A pn^htali.m de Ji'vus-Climl
Wlir SE.M.VINL.
LK l'nÉSE^T\TIOrr de JÉSUS-CHBIST au TEUOl.E, AVEC LA PUHIFICATION DE LA S"- VIEBGE.
PREMIÈRE ÉLÉVA-flO-N. j
lEviv prt--ci‘pl,-A de la lui sont expliqués.
I.a loi de Moïse ordomiait deux clio.ses aux |iarentsdesenfamsnauvclleinerilnes. La première, s'ils étaient les aînés, de les présenter et les consacrer au .Stùgneur, dont la loi rend deux raisons. L’une générale; • Consacrez-moi tous les premiers-nes ;
• car tout est à mai . et dans la personne des aillés, tout le reste des familles m’est donné en propre. La seconde raison était particulière au |)cuplejuif. Dieu avait exterminé en une nuit tous les premiers-nés des Égyptiens; et, épargnant ceux des Juifs, il voulut que dorénavant tous leurs promiers-nés lui demeurassent consacrés par une loi inviolable , en sorte que leurs parents ne pussent s’en réserver la disposition, ni aucun droit sur eux , qu'ils ne les eussent auparavant rachetés de IHeu, par le prix qui était prescrit. Cette loi s’étendait jusqu’aux animaux; et en général tout ce qui était premier-né, ou, comme parle la loi, . tout
• ce qui ouvrait le sein d’une mèret, > et en sortait le premier, était à Dieu.
La seconde loi regardait la purineation des meres, qui étaient impures dès qu’elles avaient mis un enfant au monde. Il leur était défendu , durant quarante ou soixante jours, selon le sexe de leurs enfants, de touclicr aucune chose sainte, ni d’approcher du temple et du sanctuaire. Aussitôt qu’elles étaient mères, elles étaient comme excom. mumees par leur propre fécondité : tant la naissance des honimes était malheureuse , et sujette à une
* It. XLVI , 8. — V ZétSav. Il, I. Kom. I, 17. — J Fxnj 5, 12, 15. AVm. VIII, 17. — « Zfr. jii
1-a (iremicrc ilc ces deux lois panvUsait inaiiifcslcnipiit avoir ôté faite en figure de Jcsus-Clirist , qui étant» comme dit saint Paul , « le premler-iv* « av.iiii toutes les créatures • , • était celui en qui tout devait être .sanctifié et éternellement consacré à Dieu. Unissons-nous donc en ce jour par la foi à -lésus-Clirist» afin dVtreen lui et par lui présentés à Dieu pour être son propre bien, et nous dévouer à 1 •iccomplissenient de sa volonté» aussi juste que souveraine.
Nous savons que le premier acte de Jésus entrant au monde, fut de se dévouera Dieu, et de se mettre h la place de toutes les victimes» de quelque nature qu'elles fussent» pour acccrmplir sa volonté en toute manière. Ce qfi’il fit dans le sein de sa mère par la disposition desoncecur, il le fait aujourd’hui réellement en se présent, mt au temple, et se livrant au Seigneur comme une chose qui est a lui entièrement.
Kntrons dans ce sentiment du Seigneur Jésus fll, unis à son oblation» disons-lui d’une ferme fm : O Jésus» quelle victime voulez-vous que je sois? Voulez-vous que je sois un holocauste consnme etané-inti devant votre Père par le martyre du Mint amour? V’oulez-vous que je sois » ou une victime pour le péché , pxir les saintes austérités de la |)énitencc, ou une victime pacifique et euclhTristique dont le cœur» louché de vos bienfaits s'e.\hale en actions de grâces , et se distille en amour a vos yeux ? Voulez-vous qu’immolé à la (hxirité je distribue tous mes biens pour la nourriture des pauvres , ou que, • frère sincère et bien- « faisant J» * je donne ma vie pour les chrétiens, me consumant en pieux travaux dans l’inslruciion des Ignorants et dans l’assistance des malades? Ma toilà prêt à m offrir, à me dévouer, pourvu que ce soit avec vous; puisque avec vous je puis tout , et que je serai heureux de m'offrir par vous » et en vous , à Dieu votre Père.
