CHRÉTIENNES
•oyez épousp«. Venez à l'Épouse parla foi ; soyez épouses pa** l'amour. Les sociétés hérétiques se rantent (J'étre l’Épouse; mais écoutez les noms qu'elles portent : zuinglienSt luthériens , calvinistes. Ce n'est pas là le nom de l'Épous ; ce sont des épouses infldèles , qui , ayant quitté PÉpoux véritable, ont pris les noms de leurs adultères.
yUU cœlam novum et terram novam * : « Je vis « un ciel nouveau et une terre nouvelle. » Renouvellement de toutes choses par l'Église : relation de toutes chosesà l'Église, et de l’^^tise à toutes choses. Hors do l'Église, la lumière éblouit; dans l'Église, l'obscurité illumine: parce que Dieu, qui aveugle avec la lumière, éclaire, quand il lui platt, avec de la boue.
Vf. Du Carême : comment on doit le sanctirier.
Toute la vie est un temps destiné pour se former au C4aréme ; car la pénitence est l'exercice de toute la vie clirétiemie. I^es dimanches sont con$.acrés aux œuvres de la piété , «afin qu'elle indue et se répande dans les autres jours : ainsi le carême est institué , afin de se renouveler dans un esprit de pénitence qui s'étende à tous les temps.
Comment donc faut-il sanctifier le carême? PÉ* vaiigile nous dit que « Jésus fut conduit dans le dé- « sert : « Ductus est in desertum * ; et par là ü montre que la retraite doitaccompagner notre jeûne. Celui de Jésus-Christ s’étendit à tout, pour nous apprendre que la mortification de tous nos sens est absolument nécessaire dansun véritable jeûne. Enfin c’est par tous ces moyens que Jésus*Christ se dis* pose à la tentation , ut tentaretur ; parce que le jeûne et tous les exercices de la pénitence doivent nous préparer à vaincre la tentation , en combattant le démon notre ennemi.
Klais pourquoi la retraite nous est-elle si nécessaire? C'est que tout est corruption dans le monde :
■ Tout ce qui est dans le monde, dit saint Jean, est
• ou concupiscence de la chair , ou concupiscence « des yeux , ou orgueil de la vie : » omne qtuyd est IA mundOf concupiscentia carnis est , et concupiscentta oculorumt et superbia tiix L •> Tout le monde « est sous l'empire du matin esprit : • Mmdus totus in maligno p(t$ltusesti. Au contraire, nous trouverons Jésus-Christ dans le désert ; nous y verrons la nature dans sa pureté : elle nous paraîtra peut-être d'abord affreuse, à cause de l'habitude que nous avons de voir les choses si étrangement falsifiées par l'artince éblouissant de la séduction; mais l’illusion faite à nos sens se dissipera bientôt dans le calme de la solitude : et la nature nous y plaira d'autant plus, qu’elle n'y est point gâtée par le luxe; ce qui nous la rendra beaucoup plus agréable.
Si , comme Jésus-Clirist , nous n'y avons de société qu'avec les bétes, cum hestiis * ; pen.sons que les hommes sont plus sauvages , plus cruels que les animaux les plus farouclies : là, c'est l’instinct qui conduit ; dans les hommes , c’est une malice déter-
• Jpor. - > Mattk. iv, |. — > /. Joan. ii. 18. —
• IhiJ. V, 19 — t Man i, 13.
ET MORALES. 76t
minée et délibérée. C'est ce qui jette le prophète dans ta solitude. • Qui me fera trouver dans le dé- « sert, s'écrie Jérémie, une cabane de voyageurs? • Quis dabit me in soiUudine diversorium viatorum^? • Afin que J’abandonne mon peuple, et
• que je me retire du milieu d’eux ; car ils sont tous
• des adultères , c’est une foule de prévaricateurs : • £t deretlnquam populum Atcum, et recedam o6 eis;quia omnes adulteri sunt , cce/us prævarka» forum *. « Chacun d’eux se rit de son frère : » Air fratrem suum deridebit. Qu’est-ce qu’on fait dans le monde, que se moquer les uns des autres, que chercher tous les moyens de se tromper , de se nuire réciproquement , de se supplanter? Habitaiio tua in medio doW^ : « Votre demeure est au milieu d'un « peuple tout rempli de fourberie. » « Il n’y a plus
• de saint sur la terre ; • on ne sait plus à qui se fier : Periit sanctus de terrai. La division s'est introduite jusque dans les mariages. De quoi les femmes s'entretiennent-elles, si ce n'est des excès multipliés des personnes de leur sexe; dont elles rougiraient, si elles étaient elles-mêmes irréprochables? Toutes les familles sont dans la confusion : « le fils traite son père avec outrage, la fille s’élève « contre sa mère, la belle-fille contre sabelle*mère; « et l'homme a pour ennemis ceux de sa propre mal-
• sonL »
Dans cet état de choses, celui qui veut sincèrement penser à son salut et entrer dans la pénitence, ne doit-il pas se réfugier dans la solitude, et chercher son appui en Dieu seul ? Ego autem ad Do-
minusn aspiciam audlet me Deus
PHis il se séparera des créatures, plus il trouvera de oonsaiation avec Dieu dans la retraite ; et, au défaut des secours humains, • les anges mêmes « lui .seront envoyés pour le servir : » Et angeÜ mlnistrabant ilU 7.
