‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 85 sur 192 · DÉNOMBREMENT DE QUELQUES HERESIES · texte numérisé non relu

DÉNOMBREMENT DE QUELQUES HERESIES

Jésus-Christ, et par là trcs-éloigiié des sociniens. i

Mais comme il ne s'en éloignait que par dt's raisonnements, qu'il faisait en son esprit, sur TÉcriture , et qu'il voyait que les autres en faisaient de tout contraires, sans qu'aucune autorité qui fütsur la terre püt déterminer les esprits d'un côte plutôt que de l'autre, il ne voyait point par quel endroit il pouvait les condamner ni les exclure du salut , non plus que les autres sectes du christianisme. Alors donc il composa le petit livre De la Foi réduite à

justet bornes, où il est vrai qu'il donne à pleines voiles dans la tolérance universelle. Le reste de son histoire n'est |>as de ce lieu , non plus que le fameux détnôléqu'il eutavecM. Jurieu sur la matière de la grâce. M. Papin suivait la doctrine deson oncle M. Püjon : et, bon proti*stant qu'il était, il n'avait pas cru que l'autorité du synode d'Anjou fût sufilsante pour l'en détourner. Eu un mot , U donnait tout au raisounement; et il n'avait rien alors qui piUTem* pécher d'ouvrir une vaste carrière ù ses sentiments, ni dejouir du charme décevant quiaccompagnenaturcU lement cette liberté. Ce qu’il y avait pour lui de plus dangereux, c'est qu'il trouvait les plus beaux esprits de la réforme, et entre autres M. Biumet, dans la même opinion , comme on le va voir par les extraits de ses lettres. 11 allait donc devant lui dausle chemin de la tolcrmce, sans que rien le pd( retenir, jusqu'à ce qu’ayant aperçu que le principe de la réforme , qui le forçait à tolérer les socinieiis ennemis de la divinité de Jésus-Christ , le poussait encore plus loin, et qu'il fallait iié(tes.s;ureineiU étendre la tolérance au delà des bornes du ciiristianisine; eVst-a-dire, mettre le salut hors de Jésus-Christ et tolérer toute religion , ce qui était, à dire le vrai , n'en avoir aucune : à la vue de cet abîme, saisi de frayeur, il fit un pas en arrière. Il se mil à«nvLsager la sainte et inévitable autorité de l'Église catholique, U crut, ü se convertit: et maintenant il produit les lettres de M. Bumet , en témoignage aux protestants que s'il est tombé dans l'erreur de l’indilïérence jusqu’à l’excès qu'ona vu, il y a été conduit par leur principe, et con* Onné par l'approbation de leurs plus célèbres docteurs. Il produirait aisément beaucoup d'autres lettresde ses amis, que j'ai vues en original; mais il ne veut point leur faire de peine, ni les exposer à la redoutable colère de M. Jurieu : assuré, comme j’ai dit, que M. Bumet ne ic craint pas; et, d'ailleurs, ce docteur s'étant déclaré pour la tolérance aussi hautementqu'onra pu voir, ceu'est pas traliir un secret , que d'exposer ses sentiments aux yeux du public. Voici donc ce qu'il a écrit sur le livre De la Foi réduite à ses justes bornes :

De la lettre écrite à ta Haye te 3 septembre

Enfin Je vous souliaitc toute sorte de bonheur, mon cher ami. Pour votre anlagontste (M. Jurien), je ne doute pas qu’il fera tout ce qu'il pourra pour voua nuire; mais j’espère que ce sera sans elTel. J’ai vu le livret dont vous piirlez(/» FoiréduUe àscsjustes et je demeure

d’acourd eovH us enue, quoiqu'il y a quelque diose que

|>eut-ètre j'aurais rayé, si on m’avait consulté avant rim* pression; car il faut éviter de donner des prUe.s à ceux qui les chcrclient Encore une fois, je vous souliaite un û>n voyagi> et toutes surles de prospt'rités, et m’assure que vous vous somniidrcz quolt|ucruis de celui qui est, sans cérémouic et avec beaucoup de sincérité ,

Tout à vous, G. Bumct.

. M. Papin lui ayant envoyé le discours deStrimésius, si déclaré pour l'indifference, comme on l’a pu voir ci-desaus, M. Bumet lui fiteette réponse :

De ta lettre écrire à la Haye U 27 avril 1688.

J'ai va avec beaucoup de plaisir que M. Slrimésiiis a porté les principes de la tolérance cliiéltenne fort loin,

qui lui attirera peut-être la censure de tous les rigi* des : mais nous verrons comme il sera appuyé; car c’ut us CAS Tua nicae n’us box cubétiex et d'un rrand tiiio- LociEN , qu’il vient de faire, et vous avez raison de dire qu'il a porté la lolérai^e plus loin que u'a fait votre livre, etc.

Tout à vous, Bihnet.

Je ne crois pas que personne en drmaude davantage sur ce sujet. Au reste, quand M. Jurieu me reproche, dans le libelle qu'il a écrit contre .M. Papin, que je n’ai pas fait abjurer à ce ministre son socinianisme ni son pélagianisme, il ne songe pas que le symbole de Nicée est à la tête de la Profession de foi des catholiques; et qu'on y reçoit expressément la doctrine de la session vi du concile de Trente, où le socinianisme et le semi-pélagianisme sont de nouveau frappés d'anathème.

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