Mais pounpioi ce premier-né e«l-il racheté? Fallait-il rarlicter le Rédempteur? Le Rédempteur
• Lcr. xu, ^ — » CoImu. I. |&. .. } ///. Jmin. %,
ÉLÉVATIONS SUB LES MYSTÈRES
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(lortiit en lui-même la figure des esclaves et des pécheurs : sa sainte mère ne le pouvait eonservir eu sa puissance qu’en le rachetant. Il lui fut soumis, il lui obéit, il la servit durant trente ans. Racheter.-le, pieuse mère ; mais vous ne le garderez pas longtemps : vous le verrez revendu pour trente deniers , et livré au supplice de la crois. Divin premier-né, soit que vous soyez racheté pour être à moi dans votre enfance; soit que vous soyez vendu pour être encore plus à moi à la fin de votre vie : je veut me racheter pour vous de ce siècle malin ; je veux me vendre pour vous , et me livrer aux emplois de la charité.
Ne cherchons aucun prétexte pour nous exempter de l’observation de la loi. Par les termes mêmes de la loi de la purification , il parait que la sainte Viergî en était exempte, n ayant contracté ni l’impureté des conceptions ordinaires , ni celle du sang et des autres suites des vulgaires enfantements. Elle obéit néanmoins ; elle s’y croit obligée pour rédification publique ; comme son Fils avait ül>éi par son ministère à la loi servile de la circoncision.
puriQcAtlon de Marie.
Ne dMTchons aucun prétexte de nous dispenser des saintes obsenances de rÉjtliset de ses jeûnes, ] de MS abstinences , de ses ordonnances. Le plus : dan.'çereux prétexte de se dispenser de ce que Dieu demande de nous, est la gloire des hommes. Un Odèie vous dira : Si je m humilie, si je me relâche, si je pardonue, on dira que j'aurai tort. Un ecclésiastique à qui vous conseillerez de se retirer durant quelque temps dons un s«*minaire, pour se re- ' cueillir et se rtnlressor contre ses dissipations, vous dira: On croira qu’on me l’a ordonné par pénitence , et on me croira coupable. Mais ni Jésus , ni Marie, n'ont eu ces vues. Jésus ne dit pas : On me croira {lécheiir comme les autres , si je subis la loi de la circoncision. Marie ne dit pas : On me croira mère conmie les autres , et le péché comme la concupiscence mêlé dons la conception démon Fils, comme dans celle des autres , ce qui fera tort, non tant h moF qu'â la dignité et à la sainteté de ce cher Fils. Elle subit la loi , et donne un exemple admirable à tout Tunivers , de mettre sa gloire dans celle de Dieu, et dans l'honneur de lui obéir, et d'édiher son Eglise.
n> ÉLÉVATION.
L'oIfraiMtc des deux louterell«i , ou de» deux peUU de colombe.
On offrira un agneau d'un an en holocauste pour un JiU et une file; et un petit de colombe ou une tourterelle pour k péehê : que si l'on n'a pat unagneaud'un nn, et qu’on n‘en ait pas le tnoyeny on offrira deux tourterelles ou deux petits pigeons , Vunen holocauste y et Cautrepour U péché '. Dieu tempère sa loi selon les besoins : sa rigueur, quoi-
• Lev. xn, «,
' que régulière, est accommodante*, et il pwmet I au pauvre, au lieu d’un agneau, qui dans son indigence lui coûterait trop , d'offrir des oiseaux de I vil prix, mais agréables à ses yeux par leur simpli- ^ cité et par leur douceur. Quoi qu’il en soit, il est I constant que les tourterelles et les pigeons sont ! la victime des pauvres. Dans l'oblation du Sauveur l'Évangile excluant l’agneau , et ne marquant que l'alternative des colombes ou des tourterelles, a voulu expressément marquer que le sacrifice de Jé* sus-€hrist a été celui des plus pauvres. Cest ainsi qu’il se plaît dans la pauvreté, qu’il en aime la bassesse, qu'il en étale les marques en tout et partout. N'ouhiions pas un si grand mystère; et, en mémoire de celui qui étant si ricAe s'est fait paucre pour l'amour de nousy afin de nous enrichir par sa pauvreté ' , aimons-en le précieux caractère.
