o rLf.VATIOVS SIR
p.urhrr h'ü p'if'ls* /a qui son br»|)ti*nit' prr/y?rr7<7 tn ro/>, < t nVtall (|u'im pnqmraloiro; si l'on veut , im pr»-liinin:iire d'im nifilhnjr que Jésus-
Christ «h'vait donmT. S unt Jean répète ce téinoiiïiiai:i\ cl fait res>nuv»*nir lepciiple do la remarque miraonlense do la rolomhe mystique à laquelle il l’avait connu*. So'ivonons-notis donc de cotte man|ue, et de tout CP qui parut ensuite dans le baptême de Jcsiis-Christ. Car c’est la primllivemonl que fut acrumptie cette parole de Jestis-C.hrisl ; « Travaillez à c la nourriture qtio le Fils do Fllouime vous doit : donner ; car sou Père l a niar pié de son sceau ’ , » ' l’a dé-si^îiié, caractérise, en sorte qu’on ne puisse ^ plus le meennnalire. Souvenons-notisdonedu earac- | tore saoré de Jésus-Christ, des c.lotix ouverts, do la j colomhe desoondtse ,ct de la voix qui fut ouic sur le : Jourdain. « Portons nmis-mémos le caractère de j « Jésus-Christ C » Qu’il soit loljet^lo noscomplai- ; 8anccs,commeiire.-tdocollodeson Père." F.ntrniis , « avec lui dans l’eau du haptéine* : « renouvelons les promesses du notre, et demeurons clernellcn’.ent . dévoués à la pénitence. I
IV*- KCÊVATlÜ.N. j
S.iint J«'an a|ipolIe i hcinr un»’ fois V.^finrau de ,
Dieu : et u'a dfsdple* le <|i»illcnl ixjur le Fils du Dieu. |
• Le lendemain, Jean était avec deux de ses disci- « pies; et regardant marcher Jésus » (apparemment encore pour venir à lui), ■ dit : Voila l’Aiçneau de
• Dieu; et ces deux disciples rentcndirenl comme
• il parlailainsi , et ils suivlronl Jésus®. » Le temps que Jean devait demeurer en )il>ertc était court, et il multiplie, comme on voit, coup sur coup son léinuignaue. « Voici, » dit-il encore une fois, * l’A-
• pneau de Dieu : > et à l'inslant deux de sesdisciples se détachèrent de lui pour s'attacher à Jésus. Voilà donc Jésus devenu le maître des disci{>les de suint Jean ; et on voit comment il lui préparait la voie.
« Pendant qu'ils le suivaient, Jé:ms leur dit :
• Que cherchez-vous? Kt ils répondirent : Maître,
« où demeurez-vous? ? » (Car ils voulaient tout à fait se donner à lui. ) « Cl Jésus leur dit : Venez, et
• voyez. • N'en croyez plus personne : venez, et voyez vous-méme : car quand on vient , et qu’on veut voir de bonne foi, on coimait bientôt. « Ils suivirent ■ donc Jésus : ils virent où il demeurait, et ils « passèrent avec lui le reste du jour; et il était en- « viron la dixième heuredu jour. • On conjecture de là que c’était à la (in de la journée , et à p< u près le temps qu'on offrait lesacrifice du soir; ce qui donna une nouvelle occasion à Jean de répéter : « Voilà l’A- •• pneau de Dieu *. »
Allons doncà Jésus avec ses disciples, à l'heure de l'immolation. Voyons nous-mêmes où Jésus habite : H, non contents de le voir par une stérile spéculation, aclievons avec lui la journée. Heureuse journée, heureuse nuit , que roii passe avec Jésus*
' Shilth. iti, II. .V/rrr. i. 7. Joon. l. 21, 31. — * Jonn. i, #*, an, 3t, — 3 Juan. VI. 27. — * /. Tor, VV. 41>. — * liai. •IM . 27. H'im. VI , 4 , 5, Il el teq. — * JtMH. 1, 15, M, 37. — îjt»/. — * Ibtd. 'iQ.
LF^ MYSTfCRFS.
