‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 86 sur 192 · DÉNOMBREMENT DE QUELQUES HÉRÉSIES · texte numérisé non relu

DÉNOMBREMENT DE QUELQUES HÉRÉSIES

PUisieurt qui se sont trouvés embarrassés des hérésies tant de fois nommées dans l'Histoire des Variations et dans les Avertissements, comme dans les autres livres de controverse, m’en ont demandé l'esplicat ion; et c'est pour les satisfaire que j’en fais celte description grossière , mais suffisante pour leur instruction.

I.CS roarcionites et les maniclièens croient deus premiers principes indépendants, l’un du bien et l’autre du mal; l'un créateur du monde corporel, l'autre des esprits; l’un du corps, l’autre de l'âme ; l’uii autour de l’ancien Testament, l'autre du nouveau; le corps de Jésus-Christ fantastique, et le mariage mauvais; le vin et beaucoup de viandes mauvaises par leur nature, etc.

Les paulianislcs et pliotinieiis croient Jésas- Christ un homme pur, et nient sa préexistence avant sa conception dans le sein de la Vierge : Paul de Samosatc, patriarche d’Antioche, et Photin, evéque de Sirmicb sont en divers temps les chefs

CONFÉRENCE AVEC M. CLAUDE

<ie c<tte hérésie. O'rinthus, Ebinn, et d’autrcMi, Avaient enseigné la même doctrine.

Novatien refusait à l'Église le pouvoir de re* mettre les péclit'-s.

Ia'S üunatisles rejetaient le baptême donné par les hérétiques* même dans la forme légitime* et croyaient que l'Église périssait par les vices de ses ministres.

Arius* prêtre d’Alexandrie , et les ariens iiiaierfl la divinité de Jésusd^hrist.

Ilacédonius, patriarche de Constantinople* niait celle du Saint-Esprit.

Le premier est condamné au concile de Nicée, et le second dans le concile de Constantinople.

Nestorius* patriarche de Constantinople* divisait la personne de Jesus-Christ* et niait que Dieu et l’homme fussent en lui une seuleet même personne* ce qui l'obligeait à nier que la sainte Vierge fût mère de Dieu. 11 est condamné dans le concile d’Kphésc , troisième général ou rcriiménique.

Eutychès* abbé de Constantinople, confondait les deux natures de Jésus-(ihrist, et disait ((u'il ne h était fait qu’une seule et même nature de sa nature divine et de l'humaine : lui et Dioscore* patriarche d'Alexandrie* qui le soutenait* furent condamnés au concile de Chalcédoine, quatrième général.

Aëriiis* prêtre arien* rejetait l’épiscopat, la prière pour les morts* et les jeûnes réglés, et quelques autres observances de l’Église, et il ajoutait ces erreurs a l'arianisme.

Pelage et les pélagiens niaient le péché originel, et ne reconnaissaient pas la nécessité de la grâce intérieure. demi-pclagiens, sans auteur certain, confessaient le péché originel , et ne niaient pas la nécessité de la grâce pour accotnplir l’œuvre de notre salut; mais ils disaient qu'elle se donnait selonles mérites précédents *etque l’homme commençait son salut de lui-même , sans la grâce. Ix*s pélagiens et demi-pélagiens sont condamnés par divers conciles particuliers* tenus à M<lévi*à Carthage, à Orange, etc., approuvé par les papes saint Innocent, saint Zozime* saint Célestin, et saint Léon.

Vigilance, réfuté par saint Jérôme, rejetait l’invocation des saints, et le culte de leurs reliques. Son hérésie s'est dissipée «relle-mêine

I.ps iconoclastes* ou briseurs d’images, ôtaient aux images de Jésus-CJirist , de sa sainte mère et des saints* le culte relatif* et les brisaient, selon leur nom. Ils furent comlamiics nu concile de Mcée 11* septième général.

Bérenger niait la présence réelle et la transsubstantiation. II est condamné par divers conctle.s, et par les papes Nicolas 11 et Grégoire VIL

Les albigeois renouvelaient les erreurs des manichéens* et les vnudois celles de Vigilance et d’Aérius* que les albigeois suivaient aussi. Tous niaient la primauté de l'Église romaine* qu’ils tenaient pour le sié^e de l'Antéchrist. Ils sont condamnés en divers conciles provinciaux et généraux, surtout par ceux de Latran II et IV.

Jean Viclef enseignait la même erreur, et niait la

transsubstantiation. S<'S erreurs , au nombre de quarante-cinq* ont été condamnées nu concile de Constance.

Jean Dus, condamné <nu même concile* blâmait la soustraction de la coupc. Viclef et lui soutenaient qu’on perdait toute dignité ecclésiastique et temporelle en |K*rd.int la grâce* et que les sacrements perdaient leur vertu entre les mains des pécheurs; ce que les albigeois et vaudois croyaient aussi.

Les bohémiens étaient disciples de Jean Dus* et se |>artageaient en diverses sectes.

Luther* entre autres erreurs, niait le changement du pain au corps.

Calvin niait la présence réelle; et l’iin et l’autre renouvelaient les erreurs de Vigilance, d’Aërius* des iconoclastes , avec beaucoup d’autres.

Les ubiquitaires croient Jésus-Christ présent partout* Mdonla nature humaine ; ils font le gros des luthériens.

Lelio et FausteSocin* Italiens* sont chefs d4's sociniens* qui ont ramassé toutes les erreurs; celles de Paul de Samosate, celles de Pelage, celles d’AërIus et de VIgilauee, celles de Bérenger* avec une infinité d’autres. Ils nient l’élernité des peines d’enfer, etc.

Arminius et les arminiens ont été séparés des calvinistes, et sont condamnés au synode de Dordrect* principalement pour avoir nié la certitude du salut et rinamis-sibilité de la justice. Ils sont fort suspects de soeîni.anisme; et* comme les so<‘iniens, ils penchent à l'indifférence des religions.

Les tolérants * répandus dans tout le parti protcsLint,sonldemêmcavis, et soutiennent que le magistrat n'a pas pouvoir de punir les hérétiques.

CONI'ÊUENCE AVEC M. CLAUDE

MlMSTRt l)K CHARE.>TON,

Page 1