‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 40 sur 192 · GO · texte numérisé non relu

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mais jHiiivair pnrrmir a la connaissance de la cêrité*.

O principe d'inslabililc de la réfuniialion prétendue a paru dans toute la suite de cet ouvra«e : mais il est temps de le remarquer avec une attention partieulière, en montrant, dans les sentinienls confus de nos frères sépares, sur rarlicle de rÉKlise, les variations qui ont causé loules les autres : après quoi nous Unirons ce diseoiirs, en faisant voir une contraire disposition dans l’fàtlise e.atliuliquc , qui, pour avoir bien connu ce qu’elle était par la grâce de Jésus-Oirist , a toujours si bien dit d'altord , dans toutes les questions qu'on a eiiiues, tout cc qu’d en fallait dire pour assurer la foi des lidi'Ies, qu’il n’a jamais fallu , je ne dis pas varier, mais délibérer de nouveau , ni s’éloigner tant soit peu du premier plan.

Ij doctrine de l’Eglise catbolique consiste en quatre points , dont renchalncmenl est inviolable : l’un, que l’Église est visible; l’autre, qiiVlle est toujours; le troisième, que la vérité de l’Évangile v e.st toujours professée par toute la société; le quatrième, qu’il n’est pas itermis de s’éloigner de sa doctrine ; ce qui veut dire, en autres termes, qu’elle est infiulfible.

Le premier point est fondé sur un fait constant : r'est que le terme d'Église signifie toujours dans rÉcriture , et ensuite dans le langage commun des fidèles , une société visible *. Les catholiques le posent ainsi, et il a fallu que les protestants eu conrinsspnl, poiiinie on verra.

Iæ second point, que rf:gtise est toujours, n’csl pas moins constant , puisqu'il est fonde sur les promesses de Jésus-Clirist, dont on convient dans tous les partis.

üe là on inferelrcs-claireinent le troisième point, que la vérité est toujours professw par la société (!i> PEslise; «r n'étant visible que par I.a

pnifession de la vérité, il s’ensuit que si elle est toujours, et qu'elle soit toujours visible, il ne se peut qu'elle u’enseigne et iie professe toujours la vérité de ri'avangile : d'où suit aussi clairement le quatrième point, qu’il n’est pas permis de dire que rflslise soit dans l’erreur, ni de s’écarter de sa doctrine : et tout cela est fondé sur la promesse, qui est avouée dans tous les partis; puisqu'enfiu la même promesse, qui fait que l’Église est toujours fait qu’elle est toujours dans l’état qu'emporte le terme d’Église : par conséquent toujours visible, et toujours enseignant la vérité. Il n'y a rien de plus simple, ni de plus clair, ni de plus suivi que celle doctrine.

Celte doctrine est si claire, que les protestants ne font pu nier; elle emporte si clairement letir condamnalion, qu’ils n’onl pu aussi la reconnaître : c'est pounjuoi ils n’ont songé qu’à rembrouilirr, et ils n'ont pu s’empêcher de tomber dans les contradictions que nous .allons raconter.

F.xposons avant toutes choses leurs Confessions de foi : et pour commencer par celle cTAugsboiirg, qui est la première et comme le fondement de toutes » II- Tim. ni, 7. — * Cr>Hj. fliYT ,V. C/.,p.

les autres, voici comme on y posait l'articlf de l’Église : • Nous enseignons qu'il y aune Église sainte,

* qui doit subsister éternellement'. ■ Quelle est mainlenanl cette Élgtisedont la durée est éternelle? I>es paroles suivantes rexpliejuent : • L’Église, c’est

• l’assemblée des saints, où l’on enseigne bien l’É- « vangile, et où l'on administre bien les sacrc- « menls. »

On voit Ici trois vérités fondamentales. 1. Que rÉgiise subsiste toujours ; il y a donc une succession inviolable. 2. Qu'elle est essentiellement composée de pasteurs et de peuple, puisqu’on met dans sa définition l'administration des sacrements et l.i prédication de la parole. 3. Que non-seulement on y administre la parole et les sacrenients , mais qu'on les y administre 6/en, reefe, comme U faut : ce qui entre pareillement dans l'essencede l’Église, puisqu’on le met, comme on voit, dans sa définition.

La question est, après ceb, conmient il peirt arriver qu’on accuse l’Église d’crmir ou dans la doctrine ou dans l’administration des sacrements; car si cela pouvait arriver, la définition de l’Église, où l’on met non-seulement la prédication, mais la vraie pr<Vlicatlon de l'Évangile, et non-seulement l’administration, mais /a droite administration des sacrements , serait fausse : et si ecla ne peut arriver, la réforme, qui accusait l’Église d’erreur, portait sa condamnation dans son propre titre.

Qu'on remarque la difficulté : car c’a été dans les Églises protestantes la première source des roiiiradictions que nous avons à y remarquer : con* iradiotions, an reste, on les remèdes qu'ils ont cm trouver au défaut de leur origine n’ont fait que les enfoncer davantage. Mais en attendant que l’ordre des faits nous fasse trouver ces vains remèdes , tâchons de bien faire sentir le mal.

Sur ce ftmdemcnt de l'article vu de la Confession d’Augsbourg, on demandait aux luthériens ce qu’ils ) veuaieut réformer. L'Église romaine, dlsaient-ih.

I Mais avez-vous quelque autre Église où la doetrine ' que vous voulez établir soK profe.vsée? C’était un fait I»ien ronstant qu’ils n’en pouvaient montrer ' aucune. Où était donc cette Église, où par votre article vn devait loiijoiirs subsister la véritable pré- I diention de la parole de Dieu et In droite administration des sacrempnls?Nommerquelque5docteurs par-ci par-là, et de temps en temps, que vous prétendiez avoir enseigné voire doctrine ; quand le fait serait avoué , ce ne serait rien : car c’était un corps d'Église qu’il fallait montrer, un corps où l’on prêchât la vérité, et où Ton adminlslràtles sacrements ; par conséquent un corps composé de pasteurs et de ‘ peuple, un corps à eet égard toujours visible. Voilà ce qu’il faut montrer, et montrer par eonséjjiient I dan.s ce corps visible une manifeste succession et de la doctrine et du im'nislère.

Au récit de l’article vti de la Confession d’Augshoiirg, le.s eatholiques trouvèrent mauvais qu’on I ertl défini l’Église, rassemblée des saints; et ils I dirent que les méchants cl les hyjK>critcs, qui sont , unis à l'Églfse par les liens extérieurs, ne devaient

' ('•>»•/. -fMq., flri. 7.

DKS VAIUATIONS, UV. XV.

pas dtrc exdus de leur unité. MHanchton rendit nison de cette doctrine dans TApulogie*; et il |K)uvait y avoir ici autant de dispute de mots «|tie de elioses : mais, sans nous y ^trréter, re* iii:irquon.s seulement qu'un persiste à dire que l'f> jîlise doiltovjoursdurer, cl toujours durer l'hibh *, puisque la prédication et les sacrements y étaient requis; c.ar écoutons comme on parle : t L'K-

• l^lisc catholique n'est pas uue société extérieure « de certaines nations; mais c'est les liomoies dis* « |)ersés par tout l'univers, qui ont les mêmes

• sentiments sur l’i-Àaiigile, qui ont le même

• Christ, le même F>pril saint, et les mêmes

• sacrements*. • Kl cuvore plus expressément un peu après : • Nous n'avons pas réve que l'Kglise .soit •• la cité de IMatou (qu'on ne trouve point .«ur la N terre): nous disons que l'^Iglise existe; qu'il y a

• devrais croyants et de vrais justes répandus par

• tout l’univers : nous y ajoutons les nuirques , « l'i'Nan;:ile pur , e.t les sacretnenU; et c'est une

• telle f^glisc qui est propremeut la colonne de la

• vérité^. • Voila donc toujours sans difflculU' une l-lglise très-riiellement existante, très-réellement visible, où l'un prédie très-réellement la saine doctrine, et où très-réel lement ou administre comme il faut les sacrements : car, ajoute-t-on , le royaume de Jésus-Christ ne peut subsister qu'avec la parole et Us sacrements^ : en sorte qu'où ils ne sont pas , il h y a point d'Hylise.

On disait bien en même temps qu'il s'était coulé dans n'élise bcaucmip de traditions humaines, par le»|uelies la saine doctrit^e et la droite administration des saLTements était altérée; et c'était cc qu'on voulait reformer. Mais si ces traditions liumainc-s étaient passées en dogmes dans l'Kglise, où étaitdonc cette pureté de la prédication et de la doctrine, sans bquelle elle ne pouvait subsister.’ Il fallait ici pallier la chose; et c’est pourquoi on disait, comme on a vu**, qu’on ne voulait point combattre l'Èylise catholique ou même f Église jOiMairtc, ni soutenir Us opinions que l'Église acail condamnées ; qu'il s'agissait seulement de quelque peu d'abus qui s'étaient introduits dans les Eglises sans aucune autorité certaine; et qu’il ne fallait pas prendre pour doctrine de TK^Iise romaine ce qu'approuvaient le pape , quelques cardidinaux, quelques évêques, cl quelques moines.