P(tur moi , disait Origène*, /estime cet tourterelles et ces colombes , heureuses cTétre offertes pour leur Sauveur; car U sauve et les hommes et les animaux^ y et leur donne à tous leur petite vie. Allez, petits animaux et innocentes victimes, allez mourir pour Jésus. Cest nous qui devions mourir, à cause de notre péclié : sauvons donc Jésus de la mort , en subissant celle que nous avîooB méritée. Dieu nous en délivre par Jésus qui meurt pour nous ; et c’est en figure de Jésus, notre véritable victime, qu'on immole des animaux : ils meurent donc pour lui en quelque sorte, jusqu'à ce qu'il vienne; et nous sommes exempts de la mort par son oblation. Une autre mort nous est réservée; c'est la mort de la pénitence, la mort aux péchés, la mort aux mauvais désirs. Par nos péchés et nos convoitises nous donnon.s la mon à Jésus, et nous le crucifions encore une fois Sauvons au Sauveur cette mort , seule afliigeante pour lui. Mourons comme des tourterelles et des colombes, en gémissant dans la solitude et dans la retraite : que les bois, que les rochers, que les lieux seuls et écartés retentissent de nos cris , de nos tendres gémissements. Soyons simples comme la colombe, fidèles et doux comme la tourterelle, mais ne croyons pas pour cela être innocents comme le sont ces animaux ; notre péché est sur nous, et il nous faut mourir dans la pénitence.
Sur le saint vldllard SIméoo.
Il y avait dans Jérusalem un homme juste et craignant Dieu, nommé Slméon, qui vivait dans C attente de la consolation d' Israël, et le Saint- I sprit était en lui : et il lui avait été révélé par le S<tinl-Dspril qu'il ne mourrait point , çu'auparavanl il neûi vu le Christ du Seiçjieur Voici un homme admirable, et qui fait un grand personnage dans les mystères de l’enfance de Jésus. Premièrement, c'est un saint vieillard qui n’attendait plus que la mort : il avait passé toute sa vie dans l'attente de la céleste consolation. Ne vous plaignez
* II. Cor. vm, 0. — > Orif. in Luc. üom, xiv. — ^ Fa. XXXV, 7. — * Ucb. VI, S. — * Luc. Il, SS, SS
Diyuiêitnj uy vjUAj^l
ÉLÉVATIOISS SüK LES MYSTÈRES.
7JT
I oint , âmes saintes , âmes gémissantes , âmes qui vivez dans l'attente ; ne vous plaignez pas si vos consolations sûutdifTêrées. Attendez , attendez encore une fois : Eæptcta , reeæpecta *. Vous avez longtemps attendu, attendez encore ; ex/>er/a;js erpectavl Dominum ^ Attendez eu attendant : ne vous lassez jamais d'attendre. Dieu est fidèle il veut être attendu avec foi. Attendez donc la consolation d’Israël. Et quelle est la coa.solatiun du vrai Israël ? C'est de voir une fois , et peut être à la fln de vos jours, le Christ du Seigneur.