('hrist dans sa maison ! S<*îiîneur . où haliîtcz-vousï
• Diles-nioi, * céleste F.poiix, ■ où vous habitez* ,
« atin que j'y • aille aussi fixer ma demeure, et que mon dme errauleet vnpahonda • n'uille pas courir
• deçà et delà » .avec d'autres que vous : car je ne veux point mV arrêter, quoique peul-i’tre ils se disent , oiiqu’ils soient • vos compagnons. - Je ne »eux m’attacher qu’à vous; et vos compav'nons. même ceux qui marchent avec vous , me délmirncraient de ma voie, .si j’avais de rattache pour eux. - O venez! •y'ô voyez! d demeurez! • Que ces paroles sont douces! Et qu'il c.stdoux de savoir où Jésus habile!
Saint Aïklns amt^Ckaint Pierre Ju«us-diiUl.
« Un des deux disciples qui avaient ouï ce témoî- " pnase de Jean , et qui avaient siiiW Jésus , était
• André, frère de Simon Pierre. Il rencontra - piemièrement ■ son frère, et il lui dit : Nous avons « trouvé le Messie: c’est-à-dire» l'Oint, et • le Christ; " et il l’amena à Jésus. Kt Jésus , ■ qui le connut au premier abord, et savait à quoi il le destinait, « lui dit en le repard-mt ; Vous êtes Simon , fils de
• ionas; vous serez appelé Cephas, c’csl-à-dlre, " Pierre*. » Il conimenceà former son Kplise :ct il cil désigne le fondement ; « vous vous appellerez « Pierre. » Vous serez cet immuable rocher sur le* quel je bâtirai mon Église. Qii.ind un Dieu nomme, l’effet suit le nom : il se fit sans doute quelque chose dans saint Pierre à ce moment; mais qui n’i^t pas
^ encore déclare, et qui se découvrira dans la suite. Car tout ceci n’était encore qu’un commencement : ni saint Pierre ne suivit euticrcmcnl JcsiLs-Christ; ni saint André ne demeura alors avec lui qu'un i jour. Il sufiU que noiLs entendions que le.s préparations s’achèvent , et que le grand ouvrage se commence; puisque les disciples de Jean profitent de son témoignage pour reconnaître Jésus, cl lui amener d’autres disciples.
Quand nous trouvons la vérité , ne b trouvons I pas pour nous mêmes: montrons-la aux autres, en I commençant par nos plus proches , comme saint I André par son frère: soyons fidèles: nous ne ! savons pas qui nous amenons à Jésus : nous croyons lui amener un simple fidèle; mais celui que nous lui amenons est un Pierre: c'est le chef, c'est le : fondement de son Église.
Vocation (le saint PfkBtppe : Nathanaël nmené à Jésut- I ClirUt.
t « I.e lendemain ^ » ce n’est pas inutilement que b suite des jours est si bien marquée; l'évangé- [ liste veut que l'on entende le prompt et manifesta ; progrès de l'œuvre de Dieu , et le fniit des pré- I p.iralion.s de saint Je-an-Tbptistc. « Le lendemain » j donc « Jé.sus voulut aller en Galilée, et il rencon- • Ira Philippe, et luidit : Suivez-mol L • Il n’at-
' Cnnt. I, 0. - * Joan. i, iO, 41, 42. — 3 Ihid. 43. — * lOid, 44-
ÉLF'VATIONS SUR
tend pas que celuUci le clierche; il le prévient. LVvnngéliste remarque que • rhilip[)e était de « Belhsayda , d’où étaient aussi André et Pierre ; ■ fjour nous faire entendre qu'ils se connaissaient les uns les autres, et s'entre-commuriiquaient leur bonheur. Car Philippe lit part du sien à Nathaiiaé qu’il trouva, « et lui dit: .Nous avons trouvé celui
• que Moïse et la loi et les tn^ophéles nous ont « annoncé, Jésus de Nazareth, Ois de Joseph*.
