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jour, qiiVn Tontorite et rinfailtihilité de
l'Ejiliie, 1.1 réforme .i |k)sc le fondement de l'indif- j férenee dos religions : de sorte que les protestants, ^ qui entrent aujourd’hui en foule dans ce sentiment, j ne fout que suivre les pas des réformateurs et |)ren- I dre le vrai esprit de la réforme. j
M. Jurieu ne veut pas croire que les protestants ; d’Angleterre soient favoraldes à cette doctrine. Outre les preuves qu’on a tirefs de l’aveu de ce ministre, j’ai pris soin de faire traduire fidèlement de l’angbis le témoignage d’un des plus célèbres auteurs de l'Kglise anglicane, dont le livre, intitulé i n rrligion dfs protestants une coiesùreau snlut,i\ïX dédié par son auteur à Charles I**', et dans la suite •‘est rendu célèbre par le grand nombre d'éditions qu'un eu a faites, et depuis peu par les extraits qu’oa ru a dmiiiés au public. Il pose pour fondement ' que
• comme pour bien juger de la religion catholique,
• il faut la chercher non dans Rellanniii ou Baro- « nius , ou quelque autre de nos docteurs ; et i'ap- » prendre non de la Sorbonne, ni des Jésuites, ni
• des dominicains et des autres comp.ignies parti-
• culières, mais du concile de Trente, dont lesca- « thuliques romains font tous profession de rece-
• voir la doctrine : ainsi, pour connaître la religion •• des protestants , il ne faut prendre ni la doctrine > deCuther, ni celle de Calvin ou de Mélanchton,
• ni la Confession d'Augshourg ou de Genève, ni « le CaUVhisme de Heidelberg, ni K'S Articles de
• l’Eglise anglicane, ni même l’Harmonie de toutes
■ les Confessions prnte.stantes; mais ce à quoi ils
■ souscrivent tous comme à une règle parfaite de « leur foi et de leurs.ietions, c’est-à-dire, i,\ Biulf..
" Oui , LA Riulf. . continue-t-il, l.a Bible SErLB
• est la religion des protestants : tout ce qu'ils
• croient nu delà de i.\ Bible et des conséiiiiences
nécessaires, INCONTESTABLES ET INDI1BITA-
" BLES qui en résultent, est matière d'opinion et non
• matière de foi. » Voilà déj.'i, comme on voit, tous ceux qui se disent chrétiens bien au large, de quelque secte qu'ils s<ûent, puisqu’ils n’ont rien à souscrire ai à recevoir comme de foi , que la Bible seule et ses rf»n<cV/«enc« Incontestables et indubllabtes , ce qui ne ferme la porte à aucune secte. • irest In
• mesure, dit-il , qu’il prend pour lui-méme, c’est « cellequ'il propose aux autres; et je suis , poiirsuit-
• il, bien assuréque Dieu ne m’en demande pas da-
• vantage. »
Dans la suite, il y appose la condition, non-seulement de noire (jue l'Écriture est la parole de Dieu, mais aussi de tâcher d'en trouver te sms et tl’ÿ conformer sa vie * : ce qui n’exclut encore aucun chrétien; n'y en ayant point qui ne tâche ou ne se vante de tâcher de bien entendre H-xrlture et dVri trouver le vrai sens : de sorte qu'on ne peut exclure nulle secte du christianisme, puisqu'elles professent toutes ce qui seul est jugé necessaire et 8ufns.int pour le salut.
11 appuie encore sur ce principe, en disant : « Que
• les protestants conviennent de ces truis articles :
• C^p. 0. H 1»- — ’ lltirl it. 57.
• i’’ Que les livres de l'Fx^rilurc dont on n’a jamtdi « douté sont certainement la parole de Dieu : 3* « Que le sens que Dieu a eu dessein de renfermer « dans ces livres est certainement vrai : 3* Qu’ils
• doivent faire tous leurs efforts |K>ur croire l’Êcri- « tore dans son vrai sens, et y conformer leur vie : « d’où il conclut qu'aucune erreur ne peut nuire au « salut de ceux qui sont disposés de cette sorte; « puisque les vérités mêmes à l’égard desquelles
• iis sont dans l'erreur, ils ne laissent p.is de les
> croire d'une foi implicite : et pourquoi , deiiiande- « t-il à un catholique, une foi implicite en Jésus-
• Christel en sa parole ne suffirait-elle pas aussi
> bien qu’une foi implicite à votre Eglise'? >
Il n'y a personne qui n'entende la différence qu’il y a entre le catholique qui dit, je crois ce que croit l'Église, et notre protestant qui dit , je crois ce que Jésus-Christ veut que je croie, et ce qu'il a voulu enseigner dans sa parole : car il est aisé de trouver ce que croit l'Eglise, dont les décisions expresses sur diaque erreur sont entre les mains de tout le monde; et s’il)' reste quelque obscurité, elle est toujours vivante pour s'expliquer ; de sorte qu'être disposé à croire ce que*troit l’Eglise, c’est expressément se soumettre à renoncer à ses propres sentiments, s'ils sont contraires à ceux de l'Eglise, qu’on peut apprendre aisément ; ce qui em|K>rte un renoncement à lotiie erreur qu’elle a condamnée. Mais le protestant qui erre est bien éloigné de cette üis|K>sitiun: puisqu'il a lieau dire, .le crois tout ce que veut Jésus-Christ et tout ce qui est dans sa parole : Jcsus-t^hrlst ne viendra pas le desabuser de son erreur, et l’Ecriture ne prendra non plus une autre forme que celle qu'elle a pour l’en tirer : tellement que cette foi implicite , qu’il se vante d’avoir en Jésus-Christ et à sa parole, nVsl au fond (|u’une Indifférence pour tous le.s sens qu’on voudra donnera l' Ecriture; et se contenter d’une telle profession de foi, c’e.st expressément approuver toutes sortes de religions
Ainsi dans cette demande du protestait, qui parait si spécieuse , Pourquoi la foi impUcite en Jésus'Christ n'est-elle pas aussi suffisante que la foi en votre Église? on peut voir qtielle illusion est cacliée dans les propositions qui ont la plus belle apparence. Mais sans disputerdnvantige, et pour s'attacher seulement à bien entendre notre docteur, il nous suflit d’avoir vu que cette foi dont il est content , Je crois ce que veut Jésus- Christ, ou ce qu'enseigne son Écriture, n'est autre chose que dire , Je crois tout ce que je veux et tout ce qu’il me plaît d’attribuer à Jésus-Christ et à sa parole : sans exclure de cette foi aucune religion ou aucune secte de celles qui reçoivent l'Écriture sainte, pas même les Juifs; puisqu’ils peuvent dire, comme nous , Je crois tout ce que Dieu veut , et tout ce qu’il a fait dire du Messie par ses prophètes: ce qui enferme autant toute vérité, et en particulier la foi en Jésus- Christ, que la propusition dont notre protestant s'est contenté.
' H-’i' 'i t\t p'T*/. Hr $UH udi'm. n. 36.
SUR LES LETTRES DE M. JURIEÜ
On peut encore former sur ce modèle une outre foi implicite que le mahomélnn et le dêitite peut avoir comme le Juif et le chrétien : Je crois tout ce que Dieu sait ; ou si l’on veut encore pousser plus loin, et donner jusqu'à l'atlute, pour ainsi parler, une formule de fui implicite : Je crois tout oequi est vrai, tout ce qui est conforme à la raison : ce qui implicitement comprend tout, et même la foi dirétieone ; puisque sans doute elle est cunfonne à la vérité, et que no/re culte, comme dit saint Paul e$t raiionnable.
