‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 53 sur 192 · SUR LE REPROCHE · texte numérisé non relu

SUR LE REPROCHE

tiire, e'nt-à-dire, sa dépendance : ce ne peut donc f»as être un honneur di^in.

Cette preuvcest si ronvaincanle, que pour la détruire U faut nier que nous nous bomionsà denian- 'der aux saints le secours de leurs prières. Car, diton, l'Église les prie non-seulement de prier, mais de donner, mais de faire, mais de protéger, mais de défendre : donc on les regarde non-seulement comme intercesseurs, mais comme auteurs de la grâce. Mais cela visiblement est moins que rien.

Car celui qui prie et qui obtient, protège, défend , assiste , donne et fait à sa manière. Lorsqu'on attribue aux saints des effets qu'on sait très-bien dans le fond qu'il faut attribuer à Dieu , on ne fait qu'exprimer par là l'efQcace de la prière : qu'elle peut tout , qu'elle pénètre le ciel , qu'elle y va forcer Dieu jusque dans son trône ; il ne lui peut résister ; elle emporte tout sur sa bonté; iifaH la volor^é dt ceux çuf U craignent' ; U obéit à la voix de l'homme *. Pressé et comme forcé par Moïse, il lui dit : Laittez^moi , que jeptmisse ce peuple; mais Moïse remporte contre loi, et lui arrache, pour ainsi dire, des mains la grâce qu'il lui demande^ : en un mot, la foi peut fout, jusqu’à transporter les montagnes ^ ; et si cela est vrai de la prière qui 86 fait parmi les ténèbres de ta foi, combien plus le sera-t-il de celle qui est formée au milieu des lumières des saints , et qui , partant de la sainte ardeur de la charité consommée , porte en elle-même le caractère de Dieu dont elle Jouit ! Ainsi les saints peuvent tout : assis sur lelrône de Jésus-Christ* , selon sa promesse; revêtus de sa puissance par TuqIod où Us sont avec lui : comme lui, gouvernent Us GentiU , et tes brisenl avec tm sceptre dejer En un mot , il n'y a rien qu'ils ne puissent ; et TÉcriture n'hésite point à leur attribuer, en ce sens, ce qu’ailleurselle attribue à Jésus-Cbrist même.

Quand on attribue à la prière les effetsde la toutepuissance de Dieu , ce n'est pas là seulement un langage humain : c'est le langage du Saint-Esprit et de l'Écriture. Racontez~moi les miraefes qu’a fait KHsée, disaituo roi d'Israël à GiezîT. Un protestant lui dirait ici : Vous parlez mal. Ce n'est pas lui qui les a faits ; c'est Dieu par lui et à sa prière.

Mais le texte sacré poursuit : Et Ciesi lui raconta comment il avait ressuscité tm mort. Dites toujours : ce n'éuit pas lui , c'était Dieu. Mais le Saint- Esprit continue : Et comme Ciezi racontait ces choses, ta femme dont U avait ressuseili le fils vint tout à coup devant U roi, et GUzi s'écria : Seigneur, voUà la femme, et voilà le fils qu’ÈOsée a ressuscité. Tout le peuple de Dieu parlait ainsi , et l'on appelait cette femme la femme dont Elisée avait fait vivre U fils *. Il ne l'avait pourtant fait que par ses prières, et je ne crois pas qu’il fût plus puissantque le Fils de Dieu, qui voulant ressusciter Lazare : Mon Père, dit-il 9, Je vous rends gi àcet de ce que vous m'avez exaucé.

11 y a donc toqjours une prière secrète dans tous

' P$. ciLiv, le. —*Jo$. X, 14. » ^ Bxod. zxxn, 9 etêtq. —

< Car. xm, a. — * Apoe. », H. ni. 11. — * ikéd. ux, 16. —

' Jeram. //'. Hrg. viii,4 et$rq. — I. — *Joan. xi. 41.

Page 1