A entendre ainsi parler les lulluTirns, il pourrait sembler qu’iU n'attaquaient pas les dogmes reçus , mais quelques opinions particulières et quelques abus introduits sans autorité. Cela ne s'accordait guère avec ces reproches sanglants de sacrilège et d'idulJlrie dont on remplissait tout l'univers, et s'accordait encore moins avec la rupture ouverte. Mais le fait est cunslaut : et par ce.s douces |»aroles on tdchail de remédier à l'inconvénient de reconnaître de la corruption d.ins les dogmes de l’Kglise, après avoir fait entrer <lans son essence la pure prediitation de la vérité.

Cette immutabilité et la perpétuelle durée de la

* .4;>ol. tu. de Eeri., p. H» - * Itfid. p. 145, Ibid.

- * Ibtd. IIS. - 150. — >-U-dcMU», lit-. Ul.

I saine doctrine était appuyée, dans les articles des Sinalcalde, souscrits de tout le parti lulliérien, sur ces paroles de notre Seigneur : A'wr ce//f

I bâtirai mon Église ; c’est-à-dire, disait-on, sur ! le ministèrede ta professionque Pierre avait faite*. Il y fallait donc la prédication, et la véritable prédication, sans laquelle on reconnaissait que rf:glise ne pouvait subsister.

Pendant que nous en sommes sur la doctrine des Églises luthériennes, la Confcssioii.saxonique, qu'on sait être de Melanchton se présente à nous, ün v reconnaît qu'ily a toujours quelque Église véritable;* que les promesses de Dieu ( qui en a promiiv

• la durée) sont imuiuables ; qu’on ne parle point de l'Église comme d'une idée de Platon, maisqu'on-

• montre une Église qu'on voit et qu'on écoute;

• qu'elle est visible en celte vie, et que c'est l'a.s- « semblécqui embrasse rÉvangiledeJesus-Cbrist, et « qui a le véritable usage des sacrements, où Dieu « opère efljcacement parle miiiistère de l'ÉglLse,

• et où plusieurs sont régénérés *.»

On ajoute qu'eiîe peut être réduite à un petit nombre ; mais qu'enlin il y a toujours un reste de Cdcles dont la voix se fait enlendre sur la ferre ; et que Dieu, de temps en temps, renouvelle te mU nislére. Il veut dire qu'il le purifie : car qu'il cesse un seul moment, la définition de l'flgtisc, qui, comme on venait de le dire, ne peut être sans leininislcre, ne le souffre pas; et l'on ajoute, aussitôt après, que* Dieu veut que le ministère de l'Évangile

• soit public : I! ne vêtit pas que la prédication soit

• renfermée dans les ténèbres, mais qu'elle soit

• entendue de tout le genre humain ; il veut qu'ily

• ait des assemblées où elle résonne, et où son nom «soit loué et invoqué*. »

Voilà donc toujours l'Église visible. Il est vraf qu'on commence à voir la difnculté, lorsqu'on dit qu'elle est réduite à un petit nombre ; mais au fond les luthériens ne sont pas moins empêchés à montrer, dans leurs sentiments, une |)ctite société qu'une grande, lorsque Luther vint au monde: et cependant sans cela il n'y a ni ministère ni Église.

Confession de Virletnberg, dont Brence a été fauteur, ne dégénère pas de cette doctrine, puisqu'elle reconnaît « une Égli.se si bien gouvernée

• par le Saint -Esprit , que, quoique faible, elle de-

• meure toujours; qu’elle Joge de la doctrine; et

• qu'elle est où l'Évangile est sincèrement prêché,

« et où les sacrements sont administrés selon fins-

• titution de Jésus-Christ • I.a difllculté restait toujours de nous montrer une Église et une société de pasteurs et de peuple , où l'un trouvât la saine doctrine toujours conservée jusqu'au temps de Luther.

Le chapitre suivant raconte comme les conciles peuvent errer parce qn'encore que Jésus-Christ ait promis à son Église In présence perpétuelle de son .Saint-Esprit, neamiioins foute assemblée n’est pas Église;el \\ |>eut arriver dans l'Église, comme

' .4rt. Smat. Coucxrrd. p. 315. — * Cnp. de Eccl. Syitt. Cru. M.pfirf.p :a. — * Cwp.rff Vl. ■ * Cap. di- tcct. iHU.

p. I3J. • * Ibid. oip. Je p lai.

dans kt était folUiqaet, que le plus grand nombre l'enipone sur le meilleur. C'est de quoi je ne veux pas disputer à présent : mais je demande toujours qu’on me montre une Église , petite ou grande , dans les sentiments de Ixither avant sa venue.

ij) Confession de Boliéme est approuvée par I.utfaer. On y confesse " une Église sainte et oa-

• tliolique, qui comprend tous les chrétiens disper-

• sés par toute la terre, qui sont assetnblés par la

• prédication de l'Évangile dans la foi de la Trinité

• et de JésufrChrist. Partout où Jésus Oirist est , " préché et reçu, partout où est la parole et les

. sacrements selon la règle qu’il a prescrite , là est

• l'Église' >. Ceu.\-là au moins savaient bien que, { lorsqu'ils vinrent au monde, il n’y avait point I dans l'univers d'Église de leur croyance ; car ils ] en avaient été bien informés par les députés qu'ils j av.vient envoyés de tous côtés’. Cependant ils [ n'osaient dire quefeur aitembke telle qu'elle Hait , | petite ou grande , fiH la sainte figlise universelle ; | et ils disaient seulement qu'elle en était un membre | el une partie *. Mais enlln où étaient donc les autres | parties? Ils avaient parcouru tous les coins du j inonde sansen apprendre auoune nouvelle .‘étrange extrémité de n'oser dire qu'on soit l’Oise universelle, et d'oser encore moins dire qu’on trouve des frères et des compagnons de sa foi en quelque ] endroit que ce soit de funivers!

Quoi quil eu soit , voici les premiers qui sroiblent insinuer, dans une Confession de foi , que les vraies Églises chrétiennes peuvent être séparées les unes j des autres, puisqu'ils n’osent pas exclure de l'unité j catlnlique les Églises avec lesipielles ils savaient ; qu’ils n’avaient point de conimiinion ; ce que je prie qu'on remarque, parceqne cettcdoctrine sera enCn le dernier refuge des protestants, comme nous verrons dans b suite.

Kous avons vu sur TÉ-glise la Confession des luthériens; Éautre parti va paraître. Ij Confession de Strasbourg, présentée , coimne on a vu , à tarira V, en même temps que celle d'.Augsbourg. définit rÉglise, ■ la société de ceux qui se sont enrôlés

• dans la milice de Jésus-Christ, parmi lesquels

• il se méb beaueoup d’hypocrilest.» Il n’y a nul doute qu'une telle société ne soit visible ; qu’elle doive toujotirs durer en cet état de visibilité, b suite le fait paraître, pui^u'on ajoute ■> queJesus-

• Uirisl ne ralianlonne jamais; que ceux qui ne . l'écoulent pas doivent être tenus pour païens et

• pour publicains; qu'à la vérité on ne peut pas .voir par où elle est Église , c'est-à dire la foi,

. mais qu'db se fait voir par ses fruits, parmi Ics- . quels on onmple la confession de la vérité. .

I,e chapiire suivant explique que . l’É-glise . étant sur la terre dans la duir , Dieu veut aussi . l'instniirepar la parole extérieure , et faire garder . à scs fidèles une aociété extérieure par le moyeu

• des sacrements*. • Il y a donc nécessairement

* e4H. H, ibid. ’ Cl'dmut, fiv. X!, — • Ibid. —

• t'yftf. ftp. xf , df tetei. (»»«. I. pmL ^ 101.

— » 0»p. XII s

pasteurs et peuple , et TÉglIse ne peut subsister sans oe ministère.

La Confession de Bdle, eo 1536« dit que « ri^.gUw ■ catholique est te saint .is.semblage de tous les « saints; et qu'encore qu’elle ne soit connue que de

• Dieu, toutefois elle est vue, elle est connue, elle

• est construite par les rites extérieurs établis de

• Dieu (c’est-à-dire les sacrements), et par le publi-

• que et légitime prédication de sa parole ■ : • où l’on Toit manifestement que sont compris les ministres légitimement appelés, par lesquels on ajoute aussi que Dieu se • fait connaître à ses fidèles, et

• lettr administre la rémission de leurs pécbés. •* Dans une autre Confession de foi faite à Bâle en

t&32, « l’Église dirélienne est pareillement définie « la société des saints, dont tous ceux qui confes*

« sent Jésus-Christ sont cit(^’ens : » ainsi la profes* aion du christianisme y est essentielle.

Pendant <|ue nous parlons des Confessions het- Yétiqnes, celle de 1S66, qui est la grande et la so> lennelle , définit encore l’Église • qui a touj ours été ,

• qui est, et qui sera toujours rassemblée des fidè* « les et (les saints qui connaissent Dieu, et le ser-

• vent par la parole et le Saint-Esprit • II n’y a donc pas seulementlelienintérieur, qui est te Saint- Esprit; mais encore l’extérieur, qui est la parole et la prédication : c’est pourquoi on dit ensuite c|ue As tégUime et véritable prédication en est ta mar* que principale , à laquelle il fiiut ajouter tes sacre* inents comme il tes a institués K D’où l'on conclut que les Églises qui sontprivéesde ces marques,

• quoiqu'elles vantent U suecession de leurs évé- » qties , leur unité et leur ancienneté , sont éloignées « de la vraie Église de Jésus-Christ; et qu’il n’y a

• point de salut hors de FÉglise, non plus que hors « ^ l'arrlie : si l’on veut avoir la vie, il ne se faut

• point séparer de la vraie ÉgHscde Jésus-Christ 4. * Je demande qu’on remarque ces paroles, qui seront d'une grande conséquence quand il faudra venir aux dernières réponses des ministres : mats en attendant, remarquons ^u'on ne peut pas enseigner phLs clairement que l’Eglise est toujours visible , et qu’elle est nécessairement composée de pasteurs et de peuple , que le fait ici la Confession helrétique.