Mais, {Murnous restreindre aux termes de notre protestant anglais , on voit combien est vague sa foi implicite : Je crois Jésus-Christ et son Ecriture, et quelle indifférence elle établit : d’où il conclut que, > dans les contradictions apparentes qui se « rencontrent souvent entre l’Écriture, braisonet
• l’autorité d’une part; et l’Écriture, la raison et « l’autorité d'autre part : si à cause de in diversité
• des tempéraments, des génies, de l’cducation et « des préjugés inévitables par lesquels tous les es- « prits sont différemment tournés, il arrive qu'ils
■ embrassent des opinions différentes dont il ne «se peut que quelques-unes ne soient erronées,
• c’est faire Dieu un tyran, et mettre l'homme au
• désespoir, que de dire qu’on soit damné pour ce- « la : il suffit , dit-il , pour le salut , ({ue chacun ,
• autant que son devoir l’y oblige, lâche de croire « l'Écriture duos son vrai sens*. » Ce qu’il appuie enfin de ce raisonnement : « Kii matière de religion,
■ pour sc soumettre il faut avoir un juge dont nous « soyons obligés de croire que le jugement est jus- « te : en matière civile, il suffît d’étre honnête « homme pour pouvoir devenir juge; mais en fait de « religion, il faut être infaillible. Ainsi n’y ayant
• point déjuge infaillible, selon les maximes com-
• munes de tous les protestants, il n’y a point de
• juge à qui on doive se soumettre en faitde religion. « D’où il suit que dans ces matières chacun peut «garder son sentiment. Je puis, dit-il, garder
• mon sentiment sans vous faire tort : vous pouvez
• garder le vôtre sans me faire tort ; et tout cela " peut se faire sans nous apporter à nous-mêmes
• aucun pnqudice L *
Ce qu’il dit, qu’il n’y apoint de juge infaillible en matière de religion, fait bien voir qu’il ne reconnaît point l'Écriture pour un vrai juge ; car, d’ailleurs, il est bien certain qu’il ta reconnaît çour infaillible; mais c’est qu’il entend bien que l'Ecriture est une loi infaillible, et non pas un juge infaillible : puisqu'il ne faut qu'un peu de bon sens et de bonne foi pour voir qu’un juge est celui qui prononce sur les différentes interprétations de la loi; rc que la loi elle-méine visiblement ne fait pas , ni l'Écriture non plus.
Il est maintenant aisé de concevoir tout le raisonnement de notre auteur, et le voici en bonne forme : Quelque évidence qu'on veuille poser dans l'Écriture, elle n’e^t pas telle qu'il n’y ail diverses manières de l’entendre, dont quelques-unes sont des
• Rom. IM, I. — * Rrp. à hi pr^/. h. c. 2. n. 17.
erreurs contre la foi; c’est pourquoi il y a deux règles suffisantes pour sauver les hommes : la première, de recevoir le texte de l’Écriture avec toutes scs conséquences nécessaires , incontestables et in(fuf}itnbles ; la seconde, dans tout le reste où l’on pourrait errer contre ta foi, de tâcher de croire l'Écriture scion son vrai sens, sans se condamner les uns les autre.s : parce que pour condamner il faut être juge; et en matière de religion, juge infaillible : or, H n’y a point déjugé de cette sorte. L’Église n’est pas infaillible : chaque particulier l'e.st encore moins dans ses sentiments : donc qu'on ne se juge point les uns les autres, et que chacun demeure innocemment et iinpunéinent dans son sens; ce qui est en termes formels l'assurance du ' salut de chaque chrétien dans sa religion, déduite manifestement de ce qu’il n’y a point de juge infaillible. Il n’y a donc point de milieu entre croire l'Église infaillible et sauver tout le monde dans sa religion; et ne pas être catholique, c'est néces&ùremeut être indifférent.
Il ne faut pourtant pas dissimuler qu’en disant que chacun se sauve dans son sentiment, notre auteur y apporte la re.striction, • que la différence
• qui sera entre nous ne concerne aucune chose né- « cessairc au salut ; et que nous aimions tellement
• la vérité, (pic nous ayons soin d’en instruire
- notre conscieiu'e . et que nous l.i suivions cons- « tamment « Mais il faut voir quelles sont ces cliosps nécessaires au salut, et voici comment il les explique: «Touchant la difficulté de distinguer les <• erreurs dainnables d’avec celles qui ne damnent « pas, et les vérités fondamentales d'àvec celles
• qui ne sont pas fondamentales, je réponds que la « dispute qui est entre les prote.stants sur celte « question peut être facilement terminée. Car qu « l’erreur dont on parle est tout à fait involon-
- taire, ou elle est volontaire à l'égard de sa cause.
• Si la cause de l’erreur est quelque faute volon- « TAIBB et évitable, l'erreur même est criminelle, « et par conséquent damnable en elle-même. Mais « si je ne suis coupable d’aucune faute de cette na-
• ture, SI j'aimb la vebitk, si je la cherche
• AVEC SOIN, si je ne prends point conseil de la « chair et du sang pour choisir mes opinions , mais « de Dieu seul et ub la raison qu’il u’a don- « née; si , dis-je, je .suis disposé de cette sorte, et
- quecependant, par un effet de finfirniité humaine, « je tombe dans l’erreur, cette erreur ne peut être ■ damnable. » Voilà en termes formels la distinction des erreurs fondamentales et non fondamentales établie, non du côté des objets de la religion, ou sur la nature même de ces erreurs , mais sur la disposition de ceux qui y sont ; et ce qui tranche en un mot la question des articles fondamentaux, cet auteur les réduit tous à celui-ci, de croire C Écriture, et de iàctipr de ta croire dans ton vrai sens * : voilà, dit-il, en un molle catalogue des articles fondamentaux , et ce qui suffit au salut de tout homme : où l'on voit une tolérance parfailCt
' tfrp. à fa pref f. 3 , w. Sï. — * Ibid. h. 37,
SIXIÈME AVERTISSEMENT
<*t II' salut necorilr sur le foii<iement commun des imlilfércnts, (]iti est de satner tous ceux (|ui se servent de leur raison pourelierclier la vérité dans TEcrilure.
Il n'y a qu’un seul reinè<le à une si «langereuse maladie, qui tend inatiifestemeut à revtinctiuu du christianisme et de toute religion : c'(‘st de <*lier- Hier la vérité non par sa seule raison, mais avct; l’Eglise, sous son autorité, sous sa coihIihU*. (^r s’il y a au monde un fait constant, rVsl que la chercher tout seul, même dans la sainte Écriture, |»nr son propre esprit , par son propre raisoiiiiemenl, et non pas avec le corps et dans l'unilé <le l’Église, c'est la soun^e de tous les schismes cl de Imites les hérésies : et s’il y a un moyen solide d'éviter ce mal et toute innovation dans la foi, c’est celui de soumettre, non pas Dieu et son Ecriture, comme on voudrait nous faire accroire que nous le pratiquons, mais son sentiment particulier sur l'in* telligencedc cotte Écriture à celui de l’E^gUse universelle; cl s'il y a un besoin pressant que l'expérience nous rende sensible , c’est celui que nous avons d'un tel seeotirs.