« Et Natlianaël, » qu’on croit être saint Barlhclemv,
• lui répondit ; Peut-il venir quehiue chose de bon « dcl\azareth.> Philippelui dit : Venez, et voyez *. ■ Ils s’amènent les uns les autres , niais à condition qu ils s'instruiraient par ens-mèmes. Soyons comme eux attentifs à l’oeuvre de Dieu ; allons , et voyons. Ne nous en tenons pas si ab.solument à nos conducteurs, que nous n’éprouvions par nous-memes et ne goûtions Jésus-Christ, afin de lui pouvoir, dire comme faisaient les Samaritains à Mlle femme:
• Nous ne croyons plus maintenant sur votre récit;
« et nous avons connu par nous-mêmes que celui- « ci est vraiment le Sauveur du inonde^. • Aussi celle femme leur avait-elle dit comme tes autres: • Venez,
« et voyez ; et ils étaient venus , et ils avaient vu ;
« et ils avaient invité le Sauveur de demeurer dans
• leur ville; et il y demeura deux jours < ; • et ils reconnurent le Sauveur du monde. Jean avait tout mis en mouvement , et il avait réveillé le monde sur le sujet de son Sauveur. Le bruit s’en était répandu de tous côtés ; et la femme samaritaine elle-méine avait dit: « Je sais que le Christ vient; » U va paraître , « et nous apprendra toutes choses * ; • tant on était attentif à sa venue.
vue ÉLÉVATION.
Jâut Cliriit se fait connaître par liii-ménie aux noces de Cana en GaliUiie.
• Trois joursaprès on faisait des noccsàOmncn ■ Galilée; et la mère de Jésus y était ; et Jésus y « fut aussi convié ■ Ce p.assage ne regarde point saint Jean-Baptiste , et appartient aux mystères de Jésus-Christ même ; ainsi nous en traiterons ailleurs; et ici nous voulons seulement montrer combien l’évangéliste est atteiuifà marquer la suite des jours. On voit qu’il voulait lier la manifestation de Jésus à CCS noces , avec les témoignages de saint Jcan-Uaplisle. « Ceci ,» dit-il , la députation à saint Jean, et sa réponse , ■ était arrivé « en Béüianie. El le lendemain Jean vit Ji-sus qui
• venait à lui. ■ Et « le lendemain Jean était encore
• là. » Et encore : « Le lendemain J<*sus trouva « Philippe?. Eltrois joursaprès Use lit des noces. » Tout cela est lié ensemble dans l'ordre des jours; on voit que l’évangeliste saint Jean nous veut faire suivre la manifestation de J(«us-Chrisl, premièrement par saint Jean- Baptiste, et ensuite par Jésus- Christ lui-même. C’est pourquoi il est écrit a la (in » :
- Ce fut ici le commencement des miracles de Jésus ;
• I, 15. - * /lit/. 46. — 3 /ItW. IV, 42. — ‘ /lia. a. * Jottjt. iT,2s. — ♦/6id. 11,1. - ui,a. i.2h
LKS MYS'lt.nF.S. 7.-.T
• et il in.iniresl;i sa ;:li)in.' ■ ( par lui-iii<’mr ) ; ■ rt
• ses disciples criireiil eu lui ; • iioh plus seulement par le tciiiuîsiiaïe de saint Ican-llaptiste , niais par iui-nu^uie et par les effets de sa puissance. Aussi un voyons-nous pas (]ue i'cvaii(;cliste s'attaclie depuis à manpicr les jours ; et il continue son histoire sans l’oliserver davantase. . Apres cela, .dit-il',
• il vint à Caplurnaüin , où il demeura peu de
• Jours. • Et . après cela Jésus et scs disciples
• vinrent en Judee*. « Jléditons tout; dans l'iicriture tout asnad.MSeinetsan mystère; et s'il n'est pas toujours entièrement expliqué, c'est que Dieu veut qu'on le dierelie.
Vm» ÉLÉV.ATION.
Jesos-Ctirl.l t>aptî.e en mSm. temps que saint Jean. Non. veau lêmnlanaee ile saint Jean a cette occasion , lürtqu'il appelle Jésus-UirUt rÉ>»«x.
