‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 117 sur 192 · Exod. Il, 16. — Vil, *6. *- « Bx. vu · texte numérisé non relu

Exod. Il, 16. — Vil, *6. *- « Bx. vu

La première chose que Dieu fil pour faire oonnnt* Ire à son peuple qu’il leur préparait un libérateur en b personne de Moïse , fut en permettant qu’il fût exposé au même supplice que les autres, et comme eux jeté dans le Nil pour y périr * : il en fut néanmoins délivré comme Jonas, qui sortit des abîmes de la mer, et du ventre de la baleine qui l’avait englouti; et comme le Fils de Dieu, dontla résurrection ne put pas être empêchée par la profondeur du sépulcre, ni par les horreurs de la mort.

Dieu fait une seconde chose dans Moïse. Apres lui avoir inspiré de quitter la cour de Phartaon et de la princesse sa fille, qui l’élevait comme son enfant dans Ica espérances du monde: Quand MoUe ftd crû, dit rLcriturc *, il alla x'unir à ses ft'èrex ; c’est-à-dire, selon le Commentaire de saint PauM, qu’éton/ devenu grand, H nia qu'il fût le/ils de la fille de Pharaon; aimant mieux être affligé acec le peuple de Dieu, que dégoûter le plaisir temporel et passager du péché; et, trouvant de plus précieuses richesses dans l'ignominie de Jésus-Christ que dans les trésors de CÉggpte..,., il abandonna C Egypte arec foi, sans craindre la haine durai mortel, qui, au lieu d'être son père, comme au* paravant, ne songeait plus qu'à U faire mourir^. Il prit en main la défense des Israélites par un instinct divin; il les vengea d’un Égyptien qui les maltraitait : et , comme remarque saint Étienne : U crut que ses frères entendraient que Dieu tes vait sauver par sa main ; mais ils ne fentendirent pas^ : et il fallait, pour les sauver, qu'il en soufTrlt les contradictions, qui allèrent si avant, qu’elles le forcèrent à prendre la fuite. Ainsi la persécution vint de ceux qu’il devait sauver; et Dieu par ce moyen le montra au peuple comme leur sauveur, et l’image de Jésus-Christ.

Pasteurs, conducteurs des âmes, qui que vous soyez, ne croyez pas les sauver sans qu’il vous en coûte : admirez en Moïse les persécutions de Jéaus, et buvez le calice de sa passion.

Elévations sur lbs mystères.

nemple. Il dit ailleurs : / ous êtes Dieux * : ici, Je t’ai fait un Dieu. Une nwrque de divinité, c’est d'avoir des prophètes, qui pour cela sont appelés los prophètes du Seigneur : Aaron est Je prophète de Moïse. Moïse est revêtu de la toute-puissance do Dieu : il a en main la foudre , c'est-à-dire cette baguette toute-puissante qui frappe les fleuves, et en eliangeles eauü en sang: qui les frappe de nouve.iu, et les fait retourner à leur nature : qu’il étend vers le ciel , et répand partout des ténèbres épaisses et palpables; mais qui, comme un autre Dieu, les sépare d'avec la lumière, puisque le peuple juif demeure éclairé, pendant que les Ériyptiens, enveloppes d’une ombre affreuse et profonde, ne sauraient faire un pas. Cette puissante baguette fait bouillonnerdesgrenouillesetdes saulereile6;cliange eu inoudies insupportables toute la poussière de la terre; envoie une peste inévitable sur les animaux de l’Égypte, et opère les autres prodiges qui sont écrits dans l’Exodc *.

Voilà donc Moïse comme un Dieu qui fait ce qu'il veut dans le ciel et dans la terre, et tient toute la nature en sa puissance. Il est vrai que Dieu limite son pouvoir ; Je f’ai faily dît-il, le Dieu de Pharaon;cc n’e«t pas un Dieu ;ibsolument, mais le Dieu de Pharaon; c’est sur Pharaon et sur son rnvautne que tu pourras exercer cette puissance divine. H n’en est pas ainsi du Sauveur du nouveau peuple, qui est appelé absolument Dieu; par qui tout a été fait ^ ; qui est ap)>elé au-desswt de tout Dieu béni aux siècles des siècles < ; et ainsi du reste. Mais aussi ne fillait-i! pas que le serviteur fût égal au maître? MoJse était, dit saint PauP, conmie

fidèle serviteur dans la maison de Dieu; mais Jésus était comme te fils dans sa propre maison , qui est nous.

Mais s’il y a eu dans Moïse, qui devait sauver le peuple Adèle, une lumière si manifeste de la divinité, et une si haute participation du titre de Dieu; fiuit-il s’étonner si la substance et la plénitude de ta divinité habite corporellement en Jésus-Christ^, qui en nous sauvant du péclié devait noua sauver de tout mal? Pour achever la ligure, Moïse, qui rt.ait le Dieu de Pharaon, en était en même tem|>s le médiateur. Pharaon lui disait : Priez pour moiT. Kl à la prière de Moï'e , Dieu détournait ses fléaux, et faisait cesser les plaies de l’ Égypte. Ainsi Jésus, qui est notre Pieu, est en même temps notre médiateur*, notre intercesseur tout-puissant, à qui Dieu ne refuse rien : et il n’ya poüit d’autre nom par lequel nous devions être saucés^. Mettons donc notre conliance en Jésus, qui est tout ensemble et Dieu et médiateur, d’autant plus grand , et au-dessus de ?doïse , que Moïse n’est Dieu que )>our envoyer des plaies teni|)ore)îes; et qu’il n’est médiateur que pour les détourner : mais Jésus passe en bienfaisant et guérissant tous tes malades Il