Faute de vouloir s’en servir, notre protestant anglais, avec son amour prétendu pour la raison, pour la vérité, pour l'Eleritiire, est tombé comme les autres dans rabline de l’indifférenre : eominc les autres il a dté h l'Église le moyen de discerner et de convaincre les hérétiques, en la réduisant avec eux aux termes précis de rÉerilurc, et bannissant les interprétations qu’elle oppose aux mauvais sens qu'on lui donne. « Cette présomption , dit-
• il ' , avec laquelle on attribue le sens des hom- « mes aux paroles de Dieu, le sens particulier des « hommes AUX ExrBFSSiONsOKXERALEsdiiSaint-
• F,spril; et on oblige la co»s<*ience h les rece- « voir, sous peine de mort et de danmarion : cette « vaine imagination, que nous pouvons mieux
• PARLER des choses de Dieu que par les paroles « de Dieu; eet orgueil qui nous porte à cano-
• niser nos propres interprétations, et à user de « tyrannie pour b*s faire recevoir aux autres;
• celte manière dont on ose restreindre la pa- « rôle de Dieu, la tirer de son Etendue et de « SA OÊNÉHALITR, et Oter à l’entendement des
- hoinmc.s cette liberté que Jésus-Christ et les
• apôtres lui ont laissée : tout cela, dis-je, est et
- a toujours été la seule source dk tous les
• SCHISMES de l’Église; c’est ce qui les rend im-
• mortels; c’est ce qui met le l’eu dans tout le
■ monde chrétien ; c’est ce. qui déi-liirc en pièces
■ non-seulement ta rolie, mais encore les entrail-
• les et les membres de Jésus-Christ, nu grand
• plaisir des Turcs et des Juifs : ridenfc 7'tircn,
• tufc doienfe Judœo. Otez celte muraille de se- « PABATiotx, et en un moment tous le.s curé- « TIENS SERONT UNIS : ôtpz CCS manières de per-
• séciiter,de brûler, de maudire, de damner 1rs
• hommes, parce qu'ils ne sou.srrivenl pas aux
• paroles DES HOMMES COMME AUX PAROLES DE
- Dieu; demandez seulement aux ehrétiens de •• CROIRE EN Jésus-Christ, et do n’appeler leur « maître qui que ce soit que lui seul. (>up ceux qui
• débouché renonreut à l’infaillibilité, y re-
- noncent aussi parleurs actions; rétiblissc'/ les " clm*liens en leur pleine et entière liberté, de
• no captiver leur entendement qu’A l’Écriti'Hr ■ SEULBrel alors, comme les rivières quand Plies
• ont un libre pa.v.sage courent toutes à l’Océan, « ainsi l’on peut ej>pe*rer de la bénédiction de Dieu « que cette LIBERTE universelle réduira incoii- « linent tout le monde chrétien à la vérité cl à •« l’unité. >•
A qui en veut ce docteur, sinon manifeslemenl à ceux qui voudraient obliger les ariens, les pélagiens, les s(n-iniens et tous les autres hérétiques, à dire que Jcsus-Clirist est Dieu éternel? que le Père, le Fils et le Saint-Ksprit sont un seul Dieu souverainement et iiniqiiemenl adoralde, d’mm même majesté et d’une même nature.’ à dire que Dieu et l’homiiie en Jésus-Christ .sont une mêim* et seule personne, à qui est due une seule et même adoration avec le IVre et le Sainl-Ksprit? à dire qu’il y a uii péché originel véritablement transmis de notre premier pere jusqu’à nous? à dire que la graiNî intérieure est absolument nécessaire à chaque action de piété? à dire que les damnés auront à souffrir ta fteine d'un feu vtevnrl autrement que saint Jude ne l’a dit des habitants de Sfulome et de Gomnrrlio ‘ , oti autres clios(*s semhiahles? et, en un mot, à qui on veut-il , si ce ii’est à ceux qui voudraient jiousser les hérétiques, quels(]u'ils soient, au delà des expressions de l'Kcriture, quiU détournent ^ comme dit saint Pierre *, n un manraU xens ; et les tirer de. leur étendue et de leur génératilé , comme parle noire Anglais?
Ost sur ce pied qu’il travaillait à la réunion du christianisme : sur le pied de M. d’Iliiisseau , miiiislre de .Sauimir, que nosprétemlus réformés ont condamné ; très-bien, selon les priucljies de rÉglise catholique; mais très-mal, .selon les pririci|>es de la réforme : très-bien, en présupposant que l'Église est infaillible dans ses interprétations, cl qu’elle a droit d’obliger tous les chrétiens à s'y .soumettre ; mais très-mal, en s’attribuant à eux-mêmes, par leurs ac.lion.s , une inlaillihilité qu’ils renonçaient en paroles, selon que leur reproche cet Anglais : car c’est en présupposant celte autorité et Infaillibililé de l’Église, qu’ils condamnent des chrétiens prêts à souscrire h l’Écriture sainte ri à toutes ses expressions, san.s en refuser aucune, sans aussi y rien ajouter : pour cette raison si iilniK*nt qu’ils ne veulent pas se soumettre aux inlerprélalions de l’Église, ni renoncer à la liberté qu’ils prétendent que Dieu a donnée de s’en tenir précisément à la parole de l’Écriture dans sa généralUc.
Ccsl ainsi, comme l’on a vu, que l’oiil entendu non-seulement .Strlmésius et les auteurs qu’il allègue , mais encore, dès l’origine de la reforme, I.uther, Calvin, Zancliius, et les protestants anglais
• Rtp. à la prtj. b. 27, c. 4, n, IC-
• Jud. 7. — » //. Pttr. III, 16.
SUR LES LETTRES DK M. JURIEU
comme les nutres. CliîllingworUi , qui esi celui qu’un vient d'entendre, en est une preuve convaineanle, parce que son livre a paru avec une approbation niitlientique et des éloges extraordinaires des théologiens dOxforü. Aussi est-ce un des plus suivis de tous leurs docteurs. Il s'est formé en Angleterre, sur ses principes , une secte qui est répandue (iniis toute réalise anglicane protestante, où l'ou uepnriequedt'poixetde charité universelle. T.es défenseurs de cette paix se donnent eiix-inémes le tioiu de laiittuiinariens, pour exprimer l'étendue de leur tolérance, qu’ils appellent charité et modération, (|ui est le titre spécieux dont on couvre la tolérance universelle. On ne peut nier que cette doctrine ne seremieironiinuneen Angleterre : et s’il faut, parmi ceux qui la défendent à présent , que je produise un auteur connu, je nommerai, sons hésiter, M. Hurnel. C’est lui qui , pour lier les mains au magistrat sur les affaires de ta religion , donne pour principe gémcrnl que • nos pensées , qui regardent Dieu ,
• et les actions, qui sont les effetsde ces pensées, ne
• sont pointduson ressort M. Jurieu , qui montre aujourd'hui tant de zèle pour l'nutorité du magistrat, n’a qu'à s'attaquer à cet auteur. Mais il lui dira I>eaucoiip d'autreschoses qui lui déplairont davantage. Il lui dira que l'iiérésie n’est rien du tout « que l'opiniâtreté dans une erreur, nprésétre con- - vaincu que c'est une erreur : • ce qui n^uil l'iiérésie à rien ; puisque , selon celte délinition, il n'y n rien en soi qui soit hérétique , et par conséquent aucune erreur qu'il i>e faille tolérer. Il lui dira que « selon les principes de l'Église romaine, qui se croit
• infaillible, l’intolérance est plus aiséeà soutenir * ; * mais qu'elle ne peut subsisterdans une l'Iglise comme la leur, «qui ne prétend rien davantage qu’un pou-
• voir d’ordre et de gouvernement, et qui ne nie « pas qu’elle ne puisse se tromper. » Il conclura de ce principe , qu'on no doit • pas être trop prompt
• A juger mal de ceux qui sont d’un nuire senti-
• ment que nous, ou agir avec eux d’iinc manière
«• rigoureuse; puisqu'iLEST possintR qu'ils A1F^T « RAISON ET QUE NOUS AYONS TORT ^ « ce quî
lui fait appeler la rigueur de ce qu’on appelle l'Église anglicane, envers les non-conformistes,
LA RACiB u’UNK PERSÉCUTION INSENSÉE^.
