‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 178 sur 192 · XXXVIII. De la Mort · texte numérisé non relu

XXXVIII. De la Mort

Voyez cette bouclée ouverte, ce visage allongé, cette respiration entrecoupée, ce jugement offusqué qui revient par certains moments comme de fort loin; autant de signes prochains de la mort. I.«es amis du moribond, vivement affliges, se livrent à une sorte de désespoir, qui leur fait tout tenter pour rappeler le mourant à la vie : chacun s’em-

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pnase à le secourir <|uand on ne peut plus rien; et dans les vicissitudes de la maladie on passe aucoessivemeni de la tristesse à la joie , et de l’uoe à l'autre. S’il parait quelque mieux dans l’état du malade, on aperçoit, sur ceux qui l'environnent , un rayon d'espérance qui illumine tout à coup le visage comme à travers d’un nuage; et enfin , lorsque le malade est aux prises avec la mort , tout le inonde court sans savoir où : dès qu’il est expiré , la douleur éclau par les cris et les sangloU. Le temps semble adoucir le cliogrin que cause celte mort : sa femme ne pleure plus , et croit être tranquille ; cependant elle demeure étourdie, comme si elle était tombée du haut d’un clocher. On iie peut imaginer la mort: on croit à toute heure voir entrer le défunt : l’âme , afin de suppléer la présence de l’objet qu’elle aime, fait effort pour rendre sa douleur immortelle : son affection envers la mémoire de son ami, et le désir de le faire revivre, lui fait prendre tous les moyens qui peuvent réparer sa perte. On voit par là combien on a raison de dire que cela est un des principes de l’idolâtrie : un reste de l’immortalité perdue nous fait ainsi combattre coiitrela mort. Mais il est fort nécessaire dese préparer de bonne heure à perdreeequi nous est clier; car dans le coup on écoute peu les consolations.

La mort nous doit rendre plus forts contre la douleur , et la douleur contre la mort. Dans l’heure de la mort, deux sentiments à corriger ; premièrement la crainte, celle qui trouble; secondement, quand tout est désespéré , par dépit on voudrait bientôt finir, et par impatience h cause de la douleur.

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