* /*«. HXxl, ft. — * F.T«d. ir. V, TI, VU et seq. — * Jttan. I, a. — • Rvm. IX, h. — * Heb. Ut, 5.6.—* CvIqss. ii, S. —

' Ftenl. VIII. 8.—* I. Illtt. Il, 5. U^b. Il, 13, 24. — * IV, 13 — •• ilt4 X, :IK

ne déploie sa puissance que pour montrer ses boi>tés : et les plaies qu’il détourne de nous sont les plaies de l’esprit. Mettons-nous entre ses mains salutaires; il ne demande autre chose, sinon qu’on le laisse faire : dès lors II nous sauvera , et le salut est son couvre

La Pdque , et la délivilince du pru(dr-

Dieu établit en même temps deux monuments immortels de la délivrance de son peuple, dont I'ud fut la cérémonie de la Pâque, et l'autre la sanettlication des premiers-iiés qu'il voulut qu’on lui consacnll *.

C’est qu'il devait envoyer la nuit son ange exterminateur, qui devait remplir toutes les familles des Égyptiens de carnage et de deuil , en frappant de. mort tous les premiers nés , depuis celui du roi gui était assis sur le trône, jusqu a celui de t’esciave enfermé dans une prison, et de tous les animaux^. Après celte dernière plaie, les Égyptiens, qui craignirent leur dernière désolation, n’atleudirent plus les prières des Israélites, mais les contraignirent à sortir. Pendant cett4> désolation des familles égyptiennes, auxquelles l’ange vengeur coupait la tête comme d'un seul coup, les Israélites furent conservés, mais p.ulo sang de l'agneau pascal. t^renez , dit le Seigneur *, un agneau qui soit sans tache, en flgure de la justice parfaite de Jésus. Il faut que, comme Jésus, cet agneau soit immolé , soit mangé : Trempez un bouquet d’hgsopedans le sang de cel agneau immolé ; frotU zen les poteaux et le chapiteau avec le seuil de vos portes, le Seigneur passera la nuit pour exterminer les Égyptiens ; mais il passera outre, quwid il verra a la porte des maisons la marque du saiig . Dieu n’avait pas besoin de cette marque sensible, pour discerner les victimes de sa colère : elle n’était pas pour lui , mais pour nous ; et il voulait nous marquer que le sang du véritable agneau sans tache serait Iccaractère sacré qui ferait la séparation entre les enfants de l’Égypte, à qui Dieu devait donner la mort , et les enfauts d’Jsraél , à qui ii devait sauver la vie.

Portons sur nos cor fis, avec saint Paul, la mortificatùm de Jésus'^, et l’impression de son sang, si nous voulons que la colère divine nous épargne. Tout est prophétique et mystérieux dans l’agneau pascal. On n’en doit point briser les os, en ligure de Jésus-Christ , dont les os furent épargnés sur la croix, pendant qu’on les cassait à ceux qu’on avait cruciAés avec lui. Il le faut manger en habit de voyageur, comme gens qui passent, qui ne s'arrêtent à rien, toujours prêts à partir au premier ordre : c’est la posture et l'état du disciple de Jésus ; de celui qui mange sa rhair; qui se nourrit de sa substance; dont il est la vie , et selon le corps et selon l’esprit. .Vanÿf5-/e f//c, cor c’est la vie-

* Pi. Ml, 9. — * Ex. \n et xiii — * Ibid, xii, a®. — ♦ Ibût. 8, 7 €t9fq. — ^ H. Cor. rv, lo.

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ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTERES

Urne da passage du Seigneur * ; il ne doit y avoir rien de lent ni de paresseux dans ceux qui se nour> rissent de la viande que Jésus nous a donnée. U en faut dévorer ia tête , les pieds et les intestins : il n’en faut rien laisser; tout y est bon et succulent; et non-^ulement b tête et les intestins, qui si* gnilieiit ce qu’il y a en Jésus de plus intérieur et de plus sublime , mais encore les pieds , e'»>t'àdire ce qui parait de plusbas et de plus inGrme «ses souffrances, ses tristesses, sesfraycurs , les troubles de sa sainte âme , sa sueur de san|! , son agonie : car tout cela lui est arrivé pour notre salut et pour notre exemple. N'ayez donc aucun doute sur sa faiblesse, ne rougissez d’aucunede seshmniliatiens : une ferme et vive foi dévore tout. Au reste, n'y cherchez point des douceurs sensibles; cet agneau doit être mangé avec des hexbes amères et sauvages, avec un dégoût do monde et de ses plaisirs; et même, si Dieu le veut, sans ce goût sensible de dévotion, qui est encore impur et charnel. Tel est le mystère de In Pâque.