Mnis comme oa était contraint, selon ces idées, à trouver toujours une ÉgKse et un ministère où h vérité du clirislianisme se fût conservée , l’embarras n’etait pas petit, parce que, quoi qu’on pùt dire, on sentait bien qui! n’y avait ni grande ni petite Église com|H)sée de pasteurs et de peuple, ou Ton pdt montrer la fol qu’on voulait faire passer pour la seule vraiment chrétienne. On est donc contraint cTajouter « que, Dieu a eu des amis liors

• du peuple d’Israël , que durant la captivité (le Ba-

• bvUme, le peuple a été privé de sacrifice soixante « ans; que par un juste jugement de Dieu la vérité

I • de sa parole el de son culte, et la foi catholique,

• sont quelqiJtlbls tellement obscurcies qu’il semble « presque qu’ils soient éteints, et qu’il ne reste

» ibid. an. U, IS. - » Ctir- XVM, »l. -

!>. 53. - ' ibtd. p. ai.

DES VAHIATiüNS, LIV. XV,

• plus d'ÉgUse, comme ü est arrÎTé du temps d‘E- « lie , et en d’autres temps : de sorte qu'on peut « appeler l’Eglise invisible; non que les hommes « dont elle est composée le soient, niais parce qu’elle

• est souvent cachée à nos yeux, et que , connue de « Dieu seul, lie échappe à la vue des hommes. ■ Voilà le dogme de l'Eglise invisible aussi clairement établi que le dogme de l'Eglise visible l'avait été : c'est-à-dire que la réforme, frappée d’abord de la vraie idée de l'Eglise , la définit de manière que sa visibilité est de son essence ; mais qu'elle est

^jetée dans d’autres idées par l'impossibilité de trouver une Eglise toujours visible de sa croyance.

Que ce soit cet inévitable embarras qui ait jeté les Eglises calviniennes dans cette chimère d'Eglise invisible, on n'en pourra douter après avoir entendu M. Jurieu. • Ce qui a porté, dit-il' , quel- > ques docteurs réformés > ( il devait dire , ce quia porté des Eglises entières de la réforme dans leurs propres Confessions de foi) « à sejeter dans I’eub ab-

• BAS où Us se sont engagés, en niantque la visibi-

• litéde l'Eglise fiU perpétuelle; c'est qu’ils ont cru

• qu'en avouant que l’Egiise est toujours visible, « ils auraient eu peine à répondre à la question que

■ l’Eglise romaine nous fait si souvent : Où était « notre Eglise il y a cent cinquante ans.> Si l'Eglise

• est toujours visible, votre Eglise calvinienne et

■ luthérienne n’est pas la véritable Église ; car elle

• n'était pas visible. • C'est avouer nettement la cause de l’embarras où ces Eglises se sont engagées : lui qui prétend avoir raffiné n’en sortira pas mieux , comme on verra. Mais continuons à voir rembarras des Eglises mêmes.

La Confession belgique imite manifestement l'Iielvéüque, puisqu'elle dit « que l'Eglise catholique, ou

• universelle est l'assemblée de tous les fidèles; « qu’elle a été, qu'elle est et qu'elle sera étrrnelle- « ment , à cause que Jésus-Christ, son roi éteriu l , « ne peut pas être sans sujets ; encore que pour quel-

• que temps elle paraisse petite, BT coMsi F. éteinte « à la vue des hommes, comme du temps d'Adinh « et de ces sept mille qui n'avaient point fiéclii le « genou devant Baal *> ■

On ne laisse pas d’ajouter après « que l'Eglise

• est rassemblée des élus, hors de laquelle nul ne « peut être sauvé; qu'il n'est pas permis de s’en re- « tirer, ni de demeurer seul à part ; mais qu’il faut « s'unir à l’Eglise, et se soumettre à sa discipline; » qu'on la peut voir et connaître • par la pure prédi- « cation, la droite administration des sacrements ■ et une bonne discipline : « et c’est, dit-on, par

• là qu'on peut discerner certainement cette vraie « Église, dont il n’est pas permis de se séparer. »

Il semÛe donc d'un cêté qu’ils veulent dire qu'on la peut toujours bien connaître, puisqu’elle a de si daires marques; et qu'il n'est janrais permis de s'en séparer. Et d'autre part , si nous les pressons de nous montrer une Eglise de leur croyance , pour petite qu’elle soit , toujours visible, ils se nrèiKirent une échappatoire, en recourant à cette Eglise qui

* 5y*/. p. — * .ért. X7. Ibid. p. HO. — ^ Ibid. art. Î8. — • Ibid, art îB.

ne parait pas , encore qu'ils n'osent pas trancher le mot, ni assurer nlisolument qu'elle est éteinte, mais seulement qu’elle parait co/xfjie éteinte.

L’flglise anglicane (larleambigument. « L’Eglise

• visible, dit-elle < , est l'assemblée des fidèles , où

• la pure parole de Dieu est prêchée, et où les « sacrements sont administrés scion l'institution de « Jésus-Christ, «c'est-à-dire qu'elle est ainsi quand elle est visible; mais ce n'est pas dire qu'elle soit toujours visible. Ce qu'on ajoute n'est pas plus clair; « Comme l'Eglise de Jérusalem, relie d'Alexandrie

■ et «TAntioclie ont erré, rEglise romaine a aussi

■ erré dans la doctrine. • Savoir si en infectant ces grandes Eglises , qui étaient comme 1rs mères <■« toutes les autres, l'erreur a pu gagner partout, en sorte que la profession de la vérité fût éteinte par toute la terre : on a mieux aimé n’en dire mot que de s'exposer d'un côté à uii horrible inconvénient, en disant qu'il ne restât plus aucune l*à$liseoù la vérité fût confessée; ou de l'autre, en rei'onnaissant que cela ne se peut , être obligé de chercher ce qu'on sait ne point trouver, c'est-à-dire une Eglise dt sa croyance toujours subsistante.

Dans ta Confession d’f^cosse, l’Église caÛtoliqm est définie la société de tous tes élus : on dit qu'eUe est invisible et connue de Dieu seulement , qui seul connaît ses élus On ajoute que la vraie Eglise a pour marque (a prédication et les sacremenU ^ ; que partout où sont ces marques , quand il n'y iunit que deux ou trois hommes f là est l'fLglise de Jésus-Christ, au milieu de laquelle il est selon sa promesse: «ce qu'on entend, |>oursuit-on , non « de l'Eglise universelle dont on vient de parler, « mais de rEglise particulière d'Eplièse, deCorin- « the, et ainsi des autres, où le ministère avait él •• planté par saint Paul. • Chose étrange, de fair dire à Jésus-Christ que le ministère puisseétre où i n'yaquedeuxoutroisliominesi Mais il fallait bien en venir là; car de trouver une seule flglise de sa croyance, où il y eût un ministère réglé, comme à Ephèse ou à Corinthe, toujours subsistant , on en perdait l’espérance.

J'ai réservé la Confe.ssion des prétendus réformés (le France pour la dernière, non-seulement à cause de riiilérêt particulier que je dois premln* à ma patrie, mais enclore à cause que c'est eu France que les preteiulus reformés ont elierclié depuis très-longtemps avec le plus de soiu le déiioûment de cette difliculté.