Voici une autre sorte de témoignage de Jean. Pendant que Jésus et lui liaptisent tous deux ensciiiblc dans la Judée , et qu'on allait à l'un et 5 l'autre : • II s'éleva une question outre les disci- « plesdeJeanct 1rs Juifs sur la purific.ition; . c’i-stà-dire, sur le hapténie. Et . les disciples (le Jean
• lui vinrent dire: Maître, celui qui était avec vous ■ au delà du Jourdain , et à qui vous avez rendu
• témoignage, hapti.se; et tout le monde va à lui^. • lis croyaient qii’clant venu lui-ni<’me à Jean pour s’en faire baptiser, on ne devait pas quitter Jean pour lui. Dieu permit cette dispute et cette espèce de jalousie des disciples de saint Jean-Itaptiste , pour donner lieu à cette instruction admirable du saint précurseur : . L'Iiomme ne peut rien avoir
• qui ne lui soit donné du ciel J. . Dans cette régie admirable , qu'il pose |iour fondement , est la mort de l'amour-propre, et de la propre élévation. I.’amour-propre, à quelque prix que ce soit, et indépendamment de toute autre eliose, ne .songe qu'a s’élever; mais l'amour du Dieu, toujours liumble, riKsure son élévation à la i olunté de Dieu , ft ne voudrait pas même s'élever si Dieu ne le voulait ; toute, autre clèvatiou lui deviendrait nonseulement snspeele , mais encore odieuse. Sur ce fondement, saint Jean continue : • Vous me rende/. . vous-mêmes tciiioignage que j’ai dit: Je ne suis " pas le Christ; mais je suis envoyé devant lui. Celui
• qui a l'épouse est l'époux; mais l'ami de l'Époiix
• qui est présent et qui l'écoute, est téausporté de -joie par la voix de l’fipuux. Et c'est par là que
• ma joie s’accomplit .
(lui pourrait entendre la suavité de ces dernières paroles ? .Saint Jean nous y découvre un nouveau caractère de Jésus-Clirist, le plus tendre et le plus doux de tous: e'est qu’il est l'fipoux. Il a épousé la nature humaine qui lui était étrangère; il en a fait un même tout avec lui : en elle il a épousé sa sainte Fglise, épouse immortelle qui ii'a ni tache, ni ride. Il a épouse les âme s saintes qu'il ap|icllc à la société, non-seulement de sun royaume, mais encore de sa
* Jwiif. 0,12. — ' JSlrf. m. 22. — 1 /Drf. 22 , 23 , 24 et »rç — ‘//.‘fci. Ul 27. — * JM.
Digiliztîu
ELEVATIONS SUR LES MYSTÈRES
ruv le coiiflie, k.s roinljlont de dons, de rh.'istcs es : jouissant d'elles , se donnant à elles ; leur dnnn'nl non-seulement toutee qu*ila, mais encore tout ce qu'il est, son corps, son âuic, sa divinité; et leur préparant dans la vie fulure une union incomparablement plus grande. Voilà donc comme . il est ré|H)us , • comme ■ il a l'epousc . Je vous
• ai • dit-il , • épousée en foi'. » Donnez-moi votre fbi , recevez la mienne. Je ne vousrépudierai jamais. Eglise sainte; ni vous , Unie que j'ai choisie de toute éternité; jamais je ne vous répudierai. - Je vous ai . trouvée, • dit le Seigneur, « dans votre impureté, .je vous ai lavée , je vous ai parée , je vous ai ornée ,
• j'ai étendu mon manteau, ma couverture sur
• vous, et vous êtes devenue mienne : • kt fact4 ES Hiiii Epouse , prenez garde à sa sainte et inevorahle jalousie : ne partagez point votre coeur , ne soyez point inCdèle; autrement , si vous rompez le sacré contrat que vous avez fait avec lui dois votre baptême , quelle sera contre vous sa juste fureur !
Voila donc le c.iractcre de Jésus. Cest un épou.v tendre, passionné, transporté, dont l'amour se montre par des effets inouïs. Et quel est le caractère de Jean ? Il est . l'ami de l'Epou.v qui entend . sa voix. • C’est ce qui ne lui était pas encore arrivé. Jusqu’ici il l’avait annoncé, ou sans le connaître , ou sans entendre sa parole; maintenant, qii’aprés s’étre fait baptiser par saint Jean, Ma commencé sa prédication , saint Jean, ravi de l’entendre, et qti’ainsi qu’il l’avait toujours désiré, le bruit de sa parole retentisse jusqu’à lui , il ne sait continent expliquer sa . joie. •
Telle doit être la joie du chrétien à la voix de Jésus-Christ, à cette vois qui retentit encore dans son Évangile ; à cette voix secrète et intérieure qui se fait entendre au fond du cœur , et qui se répand dans toutes les puissances de l’àrne.
l.V ÉLÉVATION.
