‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 116 sur 192 · IX' SEMAINE · texte numérisé non relu

IX' SEMAINE

ÉLÉVATIONS SU* LA LOI ET.LES PBOFILETIES QUI PBOMETTENT LE UBÉBATEU*, ET LUI FBÉPA- BE.VT LA VOIE.

PREMIÈRE ÉLÉVATION

Le peopk capUf : MoT»e )ai e»t moDtré oomme »on Hbé* râleur.

Avant qu« le peuple saint fût introduit à la terre promise , il fallait qu'il éprourdt un long esil, une longue captivité, une longue persécution , en ligure de la sainte Église , qui est le vTai peuple et le vrai Israël de Dieu, qui ne peut être introduit à la céleste patrie que par la persécution, la captivité, et les larmes de l'exil.

L’É.glise, dans sa plus profonde paix , n'est guère sans son Pharaon , du moins en quelques endroits. Il vient quelque nouveau roi sur la terre, qui ne connaît point Joseph ', ni les gens pieux : et en général il est vrai, comme dit saint Paul, que Itiiis ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus- Christ doivent sou/frir persécution *, en quelque sorte que ce soit ; et , comme dit saint Augustin , que cefs-f qui n'aura point gémi comme roijageur et étranger, n'entrera pas dans la Joie des cltogens.

Il y a deux sortes de persécutions : l'une est ouverte et déclarée, quand on attaque ouvertement la religion ; l'autre, cachée et artilicieuse, comme celle de ce Pharaon, qui, jaloux de l'abondance du peuple de Dieu , en inspirait la haine à ses sujets, et cherchait des moyens secrets de le détruire : yenez, dit-il , opprimons le sagemenO, c'esl-à^iire secrètementet finement. On ne forçait pas les Israélites à quitter leur religion , ni ë sacrifier aux dieux étrangers : on les laissait vivre, et on ne leur ôtait pas absolument ce qui était nécessaire; mais on leur rendait la vie insupportable, en Its accablant de travaux , et leur profiosant des gouverneurs qui les opprimaient. On en vint à la fin pourtant h la persécution à découvert, et on condamna leurs enfants mâles à être nagés dans le !fil * : ce qui signifie en figure qu'on ne laisse rien de fort ni de vigoureux à un peuple qui n'a rien de libre, et dont on abat le courage en le faisant languir dans l'oppression.

Malgré cette oppression. Dieu ne laisse pas de conserver les gensvertueux dans son peuple, comme il fit le* mâles parmi les Israélites : et , contre toute espérance, il leur naît même des libérateurs do sein des eaux , où ils devaient être noy«, à l'exem-

' Srerl. I, 8. — ■ //. Tint, lll, IS. — ’ Ksmt. lo . 1 1 rl Ko.

— ‘IM.n. -s

LES MYSTÈRES. 67T

pie de Moïse; sorte qu'ils ne doivent jarnaie perdre l’espéranoe.

Deux 0K>ypns srpo lesquels Moiiie est montre au peuple.

Iil« ÉLÉVATION,

Motte figure de b Inilé de Jtwis-clmst

Le Seigneur dit à MoUe ; Je tai /ait le Dieu de Pharaon, eiJaronsera ton prophète^. Le sauveur du peuple fidèle devait être un Dieu : Dieu mémo lui en donne le nom en singulier, ce qui n'a que cet

' Exod. mq. — * tbid. il. — * Hel. il, 34, *i6.

Page 1