‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 161 sur 282 · AUTRE CONCLUSION DU MÊME SERMON, PHËCHE DEVANT LE ROI · texte numérisé non relu

AUTRE CONCLUSION DU MÊME SERMON, PHËCHE DEVANT LE ROI

Mais si vous vous laissez gagner aux soupçons , si vous prenez facilement des ombrages et des défiances, prenez garde pour le moins, au nom de Dieu, de ne les porter pas aux oreilles importantes , et surtout ne les portez pas jusqu'aux oreilles du prince : songez qu'elles sont sacrées, et que vous les profanez trop indignement, forsque vous y portez ou les inventions d'une haine injuste, d'une jalousie cachée, ou les Injustes raffinements d'un zèle affecté. Infecter les oreilles du prince, ah! c'est un crime plus grand que d'empoisonner les fontaines publiques, et plus grand sans comparaison que de voler les trésors publics. Le grand trésor d'un État, c'est la vérité dans l'esprit du prince : et n’cst-ce pas pour cela que le roi David avertit si sérieusement en mourant le jeune Salomon, son fils et son successeur?

• Prenez garde, lui dit-il, mon fils, que vous ■ entendiez tout ce que vous faites, et de quel

• côté vous vous tournerez : • Ut intclligas universa guw facis, et guocumgue le vert cris •. Comme s’il disait : Tournez-vous de plus d'un côté, pour découvrir tout à l'entour les traces de la vérité , qui sont dispersées : elle ne viendra guère à vous de droit fil et d’un seul endroit; car les rois ne sont pas si heureux. Mais que ce soit vous-même qui vous tourniez, et que nul ne se joue à vous donner de fausses impressions : entendez distinctement tout ce que vous faites, et connaissez tous les ressorts de la grande machine que vous conduisez : Ut intelligas universa guœ facis. Salomon suivant ce conseil, à l’âge environ de vingt-deux ans, fit voir à la Judée un roi consommé; et la France, qui sera bientôt un État heureux par les soins de son monarque , jouit maintenant d'un pareil spectacle.

' III. Reg. h, 3.

SUR LE CULTE DU A DIEU

O Dieu , bénissez ce roi que vous nous avez donné! Que vous demanderons-nous pour ce grand monarque? quoi, toutes les prospérités? Oui, Seigneur; mais bien plus encore, toutes les vertus et royales et chrétiennes. Non , nous ne pouvons consentir qu'aucune lui manque, aucune, aucune : elles sont toutes nécessaires, quoi que le monde puisse dire, parce que vous les avez toutes commandées. Nous le voulons voir tout parfait , nous le voulons admirer en tout : c’est sa gloire , c’est sa grandeur qu’il soit obligé d ètre notre exemple ; et nous estimerions un malheur public, si jamais il nous paraissait quelque ombre dans une vie qui doit être toute lumineuse. Oui, sire, votre piété, votre justice, votre innocence, font la meilleure partie de la félicité publique. Conservez-nous ce bonheur, seul capable de nous consoler parmi tous les fléaux que Dieu nous envoie, et vivez en roi chrétien. Il y a un Dieu dans le ciel qui venge les péchés des peuples , mais surtout qui venge les péchés des rois. C’est lui qui veut que je parle niusi; et si Votre Majesté l’écoute, il lui dira dans le cœur ce que les hommes ne peuvent pas dire. Marchez, é grand roi, constamment sans vous détourner, par toutes les voies qu’il vous inspire; et n’arrêtez pas le cours de vos grandes destinées, qui n’auront jamais rien de grand, si elles ne sc terminent à l'éternité bienheureuse.

SERMON

POLI» LF. VENDREDI

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