Commencions par le Catccliisme, où dans le dimanche XV , sur cet article du Symbole : Je crois l'Église calhollque, on enseigne que ce nom lui est donné « pour signifier que comme il n'y a qu'un «• chef d«s fidèles, ainsi tous doivent être unis en « un corps; tellement qu'il n’y a pas plusieurs « Eglises, mais une seule, laquelle est épandue « partoutle monde. « (éminent l'é^gtise luthérienne ou calvinienne était épandue par tout te monde, lorsqu'à peine on la connaissait en quelque coin ; et comment on peut trouver en tout temps et dans

I Ibid- art. 19, p. VA. Ibid. art. It.dt Eu, p. 118.^ > Jri. 18, P 119.

tout le monde dea Églises de cette croyance : cV^t où était h diflicnlt<^. On l'a vue, et on In prévient dans le diinandie auiv«')nt , où , après avoir demandé si cette I^ollsese petU conriaUre autrement nuen ta croyant^ on répond ainsi : « Il y a bien l'Rglise « de Dieu visible, selon qu’il nous a donné des en- > seicnes pour la connaître; mais ici (c'est dans « le Symbole), il est parlé proprement de la corn-

• paguie de ceux que Dieu a élus pour les sauver, « laquelle ne sepeut pas pleinement voir à l'ccil. ■

On semble dire deux ciioses : la première, qu’il n’est point parié d'Épüse visible dans le Symbole des apôtres : la seconde, qu’au defaut d’une telle Église qu’on puisse montrer visiblement dans sa croyance, il siinira d’avoir son refuge à cette Église invisible yuon ne peut pas pleinement voir à l'œil. Mais la suite met un obstacle aux deux points de cette doctrine , puisqu'on y enseigne « que nul n’ob- •• tient pardon de ses péchés, que premièrement il

• ne soit incorporé au temple de Dieu, et perse- « vère en unité et communion avec le corps de « (’Jirist, et ainsi qu'il soit membre de l'Église : » d'où l’on conclut ()ue • Itors de l'Église il n'y a •• que damnation et mort; et que tous ceux qui se « séparent de la communion des fidèles, pour faire « secte à part , ne doivent espérer salut, cependant « (|u’ils sont en division. • Assurément faire secte aparté c’est rompre les liens extérieurs de fuiiité de l’Église : on suppose donc que l'Église , avec laquelle U faut être en communion pour avoir la rémission de ses péchés, a une double liaison, l’interne et l’externe, et toutes les deux sont nécessaires premièrement au salut , et ensuite à l'intelligence de l'article du Symbole touchant l'Église catholique; de sorte que cette Église, confessée dans le Symbole , est visible et reconnaissable dans , son extérieur : c’est pourquoi aussi on n'a osé dire i qu’on ne pouvait pas la voir, mais qu'on ne [Hiiivait 1 pas lavoir pleinement ^ c’est-à-diredaiis ce qu'elle

a d'intérieur : chose dont personne ne dispute.

Toutes ces idcis du Catéchisme étaient prises de Calvin , qui l'a composé : car en expliquant l’article. Je crois f ÊgtUe vathotique , il distingue l'Église visible d'avec l'invisible connue de Dieu seul , qui est la société de tous les élus ' ; et il semble vouloir dire que c'est de celle-là qu'il est parlé rians le Symbole : Encore, dit-il * , que cet article regarde en quelque façon l'Église externe, comnte si c'étaient deux Églises, et qu’au contraire ce ne lût pas un fait constant que la meme Église, qui est invisible dans ses dons intérieurs, se déclare par les sacren>enls et par la profession de sa foi. Mais c’est qu'on tremble toujours dans la réforme , lorsqu’il s’agit de reeonnaUrc la visibilité de l’Église,

On agit plus naturellenvcnt dans In Confession de foi ; et il a été démontré ailleurs^ qu'on n'y connaît d'autre Église que celle qui est visible. Le fait est demeure pour constant, comme on verra dans 4a suite. Aussi n'y avait-il rien qui pût être moins

' tnfUt. Ub. «V, r. I, M, 3. — • * w. 3. — * L'ot\f. avec

U. ttaude, h. i, intt.

disputé : car depuis l'arlicle xxv, où cette matière commence, jusqu'à l'article xixii, où elle finit, on suppose toujours constamment l'fCgIise visible ; et dès l’article xxv, on pose pour fondement que r Église ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner. C’est donc une chose absolument nécessaire ; et ceux qui s’opposent à cette doctrine sont détestes comme fantastiq\æs. D’où on conclut, dans l'article xxvi, que nul ne se doit retirer à part , et se contenter de sa personne ; de sorte qu'il est nécessaire d'étre lié extérieurement avec quelque Église : vérité inculquée partout, sans qu'il y paraisse un seul mot de fÉglise invisible.

Il faut pourtant remarquer que dans l’artiele XXVI , où il est dit qu'// n’est pas permis de se retlrer à part, ni de se contenter de sa personne, mais qu’// faut se ranger à quelque Eglise; un ajoute, et ce en quelque lieu où Dieu aura établi un vrai ordre (V Eglise . pbr où on lai.sse intléds si l’on entend qu’un tel ordre subsiste toujours.

Dans l'article xxvii, on avertit qu’il faut discerner arec soin quelle est la vraie ÉgKse ; paroles qui font bien voir qu’on la suppose visible ; et niirès avoir déculé que c’est ta compagnie ties trais fulèles , on ajoute que parmitesfutètes U y a des hypocrites et des réprouvés, dont la malice ne peut effacer te titre d'Église : où la visibilité de l'Église est de nouveau clairement supposée.

Par les principes qu’on établit en l’article xxvtii, l’Église romaine est excluse du titre de vraie Église ; puisqu’après avoir posé ce fondement, « que « là où la parole de Dieu n’est pas , et qu’on ne fait B nulle profession de s’assujettir à elle , où il n’y a « nul u.sage des sacrements, à parler proprement, « on ne peut juger qu’il y ait aucune Eglise : » on déclare que l'on « condamne les assemblées de la « papauté , vu que la pure vérité de Dieu en est a bannie, esqucllesles sacrements sont corrompus, • abûtarûis , falsiOés ou anéantis du tout, et es<|uel- B les toutes superstitions et idolâtries ont vogue ; • d’où l'on tire cette conséquence : • Nous tenons « dune que tous ceux qui se mêlent eu tels actes,

« et y coinnuiniqueat, se séparent et se retranchent « du corps de Jésus-Clirist. •

On ne peut pas décider plus clairement qu'il n’y a point de salut dans la communion romaine. Et ('e qu’on ajoute, qu’il y a encore parmi nous quelque trace d'Église , loin d'adoucir les expressions précédentes , les fortiüe ; puisque ce terme emporte plutôt un reste et un vestige d'une Église qui ait autrefois passé par là , qu'une marque qu'elle y soit. Calvin l'entendait ainsi, puisqu’il assurait que la doctrine essentielle au christianisme y éta'it entié^ rement oubliée*. Mais l’embarras de trouver la société où l’on pouvait servir Dieu avant la reforme, a fait éluder cet article de la manière que la suite nous fera paraître. i

Lamémernison a obligé d’éluder encore le xxxi% qui regarde la vocation des ministres. Quelque re-

• Ih*L tiv. IV, c. 2, M. 2.

DES VvUU.VriONS, LIV. XV.

battu qu’il ail ^ il eu faut encore parler nécessah rement ; et d'autant plus qu'il a donné lieu à d'insignes variations, même (le nos jours. Il commence par ces paroles : Aous croyons ( c’est un orticle de foi , par consé*quent révélé de Dieu , et révélé clairement dans son Écriture, selon les principes de la réforme), «oms croyons donc que nul ne se doit ingérer fteson autorité propre a gouverner l’ ICgllse: il est vrai, la chose est constante; mais que eda se doit faire par élection : celte partie de rarti<*le n'est pas moins assurée que l'autre. Il faut être choisi, député, autorisé par quelqu'un; autrement, on s’inKcre de soi-même et de son autorité propre : ce qu’on venait de défendre. Mais c'est ici l' embarras de la réforme : on ne savait qui avait choisi , député, autorisé les réformateurs; et il fallait bien trouver ici quelque couverture à un défaut si visible. C'est |K)urquoi , après avoir dit qu'il faut être élu et député en quelque forme que ce soit, et .sans rien spécifier, on ajoute, en tant qu'il est possible ^ et que Dieu le permet : où visiblement on prépare une exception en faveur des réformateurs. F.n effet, on dit aussitôt après: • T.aqiieilc exception nous A y ajoutons, notamment, pour ce qu'il a fallu « quelquefois, même de notre temps, auquel l'état « de l’Eglise était interrompu , que Dieu ait su.scité

• des gens d'une façon extraordinaire pour dresser •• l'Église de nouveau, qui était en ruine et désola. « tion. • On ne pouvait pas marquer en termes plus clairs ni plus généraux l’interruption du minislcre ordinaire établi de Dieu , ni la pousser plus loin , que d’être obligé d'avoir recours à la mission extraordinaire où Dieu envoie par lui-même, et donne aus.«i de.s preuves iwrliculières de sa volonté. Or un avoue fraiiehement qu’on n'a ici à produire ni pasteurs qui aient consacre, ni peuple qui ait pu élire; ce qui emportait nécessairement rentière extinction de l’f^lise dans sa visibilité : et il était ren)an]uable que, par l’interruption de la visibilité et du mmislère, on avouait simplement que l'Église était en r«ù/c, sans distinguer la visible d’avec l’invisible; pareequ’on élaitentré dans les idéessimples où nous mène naturellement l'Écriture, de ne reconnaître d'Églisc qui ne soit visible.