Faites encore , eu mémoire de votre éternelle délivrance, uneautre sainte cérémonie : consacrez au Seigneur rm premiers-nés *, qu'il vous a sauvés. Offrez-Iiii les voeux, les prémices de votre jeunesse ; cliaque jour vos premiers désirs et vos premières pensées : c.nr c’est lui qui les préserve de la corruption, et qui les conserve pures et entières. N’attendez pas à la (in de l’âge , ni de la force, pour lui offrir de malheureux restes de votre vie, et les fruits d'une pénitence stérile et tardive. C’est ce que demande le Seigneur : l'I^ternel, le Tout- Puissant ne veut rien de faible, ni de tieux.

La rocr Rou^r.

Le passage de In mer Rouge* nous fait voir des oppositions à notre salut , qui ne peuvent être vaincues que par des miracles. On passerait aussitôt la mer â pieds secs, qu’on surmonterait scs mauvais désirs et son amour-propre : mer orageuse et profonde, où il y a autant de gouffres que de passions, qui ne disent jamais : Cesi assez K L’flgyptien périt où i’israéliie se sauve. L’Évangile est aux uns une odeur de vie à r ie y H aux autres me odeur de mort à tnori L’Église se sauveà travers la mer Rouge, quand die arrive ùla paix par les persécutions, qui, loin de l’abattre, l'affermissent. Les méchants périssent sous les châtiments de Dieu , et les bons s'y épurent , comme dit saint Paul : pour les saints , la mer Rouge est un baptême; pour les méchants , la mer Rouge est un abîme et un sépulcre.

Délivrésdes maux de celte vie, et passés comme à travers d'une mer immense à la céleste patrie, nous clunterons avec les saints le canfigue de J/oîse, serviteur de /J/eM®;c‘està'dire le cantique ’ de ta délivrance, semblable ù celui que Moïse et tout |

* Bxod. xn, 1 1. - > /&. XIU. a. — * Ibid. XIT, 21, «, 23. — I • l»rot . XXX, 11, 16. — ‘ n. C<jr. u, W. — * .^poc. xv, 3. !

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Israël diantèrent après le passage de la merRouge • ; el U cantique de V agneau (\\ï\ nous a sauvés par.xon sang, en disantt comme il est écrit dans l’Apocalypse* : f 'os oeuvres sont grandes et admirabtes y Seigneur Dieu tout-puissant, vos voies sont Justes et véritaliies, Hoi des siècles. Qui ne vous craindra. Seigneur, et qui ne glorijiera votre nom? parce que vous êtes te seul saint et le seul miséricordieux . toutes les nations viendront, et vous rendro7ti leurs adorations, parce que vos jugenteti/s sont manifestés dons la paix de votre Église, dans la punition exemplaire des tyrans ses ennemis , dans le salut de vos saints.

Le diM-rt : durunl la cour» d« cidle vie on va dr pcril en pérU, et de mal «n mal.

En sortant de la mer Rouge, le peuple entra dans uii désert affreux ^.qui représente tout l'ct.it de celte vie, où il n’y a ni nourriture, ni rafraîchissement , ni route assurée; dans un sable immense, aride et brûlant, dont l'ardente sécheresse produit des serpents, qui tuent les malheureux voyageurs par des morsures mortelles. Tout cela se trouve dans cette vie : ou y meurt de faim et de soif, parce qu'il n'y a rien ici-bas qui nous sustente et nous rassasie : on s'y perd, un s’y déroule; comme dans une plaine vaste et inhabitée, où il n’y a ni vallon ni coteau , et où les pus des hommes n'ont point marqué de sentier. Ainsi, dans notre ignorance , nous allons errants en celle vie, tans rien avoir qui guide nos pas : nous y entrons sans expérience, et nous ne sentons notre égarement que lorsque, eniièrement déroutés, nous uu savons plus par où nous redresser ; nous tombons dans le pays des serf)ents brûlants 4 , comme les oppelle Moïse; c'est-a-dire dans nos brûlantes cupidités, dont le venin est un feu qui se glisse de veine eu veine, et nous consume.

A ces quatre maux du désert , Dieu a opimsé quatre remèdes. 11 oppose la manne ^ , à la faim ; l'eau déooulée de la pierre^ , à la soif; aux erreurs durant le voyage , la colonne de nuée, lumineuse pendant la nuit 7 ; et aux serpents brûlants , le serpent d'airaiu* : toutes choses qui nous ligurent Jésus.

Nous nous trouvons comme le prodigue dans une région où nous périssons faute de nourriture : les viandes de ce pays n'ont rien de solide 9. Dieu nous envoie la manne , qui est Jésus-dlirist qui donne la manne cQcltée.... que personne ne connaît que celui qui en goiUe manne cadiée sont les consolations spirituelles ; la manne cacliée, c'est la vérité; la manne cacliée , c’est le sacre corps de Jésus. Cette divine nourriture paraît mince et légère ' à ceux qui n'ont pas ia foi , et a qui rien ne parait solide que ce qui est palpable , sensible et corporel; en sorte qu'ils croient ne rien

• Exod. XV, Apoc. XV, â. — > A’x. xv, 22. Ami».

XXI, 6. — > Ex. XVI, U, 15, 18. — • A'«m. XX, tO, II, 12. — I £r. XIII, 21 , 22. — • A’hiM. XXI, O, s, O. — * XVI, 3, IV, 15. — *• Apoc. ri, 17. — " Amim. XXI, ».

ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES

avoir quand ils ne voient devant eux que les biens ipirituelset invisibles : mais pour ceux qui ont le goût de la vérité^ cette nourriture leur parait la seule solide et substantielle : c'est te pain du ciel le pain dont se nourrissent les amje% » : pain céleste, qui n’cÂt autre chose que Jésus-Christ qui est te Verbe du PèrCf sa ralsoa, sa vérité, sa sagesse.

Outre la faim, nous avons la soif : et quoique, par rapport à l'esprit, la faim et la soif, qui ne sont autre chose que l'amour de la justice, semblent n'etre qu'une in^medisposition, ou y peut pourtant faire quelque distinctionde la nourriture solide qui nous su'^tentp, et de la liquide qui nou.s rafraîchit, et tempère nos désirs ardents. Quoiqu'il en soit, nous trouvons ce doux rafraichissement en Jésus- Chri.sl , qui promet à la Samaritaine une fontaine faillissante à la rie éternelle ^ , et à tout le peuple, des sources , ou plutôt des Jletu'es d eau cire. Si on les boltf on n'a plus de soif et tous les désirs sont contents. Ces sources intarissables, c'est la vérité, la félicite, l’amour divin, la vie éternelle i|ui se commence parla foi, et s'achève par la jouissance. Ces sources sont en Jésus tJirist ; ces sources sortent de la pierre, du roclier frappé par la baguette de Moïse, c’est-à-dire d'un cœur secetdur, touché de l'impulsion de ta grâce. Kn un autre sens, ces sources sortent d'un rocher, qui est un des uoms qu'on donne à Dieu , en lui disant : Mon Dieu , mon rocher, mon soutien , mon refuge la pierre solide sur laquelle je m'appuie. Je mettrai dans Sion , dit le prophète ® , w«e pierre inébranlable ; et celui qui s'y appuiera par la foi ne sera poinlébranlé. Celle pierre, c’est Jésus-Christ ; en s'appuyant sur lui on se soutieut ; en se heurtant contre lui, en s'opposant à .sa volonté, à sa doctriue , à sa gràce,à scs insplraticns aussi puissantes que douces , on se rompt , on se met en pièces, on tombe d'une grande chute, et on se brise. l)e cette pierre qui e.st Jésus-Christ , sortent les eaux delà grâce, les célestes consolations; et dans un amour chaste et pur, les divins rafraîdiissements de la foi et de l’espérance. Moïse ne frappa qu’un seul roc'her qui demeurait iminubüe ^ ; mais les ondes qtii en découlèrent suivaient partout un peuple qui jamais ne demeurait dans le même lieu. D’où vient cela ? C’est , dit saint Paul • , qu’il y avait une />/erreinvisib!ee/ spirituelle, ûonUa corporelle était la ligure, qui les suivait, les accompagnait, leur fournissait des eaux eu abondance ; el celle pierre invisible, c'éJait Jésus-Christ. Appuyons-nous sur cette pierre fondamentale , sur ce roc immobile; n'ayons de volonté que la sienne, ni de soutien que ses préceptes : un éternel rafraîchissement suivra notre foi.

Dans nos erreurs, nous avons pour guide cette colonne de lumière, ce Jésus qui dit : Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marche point dans les ténéàres9. Dans toutes nos actions, ayons

' Joan. Tl. XI, 32 el teq.-^ » Pt. LXXVIf, — * Jontt. iv, n. n. — * Ihid. VII. 33. — * P». XVII, 3. — • f>. xxTfii, le.

IX, 3-1. — * Ezod. XVII, e. Sum. xx, lo, il. — • /. Cor.

i. —tJ-mjn MM. la.

toujours Jésus-Christ en vue : songeons toujours à ce qu'il a fait , à ce qu’il a enseigné , à ce qu'il nous enseignerait à chaque pas , s'il était encore au monde pour y être consulté ; à ce qu’il enseigne à chaque moment par ses inspirations, par des reproches secrets, par les remords de la conscience, par je ne sais quoi qui nous montre secrètement U voie. Prends garde aux sens trom|>eurs ; marche dans la voie nouvelle, qui est Jésus-Christ.

Contre les serpents brûlants , Dieu a élevé dans le désert le serpent d’airain, qui est Jésus-Ghrist en croix, comme il l’explique lui-n)éine ' ; Jêsus- Christ, qui se présente à nous dans la ressemblance de la chair de péché *. Qui le regarde à sa croix pour y croire, pour s'y appuyer, pour l'imiter et le suivre, ne doit craindre aucune morsure du péché. Et élevé de celle sorte, i/ tire à lui tout le monde^. O Jésus exalté à la croix! tous les regards sont sur vous : le monde entier inet en vous .son es|)éranee, le monde qui croit en vous , et que vous avez attiré.

