II
disaient Motlr qiie )e grand mal dont Us devaient être délivrés était leurs péchés. Cest pourquoi ils reconnaissaient qu'ils avaient besoin (ÿ'un Sauvfur qui les e\piJt : il leur fallait un just^etun innocent ^ qui fiU le sainte victime qui les effaçait. O ciel, envoyez votre rosée, et que les nues pleurent le juste; que la terre s’ ouvre ^ et quelle germe te Sauveur ‘ 1 Pour être Sauveur, il faut qu'il soit juste, d'une justice qui vienne du ciel , qui soit divine, Infinie, et Celle de Dieu meme; afin que nous puissions l'appeler, après le prophète , le .Se/gnrur notreJuS‘ tire*. Ce juste qui devait venir du ciel doit aussi sortir de la terre; il faut qu'il joigne en sa personne le ciel et la terre, qu'il soit Dieu et homme tout ensemble : que, par une double naissance, il vienne tout ensemble , et du ciel </ans les jours de t éter’ nité, et de Hethléeni^ dans le temps, comme l’a* vait dit le prophète; et c'est ainsi que^fans peu de temps f dans le dernier période du peuple de Dieu, ce grand Dieu devait remuer le ciel et la terre *.
Cependant tout se préparait à son arrivée. Le royaume de Juda vivait sous ses lots dans une parfaite lilierté : peu à peu il se dégradait ; et quand le Urnips approcha qu'il devait être détruit, il tombe entre les mains des étrangers. Un nouveau peuple se prépare au Christ futur; et on va voir toutes les nations venir en foule composer ce nouveau royaume, qui était sous le Fils de tlwmme , le royaume'des saints du Très-Haut, qui ne devait po'utt avoir de fin >ous louchons au dénodment des mystères; et le Dieu homme va paraître.
Puriiions nos cœurs pour le recevoir : songeons au malheur de ceux pour qui il était venu , et qui cependant n'ont pas voulu le connaître. Charnels, ambitieux, avares, quand Jésus est venu à eux, iis l'ont méconnu : ils l'ont mis à mort, parce que ses saintes paroles n'entraient point dans leurs cœurs. Purifions-nous donc, pour le recevoir, de tous les désirs du siècle, en attendant son glorieux avènement ; autrement tout est à craindre pour nous : sa venue nous sera funeste , et nous le crucifierons comme les Juifs.
L'appariUun dr Dieu d'une oonvrlle mnni^n*; et ce que fait la venue du ClirUt promU-
De si haut qu’on reprenne l'histoire sacrée, on y trouve que Dieu apparaît en figure humaine aux patriarches, aux prophètes. Un des hommes que voit Abraham, et qu'il reçoit en sa maison, se trouve être le Seigneur même , Dieu même , à qui rien nest difficile; qui donne un fils à Sara , quoique stérile; qui pardonne aux hommes; qui les punit selon les règles de sa bonté et de sa justice ; à qui Abraham adresse ses prières comme à Dieu ; qui parle lui-même comme Dieu ; qui dispose de toutes choses avec une suprême autorité^. Ce Dieu qui app;irait à Abraham est souvent appelé ange , c'est-à-dire envoyéi. C'est un envoyé, pourfamour
’ t$. XLV, 8. — 'Jertm. xxiii, S, 6. — * Mieh. v, î. —
• Jÿq. 11,7. — * iMfl. vu, la, M, *7. — • Gm. XVIU,S, S, — I Ibid. XXII, 11, 13, 1», IS. sH.
LES MYSTÈRES. Cfi7
de qui Abraham avait voulu immoler son fils unique; qui en accepte le sacrifice; qui renouvelle toutes les promesses à Abraham : c’est donc uo ange, c'est un envoyé qui est Dieu. C'est fange du Testament’ , fange du grand conseil , et le Fils de Dieu lui-même, qui dès lors se plaisait à la forme d'homme qu'il devait prendre persunneUemeiit au temps marqué.
Le même apparaît à Isaac et à Jacob. Jacob le voit au haut d'une échelle; et il appelle le lieu où il est la maison de Dieu, et la porteduciel*. Il y dresse un autel à celui qu'il avait vu , et lui rend ses adorations. Jacob combat avec lui , comme avec un homme , et se glorifie d’aroir vu Dieu face à face^. 11 re<;oit l'ordre de lui dresser un autel; il l'invoque et il le loue, comme celui qui fa regardé dans son a/jUction*. Combat mystérieux, où Dieu veut bien s'égaler à l'homme, et que l'homme, aidé de Dieu, l'emporte contre Dieu même, et lui arrache, pour ainsi dire, sa bénédiction par une espèce de violence^. Il apparaît de nouveau à Jacob, etse nomme le Dieu tout puissant: et confirme toutes les promesses qu'il avait faites a Abraham et à Isaac. Tout cela en figure de celui qui s'est incarné pour nous, qui des lors nous préparait cegrand mystère, le commençait en quelque façon, en faisait voircoinme uneespèced'apprentissage et comme un essai : qui enfin a voulu , en la forme humaine , faire les délices de nos pères; qui par un amour extrême, et, si l'on peut l'appeler ainsi, par une tendre passion pour notre nature, a fait aussi de son côté ses délices des enfants des hommes, et a voulu montrer par là qti'il est celui qui , connt et en gendré dans le sein de Dieu comme sa sagesseétemelle , a mis son plaisir à être avec eux
Parcourons ici en esprit tous les endroits où le Dieu trois fois saint parait avec une face et avec des pieds?, où la gloire du Dieu d'Israël s'élève au dessus du chariot * , et se rend sensible ; ou f .Ancien des j’ourx apparaît avec sa tête et ses cheveux blancs comme neige 9 : et croyons que toutes ces apparitions ou du Fils de Dieu , ou du Père même, étaient aux hommes un gage certain que Dieti ne regardait pas la nature humaine comme étrangère à la sienne, depuis qu'il avait été résolu que le Fils de Dieu, égal a son Père, se ferait homme comme nous.
Toutes ces apparitions préparaient et commençaient l'incarnation du Fils de Dieu : l'incarnation n'étant autre cliose (\\x'une apparition de Dieu’* au milieu des hommes , plus réelle et plus authentique que toutes les autres : pour accomplir ce qu’avait vu le saint prophète Baruc, que « Dieu même, après « avoirenscigné la sagesse à Jacob et à ses enfants, « avait été vu sur la terre , et avait conversé parmi
• les hommes : ** > qu'en cet état on lui dirait, comme faisait Isaïe : « C’est dans vous seul que Dieu est,
* .Vol. lit, I. — * Crn. XXM. XXTIII. 13, 13, 16, 17, ta. — > Ibid. XXXII, 2i. eie, — * lUd. xxxv, 1,3. ~ * Ibid.