On aperijulà la fin cet inconvénient dans la réforme ; et en 1603, quarante-cinq ans après la Confession de foi , la difficulté fut proposée en ces termes au synode national de Gap : - Les provins

• ces sont exhortées à peser aux synodes provin- •• ciaux en quels termes l'article xxv de la ConfeS'

« sioii de foi doit être couché; d'autant qu'ayant à « exprimer ce que nous croyons toucli.int l'Église

• catholique , dont il est fait mention au Symbole ,

« il n'y a rien en ladite Confession qui se puisse « prendre que pour l'Église militante et visible. » On ajoute un ordre général : « Que tous viennent

• préparés sur les matières de l'Église •

C’est donc un fait bien avoué , que lorsqu'il s’agit d'expliquer la doctrine de l'Église, article si essentiel «Il christianisme, qu'il a même été énoncé dans le Symbole, l'idée d'Église invisible ne vint pas

• SÿH. de tiap. (hap. de Ut O-d de/ui.

seulement dans l’esprit anx réformateurs; tant elle était éloignée du bon sens et peu natureüe. On s’avise pourtant dans la suite qu'on en a l>esoin , parce qu'on ne peut trouver d'Église qui ait toujours visiblement persisté dans la croyance qu’on professe; et on cherche le remède à celte omission. Mais que dire? que l'Église pouvait être entièrement invisible? C'était introduire dans la Confession de foi un songe si éloigné du bon sens, qu'il n'était pas seulement venu dans la pen.xée de ceux qui la dressèrent. On résolut donc à la fin de la laisser en son entier; et quatre ans après, en 1607, dans le synode national de La Rochelle, après qu« toutes les provinces eurent bien examiné ce qui manquait à la Confession de foi, ou conclut de ne rien ajouter ou dim inuer auæ articles x x v e/ x x i x ' , qui étaient ceux où la visibilité de l’Église était la mieux exprimée, et de ne toucher de nonceau à la matière de t Église,

M. Claude était le plus subtil de tous les hommes à éluder les décisions de son Église lorsqu’elles l’incommodaient : mais à cette fois il se moque trop visiblement; car il voudrait nous faire accroire que toute la difficulté que le synode de Gap trouvait dans In Confes.sion de foi, c’est qu'il efit souhaité qu’au lieu de marquer seulement lapartiemilitante et risible de l’Église universelle, on eût aussi marqué ses parties inrisibles, qui sont l'Eglise triomphante , et celle qui est encore à venir *. N’élail-ee pas là en effet une question bien importante et bien difficile, pour la faire agiter dans tous les svnodrs et dans toutes les provinces, afin de la décider nu prochain synode national ?S’élait-on seulement jamais avisé d’émouvoir une question si frivole.» Et pour croire qu’on .s'en mit en peine, ne faudrait-il pas avoir oublié tout l’état des controverses deptiis le commencementde)aréformeprétendue?MaisM. Claude ne voulait pas avouer que l’embarras au .synode était de ne trouver pas dans la Confession de loi l’Église invisible, pendant que son confrère M. Jurieu, en cela de meilleure foi, demeure d'accord qu’on croyait en avoir besoin dans le parti ^ , pour répondre à la demande où était l'Eglise.

I.e même synode de Gap fit une importante décision sur l'article xxxi de la Confession de foi, qui parlait de la vocation extraordinaire des pasteurs; car la question étant proposée, « .SU était

• expédient, lorsqu'on traiterait de ta vm'ation des « pasteurs qui ont réformé l'Église, de fonder Tau- « torité qu'ils ont eue de la réformer et d'ensei-

• giier, sur la vocation qu'ils avaient tirée de l’É- « glise romaine; » la compagnie jugea <• qu'il la

• faut simplement rapporter, selon l'article, à la " vocation extraordinaire par laquelle Dieu les a « poussés intérieurement à ce ministère, et non « pas à ce peu qu’il leur restait de cette vocation « ordinaire corrompue. « Telle fut la décision du synode de Gap; mais , comme nou.s l'avons déjà remarqué souvent, on ne dit jamais bien la première fois dans la réforme. Au lieu qu'elle ordonne ici

* Syn. de La R>Kh. ICO?. » ^ Rep. au dise, de M. de Cottd,

p. U3y. — ^ U-do»U», lit. XV.

HISTOIRK

qu*on aura recoun simptement à Ut vocation extraordinaire , le ayuode de la Rochelle dit qu'on y aura recours principaJement. Mais on ne tiendra non plus i l'explication du synode de la Rochelle qu'à la détermination du synode de Gap; et tout le sens de l'article, si soigneusement expliqué par deux synodes , sera changé par deux ministres.

Les ministres Claude et Jurieu n'ont plus voulu delà vocation extraordinaire, où Dieu envoie par lui-inéme : ni la Confession de foi , ni les synodes ne les étonnent; car comme au fond on ne se soucie dans la réforme ni de Confession defoinidesynodr, et qu’on n'y répond que pour la forme, on se contente aussi des moindres évasions. M. Claude n’en manqua jamais. « Autre diose , dit-il ', est le droit

• d'enseigner et de faire les fonctions de pasteur,

• autre est le droit de travailler a la réformation. > Quant au dernier, la vocation était extraordinaire, à cause des dons extraordinaires dont furent ornés les réformateurs > ; mais il n'y eut rien d'extraordinaire quant à la vocation au ministère de pasteur, puisque ces premiers pasteurs étaient établis par le peuple, dans lequel réside naturellementla source de l'autorité et de la vocation ’.

On ne pouvait plus grossièrement éluder l'article XXXI ; car il est clair qu’il ne s'y agit en aucune sorte ni du travail extraordinaire de la réforme, ni des rares qualités des réformateurs, mais simplement de la vocation pour gouverner l'ÉgUte, i laquelle il n’éuit pas permis de t'ingérer de toimime. Or c’était a cet égard qu'on avait recours à la vocation extraordinaire : par conséquent c'était à l'égard des fonctions pastorales.

Le synode ne s'explique pas moins clairement; car sans songer seulement à distinguer le pouvoir derf/ormer et celui d’cnseijuer, qui en effet étaient si unit , puisque le même pouvoir qui autorise à enseigner autorise aussi à réformer les abus : la question fut si le pouvoir, Unt de réjorntcr que celui i’enteigner, doit être fondé ou sur la vocation tirée de l'Église romaine , ou sur une commission extraordinaire iniinédiateraeut émanée de Dieu; et on conclut pour la dernière.

Mais il n'y avait plus moyen de la soutenir, puisqu'on n'en avait aucune marque, et que deux synodes n'avaient pu trouver autre chose , |K>ur autoriser ces pasteurs extraordinairement envoyés, sinon qu'ils se disaient pouttét inlérieurement à leur mimittére. Les chefs des anabaptistes et des unitaires en disaient autant; et il n'y a point de plus ndr moyen pour introduire tous les fanatiques dans la charge de pasteur.

Voilà un beau champ ouvert aux catholiques : aussi ont-ils tellement pressé les arguments de l'Église et du ministère, que le désordre s'est rnis dans le camp ennemi , et que le ministre Claude , après avoir poussé la subtilité plus loin qu'on n'avait jaluaia fait, n'a pu conlenter le ministre Jurieu. Ce qu'ils ont dit l'un et l'autre sur cette matière, les pas qu'ils ont faits vers la vérité, les absurdités où

firj. rfr H'J. I- /«r/. ch. 4 , et //'. ptfrt. ck. 4. — * Rcp. é y. tic Cimti. p. 3l3,»3)v • * Ibfii. p. MH, 313-

ils sont tombés pour n’avoîr pas assez niivi leur principe, ont mis la question de l'Église dans un état que je ne puis dissimuler, sans omettre un des endroits des plus essentiels de oette histoire.

Ces deux ministres supposent que l’Église est visible et toujours visible ; et ce n'est pas en cet endroit qu'ils se partagenL Afin qu'on ne doute pas que M. Claude n’ait persisté dans ce sentiment jusqu'à la fin, je produirai le dernier écrit qu'il a fait sur oeUe matière'. Il y enseigne que la question entre les catholiques et les protestants n'est pas si l’Église est visible; qu'on ne nie pas dans sa religion que la vraie Église de Jésus-Christ, celle que ses promesses regardent, ne le soit* : U décide trèsclairement que le passage de saint Paul, où l’Église est représentée comme étant sans taclie et sans ride, ne regarde pas seulemmt C Église qui est dans le ciel, nuis encore l’Église tisible qui est sur la terre ; ainsi que C Église tisüile et le corps de Jésus-Christ, ou , ce qui revient a la même chose, « que le corps de Jésus-Christ , qui est la vraie - Église, est visible : que c'est là le sentimeut de « Calvin et de Mestresat, et qu’il ne faut pas cher- « cher l'Église de Dieu hors de l'état visible du uii- « uistère de la parole. •

C'est confesser très-clairement qu'elle ne peut être sons sa visibilité et sons la perpétuiu* de son ministère : aussi l’auteur l'a-t-i) reconnu en plusieurs endroits, et en particulier en expliquant ces paroles ^ : Ijes portes (Tetiferne précaudront futitd tontre eüe^\ où il parle ainsi : « Si l’on entend dans « ces paroles une subsistance perpétuelle du miiiis- « tère dans un état sunisant pour le .salut des élus « de Dieu , malgré tous les efforts de l'enfer, et

• malgré les désordres et les confusions des minis- « très mêmes; c'est ce que je reconnais aussi que

• Jésus-Christ a promis, et c'est en cela que nous

• avons une marque sensible et palpable de sa pro- « messe. »

Ainsi la perpétuité du ministère n'est pas une cliosequi arrive par hasard à l'Église, ou qui lui convienne pour un temps : c'est une chose qui lui est promise par Jésus-Christ même; et il est aussi assuré que l'Église ne sera point sans un ministère visible , qu'il est assuré que Jésus-Clirist est la vérité éternelle.