Outre la céleste nourriture de la manne, on trouve encore dan.s le désert une autre sorte de nourriture. peuple charnel se dégoûtait de la manne et ne se contentait pas de ce pain du ciel : Dieu pouvait par une juste punition leur soustraire tout aliment, et les laisser dans in faim; mais il a une autre, manière de punir les désirs charnels, en y abandonnant ceux qui les suivent, conformément à cette parole : Dieu les liera atus désirs de leurs cccurs à leur concupiscence déréglée. Jittsl U fU souffler unt^nt impétueux , qui d'au delà de la mer porta des cailles on désert, et tes fit comme pleuvoir dans te camp^. C’est Dieu qui envoie les biens temporels comme les autres; car il est l’auteur de tout : mais souvent lesbiens temporels sont un fléau qu’il envoie dans sa colère. C'est ce qui est écrit de ces cailles , nourriture agréable aux sens, mais dont i) est dit: Les chairs en étaient encore dans leurs bouches et entre leurs dents ; et voilà que la colère de Dieu s'élera contre eux, et frappa le peuple d'une grande plaid. Qu'avail-il fait pour être puni de celte sorte? Il n'avait fait que se rassasier d'un bien que Dieu même avait envoyé: mais c'était un de ces biens corporels qu'il accorde aux désirs aveugles des hommes charnels , |>our les punir. Tl punit ensuite cette jouissance déréglée; on ne voit de tous cotés que des sépulcres érigés à ceux qui ont satisfait leur concupiscence : ils en tirent leur nom, on les appelle des sépulcres de concupiscence * , parce qu'on y a été enterré en punition des concupiscences qu'on avait voulu contenter, en les rassasiant des biens que Dieu donne, à la vérité, aux sens avides : car tout bien , et petit et grand , et sensible et spirituel, vient de lui; mais dont il oe veut pas qu'on s'assouvisse.

Ne nous laissons pas repaître à ces biens trompeurs : vrais en eux-inémes, bons en eux-mêmes,

• Joun. III, 14. — * Rom. vin, 3. — Xli, 3i. — * it« XVI, 12, 13. Atfm. XI, 4,3, fl. — ‘ Pt. LXXX, f3 — • iV«m. >1, 31 , 3i. — ■> Ibid. XI, 33. — * Ibid

ÉLÉVATIONS SUB LES MYSTÈRES

puisque tout ce que Dieu fait est vrai et bon; mais trompeurs et empoisonnas par le mauvais usage que nous en faisons. Nourrissons-nous de Ja manne. Si toutefois il nous arrive de perdre du* rant quelque temps le goiU de cette céleste nourriture (car Dieu le permet souvent pour nous exercer et éprouver notre foi) t n'en revenons pourtant pas aux désirs charnels : mais en attendant que Dieu réveille ce goût céleste , demeurons en humilité et en patience.

loi sur le nkODt Sinal.

Quand Dieu voulut donner la loi à Moïse sur le mont de Sinaï, il fit quatre choses importantes. Il descendit au bruit du tonnerre et des trompettes. Toute la montagne parut en feu , et on y vit écla* ter la flamme dans un tourbillon de fumée. Dieu grava le Décalogue sur deux tables de pierre. Il prononça les nutre.s articles de la loi d'une voix liaule et intelligible , qui fut entendue de tout Je peuple *.

Pour publier la loi évangélique, il renouvela ces quatre choses, mais d'une manière bien plus excellente. L'ouvrage commença par un grand bruit : mais ce ne fut ni la violence du tonnerre, ni le son aigu des trompettes, comme on l'entend dans un combat : le bruit que Dieu envoya fut semblable à celui d'un cent impétueux, qui ligurait le Saint- Esprit , et qui , sans être terrible , ni menaçant , remplit toute la maison * , et appela tout Jérusalem au beau spectacle que Dieu allait lui donner. On vit un feu, mais pur et sans fumée, qui ne parut pas de loin pour effrayer les disciples, mais dont la flamme innocente, sans les brûler ni entamer leurs cheveux, se reposa sur leur téte^. Ce feu pénétra le dedans, et par ce moyen la loi de l'Evangile fut doucement imprimée, non pas dans des pierres insensibles, mais dans un cœur composé de chair, et ramolli par la grâce. Il y eut une parole, mais qui se multipliait d’une manière admirable. Au lieu que sur la muiitugne de Sinaï Dieu ne parla qu'une seule langue, et à un seul peuple : dans la publication évangélique, qui devait réunir en un tous tes peuples de l'univers dans la foi de Jésus- Christ et laconnaissancede Dieu; dans un setildiscours ou entendait toutes les langues, et • chaque « peuple entenditia sienne^. • Ainsi Jésus établit sa loi bien autrement que .Moïse. Croyons , espérons , aimons; et la loi sera dans notre cœur. P^ép.^rons• lui des oreilles intérieures, une attention simple, une crainte douce qui se termine en amour.

De dessus du mont Sinaï, Dieu criait : « N'ap- « proches pas ni hommes , ni animaux ; » il y va de la vie : * et tout ce qui approchera mourra de «mort^.» Sur la .sainte montagne de Sion, Dieu n'approche pas seulement sous la flgure d’une flamme lumineuse, mais il entre au dedans du cœur; ce beau feu prend la figure d’une langue ; le Saint-Es-

* Ex. xt\ , XI. xiiT, xxxf. II. I, a. — * /iirf, J.

Il, », 5, •, 7, ». fh'. — 4 Br. XIX, 12, IJ, an, ai.

prît vient parler au cœur des apôtres; et de leur cœur doit sortir la parole qui convertira tout runlvers.

VIIl" ÉLÉVATION.