l^our sauver les variations qu’on impute aux protestants , il répond qu’ils n'ont jamais varié }e Symbole des ûpôtres , ni sur les dix commandemenls ^ : deux pièces où sont contenus tous les articles de foi; le reste, qu’on a inséré dans les (Ionfessions de foi des protestants, n’étnnt, .selon lui, yue des vérités iMologiques dont les princijtes de la réforme ne perniellenl pas quon imjïose les dérisions aux autres hommes y ni qu'on les oblige à tes signer y ni a enjurer robservathn.
Voila bien, pour M. Jurieu, un autre nd\-prsaire qu'un M. Huet, et que les autres ministres qu'il étonne par ses injures, qu’il accable par la crainte d'être déposés. Celui-ci méprise autant ses
* Png. >Hr Lad. p. IS. — •,/fcjrf. p. 39. — * 76iff. p. 30 , 40. — • * Ibid. p. 47. — * Sem. $ur tes .VftA. du cUrijr de France i .VrM. lo, p. II*S, art, 3.
censures que ses emportements et sa véhcinence et s’étant si hautement déclaré pour la tolénncc universelle, il ne trouvera pas mauvais que M. Papin rende publiques les lettres qu’il lui a écrites pour autoriser cette doctrine, et le discours de Strimésius qu’on vient de citer, c’est-à-dire l’indifférence la plus déclarée qu'on ait jamais vue.
Il ne reste plus maintenant que de trancher, en un mol , une équivoque de quelques-uns de ces docteurs protestants qui ne veulent pas qu’on les mette au nombre des indifférents, |Kirce que, disentils, bien éloignés d’admettre i'indiffcrence des religions, ils reconnaissent qu’il y en a une niellletire que les autres, plus certaine, plus vraie, si l’on vent , a laquelle il faut tâcher de parvenir par l’intelligencc de l’Écriture , qui est la protestante ou la réformée ; mais tout cela c’est se moquer, puisqu’on a vu qu'en tâchant et en s'efTorçanl , à la manière qu'ils disent , de bien entendre l'Écriture, on n'en est pas moins sauvé, bien qu’on demeure toujours, et jusqu’au dernier soupir, comme on était ; qui est précisément ce qii’on appelle l’indifférence des religions, puisque dans le fond on se sauve en toute.s; et rexpérlence fait voir qu’il n’y a, ni ne peuty avoir, aucmi remède à un si grand mal, qu’en croyant , avec les catholiques, que jamais on ne lâche et on ne s'efforce comme il faut, jusqu’à ce qu’on en vienne enfin, par ses effort.s, à soumettre de bontie fol .son jugement à celui de l'b^’lise.
Après cela, mes chers frères, il ne faut point s'élormor que tout tende, dans votre réforme, à l’indifférence des religions, ni qu’une infinité de gens aient dit h M. Jurieu que l'Église anglicane, qu’il appelle l’honneur de la réforme, y tende visiblement comme les autres, puisque nous venons de voir, dans ces principaux docteurs, des témoignages si précis de ce sentiment.
Sans encore sortir de l’Angleterre, la secte dés nxlépendanls est venue manifestement de la même source; et Jean Ilornebeck, un des plus célèbres docteurs de l’académie d’Utrecht, en est un bon témoin, lorsqu'il écrit, dans le livre où il fait le recueil des sectes* , • qu’ils rejettent toutes les for- « mules, tous les catéchismes, tous les symboles, « même celui des apôtres. Ils croient, dit-il, qu’it • faut éloigner toutes ces choses comme apocry- « phes, pour ne s'en tenir qu’à la seule et unique « parole de Dieu. ■ Un autre, que le même auteur met ou rang des enthousiastes , ou prétendus inspirés, qui n’était point ignorant, principalement en hébreu, ni de mauvaise vie, disait qu'il n’y avait « plus d'Église depuis les apdtres , parce qu'il n’y « avait plus d’infaillibilité sur la terre, et que les « docteurs qui n’en avaient point ne s’en vantaient « pas moin.s de parler au nom de Dieu. » lin autre concluait de la, • que jusqu’à ce qu’on fdt «convenu quelle doctrine on aurait à suivre, il « fallait établir des assemblées où l'on ne lOt que l6 «I simple texte de l’Écriture sans glose ni exposi- « lions; qu’on tie prononcerait autre chose dans les
• Suntmrt Co$t(rov. lib. Ut de Srfivnitfriy p. S'H
SIXIÈME AVERTISSEMENT
• cliaires, et que tous les livres de religion , ex>
• cepté rÉcriture seule, seraient portés au magis>
•• trat U Sur ce fondement, il faisait le plan d'une Églite non j*artiale : il avait même composé un livre sous ce titre, et un autre qu'il intitulait La diminution t/evjcc/es. C'était visiblemeiil le même dessein où sont entrés les docteurs qu'on vient de produire. Il n'y avait, pour unir lessectes, que de permettre de croire, de dire et d'écrire tout ce qu’on voudrait. C’est sauver tous les hérétiques sans les convertir, sans les ramener h la tige d'où toutes les sectes sont sorties , sans y songer seulement ; et, au contraire, en laissant oublier aux chrétiens, s'il se pouvait, ce principe d'unité sur lequel le Fils de Dieu a fondé son Église, pour substituer à sa place le caractère de division, qui est dans te royaume Satan le principe de sa désolation inévitable, conformément h cette parole : Tout
royau7)ie divisé en tui-méme sera désolé ^ el let maisons en tomberont les unes sur les autres*. On voit par là quels prodiges l'ennemi du genre humain voulait introduire sous prétexte de pieté; c'est le vrai mystère d'iniquité^ ^ c'esl-à'üire la plus dangereuse liy|K)cri8ie, sous couleur de rendre respect a la parole de Dieu , et paria l'indifférence des religions, afin de préparer la voie à la grande apostasie qui doit arriver, »et à la révélation de r.'intechrisl^: et tout cela fondé sur cette maxime, que les interprétations de l’Église ne pouvant être plus infaillibles qu'elle-mcme, il demeure libre aux ciirétiens de rejeter les plus authentiques, et de ne se réserver que le simple texte, à condition de le tourmenter et le tordre à sa fantaisie, jusqu'à ce qu'eofin on l’ait forcé à ne plus violenter le sens humain; qui est le but où sc termine le socinianisme, et , comme on a vu , le parfait accomplissement de la réforme des protestants.