Suite du dé* Joan : BA diroinulion, et rcialtA'
Uun (Je Jé>U5-ChrUl.
Écoulons; saint Jean continue;* 11 faut qu'il . croisse et que je diminue *. • Nous voulons bien peut-être que la gloire de Jésus-Christ s'augmente ; mais que ce soit à notre préjudice et avec la diminution de la nôtre , le voidons-nous de bonne foi ? cependant c’est ce qu'il faut faire avec saint Jean ; et il nous en donne les véritables raisons. C’est que Jésus-Christ " vient d’en haut ; ■ c'est qu’il est par conséquent * au-dessus de tous : • c’est que . l'homme n'est que terre, et de lui-raéme ne parle « que terre ; » c’est que * Jésus-Christ est venu du ciel 4 ; • et ainsi que notre gloire, si nous en avons, se doit aller perdre dans la sienne.
C’est ce que ne font point les mailres de l’erreur , qui veulent se faire un nom et une secte parmi les hommes. C’est ce que ne font point les prédicateurs, lorsque, voyant que Dieu en suscite
1 Oirf, 11. 19,0». — ■ EzKh. IVl, s, 9. — > Jm/1. Ul, ao. *. i itij. Tl
d'autres avec plus de sr:1cc et de sucoèi, iu lieu dp se réjouir à la %oix de l'I'^poux « qui se fait entendre par qui il lui plaît, ils entrent dans de basses jalousies. Mais saint Paul disait: a Que m'importe,
• pourvu que Jésus-Christ soit annoncé, soit par « occsision , .<:oit en vérité *? • Pourvu donc qu'il entendit la voix de l'Époux , de quelque bouche que ce fiU, il était content. Di^roissez donc sans peine; voyez croître sans Jalousie celui que vous voyez s'élever peut-être sur vos ruines : trop hetireus d'avoir à vous perdre dans une lumière que l’Époux aliiiine! Kt vous, grands de la terre, qui voulez accroître votre nom , l'étendre à la postérité, faire tant de bruit dans le monde , qu’il offusque le nom des autres , et même qu’on parle de vous plus que de Dieu , dites plut()t avec le prophèteet avec saint Jean : « Qu'est -eeque l’homme, > sinon « de la terre? • •i ou,« Qu'cst-ce que lefilsde l'homme; ■ si ce ii’est « du fumier et de la boue * ? • Kt il veut avoir de la gloire! Terre et poussière, pourquoi vous glorifiezvous? Mais rie quoi vous glorifiez-vous? Que toute gloire humaine se taise, et « que la gloire soit
• donnée à Dieu seul •
Parce que Jean a aimé cette gloire , et qu'il a sa* crilié la sieuneà Dieu et à Jésus-Christ, quelle gloire égale la sienne? I»e Fils de Dieu lui rend ce qu'il veut perdre; et , au lieu du témoignage des hommes qu'il a méprisé, U lui reud ce témoignage, « qu'il est
• le plus grand detousies enfants des femmes^,» parce qu’il a plus que tous les autres mortels sacrifié sa gloire au Fils unique de Dieu.
Pour nous donner part à cette gloire. Dieu mêle aux actions les plus éclatantes mille publiques coatradictions; et ce qui est encore plus humiliant, mille secrètes faiblesses que chacun ne sent que trop en soi*même ; afin que , laissant échapper la gloire humaine, nous n'ayons de joie ni de soutien qu’à voir croître celle de Dieu.
Autre ceractére de Jéeus-ClirUI découvert par aalol Jeao.