Ce ministre passe encore plus avant ; et en expliquant la promesse de Jésus-Christ, Allez, baptisez, enseignez; et je suis avec vous jusqu’à la fn des siècles, il approuve ce commentaire qu’on en avait fait: Qveevous enseignant, arec cous baptisant^ \ ce qu’il finit en disant : « Je reconnais que Jésus- « Christ promet à l’flglise d'étre avec elle, et d'eii-

• seigner avec elle sa:cs inTESBUPTiO!* jusqu'à la « fin du inonde^. • Aveu d’où je conclurai en son temps l'infaillibilité de !a doctrine de l'Église avec laquelle Jésus-Christ enseigne toujours ; mais je in'en sers seulement ici pour établir, par ses Écri-

’ Rép. rt» tfite. de .V. de Cand. p. 73, — • Ibid, p S3, sa et suit. •- ^ /6»rf. p. Ui6. — 4 Matth. xv|, IS. — * fo»/. èirrtf .M. CUtude, n. 1. - * Hép. au dite, de M. de. Cond. p. KM,

un.

DES VARIATIO!SS, LIV. XV

turcs et par ICS promesses, du consentement du ministre, la visible perpétuité du ministère ecclésiastique.

De là vient aussi qu’il définit ainsi rÉglise : • L’Ë-

• glise, dit-il •, est les vrais fidèles qui font pro-

• fession de la vérité, de la piété chrétienne, et « d'une véritable sainteté , sons un ministère qui lui

• fournit les aliments nécessaires pour la vie spiri-

• tuelle, tant lui en soustraire aucun. > Où l'on voit la profession de la vérité et la perpétuité du ministère visible entrer manifestement dans la définition de l'Église ; d'où il s'ensuit clairement qu'autant qu’il est assuré que l'Église sera toujours, autant est-il assuré qu'elle sera toujours visible; puisque la visibilité est de son essence, et qu’elle entre dans sa définition.

Si on demande au ministre comment il entend que l’Église soit toujours visible, puisqu'il veut que ce soit l'assemblée des vrais fidèles qui ne sont connus que de Dieu, et que la profession de la vérité, qui pourrait la faire connaître , lui est comniune avec les méchanU et les hypocrites aussi bien c|ue le ministère extérieur et visiMe : il répond que c'est assez, pour rendre v'isible rassemblée des fidèles, qu’on puisse montrer au doigt le lieu où elle est, e'est-àiire te corps où elle est noiorte ’ , et le ministère visible sous lequel elle est nécessairement renfermée; ce qui fait qu’on en peut venir jusqu’à dire. Elle est là, comme on dit, en voyant le champ où est le bon grain avec l’ivraie. Le bon grain est là; et en voyant le rets où sont les bons poissons avec les mauvais, Cest là que sont les bons poissons .

Mais quel était ce ministère public et visible sous lequel étaient renfermés, avant la réformation, les vrais fidèles, qu'on veut être seuls la vraie Église . c'était la grande question. On ne voyait dans tout l'univers de ministère qui eût perpétuellement duré que celui de l'Église romaine, ou des autres dont la doctrine n'était pas plus avanUgeuse à la réforme. Il a donc bien fallu avouer enfin que • ce corps où « les vrais fidèles étaient nourris , et ce ministère

• o<i ils recevaient les aliments suffisants sans sous-

• traction d’aucun >, • était le corps de l’Église romaine, et le ministère de ses prélaU.

Il faut ici louer ce ministre d'avoir vu plus clair que plusieurs autres , et de n’avoir pas comme eux restreint l'Église aux sociétés séparées de Rome, comme èuient les vaudois et les albigeois, les vicléStes et les liussites ; car encore qu'il les regarde comme la plus iUnstre partie de [Église, parce qu'elles en étaient la plus pure, la plus éclairée et ta plus généreuse t , il a bien vu qu'il éuit ridicule de mettre là toute la défense de sa cause ; et dans son dernier ouvrage ‘ , sans s'arrêter à ces sectes obscures dont maintenant on a vu le faible, il ne marque la vraie Église et les vrais fidèles que dans le ministère latin.

Mais c'est là qu'est l'embarras d'où on ne sort

> Kp.uuàuc.ds Coiid.p. ne.— '/>. te, es, ns, isi.ne, ett. -• P, ISO, etc. us, etc. 3Ui, rte. bSD,elc ata, S7H. -. • t>e/. de la Ktf. III. part, eh. s.p. SSe. — ‘ Krp. au dise.de é€ Coud.

{loint ; car tes catholiques en reviennent h leur an> cienne demande : Si In vraie fagliso est toujours visible; si la marque pour la reconnaître, selon tous vos Catéchismes et toutes vos Confessions de foi , est la pure prédication de n^avanpleet la droite administration des sacrements ; ou rÉglise romaine avait ces deux marques , et en vain la venez>vous réformer : ou elle ne les avait pas , et vous ne pouvez plus dire, selon vos principes, qu'elle est le corps où est renfermée la vraie Eglise. Car au contraire Calvin avait dit que la doctrine essentieUe au christianisme y était ensevelie, et qu'ei/e n'était pius qu’une école cTidolâtrie et d'impiété*. Son sentiment avait passé dans la Confession de foi, où nous avons vu * • que ta pure vérité de Dieu « était bannie de cette Église; que les sacrements « y étaient corrompus, falsifiés et abâtardis; que « toute superstition et idolâtrie y avaient la vogue. • D*oi2 on concluait que « TÊglise était en mine et > désolation, Pétât du ministère interrompu, • et sa succession tellement anéantie, qu'on ne pouvait plus la ressusciter que |>ar une mission extraordinaire. Kl en effet, si la Justice imputée était le fondement du christianisme, si le mérite des cruvres et tant d'autres doctrines re<;ues étaient mortelles à la pieté, si les deux espèces étaient essentielles h Peucharistie, où étaient la vérité et les sacrements ? Calvin et la Confession avaient raison de dire, selon ces principes , qu’il ne restait plus là aucune Église.

D’autre côté, on ne peut pas dire ni que PÉglise ait cessé, ni qu'elle ait cessé d'étre visible : les promesses de Jésus-Christ sont trop claires; et il faut bien trouver moyen de les concilier avec la doctrine de la réforme. C’est là qu'est née la dis* tinction des additions et des soustractions ; si vous ôtez par soustraction quelques vérités fondamentales, le ministère n'est plus : si vous mettez sur ces fondements de mauvaises doctrines, quand même elles détruiraient ce fondement par conséquence, le ministère subsiste, impur à la vérité, mais suflisant ; et par le discernement que les fidèles feront du fondement, qui est Jésus-Christ, d’avec ce qui a été surajouté , ils trouveront dans le ministère tous les aliments nécessaires Voilà donc à quoi aboutit cette pureté de doctrine, et ces sacrements droitement administrés , qu'on avait mis comme les marques de la vraie Église. Sans avoir ni prédication qu'on puisse approuver, ni culte où Pon puisse prendre part, ni Peucharistie en son entier , on aura tous les aliments nécessaires sans soustraction d’aucun ; on aura la pureté de la parole et les sacrements bien administres ; qu*est*ce que se contredire , si cela ne l'est ?

Mais voici un autre inconvénient. St avec toutes ces doctrines , toutes ces pratiques , et tous ces cultes de Rome , avec l'adoration et avec Poblation du corps du Sauveur , avec la soustraction d’une dn espèces, et toutes les autres doctrines, on y a

» /n«/i7. tib. )v, c. 3 , n. 1. CI'iImm», ttv. ix. — » Jbid. — i 8ép. de .V, et. 0M diic. de Bt. de MesMU,p. 138, 148, 148» 347,^^!, etc.

tes

rncore toiu tes aliments nécessaires sans sotis^ traction dauam , à rauso <|u'on y confesse un seul J)ieu , Père , Fils et Saint-Ksprit , et un seul Jésus* Christ comme Dieu et comme Sauveur; ou les y a donc encore : on y a encore les marques de vraie Église, cVst-à-dire la pureté de la doctrine, et la droite administration des sacrements jusqu’à uu dei’ré siinisanl; la vraie F^lise y est donc encore, et on y |K*ut encore faire son salut.

M. Cluikle nVn est pas voulu demeurer d’accord : les conséqueiKH« d'un si }?r:md aveu l’ont fait trembler pour la réforme. Mais M. Jurnni a franchi le pas, et il a vu que les différences qu’avait apportées M. Claude entre nos pères et nous étaient trop vaines pour s’y arrêter.

En effet , on ii’eii rapporte que deux : la première est qu’à prirent il y a uu corps dont on p«‘ut embrasser la communion ; et c’est le corps des prétendus réformés : la s»«conde est que l’Eglise romaine a pass4* en articles de foi beaucoup de dogmes qui n’étaient pas décidés du temps de nos pères

Mais il n’y a rien de plus vain; et, pour cenv.iincre le ministre Claude, il n’y a qu’à se souvenir de ce que le ministre Claude vient de nous dire. Il nous a dit qtie les bérengariens, les raudois , ! les aOtigcoiSy les cic/éfiteSf les hussUes, etc,, avaient déjà paru au inonde comme • la plus illustre partie ' « de l'Eglise, |>arce qu'ils étaient la plus pure, la • plus éclairée, la plus généreuse*. » H n’y a, encore un coup, qu'à se souvenir que, selon lui, « l'Eglise > romaine avait déjà donné de suffisants sujets de se « retirer de sa comimmiun par les anatlièiiie.s contre « Bérenger, contre les vaudoiset les albigeois, con- « tre Jean Viclef et Jean Hus, et par les persécu- « lions qu'elle leur avait faites ^ ■ Et néanmoins il avoue dons tous ces endroits qu'il n'cLail point nécessaire de s’unir avec ces sectes pour être sauvé, et queUomeconlenait encore les élus de Dieu.