C'est par la aussi qu'il s’élève de tous côtés au milieu d'eux tant de sectes de fanatiques : parce que d'un côté étant constant que l'Écriture, dont un abuse en tant de manières, a besoin d'interprétation, et, de l'autre, celles de l'Église paraissant douteuses ou suspectes aux protestants par les principes de la secte; on est contraint , pour avoir un interprète infaillible , de s'attribuer une inspiration, un instinct venu du Saint-Ésprit : d'où l'on 4>st mené pas a pas au mépris du texte sacré, comme l'expérience le fait voir : tous ces inspirés prétendant enûn être affranchis delà lettre, comme d’une sujétion contraire à la liberté des enfants de Dieu : el ainsi, par la plus grossière de toutes les illusions, une révérence inalentendue de l'Écriture conduit enfin les esprits à la mépriser.
Pour éviter ces extrémités si visiblement pernicieuses, l'Église catholique, toujours assurée de l'esprit qui l'anime et la dirige, n'a aussi jamais hésitéà donner des les premiers temps comme authentiques scs interprétations unanimes : en quoi, loin de croiro qu'elle eût dérogé à l’autorité des livaes
‘ Summa V.otilnn'. lih. lo âf BrornUtri , p. vîe, *37, —
• Luc. XI, 17. - * //- Thtu. Il, 7- — * Ibid.
saints, elle a au contraire toujours regardé ses explications comme étant le pur esprit de l'Écriture , et ses traditions constantes et universelles comme faisant avec l'Écriture un seul et même corps de révélation.
C'est le seul moyen laissé aux fidèles , dans une doctrine aussi haute que' celle du christianisme, et dans une aussi grande profondeur que celle de l'Êcriture, d'entretenir parmi eux Panité que leur ordonne saint Paul, en leur disant: Soya dun même cœur et d'une même dnie, ayant tout tes mêmes sentiments '. Ce qui devait commencer par la foi ; puisque le même saint Paul a dit encore : Un seul corps et tm seul esprit, un seul Seigneur, une seule fol , un seul baptême *. Pour trouver celte unité de la foi dans une si effroyable multiplicité de sentiments et de sectes, on voit à quoi il faut réduire la fui chrétienne , et dans quelle généralité il faut prendre l'Écriture. Kos indilïérents , qui en ont honte, et des divisions où l'on tombe par la méthode qu'ils proposent pour entendre ce divin livre, croient y trouver un remède en faisant peu de cas des dogmes spéculatifs et abstraits, comme ils les appellent, et ne vantant que la doctrine des mœurs. C'est la maxime de ces latitudinaristes dont nous venons de parler, qui disent que c'est dans les mœurs qu'il faut rétrécir la voie du ciel , en la dilatant pour les dogmes. Tout consiste à bien vivre, disent nos indifférents ; et l'Écriture n'a làdessus aucune obscurité , ni le christianisme aucun partage. Mais c'est encore, sous le prétexté de la piété, la plus Une et la plus dangereuse hypocrisie. Car , d’abord , pourquoi ne vouloir pas que capti ver son intelligence, sous des mystères impénétrables à l'esprit humain, soit une chose qui appartienne à la doctrine des mœurs , et une partie principale du culte de Dieu, puisque c'est un des sacrifices qui coûte le plus à la nature, et qui est en soi des plus parfaits? Kt {lourquoi ne sera-ce pas encore uu4es exerciccsdi; In charité , de réduire les vraiscliretiens à la même foi , en rendant obéissance a la même Église, et par là étouffer les distensiom, les fnimifiés , les aigreurs et les autres maux de cette nature, parmi lesquels saint Paul a compté les hérésies et les sectes^ , comme une source immortelle des divisions que l'esprit de Jésus-Christ devait éteindre? Cest de cela néanmoins que nos parfaits chrétiens font peu d’étal; et ils ne parlent que de bien vivre , comme si bien croire n'en était pas le fondement. Mais pour nous restreindre simplemeut à ce qu'ils appellent les mœurs, où ils semblent vouloir renfermer toute la religion : les sociniens, et les autres qui les vantent tant, n’ont-ils pas été les premiers à censurer les commencements de la réfi)rme, où l'on avait refroidi la pratique des bonnes œuvres, en enseignant cbireinent qu'elles n'étaient pas necessaires à lu justification ni au salut, non pas même l'amour de Dieu ; mais la seule foi des promesses, ainsi que nous l'avons souvent démontré ? Les mêmes sociniens ne prouvaient- ils pas invinciblement, aussi bien que les catholiques , qu'il
* Phil. Il, a. — * Eph. IV, *, s. — > Gai. V, 20.
SUR LES LETTRES DE M. JURIEU
n'v arion de plus pernicieux aux bonnes nucurs que rinamissibilité de la justice, la certitudedu salut, et enQii riinput,ition de la justice de Jésus*Christ , de la manière dont on l'enseignait dans la réforme ? C'en est assez pour les convaincre qu'il peut se trouver dans l'Ecriture , sur les mœurs comme sur les dogmes, de ces généralités où se cachent tant d'opinions et tant d'erreurs différentes. Que si l’on se met à raisonner (et on ne le fait que trop) sur la doctrine des mœurs , sur les inimitiés, sur les usu* res, sur la mortilication , sur le mensonge, sur la chasteté, sur les mariages-, avec ce principe qu'il faut réduire l'Ecriture sainte à la droite raison , où n'ira-t-on pas? N'a-t-on pas vu la polygamie enseignée par les protestants , et en spéculation et en pratiques ? El ne sera-t-il pas aussi facile de persuader aux hommes que Dieu n'a pas voulu porter leurs obligations au delà des règles du bon sens, que de leur persuailer qu'il n'a pas voulu porter leur croyance au delà du bon raisonnement ? Mais quand on en sera là , que scra-ce que ce bon sens dans les mœurs ; sinon ce qu’a déjà été ce bon raisonnement dans la croyance, c'est-a-dire , ce qu'il plaira à un chacun ? Ainsi nous perdrons tout l'avantage des décisions de Jésus-Christ: raiitoritède sa parole, sujette à des interprétations arbitraires, ne lixera non plus nos agitations , que ferait la liberté naturelle de notre raisonnement ; et notis nous reverrons replongés dans les disputes interminables , qui ont fait tourner la tête aux philosophes. De cette sorte, il faudra tolérer ceux qui erreront dans les mœurs comme ceux qui erreront sur les mystères ; et réduire le christianisme, comme font plusieurs , à la généralité de l’amour de Dieu et du prochain, en quelque sorte qu’on l'applique et qu'on le tourne après cela. Combien ont dogmatisé les anabaptistes et les autres enthousiastes ou prétendus inspirés, sur les serments, sur les clidtiments, sur la manière de prier, sur les mariages , s9r la magistrature et sur tout le gouvernement eeclésiastique et séculier : choses si essentielles à la vie chrétienne! Les sociniens , qui ne vantent avec les indifférents que la honne vie et la voie étroite dans les mœurs , combien se mettent-ils au large lorsqu’ils ne soumettent aux peines de la damnation et à la privation de la vie éternelle que les habitudes vicieuses ; jusque-là que Socin lul-mémc n’a pas craint de dire que • le meurtrier, ou l'homicide qui est jugédigiie
• de mort, et qui ne peut avoir de part à la vie < étemelle , n'est pas celui qui a tué un homme ou
• qui a commis un acte d’homicide , mais celui qui a ■ contracté quelquehabitude d’un si grand crime '! » Il n'y a rien de plus inculqué dans ses ouvrages que cette doctrine. C’est aussi le sentiment de la plupart de ses disciples, et entre autres de Crelliiis, un des plus célèbres, et qui est estimé p.armi eux un des plus réguliers sur la doctrine des mœurs : et néanmoins il fait consister dans Yhabitude la nature du
» Soc. cap. Z% î. Fp. Jo. Il, fl. /. 1. tiib. Frai. p. I»l. JbùL aii V, Il , p. 3U2. làiJ. quod rryni Pot. c(c- I . p. 194 , ete.