L*areh« d’alliance.

« Il n'y a point de nation qui ait des dieux s'ap- « prochant d'elle , comme notre Dieu s'approche de « nous *. Je serai au milieu d'eux , et j’y habiterai , « et je m'y promènerai * • allant et venant, pour ainsi dire, etnelesquittantjamais. Ainsi le fruit de notre alliance avec Dieu , et de notre union arec lui , est qu’il soit et qu'il habite au milieu de nous: etj'ajoute qu'il y habite d'une manière sensible. Ainsi habitâit-ii dans le paradis terrestre, allant et venant, et comme se promenant dans ce saint et délicieux jardin. Ainsi a-t-il paru visiblement ù nos pères. Abraham , Isaac, et Jacob; ainsi a-t-i! paru à Moïse dans le feu du buisson ardent. Mais depuis qu’il s'est fait un peuple particulier, à qui il a donné une loi et prescrit un culte, sa présence s'est tournée en chose ordinaire, dont il a établi la marque sensible et perpétuelle dans l’arche d'alliance.

Par sa figure elle est le siège de Dieu : Dieu repose sur les chérubins et dans les natures intelligentes, comme dans son trône. Aussi y a-t-il dans l'arche deux chérubins d’or qui couvrent de leurs ailes le propitiatoire^, c'est-à-dire la plaque d'orfin qui est regardée comme le trône de Dieu. Il n'y paraissait dessus aucune figure, marque de l'invisible majesté de Dieu, pur esprit, qui n'a ni forme ni figure, mais qui e.xt une vérité purement intellectuelle, où le sens n’a aucune prise. La présence de Dieu se rendait sensible par les oracles qui sortaient intelligiblement du milieu de l'arche entre les deux chérubins; l'arche en cet état était appelée < l’escabeau des pieds du Seigneur < • On lui rendait l'adoration qui était due à Dieu, conformément à cette parole : * Adorez l'escabeau de « ses pieds^ : «parce que Dieu y habitait, et y prenait sa sé.ince. Cétait surj’arcbe qu'on le regardait, quand on lui faisait celte prière : « Écoutez-nous , > vous qui gouvernez Israël, qui conduisez tout B Joseph comme une brebis , qui êtes assis sur les « chérubins ■ Quand le peuple se mettait en marche, on élevait l'arclie en disant : • Que le Seigneur, ■ s'élève, et que ses ennemis soient dissipés; et « que ceux qui le haïssent prennent la fuite de- R vant sa face?. » Quand on allait c-amper, on descendait l'arche, et on la reposait en disant ;«■ Descen- «dez. Seigneur, à la multitude de votre peuple « d'Israël*. • Dieu donc s’élève avec l'arche, et il descend avec elle : l'arche est appelée le Seigneur parce qu'elle le représentait , et en attirait la présence. C'est pourquoi on disait aux anges, en introduisant l’arche en son Heu ; « O princes, élevez O vos portes! élevez-vous, portes éternelles , et le • Seigneurde gloire entreras; • et encore:» Entrer,

» Devl. IT, 7. - • * Lfv. XXVI. 1 1 , H. — * Er. xxv, lo . i », 18, 32. — * /. Par. xXVm, 3. Thren. il, I. — ‘ Pa. xc'llf, 6. — • Tj. LXXIX, 3. — J ;Vwm. X,3S. Pi. LXTII, 3. — » }\um. X, as. - » p$. XXIII, 7, ».

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• Seigneur, dans votre repos , vous et l'arche de « votre sanctification'. •

Et tout cela en flgure du Seigneur Jésus , dont saint Paul a dit : Qui eM celui qui est monté dans les cieuXf sinon celui qui auparavant est descendu dans tes plus basses parties de la terre* ? Le même Seigneur Jésus, eu montant aux cieux , laisse parmi nous son corps et son sang , et toute son humanité sainte, dans laquelle sa divinité réside corporellement : et ce que l'ancien peuple disait en énigme, et comme en ombre, nous le disons véritablement, en regardant avec la foi le Seigneur Jésus : l'raiment il ny a point de nation dont ses dieux s’approchentd'elle t comme notre Dieu s’approche de nous^.

C’e«l donc le caractère de la vraie Église et du vrai peuple de Dieu, d'avoir Dieu en soi. Aimons rÉglise catholique , vraie Église de Jésus-Christ, et disons-lui avec le prophète : Il n’y a que vous où Dieu est < : vous êtes la seule qui se glorille de sa présence. Uendons nous dignes de son approche, et pratiquons ce que dit saint Jacques : .ipprochons-nousde DicUyCt Dieus’approchera denous *. Approchons-nous-en par amour, et il s'approchera de nous par la jouissance qui se commence en cette vie , et se consomme dans l’autre. Amen, amen.

Les saerUkes sanitluila , et le sang employé partout.

Tout est en sang dans la loi , en figure de Jésus- Christ et de son sang qui purifie les consciences. Site sanqdes boucs et des taureaux sanctifie les hommes , et les purge selon la chair (des immondices légales), combien plus le sang de Jésus-Christ^ qui s’est offert lui-méme par le Saint-Esprit ^ purifiera t-U notre conscieiice des œuvres mortes , pour faire que nous servions au Dieu vicant^l

L'apôtre conclut de là que Jésus est établi médiateur du nouveau Testament par le moyen de sa morl"). Ce qui prouve que la nouvelle alliance est un vrai testament : /I cause que comme le testament n’a de force que par la mort du testateur ^ ainsi la loi et l’alliance de l'Évangile n’a de force que par le sang de Jésus-Christ.

