‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 146 sur 282 · DUE A LA PAROLE · texte numérisé non relu

DUE A LA PAROLE

« che; qu'il nous fasse voir bientôt son ouvrage,

> s'il veut que nous le croyions ; qu'il nous fasse

• expérimenter quelque chose de scs desseins , et

• nous n'en douterons pas : • Festinet, et cito vt niât opus ejus, ut videamus : et appropirt, et ventât consHium Sancti Israël et sciemus illud '. Reconnaissez aujourd'hui vos sentiments dans la bouche de ces impies. Ne pensez- vous pas tous les jours : Ah! qui nous dira des nouvelles de cet avenir qu'on nous promet ? toujours attendre , toujours espérer , et cependant tout le présent nous échappe : Festinet , et cito veniat opus ejus. Le monde nous donne des plaisirs présentset Dieu nous remet à une autre vie. Festinet; ah! qu’il se dépêche , qu’H ne nous rejette pas A un si long terme : nous ne pouvons pas attendre si loin: Cito veniat opus ejus. Ah ! loin de nous ces discours profanes , loin de nous ce langage impie : Ipsum audite : Écoutez Jésus dans la parole de sa promesse; ne doutez pas, ne vous lassez pas : ah ! ne doutez pas , chrétiens , Dieu l’a dit , vous serez sauvés : Hic salvus erit.

Mais, chrétiens, ne vous lassez pas; il faut persévérer jusques à la fin : Qui persereraveril usque in finem. O justes, A fidèles, û enfants de Dieu , c’est ici la voix qu'il vous faut entendre. Ou êtes-vous dans cette assemblée? Il y en a , je n'en doute pas : ah ! (pie nous ne soyons pas assez malheureux qu'il n’y ait point de justes dans un si grand peuple : ô justes, c'est ù vous que je parle ; je vous parie sans vous connaître ; mais Dieu que vous connaissez et qui vous connaît, saura bien porter ma voix dans vos coeurs : Qui perseveraverit, hic salvus erit. Oui , c'est la parole qu'il vous faut entendre : Vox exullalionis et salutis in tabcmaculis justorum' : • Les cris d'al-

• légresse et du salut se font entendre parmi les - tentes des justes. - C'est cette parole dont II est écrit: • Mes brebis entendent ma voix1. C'est cette

• parole, dit saint Augustin, que nul des étran- ■ gers n’écoute , que nul des enfants ne rejette : • Hanc vocem non negligit proprius, non audit utienus *. Plusieurs écoutent Jésus-Christ dnus d'autres paroles; mais que celle-ci est entendue de peu de personnes! Celui-là est maintenant chaste, peut-être sera-t-il bientôt impudique : celui-là, lassé de ses crimes , les va expier par la pénitence, il écoute parler Jésus-Christ : mais, ô voix sacrée! fl parole de perséi érancc ! il ne t'entend pas; la tentation s’élève, il succombe; l'occasion se présente , il s'y laisse aller. O parole de persévérance! il ne t'entend pas; néon-

* Pt. ClVfl, 15.

* Joan. x , 27.

» In J on. Tr su . TT 13 , |. m, pari, n . n* I non

DE JÉSUS-CHRIST

moins c’est le sceau de l’obéissance. Écoutez-ln , 6 enfants de Dieu, et ne perdez pas votre couronne. La tentation vous presse ; ah! - persévérez jusques

* à In Un , parce que la tentation ne durera pas jus-

• ques à la fin : > Persévéra usquein fnem,quia tentalio non persévérât usque in Jinem '. Mais cet homme m’opprime par ses violences : Et adhue pusitlum , et non erit peecator’ : . Encore

• quelque peu de temps, et le pécheurne sera plus. • Mais que ce délai est ennuyeux ! - C'est l'Inflrmi-

* té qui vous fait paraître long ce qui est si court : > Infirmitas facit diu videri quod cito est >. - Il

• nous semble long quand il se passe ; mais lors- « qu'il sera achevé , c’est alors que vous sentirez « combien il était de peu de durée : • Hoc modicum lonqum nobisvidetur, quoniam adhucagitur : cum ftnitum fuerit , tune sentiemus quam modicum fuerit *.

Que si les promesses lie vous touchent pas , écoutez la parole de ses menaces : je n'en ni point parlé, parce qne l’intention de Notre-Seigneur n’est pas de nous montrer aujourd’hui rien qui soit terrible. Il n’est venu apporter que le salut : Non enim veni ut judicem mundurn 5 : - car je ne «suis pas venu ponrjnger le monde. - Mais enfin, contraint par nos crimes, [il nous fait avcrtir| defulrdovant la colère qui nous poursuit: fvgere. aventura ira6. • Cardéjà la cognée est mise àla

> raciue des arbres : » Jam enim securisad radicem arborum posita est r, ■ Qu'on jette , s'écrie- « t-il, ce serviteur inutile dans les ténèbres exté- « rieures : » Inutilem servum ejicitein tenebras exteriorcs *. O paroles terribles! Irritam quis faciens legem Mogsi, sine uita miserationc duobus vel tribus testibus moritur : quanta mugis putatis détériora mereri supplicia, qui Filium Deiconeulcaverit, etsanguinem testamenti pollutum duxerit in quo sanctifientus est, et Spiritui gratta: cantumeliam fecerilt : . Celui « qui a violé la loi de Moïse est condamné à mort ■ sans miséricorde, sur la déposition de deux ou « trois témoins : combien donc croyez-vous que « celui-là sera jugédigned’un plus grand supplice, « qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu , qui

* aura tenu pour une chose vile et profane le sang « de l'alliance par lequel II avait été sanctifié, et

> qui aura Tait outragea l’Espritde grâce? - Pour éviter toutes ces menaces , mes frères , écoutons le sauveur Jésus, croyons humblemeut ce qu'il

1 /« Joan. Tr. xlv, o* 13, I. m, part, ii.cul. aoo.

1 Pt. XXXVI, 10.

* 5. Auç. in Pt. xxxvi, S*rm. |, n* lu, l. iv, col ' In Joan. Trac, ci, lT 0, I. III , pari, il , col. 753.

Joan. xil, 47.

• Mattk. m , 7.

| : Ibid. 10.

' Ibid. XXV, -lo.

!* Hcbr. X,ï%, 29.

Sim LA PAROLE DE DIEU.

enseigne , suivons fidèlement ce qu'il commande, et nous aurons infailliblement ce qo'il promet, la félicité éternelle. Amen.

DEUXIÈME SERMON

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