pi'Hié qui exclut de lu vie éternelle' ; et encore plut exprestément il distin;;ue deux sortes de péchc.s ,
• dont les premiers, dit-il, sont très-griefs et irès- « énormes de leur nature ou en approchent beau- « coup, dans lesquels celui qui espère la vie éternelle « et qui a la crainte de Dieu , ou ne tombe jamais,
« ou il u'y tombe que iorsqiril est fort pressé par « les désirs de la cbair, ou faute d\v penser et par - quelque sorte d'imprudence. » On voit d'aliord que ces péchés , quelque énormes quM les représente, nelui paraissent incompatibles ni avec la crainta de Dieu , ni avec l'espérance du salut , que lorsqu’on y tombe souvent, et avec une malice déterminée. « Et pour les autres péchés, continue-t-il , qui no
• sont pa.s .si énormes et ou l'on tombe plus facile- ■ ment, comme la colère, le désir des voluptés il-
• licites qui ne va point jusqu’à l’acte, et l’ambition
• désordonnée : si on ne les combat pas dans leur " naissance et qu’on leur bîi'he 1a bride, je ne rrni* « pas qu'on puisse espérer le salut. Mais si l’on « combat avec sa passion et qii’on s’occupe à la ré- « primer, en sorte qu’on gagne deux choses sur « soi-méme, l’une souvent de l'éteindre cl la bannir « de son esprit, l’autre de l’afTaiblir et d’en empé-
• cher en quelque sorte l'effet : je n’ôte pas â un « tel homme l’espérance du salut. ■
On voit par là de quelle indulgence il use envers les |H^hes. Car pour ce qui regarde les plus énormes, lors même qu’on les commet en effet, il ne veut pas qu’ils excluent la crainte de Dieu ni l'espérance du salut . si l'on y tombe rarement , et que ce soit par emportement et par quelque sorte d’incon^ sidération : car il ne veut même pas que rinconsidération soit pleine et entière ; et pour les péchée de pensée, de consentement ou de volonté, tet qu'est par exemple te désir d'un j^aisir VUeite , encore que Jésus-Christ ait égalé ce désir à un adultère * : selon ce nouveau docteur, pour ne pas étro damné par un tel crime, il sufüt de ne pas lâcher tout à fait la bride à sa convoitise, et d'en empêcher , comme il le dit , non pas entièrement , mais en quelque sortes l'effet ; qui est un des plus grands affaiblissements qu'on pût inventer de la doctrine de l'Évangile. Mais de peur encore d'en dire trop, ou de rendre trop difflcile le chemin du ciel , il excuse ces sortes de pécheurs, lorsqu'ils sont entraînés au péché par de oiolentes tentaüons venues ou du naturel ou de l'habitude. Il est vrai qu’il y ajoute deux conditions : l’une, de n’avoir /mis ck en sol-méme plusieurs de ces dUposilions criminelles; l’autre, d'en récompenser le péché par d'excellentes rerfus^ comme font la charité elCaumiine. Mais cel.i lui parait encore trop dur : • et quand ,
• dit-il , on aurait plusieurs de ces mauvaises dispo- « sitions, et qu’on n’aorait point de ces excellentet « vertus , je n'oserais ni accorder ni refuser le stiut « a des hommes qui seraient en cet état. •
Il n'est pas ici question de les sauver de la damnation par nue sincère et véritable pénitence dt
* Eth. Chritl. lib. O, c. 5, t- IV, p. 287. Rc^p. lUl J. SM, in çiNTi/. — * Matlh. v,
SIXIEME AVERTISSEMF-M
leurs fautes « car de quoi on ne parle pas dans tous ces discours*, et on sait que tous les Y)érliés, Mi^me les plus énormes, comme les plus délibérés et les plus fréquents, sont pardonnables en cette sorte : il s'agit de trouver dans le péché des excuses au péclié même; et voilà ce qu’en ont pensé ceux de tous les protestants qui se piquent le plus de cojiserver entière la règle des nxeurs. On voit en cet endroit combien ils sont relâchés; ailleurs ils sont rigoureux jusqu'à l'excès, puisqu’ils s'accordent avec les anabaptistes à condamner parmi les chrétiens les serinente, la magistrature, la |>eine de mort elia puerre, quoique entreprise par autorité publique, quelque juste qu'elle paraisse d'ailleurs
Ceux de qui nous venons de voir d’uu coté les relâchements, et de l’autre les rigueurs excessives, sont constamment ceux des protestants qui ont le plus secoué le joug de l'autorité ; ce sont aussi visiblement ceux qui se sont le plus égarés , non-seulemrut dans les mystères de la religion , mais encore dans la doctrinedesmociirs, qu'ils se vantentdemieux observer que tous les autres. Socin , Wolzogne, et les autres, disent que l’usure n'est pas un péché selon les lois chrétiennes* : en quoi il faut avouer qu'ils ne dégénèrent \vis de la doctrine commune des protestants. Sans parler des autres erreurs des sociniens dans la matière des mœurs, on sait la liberté qu'ils se donnent tous les jours sur la dissimulation et sur le naensonge ; et cela dans la matière la plus sérieuse qu'on puisse traiter parmi les hommes , qui est celle de la religion. Pour peu que les princes grondent , ils se cachent sous tel manteau que vous voulez, et ne s'eiubarrnssent point de rhy|K>crisie. On voit donc plus clair que le jour, que pour soutenir les mœurs, comme pour soutenir la foi, il y faut ce ferme fondement d'une autorité infaillible , qui empêche l'esprit de s'égarer dans les interprétations qu'uiie vaine subtilité pourra donner à l'Ecriture sur cette matière comme sur toutes les autres; et vanter les mœurs sans cela, c'est, sous prétexte de les établir, les détruire et en laisser la règle à l'abandon.