De la vient aussi que Tanrien Testament a été consacré par le sang des victimes^ dont Tasj)ersion, après ta lecture de la loi ^ fut faite sur le livre mime f sur le tabernacle i sur tous les vaisseaux sacrés , et sur tout le peuple, en dhani : Cestici le sang du Testament que Dieu a établi pour vous. Ainsi toute la loi ancienne porte le caractère de sang et de mort, eu ligure de la loi nouvelle oublie et coiifirinée par le sangde Jésus-Christ. Cest pourquoi , continue saint Paul, dans Tancienne loi tout est presque purifié par le sang , sans lequel il ny a point de rémission de péchés*.

' //. par. VI, 41. Pt- CVfVI, 8. — » Eph. iv, 0, 10. — • /VvMV, 7. — * /s. XLV, 14. —*/«<*. — Il,

la, !I,M. — * fhid. 15, 1«, 17. — * //rfr. Il, l«, 10, ÎO, 31,

Izad. IXIV, 8.

LES MYSTERES

Nous devons donc regarder les mjrstères de sus-Christ avec une sainte et religieuse horreur, en y respectant le caractère de mort , et encore d'une mort sanglante, en témoignage de la violence qu'il se faut faire à soi-môme, à l'exemple de Jé.sus-Christ, pour avoir part à la grâce de la nouvelle alliance , et à l'héritage des enfants de Dieu.

Personne que le seul pontife ne pouvait entrer dans le Saint des saints où cuit l'arche , et il n’y entrait qu'une fois Tannée : mais c'était en vertu du sang de la victime égorgée, dans lequel il trempait ses doigts pour en jeter contre le propiliatoire, et expier le sanctuaire des impuretés qu’il contractait au milieu d'unpeuple précaiicaieur Ainsi ce qu'il y avait de plus saint dans la loi , qui était l'arclie et le sanctuaire, contracLiit quelque immoiidice au milieu du peuple , et il fallait le purifler une fois l’année , mais le purifier par le sang. Purifions donc par le sang de Jésus-Christ le vrai sanctuaire, qui n'est pas fait de main d'homme, c’est-à-dire notre conscience; la vraie arche du Testament , et le vrai temple de Dieu , c'est-à-dire notre corps et notre âme : et ne croyons point poiK voir avoir part au sang de Jésus, si nous-méme^ nous ne répandons en quelque sorte notre sang par la mortilication, et parles larmes de la pénitence-

Jésus, à qui le ciel était dd comme son héritage par le titre de sa naissance , étant établi, comme dit saint Paul , f héritier de toutes choses » , U >’ a voulu entrer pour nous comme pour lui. S'il n’avait à y entrer que pour lui-même, il n’aurait pas eu besoin d’y entrer par le sang d’un sacrifice : mais afin d'y entrer pour nous qui étions pécheurs , il a fallu nous purifier, et expier nos p^hés par une victime innocente, qui était lui-même.

Il était donc tout ensemble le pontife q\ii nous devait introduire dans le sanctuaire, et la victime qui devait expier nos fautes : c’est pourquoi il n'est pas entré danslesanctuaire par unsang étranger, mais par son propre sang^. Pontife saint qui n'avail point à prier , comme celui de la loi, ]Mur lui-méène ,pour ses Ignorances et pour ses pechh, mais seulement les nôtres et ccujrcfu peuple^', il nous a ouvert la porte : victime innocente et pure , il a pacifié par son sang le ciel et ta terre ^ ; et pénétrant clans le clel^ , il nous en a lais.sé l'entrée libre.

Entrons donc avec confiance dans cet héritage céleste : et nous souvenant de ce qu'il en a coûté à Jésus pour nous en ouvrir la porte, quenospechés nous avaient fermée , ne nous plaignons pas de ce qu’il nous en doit coûter à nous-mêmes. ''

C’était à ce jour solennel où le pontife entrait danslesanctuaire, qu'on offrait ces deux boucs, dont l'un était immolé pour le péché, et l'autre qu’on appelait le boue émissaire. .Iprés que le pontife avaÙ mis les mains sur lui , et en même lemps confessé avec exécration et imprécation sur la tête de cet animal les péchés de tout le peuple , il était

‘ Ex. 1X1, 10. Innt. IVI, S, 3, 14, 18. H<b. Il, 7. — > ‘ Hrfi.

I, 3. — * Ibid, n, Il , 13, 14, lt,s&. — ' Htb. vu, 16, 37. — * Çolo$s. I, 10. — * Hcb. IV, 14.