De dire que les luUiériens et les calvinistes ont tHi plus d’écbt, il n’y va que du plus et du moins, et la substance au fond demeure la même. Les décisions qu’on avait faites contre ces sectes com- |>renaient la principale partie de ce qu’on a depuis décidé contre Lullier et Calvin; et sans parler des décisions, la pratique universelle et constante d'offrir le sacrifice de la messe , et de faire de celle oblation la partie la plus essentielle du culte divin, n’était pas nouvelle; et il n'était pas possible de demeurer dans l’Eglise sans consentir à ce culte. On avait donc, avec ce culte et loiiles ses dépendances, tous les aliments nécessaires sans soustraction d'aucun : on les put donc avoir encore. M. Claude n’a pu le nier sans une illusion trop grossière ; et l'aveu qu’en a fait depuis M. Jurieu était forcé.

. Joignons à cela que M. Claude, qui nous fait la différence si grande entre les temps qui ont précédé et ceux qui ont suivi la reformation , sous pré-

‘ Dff. itr la Rrf, p. 20S. Hfp. au dise, dt ,V. de Cond. p. 3t>H. jzo, rte. — * /><■/. de la Hef. III. pari. eh. &, p. 'J3ÿ9. — * ttfp. «IM dise, de M- de Cuiid. p. 30»,

texte qu’on a depuis pnnni nous passé en dogme de foidesnrliclesindm.saiiparuvanl,alui-nH*ine détruit cette réponse, en disant, qu'il n’etait « pas plus * malaisé au pupte de s’abstenir de croire et de pra- « tiquer ce qui avait cté passé en dogme, que de « s’abstenir de croire et de pratiquer ce que le iniiiis- « tère enseignait, ce qu'il (Himmandait, et qui s'etait « rendu commun* ; • de sorte que ce grand mot de p.sser en dogme, dont il fait un épouvantail à son {larti, dans le fond n'est rien selon lui-inémc.

Act'S incouvenients de la doctrine de .M. Claude je joins encore une fausseté palpable, à laquelle il a été obligé par son Hyslcnie. C'est de dire que les vrais fidèles, qu’il reemmait dans l’Eglise romaine avant la réformation , y ont subsisté sans communiquer ni aux dogniesy ni aux pratiques corrompues qui y étaient'^ c’est-à-dire sans assister à la mess<', sans se confesser, sans communier ni à la vie ni à la mort ; en iin mot, sans jamais faire aucun acte de catholique romain.

On a cent fois représenté que ce serait Ici un nouveau prodige : car, sans parler du soin qu'on avait dans toute l'Eglise de rechercher les vaudois et les albigeois, les viclefites et les hussites; il est certain prc^micremeiit que ceux meme dont la doctrine n'ciait pas suspirte étaient obligé.» en cent occasions de donner des marques de leur croyance, et particulièrement lorsqu'on leur donnait le saint viatique. Il n'y a qu’à voir tous les Uîtuels qui ont précMé les temps de lailher, pour y voir le soin qii'on avait de faire confesser nujiaravant ceux à qui on rndministrail , de leur y faire reconnaître , en le leur donnant, la vérité du corps de notre Seigneur, et de le leur faire adorer avec un profond respect. De là résulte un second fait incontestable : c’est qu’en effet les vandois cachés, et 1rs autres qui voulaient se dérober aux censures de l'Eglise, n'avaient point d'autres moyens de le faire qu’en pratiquant le même culte que les callioliqucs , ju.squ’à recevoir avec eux la communion : c'est ce qu’on a démontré avec la dernière évidence, et pr tous les genres de preuves qu’on put avoir en cette matière^. Mois il y a un troisième fait plus constant encore, puisqu’il est avoué par les ministres : c’est que, de tous ceux qui ont embrassé le luthéranisme ou le calvinisme, il ne s’en est pas trouvé un seul qui ail dit, en les embrassant, qu’il ne changeait point de croyance , et qu'il ne faisait que déclarer ce qu'il avait toujours cru dans son cœur.

Sur ce fait bien articulé*, M. Claude s’est contenté do répliquer fièrement : * M. de Meaux s’i- « maginc-t-il que les disciples de T.uther et de « Zuinglc dussent faire des déclarations formel- * les de tout ce qu’ils avaient pensé avant la ré- « formation, et qu'on dtU insérer ces déclarations « dans les livres & ? •

(rét.iil trop grossièrement cl trop faiblenvenl esquiver : car je ne préteiidi'iis pas qu’on dût ni

• Hr'p. au dise, de jV. de Coad. p. S.S7. — * P. 3«n, Ml. eie. ete. — î liv. M. — * Rrfiex. sur u»i eerii dt

y/. apres la owe ce miniUri'y N. \iii. — ‘

ftep. au dise- de \J. de tond.

Dh:s VAUUTIOlNS, UV. XV.

tOlU d<^clarrr ni loul émit*; tnais on n’aiirail jamais manqué irècrire cc (jui Uéi-idait une des parties des ptus essentielles de tout le procès» c'est-à-dire la question si avant Lutlier et Zuin^le U y avait quelqu'un de leur croyance, ou si elle était absolument Inconnue. Celte question était décisive; {tarée que jtersonne ne pouvant {>enser que la vérité | edi été eleiüte » il s'ensuivait clairement que toute dtM’trine qu'on ne trouvait plus sur la terre n'était |)as la vérité. I^s exemples tranchaient tout le doute en cette ninlière; et si l'on en edt eu, il est clair qu'on les aurait rendus publics : mais on n'en a produit aucun , c'est donc qu'il n'y en avait point; et le fait doit demeurer pour constant.

Tout ce qu'on a pu répondre» c’est que si l’on eûl été content des diKtrinea et des cuitet romains’^ la réforme n’aurait pas eu un si [irompt smvès. Mais sans ici répéter sur cc succès ce qu’on peut trouver ailleurs, et même partout dans cette histoire » c'est assc7. de se souvenir de ce que dit saint Paul » que le discours des hérctiqves gagne comme lagangréne* : or la gan;irènene suppose pas la gangrène dans un corps qu'elle corrompt ; ni |>arconséquent les Wrésiarques ne trouvent pas leur erreur déjà établie dans les esprits qu’elle gdte. H est vrai que /es matières étaient disposées, comme le dit M. Claude ^ par l'iu nornnccet les autres causes qu'on a vues, la plupart jieu avantageuses à la réforme : mais conclure de là avec ce ministre que les disciple.sque la no^l^'eauté donnait à lailher pensassent déjà comme lui , c'est au lieu d'un fait positif, dont ou demande la preuve, substituer mie conséqueme non-seulement douteuse, mais encore évidemment fausse.

Il y a plus : quand on aurait accortlc à M. Claude qu'avant la réforination tout le nronde dormait dans l’Kglise romaine, jusqu'à laisser faire à diacun tout ce qu’il voulait : ceux qui n'assislaieiU ni à la messe ni à la communion , n'allaient jamais à confesse» et n’avalent aucune {larl aux sacrements» ni à la vie ni à la mort» vivaient et mouraient parfaitement en repos : on ne savait ce que c’était de demander à de telles gens la confession de leur foi , et la ré- {larationduscandalequ’ils donnaient à leurs frères : après tout, que gagne-i-ou en avançant de tels prodiges ? dessein est de prouver qu’on pouvait faire son salut en demeurant de bonne foi dans la communion de l'Kglise romaine. Pour le prouver, la premiérechoso qu’on fait» c’est d’ôler à ceux qu’on sauve tous les liens extérieurs de la coniimmion.

plus essentielle partie du service était la messe ; il n’y fallait prendre aucune part. Le signe le plus manifeste de la communion était la coinmuninn {lascale, il s’en fallait abstenir : autrement, il aurait fallu adorer Jwus-Christ comme présent, et communier sous une espèce. Toutes les prédications retentissaient de ce culte, de cette communion , et enfin des autres doctrines qu’on veut croire si corrompues. Il se fallait bien garder de donner aucune marijue d’approbation : par ce moyen , dit

’ H'p. ftH dit*", de V. df Coud. p. 3«J « f‘t fxffrr post.

ir W. di V'-.iux. - * U. Tintvih, II, 17. — * Vbi $»prn.

M. Claude, on sera sauvé sans la eommiimon de l'Église. Il faudrait plutôt conclure que par ce moyen on sera sauvé dans la communion de l'r^lise , puis/(u'en effet par ce moyen on aura rompu tous les liens de la communion; car enfin qu'on me dé.linisse ce <{ue c'est que d'étre en comiiiunion avec une église. F.st-ce demeurer dans le pays où cette Église est reconnue, comme les protestants étaient parmi nous, ou comme le.s catholiques sont en Angleterre et en Hollande.’ Ce n'est {ins cela sans doute : mais peut-être ijue ce sera entrer dans les temples, entendre les prêches, et se trouver dans les assemblées san.s aucune marque d’approbation , et à peu près dans le même esprit qu’un voyageur curieux» sans dire amen sur ta prière, et surtout I sanscomnmnier jamais? Vou.s vous moquex, répon- ^ drz-vous. Kiifin donc communier avec une Église, j c'est du moins en fré(jucnler les assemblées avec I les marques de (consentement cl d'approbation qu'y 1 donnent les autres. Donner ces marques à une j Église dont la profes.sion de foi est crimimdle» c'est I donner son consentement au crime : et les refuser, ; ce n'est jiliis être dans celte communion extérieure ^ où néajunoins vous voulez qii’oii soit.