C'est aussi pour obvier à tous ces maux qu'on II04IS avait donné dans le Symbole l'article de l'Egliee catholique, où nous trouvons tout ce que saint Paul nous avait montré par ces paroles : Vn seul coi'ps et un seul esprit, un seul Üeigneur, une seule fol , un seul baptême Mais la réforme a mis les mains sur cette unité qui devait être inviolable : elle a transformé l'Eglise universelle en un amas de sociétés ennemies, qui ne laissent pas, dit M. Jurieu , d’être « unies au corps de l'Eglise chrétienne, « fussent-elles en schisme le« unes contre les autres « jusques aux épées tirées *. » C’est ainsi qu'il nous a formé le royaume de Jésus-Christ sur le mudete de celui de Satan. Les autres ont poussé à bout le prin-
* Soc. Tract, de .Vagûl. cant. Pal. t. il, p. h. ff'oisoÿ. iuttr. ad ulU. Uct. N. T. c. 4, i. t. i, p. 2^1, 290- Junut. adçu,rtt de Magist. Ibid. et teq. — * Sue. ad Chrûluph. Mont. Ëp. i, t. t, p. 4SS. fS'olsotj. comm in Lue. c. tf, v. t. I, p.ltri. ■ J Ëph. IV. 4, s. — ’ Prrjug. p. S. Par. liv.
cipe que ce ministre avait posé ; ils ne trouvent ce seul corj)s ni ce seul e,ej)rit de saint Poiil . qu'en s’accordant à compter |)oiir rien, par rapport au salut éternel , toutes les divisions sur les mystères ; ni V unité de h foi , quVn la fai.sant consister dans les plus vagues généralités, et en s’élevant mi-de«- 8US de toutes les décisions et interprétations de l'Eglise : ni enfin celle du l/aptênie, qu'en .xaiiv.*int généralement toutes les sectes où on le re<^it; sans remonter à la source d’où est dérivée cette eau s.v lutaire, et d’où tous les hérétiques l’ont emportée.
Que si maintenant on veut savoir comment nos indifférents sont disposés envers l’Eglise romaine, qui seule se tientàlatige de son unité primitive, il ne faut qu’entendre Strimésius que nous avons tant cité, ou plutôt .lean Bergius, un de ses auteurs, qui parle ainsi * • Si les papistes ne voulaient point nous
• obliger à leurs propres et particulières explications, « et qu'ils cessassent de nous juger sur cela , mais « qu'ils nous lais.sa.ssent jouir des paroles et des ex- « plications de Jésus-Christ, tout irait bien * : • c'est-à dire qu’t/ les faudrait recevoir du moins à titre (f infirmes >, comme on fait les sociniens (c.ar c’est de quoi il s’agissait), et les mettre par conséquent ou rang des vrais chrétiens, qui pourraient se sauver dans leur religion. Ainsi l'Eglise romaine pourrait avoir part à cette commune confédération des chrétiens, que l'on propose aujourd'hui sous le nom de tolérance , si , sans obliger personne aux interprétations qu'elle a revues de tout temps, elle voulait se eontenter d’une souscription générale, aux termes de l'Ecriture , qu’elle pourrait faire avec au.'isi i>eu de peine que les autres religions. Car encorequ'elle reconnaisse des traditions non écrites, tout le monde lui rend ce témoignage, qu'elle fait profession de ne rien admettre qui soit contraire à l’Ecriture: sou fondement étant oelui-cî, qu'il y a une parfaite uniformité dans tout ce qu’ont dit les apôtres, soit de vive voix, soit par écrit. Elle souscrit donc sans ditliculté, avec tout le reste des chrétiens, à l'Ecriture sainte, comme à un livre inspiré de Dieu et immédiatement dicté par leSaint- Esprit; et elle ne se trouve excluse de cette prétendue société, qu’à cause quelle est et sera toujours par sa propre constitution opposée à riiidifTéreiice des religions, et en un mot, comme parle .M. Jurieu, la plus intolérante de toutes les sectes chrétien' nes^.
De cette sorte ou voit clairement que ce qui rond cette Eglise si odieuse aux protestants, c’est principalement, et plus que tous les autres dogmes, sa sainte et inflexible iucompatibililé, si on peut parler de cette sorte; c’est qu’elle veut être seule, parce quelle se croit l'épouse, litre qui ne souffre point de partage; c'est qu’elle ne peut souffrir qu’on révoque en doute aucun de ses dogmes , parce qu’elle croit aux piomesseset à l’assi-stance perpétuelle du Saint-Esprit. Car c’est en efiet ce qui la rend si sévère , si insociable , et ensuite si odieuse
• 5/riin. Thcjnata. Theoloÿ. g î, p. SB- - * Jbid T' —
* Jur. Ltil. iHUlttr. aux fid de Parité tic.
SUR LES LETTRES DE M. iURlEU.
à toutes les sectes séparées, qui la plupart au conv niencemcnt ne demandaient autre chose sinon qu'elle vouldt bien les tolérer, ou du moins ne les pas frapper de ses anathèmes. Mais sa sainte sévérité et la sainte délicatesse de ses sentiments ne lui permettaient pas cette indulffence , ou plutôt cette mollesse; et sou inflexibilité, qui In fait haïr par les sectes schismatiques, la rend chère et vénérable aux enfants de Dieu ; puisque c'est par là qu'elle les affermit dans une foi qui ne change pas, et qu'elle leur donne l'assurance de dire en tout temps comme en tout lieu : Je crois l'Église catholique : parole qui ne veut pas dire seulement , je crois qu'il y a une Église catholique et une société où tous les enfants de Dieu sont recueillis; mais encore et ex* pressémeiit , je croisqu'iiyaune Église catholique et une société unique, universelle, indivisible, où la vérité de Jésus-Christ, qui est la vie et la nourriture des chrétiens , est toujours immuablement enseignée : ce qui eniportc non-seulement, je crois qu’elle est, mais encore, je crois sa doctrine, sans laquelle elle ne serait pas, et perdrait le nom d'Église catholique. Kt de même que Jésus-Cln ist disait hautement et sans craindre d'étre repris : Çui de vous me convaincra de péché 'J ce qui était un des caractères de sa divinité; ainsi l’Église catholique, sa vraie et unique épouse, appuyée sur sa protection et sur sa promesse , dit hardiment à toutes les sectes qui ont rompu avec elle : Qui de vous me convaincra d’avoir innové? Et c'est là ce qui rend sensible que Dieu e.«^t en elle. Car comme ce qui vérifie cette parole du Sauveur, Qui de vous me convainaa de péché? c'est qu'encore qu’un ait pu dire en général, Cet homme est un séducteur, et autres choses semblables ; dans le fait particulier on n'a jamais pu ni le convaincre d'aucune erreur dans sa doctrine , ni marquer avec tant soit peu de vraisemblance aucune irrégularité dans sa vie. De mé«nc , si on ose en quelque façon lui comparer son Église, soutenue de son secours et éclairée de son esprit, on a bien pu en général lui reprocher des innovations; mais on n'a jamais pu ni on ne pourra jamais lui démontrer, par aucun fait positif, ni qu'elle ait changé aucun de ses dogmes, ni qu'elle se soit jamais séparée du tronc où elle avait été insérée, ou lie la pierre sur laquelle elle avait été bâtie. Au lieu donc qu’elle n'a jamais vu naître de secte à qui elle n'ait pu dire aussitôt , hardiment et sans qu'on le püt nier : Voilà votre auteur, voilà votre date, et vous n'étiez pas hier ; en sorte qu'elle leur montre à toutes sur le front le caractère ineffaçable de leur nouveauté : personne n'a jamais pu et par conséquent ne pourra jamais lui montrer la même chose par aucun fait positif. Car elle a fait en tout temps et fait encore une si haute profession de ne jamais rien changer dans sadot'trinc, que pour peu qu'elle y eiU changé, ouqu’elle y changeât, elle ne pourrait soutenir son caractère, et perdrait tous ses enfants. C'est donc là le fondement inébranlable et la pierre sur laquelle est appuyée la
foi des humbles chrétiens; c'i'st que, par la constitution de l'Eglise où ils ont à vivre, la nouveauté dans la doctrine leur y est toujours sensible; et, comme nous l'avons dit, toujours réduite à ce fait constant : on croyait hier ainsi; et on varie dans la foi, si aujourd'hui ou ne croit de nréme. Sur ce fondement, il est clair que ne point vouloir varier et demeurer dans l'Église, c’est la même chose. C'est ce qui fait que l'Église ne varie jamais ; et la maxime contraire fait que les fau.sscs Églises , et en particulier la réformée, est exposée à varier toujours: puisque, dès qu'elle a trouvé un seul moment où elle est forcée d'avouer qu’il fallait changer la foi de ceux par qui on avait été instruit, baptisé, communié, ordonné, c'est-à-dire, la foi d'hier; elle n'a plus de raison de ne pus changer celle qu'elle ein* brasse aujourd'hui.