* Il témoigne ce qu’iha vu et ce qu’il a ou! ; et ■ personne ne reçoit son témoignage^. . Autre caractère de Jésus-Christ ; plus son témoignage est authentique et original, moins on le reçoit ; la trop grande lumière éblouit les faibles yeux ; et Ms sont faibles , parce qu’ils sont superbes ; les yeux humbles, les yeux abaissés sont éclairés; et si Jésus n’est écouté de personne , c'est que personne aussi ne veut être humble.
Personne donc ne reçoit son témoignage ; tout le monde par soi-même le rejette; et il y a tout un monde qui ne veut pas le recevoir : mais à travers celte opposition du monde opposé au témoignage de Jésus-Christ, ce témoignage se fait Jour, et pénètre les liurabics cœurs que Jésus prciure luimême à l’êcouler.
L’n prédicateur zélé, comme saint Jean-Baptiste,verra le témoignage de Jésus-Clirist méprisé,
' PhiEp. I, 1». — ’ fa. vm, 6;cn, U, ts. Jonn. ni, SI. — >1. Tint. I, 17. — • .Vnlli. XI, II. - ‘Jnan. m,U.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTERES
«t U parole rejetée. Qu'il gémisse avec saint Jean , et qu'il dise : • Il témoigne ce qu'il a vu et ce qu’il
• a oui ; > il a vu tout re qu'il annonce dans le sein du Père , où il est vie et lumière : s’il déclare aux liomnies les règles de Injustice, et les implacables jugements de Dieu, il les aouïsdans le sein du Père, où ils sont comjus et furmes ; • et personne ne reçoit
• son témoignage. >
Je ne vois point de fruit de sa parole que j’annonce , quoiqu’elle ne soit autre chose que le témoignage de Jésus^llirist répété par ses ministres : personne ne nous écoute , et nous ne voyons aucun fruit de notre Évangile.
Pleurons donc sur le malheur et l'aveuglement des hommes ; pleurons sur le témoignage si certain de Jésus-Christ , mais que personne ne veut. Mais consolons-nous en même tenqis; car Dieu sait à qui il veut faire recevoir en particulier ce témoignage, qui parait si rejeté et si méprisé par le public. Et pour preuve que ce témoignage , que [lersonne ne réélit, est néanmoins reçu de quelquesuns à qui Dieu prépare le coeur , saint Jeaiiajoule : . oiui qui reçoit son témoignage, attesteque Dieu . est véritable ; car celui que Dieu a envoyé ne dit . que des paroles de Dieu; parce que Dieu ne lui «donne pas son esprit avec mesure ■ . • Il est vrai en tout , et son témoignage ne se doit pas diviser. S’il est vrai en annonçant les misériconlis , les condescendances , les facilités; il est vrai en annonç.mt les rigueurs. « Personne ne reçoit son témoignage. » Les Athéniens en général méprisent en la bouche de saint Paulle témoignage de Jésus-Christ , mais Dieu parle en sécréta Denis, aréopagite , etàune femme nommée Damaris En une autre occasion, • il ou-
• vre le cœur de Lydie, une teinturière en pour- « pre, pouréeoutcrccquedis,ait saint Paul L ■ Dieu sait le nom de ceux .ù qui il veut se f.iire sentir. Ke vous découragez point, à prédicateur! une seule âme, que dis-je? une seule bonne pensée dans une seule âme vous récompense de tous vos travaux.
Et vous, peuples, écoutez vos p.istcurs, vos prédicateurs : attestez en les croyant que Dieu est véritable en tout, et qu'il ne donne point son esprit avec mesure ù Jésus-Christ dans son fà;lise ; puisque tout vice y est repris, et que toute vérité y est enseignée.
XI' ÉLÉVATIO.N.
Suint Jean explique Pemour de Dieu pour mmi Fil*.
Le jiére aime son JUs , ei lui met tout entre tes mains t. Heureux ceux que Dieu met entre les mains de son Fils , qu’il aime si parfaitement ! Ceux qu'il met entre scs mains , ce sont scs Odèles , ses élus.