Que si vous dites qn'ou donnera des marques d'approbation qui tomberont seulement sur les vérités qu'on aura prêibées dans celte Église, et sur le bien qu’on y aura fait , on pourrait être par ce moyen en comiminioii avec les sociniens, avec les deisles» s’ils pouvaient faire une société; avec les mabomélans, avec les juifs, en re<*evaut ce que chacun dira de véritable, en ne disant mot sur tout le reste, ut vivant au surplus eu bon sueinien et en bon déiste : quel égarement est pareil à cette pensée?

Voilà l'état où M. Claude a laissé la controverse de l'Église : faible état, comme on voit , et visiblement insoutenable. Aussi ne s’y fie-l-il pas; et quelque misérable que soit le refuge d'Église invisible, il ne le veut pas uter à son parti ; puisqu'il suppose que Dieu peut faire entièrement disparaître son Kglise aux yeux des hommes ‘ : et quand il dit qu'il le peut, ce n’est pas dire qu'il le peut absolument, et qu'il n'y a point là de contradiction ; car ce n'est pas de quoi il s’agit, et on ne songe pas seulement ici à CCS abstractions métaphysiques : c’est-à-dire qu'il le peut dans l'hypoihcse et selon le plan du christianisme. C’est en ce sens que M. Claude décide que « Dieu peut, quand U lui plaira, réduire

■ les fideles à une entière disjiersion extérieure, et

■ les conserver dans cc misérable état , et qu’il y a « grande différence entre dire que l'Église cesse • d'être visible, et dire qu'elle cesse d'être. » Après avoir cent fois ré|>élé qu’on ne conteste pas avec nous sur la visibilité de l’Église; après avoir fait entrer danssa définition lavisibilité deson ministère et en avoir établi la perpétuité sur ces promesses de Jésus-Cbrisl, Je suis arec rons et les fwr/es d'enfer ne prévaudront pas * : dire ce qu on vient d'entendre, c’est oublier sa propre doctrine, et

» Dcf.dfra Biifortcf, p. tirp.nndhe, deW.dé

foHd. p. 89 . , »17. - * P<fÿ 6H *»iv.

Digitizeu uy -

„0 HISTOinE

anéantir des promesse* plus durables que le ciel les , c ctail une nécessité de reconnaître une même

et la terre. Mais c‘est aussi qu’après avoir fait f^^lise dans des communions difréreiites. I^s lu-

tous ses efforts pour les accorder avec la réforme, ihériens étaient fort éloignés de ce sentiment; mai* et soutenir la doctrine de rteituresurla visibilité. Calixte, le plus célèbre et le plus savant d'entre

il fallait se laisser un dernier recours dans une eux. lui a donné de nosjours la vogue en Allemagne ;

église invisible , pour s’en servir dans le besoin. et il met dans la communion de l’Église universelle question était en cet état lorsque M. Jurieu toutes les sectes qui ont conservé le fondement, a mis au jour son nouveau système de l’Église. Il sans en exwpler l’Église romaine*. Il y a près de ii’y eut pas moyen de soutenir la différence que son trente ans que d llutsseau , ministre de Saumur . confrère avait voulu mettre entre nos pères et nous, poussa bien avant la conséquence de celle doctrine, ni de sauver les uns en damnant les autres. Il Ce ministre , déjà célèbre dans son parti pour en n’était pas moins ridicule, en faisant naître à Dieu avoir publié la discipline ecclésiastique conférée des élus dans la communion de l’Église romaine , avec les décrets des synode* nationaux, flt beaucoup de dire que ces élus de sa communion fussent ceux plus parler de lui par le plan de réunion des chréqui ne prenaient aucune part ni à sa doctrine « ni à tiens de toutes les sectes, qu'il proposa en 1670; et son culte, ni à ses sacrements. M. Jurieu a senti que M. Jurieu nous apprend qu’il eut beaucoup de parées prétendus élus ne pouvaient être que des hypo- tisans . malgré la condamnation solennelle qu’on fit critesou des impies ; et il a enfin ouvert la porte de ses livres et de sa personne*. Depuis peu M. Pa< du ciel, quoique avec beaucoup de difficulté . a Jon, fameux ministre d’Orléans, dans sa Réponse ceux qui vivaient dans la communion de l'Église à la I>eltre pastorale du clergé de France, ne crut romaine*. Mais, afin qu’elle ne pdt pas se glori- pa8pouvoirsoutenirridéederÉglise.queM.CIaude fier de cet avontage , il l'a communiqué en même avait défendue : la catboiicité . ou runiversalité de temps aux autres Églises partout où est répandu l’Église, lui parut plus vaste que ne la faisait son le cliristianisme. quelque divisées qu’elles soient confrère; et M. Jurieu avertit M. Nicole^. « que entre elles, et encore qu'elles s’excommunient jmpi- * quand il aurait répondu au livre de M. Claude, il toyablement les unes les autres. « n’aurait rien, fait s’il ne répondait au livre de

Il a poussé si loin CA'tte opinion, qu’il n’a pas * M. Pajon; puisque ces messieurs ayant pris des craint d’appeler l'opinion contraire inhumaine, • routes toutes difTérentes, on ne les saurait payer cruelle . barbare . en un mot une opinion de bour^ ■ d’une seule et même réponse. » reau , qui se plaît à damner le monde , et la plus division de la réfonne, poussée à bout

tyrannique qui fut jamais. II ne veut pas qu’un sur la question de l’Église. M. Jurieu a pris le parti (^rétlen vraiment charitable puisse avoir une autre de M. Pajon ; et, sans s’elTrayer de la séparationdta pensée que celle qui met les élus dans toutes les Églises, il décide^ que •> toutes les .socicléis chrécommunions où Jésus-Christ est connu ; et il nous * tiennes qui conviennent en quelque dogmes . en que ti on n a pas encore appuyé beaucoup * cela même qu'elles conviennent, sont unies au fà-dessar parmi les siens, ç’a été l'effet d’une po/i' «corps de l'Église chrétienne, fussent-elles en tique qu’il n'approuve pas *. Au reste, il a trouvé le * 6chisn>e les unes contre les autres jusque* aux moyen de rendre son système si plausible dans son « épées tuées.*

|iarti, qu’on n’y oppose plus autre chose à nos Malgré de* expressions si générales, il varie sur instructions , et qu’on croit y avoir trouvé un asile les sociniens : car d'abord, dans ses Préjugés légi* où on ne peut être forcé : de sorte que la dernière limes, où il disait naturellement ce qu’il pensait, ressource du parti protestant est de donner à Jésus- il commence par les ranger paruii tes membres de Christ un royaume semblable à celui de Satan; l' Église chrétienne^. Il parait un peu embarrassé un royaume divisé en lui-même, prêt parconsé- sur la question, si on peut aussi faire son salut queiit à être désolé, et dont les tnaisons vont tomber parmi eux ; car d’un coté il semble ne rendre capal'une sur l'autre blés du salut que ceux qui vivent dans les sectes

Si l'on veut maintenant savoir l'histoire et le où l’on reconnaît la divinité de Jésus*Christ avec progrès de cette opinion, la gloire de riuvention lea autres articles fondamentaux; et, de l'autre, appartient aux sociniens. Ceux-ci, à la vérité, ne api’ès avoir construit le corps de l’Église de tout conviennent pas avec les autres chrétiens sur les ce grand amas de sectes qui font profeukm du articles fondamentaux; car ils n'rn mettent que christianisme dans toutes les provinces du moudeux, l’unité de Dieu, et la mission de Jésus-Christ. composé où visiblement les sociniens sont

Mais ils disent que tous ceux qui les professent, compris, il conclut, en termes formels, que les avec des mœurs convenables à cette prufèssioti , sont saints et les élus sont répandus dans toutes les parunis membres de l'Église universelle, et que les lies de ce vaste corps.

dogmes qu’on surajoute à ce fondement n’empé- sociniens gagnaient leur cause, et M. Ju-

chent pas le salut. On sait aussi le sentiment et fut blâmé dans son parti même de leur avoir Pindifference de Dominis. Après le synode de Clia- été trop favorable; ce qui fait que dans son Système reiitoii, où les calvinistes reçurent les luthériens à

la communion, malgré la séparation de* deux socié- ' CoUrt. jM. rt stud. Comc. Eec. h. i . a , a . 4 , eu.

Luÿd. Bat. JSSI. — * ÀPtrt. ümx Brvt. St I'Emt. à lu tête * Üyst. dt l’Bgl. /. 1. c. U, 31 , «/<*. — » Sf*t. Prrf. Sur la de» Prtf. p. l». ■ ■ » Ihià. f». 13 - • Préj. tég. b. 4. — * /M Oo. - * Lw. 11, 17, I». -. • lUid.p. 4-8.

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