Aussi, lorsqu'on lui objecte des variations, on peut voir ce qu'elle répond. « Quand tout re que dit « M. de Meaux serait vrai, > qiiSTMl il aurait bien prouvé les variations de nos Eglisies , «• il n'aiirait « gagné, dit M. Rurnet que ce que nous lui accor- « dons, sans qu'il se donne la peine de le prouver;
• c'est que nous ne sommes ni inspirés ni infnilli-
• blés : nousn'y aspirâmes jamais. ■ Sur ce fonde-
j ment il conclut • que les réformés , après que leurs , « Confessions de foi ont été formées , s'y sont peut- « être attachés avec trop de roideiir, et qu'il sera
• plus facile de montrer qu'ils devaient avoir varié, « que de prouver qu'ils l’ont fait, et qu'ils sont blà- « niables en cela. • Voilà ce qu'a écrit M. Uurnel; et cela qu'est-ce autre chose, à parler franchement, que d'avouer qu'on n'a rien de fixe; et que, loin de s'étonner d'avoir varié, on s'étonne plutôt de n'avoir pas varié beaucoup davantage? Mais de là où tomhe-t-on , si ce n'est dans l'inconvénient marqué par saint Paul , de Jloiter comme des et\fanit et de tourner à tout vent de doctrine qui est la marque b plus sensible d'une âme égarée. Telle est pourtant la réponse, non-seulement do M. Rurnet, ce grand historien de la réforme , mais encore celle de M. Jurieu^, qui en est le principal défenseur; etafinque rien n'y manque, c’est encore celle de M. Basnage * : c'est, en un mot, celle de tous les protestants que nous connaissons, qui, en effet, ne peuvent rien dire de plus spécieux selon leurs principes: Quelle ryerveille que nos Églises aient varié, puisque nous ne les reconnaissons pas pour infaillibles? Comme s’ils disaient : Nous sommes une secte humaine, qui ne fonde sa stabilité sur aucune promesse de Dieu : quelle merveille que nous changions, et que nos propres Confessions de foi n'aient rien de fixe? Mais la conséquence va bien loin. On voit l'état présent de la réforme , et la pente de ces Églises prétendues, qui ont pour fondeinent.qu'il n'y a rien de vivant ni dépariant sur la terre, à quoi on doive s'assujettir en matière de religion. Lo socinianisme s'y déborde comme un torrent, sous le nom de tolérance; les mystères s'en vont les uns
• Bttrn C rit. tlt'$ Fût. p. 7, R. Ibid. - * Bph. IV, •♦. —
• Lett. & , 0, 7 r/ 8 (fr 108V. — * Batn. Rép. aw* Far. Pr</. etc.
< Joan. VIII, tS.
EXTRAITS DES LETTRES DK M, RURNET.
après les autres; la foi s'éleiiit. la raison humaine en prend la place, et on y toml)e à grands flots dans rindiffcrejice des religions. 11 n’y a qu’à écouter sur cela M. Jurieu,et le .synode de Roierdam : on en a vu les actes et les témoignages : on en voudrait revenir à retenir les esprits par l'autorité, et ou ne trouve que celle des princes qu'on puisse opposer à ce torrent; ce qui n’est lH>n qu'à tenir peut-être les langues un peu plus captives, et à faire couver sous la cendre un feu qui éclatera en son temps avec plus de force. Si ce parti d'indifférents pré> vaut parmi vous, et que cc torrent vous emporte, vous ii'aurez qu’à nous dire encore : Quelle merveille, que l'on varie parmi nous! nous n'étions pas infaillibles. Ceu\-là meme qui tâchent de vous redresser, varient d'une manière pitoyable. Dés que M. Jurieu entreprend de jusUtier les variatious, et d’en montrer d.iiis Tlvslise, le voilà visiblement emporte lui-même de l’esprit de variation et de vertige: l'immutabilité de Dieu , l'égalitc des IVrsounes ne tient plus; la foi de Nicée vacille, les fondements de la religion sont écroulés; raiitiquitc la plus pure ne les n pas connus : le ministre ne laisse rien en son entier, et tout fourmille d'erreurs dans ses écrits. Il trouve des e.\ccptious à l’Lvangile : la réforme n'a plus de ressource que dans l’autorité des princes; et M. Jurieu veut la contraindre à les recuiinaitre pour chefs, également maîtres de la religion cl del'fltat. Malgré ces nouveautés et ces erreurs, tous les synodes se taisent devant lui. Qui sait si ses sentiments ne prévaudront pas, ou si les tolérants, mal attaqués par un homme qui u’a ni priucipi'S ni suite dans ses discours, ne prendront pas le dessus.^ IS'importe; et quoi qu’il en arrive, il n'y aura qu'à nous dire : Nous n'etions pas infaillibles. Mais cela même, c'est avouer en d’autres termes que si on ne connaît point d'Église infaillible, on est exposé à changer sans Un , sans pouvoir trouver d'autre repos que celui de l'indifTcrence des religions. C’est ce qu'on avait pré^'u qui arriverait à la réforme : cent preuves invincibles le démontraient; et nous avons maintenant pour nous la plus claire comme la plus forte de toutes les preuves, c'est-à-dire, l’expérience. Que si ces variations et cette légèreté vous paraissent In suite inévitable de la doctrine qui ne connaît point rf^glise pour infaillible , et qu’il n'y ait point de milieu entre tourner a tout vent, et s’appuyer sur l'autorité des décisions ecclésiastiques, comme sur une pierre inébranlable , on voit où est le salut du christianisme. Je n'ai donc plus rien à dire. Que M. Jurieu réplique ou se taise, jegonlcral également le silence. Assezde gens le réfuteront dans son parti, si on y laisse la liberté de le faire; et il ne sera pas longtemps sans se réfuter lui-méine. Que dirais-je donc à un homme à qui la faiblesse de sa cause, autant que son ardente imagination, ne fournit que des idées qui s'effacent les unes h*s autres? Qu’il dogmatise donc , à la boane heure , et qu'il prophétise tant qu’il lui plaira ; Je laisserai réfuter se^ prophéties au temps, et sa doctrineà lui-même, et il ne me restera qu'à prier Dieu qu’il ouvre les yeux aux
protestants, pour voir ce signe d'erreur qu’il âève au milieu d’eux, dans rinstabillté de leur doctrine.