‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 137 sur 192 · SS · texte numérisé non relu

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« ans. Elle avait vécu dans un long veuvage, n'ayant « été que sept ans avec son mari; et passa tout le reste de sa vie dans la retraite, ne bougeant du « temple, et servant Dieu nuit et jour daiislesjeânes ■ et dans 1a prière. » Voilà encore un digne témoin de Jésus-Christ. • Elle survint au temple dans ce « même instant , louant le .Seignetir, et parlant de « lui à tous deux qui attendaient la rédemption d'I»- « raëD «OSeigneur qu’elle louait, visiblement était Jésus-Christ. Elle fut digne de le connaître et de l’annoncer, pareeque, détachée de la vie des sens, unie à Dieu par l’oraison, elle avait préparé son coeur à la plus pure lumière.

Saint Luc a voulu en peu de paroles nous faire connaître cette sainte veuve, et en marquer nonseulement les vertus , mais encore la race même , en nous apprenant qu’elle était fille de Phanuël , et « de la tribu d’Aser : afin que ces circonstances rappelassent le souvenirdu témoignage decettefemme; ce qu’il ne fait pas do Siméon, qui peut-être était plus connu. Peut-être aussi qu'il fallait montrer que Jésus-Christ trouva des adorateurs dans plusieurs tribus, et entre autres dans celle d’Aser, à qui Jacob et Moïse n’avaient promis que* de bon « pain, de l'huile en abondance, • et en un mot, » des • rich(ss66 dans ses mines de fer et de cuivre. «Mais voici en la personne de cette veuve , « les délices des « rois et des peuples* parmi les biens de la terre, changés en jeûnes et en mortifications. Quoi qu'il en soit , honorons en tout , et les expressions , et le silence que le Saint-Esprit inspire aux évangélistes.

Abrégé et oonclosioa des rénextons précédentes.

L’abrégé de ce mystère est, que Jésus s’offre, nous offre en lui et avec lui , et que nous devons entrer dans cette oblation , et nous y unir comme à la seule et parfaite adoration que Dieu demande de nous.

Les trois personnes qui se trouvent ovec Jésus- Christ dans ce mystère, nous apprennent ce que nous devons offrir à Dieu.

La sainte Vierge lut offre et lui sacrifie le cher objet de son coeur, pour en faire ce qu'il lui plaira; c’est-à-dire son propre Fils; elle voit la contradiction poussée à l’extrémité contre lui, et en même temps elle sent ouvrir la plaiede son coeur par cette épée qui ta perce. Mères chrétiennes, aurez-vous bien le courage dans l'occasion de faire à Dieu avec elle une oblation semblable? Tant que nous sommet de fidèles, unissons-nous à la foi d’Abraham, et offrons à Dieu notre Isaac; c’est-à-dire ce qui nous tient le plus au coeur.

Siméon a immolé l'amour de la vie, et la laisse, pour ainsi dire, s'exhaler à Dieu en pure perte. Ne disons pas qu’il ne lui sacrifie qu'un reste de vie dans sa vieillesse : il n’a jamais désiré de vivre, que pour avoir la consolation de voir Jésus-Christ , et

* Luc. Il, 3S, 37, 08. — * Cf^. LU, 30. Deut. ix&llt, >4, ».

ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES

de lui rendre témoignage. Car ce n'était pas seulement une faible consolation des yeux que ce saint vieillard attendait : il dédirait les sentiments que Jésus présent inspire dans lescœurs;il voulait l’annoncer, le faire reconnaître , en publier les merveilles, autant qu'il pouvait, aux Juifs et aux gentils; montrer au inonde ses souffrances, et la part qu’y aurait sa sainte Mère. Après cela il voulait mourir; et l’on voit en lui dans tous les temps un parfait délaelieinent de la vie. C'est ce qu’M nous faut offrir à Dieu avec le saint vieillard.

Et qu’inimolcrons-nous avec Anne, sinon rainoiir des plaisirs par la mortification des sens? Exténuons par le jediie et par l’oraison ce qui est trop vivant en nous. VIvon.s avec cette sainte veuve dans une sainte désolation : arrachons-nous à nousmêmes ce qui est |>erinis , si nous voulons n’étre point entraînes par ce qui est défendu. Déracinons à fond l’amour du plaisir. Le plaisir des sens est le perpétuel séducteur de la vie humaine : ratlenlion | au beau et au délectable a commencé la séduction du genre humain. Eve prise par là commence à entendre la tentation qui lui dit, avec une insinuation aussi dangereuse que douce : Pourquoi Dieu vous a-t-il défendu ce qui est si plaisant et si flatteur ? L’attention au plaisir éloigne la vue du supplice. On se pardonne tout à soi-méme ; et on croit que Dieu nous est aussi indulgent que nous nous le sommes. Vous n’en mourrez pas : vous reviendrez des erreurs et des faiblesses de votre jeunesse. Ève entraîne Adam : la partie faible entraîne la plus forte ; le plaisir a fait tout son effet ; il a rendu le péché plausible, et lui a fourni des excuses; il emmielle le poison; il affaiblit, il étouffe le remords de la conscience ; il en émousse la piqûre; et à peine sent-on la grièveté de son péché, jusqu’à ce que dans les flammes éternelles ce ver rongeur se réveille, et par ses morsures éternelles nous cause un pleur inutile, avec cel effroyable grincement de dents.

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