I^e véritable jeûne emporte une mortification universelle, et doit par ses effeu nous familiariser avec la mort, et nous la rendre chaque Jour plut présente : Mortem de proxUno norlt*. Jeûner, c’est sacrifier toute sa vie dans les objets qui peuvent contribuer à l'entretenir, et dont on se prive par un esprit de pénitence. Dans ce sacrifice, l’homme est lui-même la victime qu'il offre à son Dieu. Pour nous y disposer, l’Église, à ces heures de silence ou l'on offre les premiers vœux, dans ta tranquillité de la nuit , exhorte tous ses enfants à user avec plus de retenue des paroles , des aliments , du sommeil et des plaisirs : Utamur ergo parcitts verbist eibis et potibus, somno,Joris9. Par là elle nous fait assez sentir que le vrai jeûne consiste dans un retranchement général non-seulement de tout ce qui peut flatter la nature , niais encore de tout ce qui n’est pas absolument nécessaire pour le soutien delà vie, et qu'en un mot il est établi pour nous conduire à cette parfaite circoncision, qui fait le caractère de la vie spirituelle.
C'est ainsi que nous pourrons entrer dans l'exer-
I Jer. IX , 2. — * Ifiid. 5, — * Ibid. 6. — ‘ VicA T»? , 9. — * Ibid. fl. — • Ibid. 1. — * Mnrc. i, U. — » Tcrtul. 4t J>‘j n® 12 ~ » U>fm. Offic. no«'/. m Qundra^.
rosf-ES
cice de Teincre les tentations. Pour y réussir, il est nécessaire de connaître la force et la puissance du démon. Il peut nou-seulenient transporter les corps, mais ai;ir encore sur riiiiaxination, exciter au dedans des mouvements déréglés , y remuer les passions , porter le trouble jusqu'au fond de notre âme, et meure tout en désordre , si Dieu le lui permet. Et qui ne sera frappé d'clonnement et de frayeur, quand on voit ce que notre Seigneur lui a permis d'exécuter sur sa personne même ? mais c'était pour le vaincre. Ma conüance est que
• o'est des peines et des souffrances mêmes par les-
• quelles il a été tenté cl éprouvé, qu'il tire la vertu « et laforce de secourir ceux qui sont aussi tentés ; • In eo enbn In guo passas est ipse et tentalus, potens est et eis qui tenlantur auxiliari • .
Mais il n'est pas moins important de bien démêler les artiOces du démon, et desavoirce qu'il leur faut opposer. Premièrement, il nous tente par la nécessité : Dicat lapides isti panes furnb : « Dites que
• ces pierres deviennent des pains; • et c'est ainsi que, prenant occasion de la faim que Jésus-Christ éprouva après son jedne , il eût voulu le porWr à quitter le dessein pour lequel il avait été poussé par l'esprit dans le désert, et l'engager à changer sa résolution. Une des sources principales des tentations, c'est donc la nécessité : de là les fraudes, les injustices, levioleraent des lois divines et ecclésiastiques. Le remède contre cette tentation , c est d'être bien pénétré de cette parole dont Jésus-Christ se sert pour repousser le tentateur : Non In solo pane violt homo^ : - L’homme ne vit pas seuleirient . depain. » J'ai une autre vie dans la parole de Dieu, dans la vérité , dans l'accomplissement de la volonté divine : non que je ne vous plaigne dans les misères que vous éprouvez, et je voudrais pourvoir aux besoins de chacun ; mais, dans l'impuissance où je me trouve delefaire,jedoisdonnerdumoins à tous renseignement nécessaire et les consolations qui peuvent les soutenir dans leurs détresses.
La seconde tentation n’a plus la nécessité pour prétexte ; la gloire, l’élévation, la grandeur en fournissent la matière. Que répondre alors au tentateur? La souveraineté n'est rien; nous avons un autre maître , un autre Seigneur, qui mérite seul notre adoration et notre culte ; Dominum Deum tiium adorabU*: . Tu adoreras le Seigneur ton Dieu. •
Dans la troisième tentation, Satan, pour porter celui qu’il veut renverser à céder à ses efforts, cherche à lui inspirerune espérance témérairedu pardon : Jette-toi du haut du temple la tête devant , précipite-toi dans le crime; Dieu te soutiendra, te pardonnera : c’est son ancienne manière : Nequaquam morte morlemini ‘ ; • Assurément vous ne mour- « rez pas, • disait-il à Ève. Consentir à ses suggestions, c’est plus tenter Dieu que si nous nous précipitions du haut du temple ; car la pesanteur naturelle du corps ne nous pousse pas si naturellement vers la terre, que le péché dans l'enfer.
Enfin , quoique par le secours de la grâce nous
' l/rbr. Il, I». — * .VaHA- IV, S. — * tàid. t. — * Ibid. lu. -* * Cenet. lU, !■
nyons vaincu noire ennemi , ne nous rassurons pas : car, malgré sa défaite, le démon reviendra bientôt nous attaquer. Après la triple victoire que Jésus* Christ eut remportée sur le tentateur, •> il se retira « de lui pour un temps : > Hecessif ab ilh u*que ad tempos >. Ce ne fut que pour un temps ; et à plus forte raison n'abandonnera-t-il jamais le dessein de nous perdre. S'il diftVre de nous tendre denouveaux pièges, c'est pour mieux prendre son temp.s; c'est qu'il épie une occasion plus favorable: mais « il tourne sans cesse autour de nous pour nous de*
« vorer: tCircuUquxrens (fuem devorei* . Ne quittons donc jamais les armes de notre milice; mettons en œuvre toutes les ressources qui peuvent nous fortiQer contre un ennemi si redoutable : pratiquons une Sxaiiite vigilance, une prière humble et persévérante, tous les exercices de la pénitence dirélienne ; et surtout gardons une retraite continuelle, qui nous sépare (les objets dont le tentateur pourrait se servir pour nous dresser des pièges et nous séduire.