paix qu'a la dispute.

DES VAniATIONS.

Pour ce qui iv^ardele (‘atliolique^ il ne cessera partout de louer Dieu de la continuelle protection qu’il donne à son Église , pour en maintenir la simplicité et la droiture inflexible , au milieu des subtilités dont on embrouille les vérités de l’Evangile. La perversité des luTéliques sera un grand si>ectarie aux humbles de cœur. Ils apprendront à mépriser, avec la science qui enfle, l’éloquence qui éblouit; et les talents que le monde admire leur

« avant que de mourir, rÉgiisede Dieu comme elle « était dans les premiers jours? • Si ce saint homme a eu (juehiuc chose à régi citer en mourant, c’a été ! <le n’avoir pas vu un cliangemeal si lieureux. Il a [ gémi toute sa vie des maux dcl figlise. Il n’a cessé 1 d’en avertir les peuples, le clergc, les évéques, les pa(»es même : il ne craignait pas d’en avertir aussi le.s religieux, qui s’en aflügeaienl avec lui dans leur solitude, et louaient d’autant plus la bonté divine

paraîtront peu de chose, lorsqu'ils verront tant de vaines curiosités et tant de travers dans les savants; tant de déguisements et tant d’artillce dans la politesse du style; tant de vanité, tant d’ostentation et des illusions si dnngcreust'.s parmi ceux qu’on appelle beaux esprits, et enfin tant d'arrogance , tant d’emportement , et ensuite des égarements si frc(|uents et si manil'estcs dans les hommes qui paraissent grands , parce qu'ils entrai- Ment les uniras. On déplorera les misère.s de l’esprit humain, et on eonnaitra que le seul remede à de si grands maux est de savoir se détacher de son propre sens; car c’est ce qui fait la différence du > catholique et de l’hérétique. I>e propre de l’héréli- ( qur, c'est-.n-dire de celui qui a une opinion par- V culière, est de s’attacher à ses propres pensées; ' cl le propre du catholique, c’est-à-dire de l’universel , est de préférer à ses sentiments le sentiment commun de toute l'Église : c'est la grâce qu'on demandera pour les errants. Opeixiant on sera saisi d’une sainte et humble frayeur, en considérant les tentations si dangereuses et si délicates que Dieu envoie quelquefois à son Église, et les jugements qu’il exerce sur elle; et on ne cessera de faire des vœux pnurluiobtPiiir des pasteurs également éclairés et exemplaires, puisque c’est faute d’en avoir eu f l»caiicoup de semblables, que le troupeau rneheté I d'un si grand prix a été si indignement ravagé.

IIISTOIUE DES VARIATIONS

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ÉGLISES PROTESTAMES.

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