CSS

ÉLÉVATIONS SLR LES MYSTERES

intOÿé dans le désert s comme pour y être la proie des bêtes sauvages. Ces deux ligures représentaient notre Seigneur , en qui Dieu a mit les iniguUét de nous tous*. Chargé donc de tant d'abominations, il a été séquestré du peuple, et, comme remarque saint Paul, il a soujjert hors de ta porte de Jérusalem^ ^ comme excommunié de la cité sainte à cause de nos péchés qu'il portait. Mais c’était nous qui riions les véritables excommuniés , et l'anatheme de Dieu. Sortons en humilité de la société sainte; et, pour nous délivrer de la malédiction qui noiLs poursuit , unissons-nousà cellede Jésus-Christ. qui a été fait anathème et malédiction pour nous ; comme dit saint PaiiM, conformément a cette parole : hfawHt celui qui a été pendu à une croix * ! Ileconnaissons-nous exclus de tout bien et de toute la société humaine par nos péchés : la croix, une mort douloureuse , et riL'nominie d'un honteux supplice, est notre partage. Quoi! en cet état nous pourrions nous plaindre d'étre pauvres, méprisés, outragés, sans songer de quoi nos pi^hés nous ont rendus dignes ?Nous sommes dignes de tout opprobre, de toute misère, pour avoir péché contre le ciel , et avoir été rebelles contre Dieu. Ne nous plaignons donc jamais des misères que Dieu nous envoie : mais sortons hors du camp arec Jésus ; et allons nous unira lui^r/a«<*e« opprobres'^ : assurés que ce n'est qu'en nous unissant à ses peines , à ses ignominies, à son anathème, à sa malédiction , que nous serons délivrés de la notre.

l.cc.itnp«ac»lrt la patrie.

Une des plus bellescirconstances de In délivrance des Israélites, c'est qu'on ne logeait point dans les déserts oii ils furent conduits; on y campait , nn y était sous des pavillons t; et sans cesse on enveloppait et on transportait ces maisons branlantes. Figure du christianisme, où tout lidele est voyageur. Gardons-nous bien de nous arrêter ù quoi quece soit : passons par dessus :et toujours prêts à partir, toujours aus.si prêts à combattre, veillons comme dan.s un camp. Qu'on y soit toujours en sentinelle. Dans les camps vulgaires il y a plusieurs sentinelles disposées , afin que, toujours prêts à s'éveiller au premier signal . les soldats dorment un court somme, sans se plonger tout à fait dans le sommeil. Ily a plus, dans le rampemenlde la vie chrétienne, cliacun doit toujours veiller : chacun , en sentinelle sur soi-méme, doit toujours être sur ses gardes contre un ennemi qui ne clôt point l'œil , et qui toujours rôde autour de nous pour nous dévorer •. Ne nous lions point au repos qu'il semble quelquefois nous donner : avec lui il n'y a ni paix, ni trêve, ni aucune sûreté que dans une veille perpétuelle.

Ainsi donc campait Israël. Il supportait ce travail , pour enfin arriver à ccUe terre coulante de miel et de fai/ 9, tant de fois promise à leurs pères.

• Lev. XVI, 2, s, 7. — * h. I.ni, 6. — ^ Hrb. Xlll, 13- — * Gnl. ■II. 13 — » Pfut. XXI, 43. — • Hrb. xm. 13. - » fium. |, 62. Il, 31. — • I. Vft. V, xm, 2".

C'était pour y introduire ce peuple que Moïse Pavait tiré de l’Égypte, et lui avait fait passer la merRouge. Mais, 6 merveille de la divine sagesse! aucun de ceux qui s’étaient mis en 'marche sous Moïse pour arrivera celte terre, n'y entra , excepté deux». Moïse même ne la salua que de loin, et Dieu lui dit : l'u Vas vue de (es yeux, et tu n*y entreras pas : et Moise mourutb l’instant , parle commandement du Seigneur*. Afin qu'on entre dans la terre promise, il faut que Moïse expire, et que la loi soit enterrée avec lui dans un sépulcre inconnu aux Sommes; afin qu’on n’y retourne jamais, et que jamais on ne se soumette à ses ordonnances. L’ancien peuple qui a passé la merRouge, et quia vécu sous la loi, n'entre pas dans la céleste patrie : U loi est trop faible pour y introduire les homme.s.

Ce n'est point Moïse , c'est Josué , c’est Jésus fcar ces deux noms n'en sont qu'un) qui doit entrer dans la terre, et y assigner l’héritage au peuple de Dieu 5. Qu’avait Josué de si excellent, pour introduire le peiiple à cette terre bénie, plutôt que Moïse? Ce n'était que son disciple, son serviteur , son inférieur, en toutes manières ; il n'a pour lui que le nom de ycVtff ; et c'est en la figure de Jésus qu’il nous introduitdans la patrie. Entrons donc, puisque nous avons Jésus h notre tête; entrons à la faveur de son nom dans la bienheureuse terre des vivants : Je vais, dit-iM, vous préparer le lieu .j'assignerai à chacun le partage qui lui a été destiné: U y a plusieurs demeures dans la maisonde mon Père. Jésus, notre arani-coureur, est entré pottr nous^; et l'entrée nous est ouverte par son sang. Dépèchons-nous donc d'entrer dans ce repos éternel 6 : dépêchons-nous , n’ayons rien de lent, fus voie qui nous est ouverte , dit saint Augustin, ne souffre point degens quireeulent, ne soufVrepoint de gens qui se détournent, ne souffre point de gens qui s'arrêtent ; et si l'on n’avance toujours dans un si roide sentier sans faire de continuels efforts , on retombe de son propre poids.

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