11 y a des grâces uniques en elles-mêmes, dont le premier trait ne revient plus; mais qui se continuent ou se renouvellent par le souvenir. Dieu les fait attendre longtemps pour exercer la foi, et en rendre l'épreuve plus vive. Dieu les donne quand il lui plaît, d'une manière soudaine et rapide : elles passent en un moment; mais il en demeure uu tendre souvenir et comme un parfum : Dieu les rappelle, Dieu les multiplie, Dieu les augmente; mais il ne veut pas qu'on les rappelle comme de soi-même par des efforts violents : il veut qu'on l'attende toujours : et ou ne se doit permettre que de doux et comme insensibles retours sur ses anciennes bontés. ceux qui ont des oreilkâ pour entendre , écoutent Telle sera , par exemple, une certaine suavité du Saint-Esprit : un goût caché de la rémission des péchés : un pressentiment de la jouissance future : une impression aussi efficace que sublime de la souveraine majesté de Dieu, ou de sa bonté et de sa coinmunic<ntioii en Jésus-Christ : d’autres .sentiments que Dieu sait, et que saint Jean dans l'Apocalypse appelle la manne cw:hée^^ la consolation dans le désert, l'impression secrète dans le fond du cœur, du nou-
au temple, sans qu'il sût peut-être distinctement ce qu'il y allait trouver ; Dieu se contentant de lui faire sentir que ses désirs seraient satisfaits. // vint donc en esprit an temple : il y vint par une secrète instigation de l'esprit de Dieu. Allons aussi en esprit au temple, si nous y voulons trouver Jésus- Christ. N’y allons point par coutume, («r bienséance : tes vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité Cest le Saint-Esprit qui les meut; et ils suivent cet invisible moteur.
temple matériel, l'assemblée visible des fidèles, est la figure de leur invisible réunion avec Dieu dans l'éternité. C'est là le vrai temple de Dieu. Le vrai temple de Dieu, où il habite, c’est la sainte et éternelle société de ses saints, réunis en lui par Jésus-Christ. Ainsi , aller au temple en esprit, c'est s’unir en esprit à (w. temple invisible et éternel, où Dieu, comme dit l’apûtre, sera tout en tous ».
Allons donc eu esprit au temple; et toutes les fois que nous entrerons dans ce temple matériel , unissons nous en esprit à la sainte et éternelle Jé’ rusalem^oiï est le temple de Dieu,où sont réunis les saints purifiés et glorifiés , qui attendent pourtant encore à la dernière résurrection leur parfaite glorification, et l'assemblage consommé de leurs frères qui manquent encore en leur sainte société, et que Dieu iieces.se de rassembler tous les jours.
donc on trouve Jésus-Christ , mais Jésus- Christ entier; c'c.st-a-dire le chef et les membres; mais il ne sera entier que lorsque le nombre des saints sera complet. Ayons toujours la vue arrêtée à cette consommation ilc l’œuvre de Dieu; et nous irons en esprit au temple pour y trouver Jésus- Cbrlsl.
veau nom de Jésus-Christ t que nul ne connaît que celui qui ta rrcu^.Cest la consolation deSiméoii dans ce mystère. Tous les fidèlesy ont part, chacun à sa manière, et tous doivent le comprendre selon leur capacité.
O Dieu et père de miséricorde , faites-moi entendre ce nouveau nom de voire Fils: ce nom de Sauveur, que chacun de nous se doit appliquer parla foi, lorsque Dieu dit à notre âme : Je suis ton salulTl La voilà, la consolation de Siméon : voyons comme il y est préparé.
Deroière préparation h la BrAcn quf Siméon ü<*valt recevoir : le Saint-Esprit le cundült au temple.
Il vint donc au temjde par un mouvement de VesprU de Dieu *. L'attente de Siméon était une préparation à la grâce de voir Jésus : mais cette préparation était encore éloignée. La dernière et la plus prochaine disposition, c’est qu'après avoir longtemps attendu avec foi et patience, tout d'un coup il sent dans son cœur une impulsion aussi vive que secrète , qui le pressait à ce moment d’aller
• h. xxvnj, 10, 13. — * Ps. xxix, î. — > //. Theu. ni, a. — * Luc. xfv. as. — Il, 17. - • 76*rf. — ï P,. XXXIV.