V. De rÉ^ise
On cherche vainement dans la médecine un romède unique et universel, qui remette tellement la nature dans sa véritable constitution , qu'il soit capable de la guérir de toutes ses maladies : ce qui ne se trouve pas dans la médecine , se trouve dans la science sacrée. [Elle fournit à] chaque hérésie son remède particulier : [ mais elle présente aussi un] remède général [contre toutes les hérésies, dans] l’amour de l'élglise; qui rétablit si heureusement le principe de la religion, qu'il renferme entièrement en lui-même la condamnation de toutes les erreurs , la détestation de tous les scliismes , l'antidote de tous les poisons , enfin la guérison infaillible de toutes les maladies.
Cejour-ià, mes très-chères sœurs, auquel Dieu,
vous ouvrant les yeux [sur l'égarement de vos votes , vous fit connaître son Église et vous inspira d'y rentrer, ] vous doit être et plus cher et plus mémorableque votre propre naissance, plus cher même que votre baptême. C'est la marque de son efficace qu’il ne perde pas sa vertu , même dans des mains sacrilèges. Mais que sert d'avoir le baptême [si l’on n'en conserve pas la grâce, et si l’on demeure séparé de l'Église? ] La marque de la milice dans les troupes est une marque d'honneur ; en un soldat fugitif, c'est le témoignage de sa désertion. Ainsi le baptême, qui est la marque de la milice chrétienne dans ri-^li8e,est une marque d'honneur; dans le schisme, une conviction de la révolte. Pldt à Dieu non-seulement rappeler à votre souvenir le jour que vous vous être données à l'Église, mais encore renouveler votre première ferveur! Pour cela , je vous dirai ce que c’est que la sainte Église : je vous montrerai d’abord cequ’elle est à Jésas-(^rist et à ses enfants ; et je vous ferai voir ensuite ce qu'elle est en elle-même dans la société de ses membres. Par le premier, vous apprendrez ce que nous lui sommes par le second , comment et en quel esprit nous y devons vivre.
Qu’est-ce que l’Église?. C’est l’assemblée des enfants de Dieu , l’armée du Dieu vivant , son royaume, sa cité, son temple, son trône, son sanctuaire, son tabernacle. Disons quelque chose de plus profond : l'Église, c’est Jésus-Oirist ; mais Jésus-Christ répandu et communiqué.
Jésus-Christ est à nous en deux manières : par sa foi , qu'il nous engage ; par son esprit , qu’il nous donne : les noms d*é|>ouses et celui de corps sont destinés à représenter ces deux choses.
L’Église est mère et nourrice tout ensemble : mère, contre ceux qui disent qu’elle n'était plus [lorsqu'ils ont paru dans le monde ; si elle n'était plu8,d*où sont-ils] nés [et qui les a engendrés à Jésus-Christ ? ] l’Église est aussi nourrice ; car elle a du lait [ pour nourrir ses enfants , et leur procurer l’accroisseiiient dans la vie spirituelle.]
Manière de rechercher la vérité, des hérétiques et des catholiques : ceux-là par l’esprit particulier. C'est ce qui les a divisés de l'Église ; c'est ce qui les divise entre eux. Cet esprit particulier, c’est le glaive de division qu'ils ont pris en main pour se séparer de l'Église; par le même, ils se sont divisés entre eux. 1,C8 catholiques cherchent au contraire la vérité avec l'unité; (parce qu’ils suivent] l'autorité de l'Église : f 'isum fst Spiritul sancto ft nobis * : « Il a semblé bon au Saint-Esprit et à • nous. »
Poiirétre filles de l’Église il faut aimer sa doctrine, aimer ses cérémonies ; rien à dédaigner quand on voit que le Saint-Esprit a admiré jusqu'aux franges de son habit : /n /îmân/sau/r/s»; que l’Époux U été charmé même d'un de ses cheveux Tout ce qui est dans l’Église respire un saint amour , qui ble.ssed’un pareil trait le cœur de l’Époux.
Venez être membres vivants; venez à rÉ[K>UM,
* Jwtn. I, 9.
• Âct. XV, 2s. — > P$. xuv, la. — » tant. IV, 9,