Qu'il les aime, puiqu’ils les donne à son Fils! O amour du Père et du Fils, vous êtes ineflable, incompréhensible! et je me perds dans cet abîme. Je le connais un peu par ses effets, que Dieu aime son Fils, qui est un autre lui-même, une autre personne,
» y<wm. III , ai , a(. — * JcL XVII , Is et teq. — * Id. xvi , !4 — * Joan. III,
afin que son amour trouve où s'épancher, qui est le plaisir de l'amour; mais un en substance, de peur que l’amour ne s'écarte trop de sa source, et ne perde la perfection et l'ap:rénicnt de l'unité : • Tout m'est donné par mon Père , et nul necon* « naît le Fils, si ce n'est le Père ; et nul ne con> « naît te Père si ce n'est le Fils , et celui à qui le Fils « l’aura révélé >
O Jésus , faites«le«moi connaître ! Mais je ne sais quoi médit dans le cœur que vous avez commencé de me faire cette grâce ; je commence à sentir , par une douce conGance , que je lui suis donné de votre main. Heureux de lui être donne d'une main si cherel Le Père nous amie encore davantage en nous trouvant dans les mains de son Fils , et unis à lui. Aimons le Père qui nous donne au Fils : aimons le Fils qui nous reçoit de la main de sou l’ère. « Si vous m'aimez, gardez mes commandements». » Gardons-lcs donc par amour , et gardons avant toutes chosesle commandemeatde l'amour , qui fait garder tous les autres.
.\ll« ÉLÉVATION.
La rtWHTipffMf et la peine de umx qui ne cruirnt point
ou MU. Coofunuité du témo4;iuige de lalut Jean a>«c
celui de Jùtus-Chrbl.
Qui croit au Fils a la vie éternelle^. Le Fils est lui-ménie la vie étemelle. La foi est une nouvelle vertu qui renferme toutes les autres. Dieu donne un aimable objet à cette foi : c'est Jésus-Cbrist. En lui on aime toute vérité et toute vertu, comme dans la source et dans le modèle. « Qui ne croit > point au Fils n'a » ni grâce , ni vérité , ni vertu : il ne voit « point la vie ; mais la colère de Dieu de- « meure sur lui. • Elle y était déjà : et rhomme > naît « enfant de colère » Elle n'y tombe donc pas, elley demeure, et Jésus-Christren pouvait âter. Affreuse parole: «la colère de Dieu demeure sur lui. «Qui en pourrait |>orter le poids Elle y demeure ; elle en fait son trône , elle y règne ; et l'empire qu'elle y exerce est aussi terrible que juste : car, sans jamais lâcher prise, elle accable un malheureux criminel.
O témoignage est sembbble à celui de Jésus- Christ : « Qui croit au Fils n'est point jugé : > car il a un moyen certain d'étre justilié : • qui ne croit •> point au Fils est déjà Juge » Ce n'est pas par un nouveau jugement qu'il est jugé: le jugement qui était déjà se conlirme et se déclare , et on périt dans son pédié.
Nous avons ouï la prédication de saint Jean-Ba{>tiste: un autre Jean , qui est l'apôtre et l’évangéliste, nous l'a racontée. Saint Jean-Baptiste sera bientôt arrêté : il le fut par Hérode , dont il reprenait l'inceste, un peu après le baptême et le jeûne de Jésus- Christ. Saint Matthieu mnrcjue expressément en ce temps l'avis que re<;ut Jésus-Dirist de la prison de son précurseur*. Saint Luc parle aussi de cette prison , aux environs du baptême de notre giieur?. Il est marqué dans révangile des.iinl Jexin,
' Lhc. X, 22. — * Jonn. xiv, IS. ni, 3fl. — * Ephrs.
Il, 3. — * JutiH. III, IH. — • M»Wi. Xl\, 12. •- ’ Luc. OJ*
PK.NSÉES
• qu’au commencement du ministère » de Jé.<us- (Ihrist, le saint précurseur • n’avait point encore ■ été arrêté ' : • pour insinuer qu'il le fut bientôt après. Il va donc devenir précurwur d’une nouvelle manière » c’est-à-dire par sa prison et par sa mort, (|ui devance celle de Jésus, et nous y prépare. Ainsi nous n'enlenilrons plus parler saint Jean Uaptiste : il annoncera le Sauveur d’une autre sorte.