‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 151 sur 192 · VII. De U Pénitence · texte numérisé non relu

VII. De U Pénitence

Quand on accoutumait les premiers ebréliens, dès l'etablissement du christianisme, à faire sur eux le signe de la croix dans toutes leurs actions saintes et profanes; à quelle autre Un pouvaitce être, sinon pour marquer tous leurs sens du caractère de mort , et leur enseigner que s'ils avaient quelque vie et quelque satisfaction, ce ne devait pas être en eux mêmes? d'uù nous pouvons inférer par la suite nécessaire de cette doctrine (et la signification grecque du mot de corps nous y peut servir), que nos corps sont comme des sépulcres où nos âmes sont gis.anles et ensevelies. Partant, gardons-nous bien de parer ces sépulcres du faste et de la pompe du monde ; mais plutôt revétons'les comme d'un deuil spirituel par la mortification et la pénitence. Chrétiens , voici le temps qui en approclie; et les chaires et les prières publiques ne retentiront dorénavant que de la pénitence : toute l'Église s'unit pour offrir en esprit un sacrifice de jeûne. Nourrissons le nôtre de ce pain de larmes, qui doit être la vraie viande des pénitents. Répandons nos oraisons devant la face de Dieu , d’une conscience véritablement alTligèe ; et n'épargnons point nos aumônes pour racheter nos iniquités, ouvrant nos cœurs sur la misère du pauvre. Voici , voici le temps de vaquer à ces exercices : /'èceenune tempos acceptabiie , ecce nunc dits satutis

Mais , ô vie humaine , incapable de toute règle ! si près des jours de retraite, la dissolution peut-elle être plus trioinpliante? ne dirions-nous pas qu'elle a entrepris de nous fermer le passage de la pénitence, et qu'elle en occupcî l’entrée pour faire de la débauche un chemin à la piété? Certes, je ne m'étonne pas si nous n'eu avons que la montre et quelques froides grimaces : car, il est certain, la chute de la pénitence au libertinage et bien aisée;

•Zmc. IV, 13 — * I. rtlr. T, 8. — Ml. Cor. ?l, t.

CimiÏTIEMSES ET MORAI.ES.

mais d(' mnonlcr du libertinage à la pénitence, mais sitôt après s'èîrt^ rassasié des fausses douceurs de l’un, goilter l’amertuiie de l’autre, c'est ce que 1.1 corruption de notre nature ne saurait souffrir, laissons (lune au inonde sa félicité ; préiiarons-nous sérieusement à corriger notre vie : autant que le monde s’efforce de noircir ces jours par l’infamie de Lmt d’excessives débauches, autant devons-nous le sanctifier par ta pénitence et par une piété sincère.

L’humilité est la disposition la plus essentielle dans la pénitence; et, pour l'acquérir, il faut découvrir et sentir toute la malice de son cœur : or, qui peut d'.re jusqu’uù s'étend notre corruption? Nous ne soimnes innocents d'aucun crime, par les dis|K)si lions que nous nourrissons ; comme ceux qui ont disposition à certaines maladies par le vice de leur tempcranient, quoiqu'ils n’uientpas le mal actuel.

Si vous voulez revenir sincèrement à Dieu, et obtenir de lui le pardon de vos fautes, ne vous livre/, pas à des conducteurs aveugles; car ceux qui sortent d'entre leurs mains sont comme s’ils n’avaieut point été traités. On s’en étonne; on remar(|ue toujours en eux les mômes habitudes, les mêmes fréquentations, les mêmes inimitiés.

Allez-vous rei’herduT le diirurgien, le médecin qui vous flatte. , ou celui qui vous guérit? Ce prophète lui n dit : Il vivra , et Dieu m'a dit qu‘Ü mourrait de mort. Que ne le traitez-vous avec une sainte sévérité , en lui disant : Vous mourrez; comme Isaïe à ^Izéchias* , qui cependant le guérit? « La plaie profonde de la lille de mon peuple me « blesse profondément; j'en suis attristé, j’en suis • tout épouvanté : » con/nfwne /Uix po^

puH met coniritus sum H conlrlstalus ; stupor obiinuU me *. « N’y a-t-il donc point de résine dans c Galaad? ne s’y irouve-t-il point de incdeciu? « Pourquoi donc la blessure de la fdlede mon peu- « pic n'a-l-eliepointélé fermée ? é\ümquid résina non estin GnUiadf aut medicus non est ibil Quare igitur non eslobducta cicatrlx /dix poptdi mei^ ?

Puisse le Seigneur répandre sur nous un esprit de grâce et de prières qui nous porte à pleurer sur la perte que nous arous faite, comme Israël sur la mort de Josias , le meilleur de tous les rois et les délices deson peuple ! fai.sons un deuil universel, ])OU&sons de profonds gémissements : pleurons avec larmes et avec soupirs , comme on pleure son fils unique; soyons pénétrés de douleur, comme on l’e.st à la mort d'un Dis aîné. Kh ! scrait-ce trop s’affliger; puisque c’est son ûme, c’est soi-même qu’on doit pleurer? Soyons donc tous dans les larmes ; retranchons toutes les visites, comme au jour d’une grande affliction; séparons-nous famille à famille, chacun à part, les hommes séparément, les femmes de meme, afin de célébrer lejedne du Seigneur en retraite, en prières et en continence.

» Imî. xxxvm, I et trq. — » l$9i, VIII, îl, 29. — * Ibid

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