‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 19 sur 282 · LE TELLIER · texte numérisé non relu

LE TELLIER

par une régie in violablc, ceux -là demeurent exclus de l'épiscopat qui ne veulent pas y arriver par des travaux apostoliques ‘ ! Car aussi comment pourrons-nous sans ce secours incorporer tout à fait à l’Eglise de Jésus-Christ tant de peuples nouvellement convertis , et porter avec confiance un si grand accroissement de notre fardeau? Ah! si nous ne sommes infatigables à instruire, à reprendre , à consoler, à donner le lait aux intirmes, et le pain aux forts, enfin à cultiver ces nouvelles plantes , et à expliquer à ce nouveau peuple la sainte parole , dont , hélas ! on s’est tant servi pour le séduire, « le fort armé chassé de sa demeure « reviendra * plus furieux que jamais , « avec sept « esprits plus malins que hii; et notre étatdevien- *« dra pire que le précédent* ! •» Ne laissons pas cependant de publier ce miracle de nos jours; faisons-en passer le récit aux siècles futurs. Prenez vos plumes sacrées, vous qui composez les annales de l’Église: agiles instruments - d’un prompt « écrivain et d’une main diligente3, v hâtez-vous de mettre Louis avec les Constantin et les Théodose. Ceux qui vous ont précédés dons ce beau travail racontent - qu’avant qu’il y eût des empe- « reurs dont les lois eussent ôté les assemblées « aux ltérétiques , les sectes demeuraient unies et « s’entretenaient longtemps. »• Mais, poursuit Sozomène, * depuis que Dieu suscita des princes « chrétiens, et qu’ils curent défendu ces eonven- « ticules , la loi ne permettait pas aux hérétiques ■» de s’assembler en public ; et le clergé , qui veil- « lait sur eux , les empêchait de le foire en particu- « lier. De cette sorte, la plus grande partie se réu- « nissait ; et les opiniâtres mouraient sans laisser ■ de postérité , parce qu’ils ne pouvaient ni com- « mu niquer entre eux , ni enseigner librement « leurs dogmes4. * Ainsi tombait l’hérésie avec son venin ; et la discorde rentrait dans les enfers, d’où

* Ce» damiers mots oui trait t la règle sollicitée par Bûasuct, el établie par le roi, de ne nommer aux évéchés que ceux qui auraient travaillé dons le ministère. ( L'abbé d * FauxrelUt. )

* Tune vadit, et assainit septem allos spiritus sérum , oequlores «*; et lngreshi habitant ibl : et fiunt novlasbna illius pejora prioribus. ( Lue. cap. xi, si, 24 , 25, 2o.)

* 1-lngua mea calamus scrlb* velodter scribenH». ( Pmi.

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