IX — VII
ÉLÉVATIONS SLR LVS MYSTÈRES.
remarquable caractère du Fils de Dieu , a fait l’admiralion de ce prophète. On le croit frappé de Dieu pour ses péchés, lui qui est l’innocence même ; mah c^estpour les nôtres quH soujfrcy etnous sommes Quéris par ses blessures ». Les prières qu'il pousse vers le ciel , dans cet état de souffrance, sont le salut despécheurs pourqui Wprie. Une longue poi- /érité sortira de lui, parce qu’il a volontairement souffert la mort : et son sépulcre , d'où il sortira vainqueur et immortel, «era glorieux ».
Ce seul passade si précis et si étendu, où les souffrances du Sauveur futur sont inculquées en tant de manières, suffisait pour animer tous les sacrifices et le culte de la loi, et mettre continuellement devant les yeux des vrais Israélites, qu'elle contenait sous ses ombres, la rémission des péchés par une mort volontaire, un sang salutaire qui les expiait, des plaies qui rétablissaient la santé de l’homme; et dans tout cela un Sauveur aussi juste que souffrant , qui nous guérissait par ses blessures.
Combien plus doit-on se nourrir de ces plaies sacrées, de cette mort, et de ce sang innocent versé pour les |>écheurs , depuis, comme dit saint Paul, que Jésus-Christ a été crucifié à nos yeux J O Galales insensés t comment vous laissez-vous fasciner les yeux^ après un tel spectacle! Accourez, peuples, à la croix de Jésus-Christ. Et puisque c’est vous qui lui avez tousdonné la mort, venez, comme dit l'évangéliste après le prophète, venez, dis-je , contempler celui que vous avezperci
Ve ÉLÉVATION.
ftvûexioiis sur les prophélin.
Les choses étant en cet état, la venue de Jésus- Christ étant préparée dès l'origine du monde, toute la loi , pour ainsi dire , en étant enceinte et toute prête à l’enfanter. Dieu laissa le peuple saint quatre à cinq cents ans sans prophètes et sans prophéties : voulant leur donner ce temps pour les méditer, et pour soupirer après le Sauveur. A la veille de faire cesser les prophéties , c'est-à-dire dans les temps de Daniel , d’Aggée , de Zacliarie et de Malachie, il déclare les secrets divins plus clairement que jamais. C'est de quoi font foi principalement les Semaines de Daniel , où les temps de la venue et de la mort du Christ étaient exactement supputés. Aggée avait dit ces mémorables paroles à la gloire du second temple ; Encore un peu de tempe. Car, qu'était:ce que quatre cents ans et un peu plus, à comparaison de tant de milliers de siècles où le Sauveur avait été attendu ? Encore donc un peu de temps, et je remuerai te ciel et la terre ; et le Désiré de toutes tes nations viendra ; et je remplirai de gloire celte maison nouvellement rebâtie; c'est-à-dire le second temple , dit le Seigneur des armées, te Dieu tout-puissant t. L'argent est à moi , et fur est à moi : tout est en ma puissance; et si Je voulais faire éclater ertte maison en richesses même temporel-
* II. un, 7 et len. — * II. xi, lo. — ' Calot, m, I. — • ZacH. XII, 10. .Spae. t, 7. — * .Ipg. Il, 7, 8, 9.
les, je le ferais; mais je lui prépare un autre éclat par la venue du Désiré des nations. !m gloire de cette seconde maison sera plus grande gue cette de ta première ; et j'établirai la paix dans ce Heu , dit te Seigneur des armées ' .
S'il faut regarder le temple par un éclat extérieur; la gloire du premier temple . sous le riche empire de Salomon, de Josaphat, d’É/.édiias et des autres rois, sera sans contestation la plus grande. Loin que le second temple eiU le même éclat, ceux qui le reMtls-saient, et qui avaient vu le premier, ne pouvaient retenir leurs larmes en voyant combien il lui était inferieur. Il est vrai que ,' dans la suite des temps, la gloire du seeond temple fut grande dans l'Orient. On y vit porter les présents des rois ■ ; et je ne sais si n'érodc, qui le rebâtit , n’en égala pas la magniliceaice à celle de Salomon. Mais après tout, et quoi qu'il en soit, ce n'est pas là de quoi remuer le ciel et la terre ; et un si grand mouvement se doit terminer à quelque chose de plus grand que les richesses terrestres. Voici donc le grand moiiremint du ciel et de la terre : c’est que te Désiré des nations, le Christ qui en est l'attente, paraîtra sous ce second temple. Il cietulra, dit le saint prophète Aggée >; et où viendra-t-il } Un autre prophète l'explique dans le même temps : J'envoie mon ange , dit Malachie * , au nom du Seigneur; et U préparera la voie devant ma face ; et en ce temps viendra dans son temple le Seigneur que cous cherchez , et fange du testament ou de ralliaiice, que vous désirez. Le voila qui vient, dit te Seigneur. Il ii’y a plus rien entre deux ; il n'y a plus de nouvel ouvrage, ni de nouvelles figures du Christ à venir, ni de nouvelles prophéties. Voici le dernier état du peuple de Dieu; et après cela il n’y a rien à attendre que le Christ qui entrera dans le second temple.
Ce n’est donc pas sans raison que le saint vieillard SiméoH^, qiù allendait avec tant de foi la venue du Christ et la rédemption d'Israél, fut amené en esprit, c'est-à-dire par inspiration , avec Anne la prophètessc, cette sainte veuve, dans le temple où le Seigneur allait entrer. C'est qu'alors s'allait accomplir la gloiredu second temple, lorsque Jésus y devait venir pour y établir ta paix, comme Aggée l'avait prédit.
Aux approches de ce temps heureux toute la nature était en attente, tout le peuple vivait en espérance. S'il n’avait plus de prophètes, il vivait en la foi et dans les lumières des prophéties précédentes. Ceux qui étaient éclairés d'en haut appelaient celui qui les devait sauver de leurs péchés. Le Christ , à la vérité, leur était souvent montré comme un conquérant , qui les devait délivrer des mains de leurs ennemis, qui les tenaient en captivité. Mais cette captivité et ces ennemis n'étaient d’un côté qu'une ligure d'une captivité spirituelle, et de l'autre une punition de leurs péchés, qui leur attiraient tous ces maux , et mettaient ce joug de fer sur leur tête ; et enlin les frayeurs de leur con.xricnce leur
apy.ii. lu. IJ. Maca. lu, I, î,
* Jifsil. ut, I. — * lue. II. 24, M, 77.