‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 211 sur 282 · STS · texte numérisé non relu

STS

SUR L’AUMONE

nescivit. C'est ce qu'il nous faut imiter, si nous voulons être enfants d’Abraham. • Seigneur, dit « Zachée a Jésus-Christ ; je vais donner la moi-

• tiède mes biens aux pauvres: » Dimidium bonorum meorum do pauperibus. Sur quoi Notre- Seigneur dit : Cette maison a reçu aujourd'hui le salut; « parce que celui-ci est aussi enfant d'A-

- braham : » Eo quod et ipse filius sit Abrahœ Servons donc les pauvres pour être enfants d’Abraham, et suivre les vestiges d’une telle foi : faisons nos affaires dans les calamités des autres; ne méprisons point nos semblables; [usons h leur égard d’une grande] condescendance ; [imitons l’apôtre , qui témoigne tant de charité et d'empressement pour les servir.]" Mnin-

• tenant, dit-il , je m'en vais a Jérusalem porter

■ aux saints quelques aumônes : car les Eglises

- de Macédoine et d’Achaïe ont résolu, avec

• beaucoup d’affection , de faire quelque part de

- leursbiens à ceux d'entre les saintsde Jérusalem

■ qui sont pauvres.... Je vous conjure donc, mes

• frères, par Jésus-Christ Noire-Seigneur, et par

- la charité du Saint-Esprit, de combattre avec

- moi par les prières que vous ferez à Dieu pour

• moi; afin qu’il me délivre des Juifs Incrédules " qui sont en J udée , et que les saints de Jérusalem

- reçoivent favorablement le service que je vais > leur rendre : • fiune igitur pmficiscar in Jérusalem minislrare sanctis. Probavcrimt enim Maeedonia et Achats collationem aliquam face re m pauperes sanctorum qui sunt in Jérusalem.... Obsecmergo vos,fratres, per Dominum nostrum Jesum Christum, et per charitatem sancti Spiritus, ut adjuretis me in orationibus restris pro me ad Deum; ut libérer ab infidelibus qui sunt in Judœa , et obsequii mei ob/atio accepta fiat in Jérusalem sanctis *.

Adoucir leurs esprits, calmer leurs mouvements impétueux : nul mépris , nul dédain ; Jésus- Christ en eux , les servir, vouloir leur plaire.

THOI&IÉME l'OI NT.

Le fonds [pour leur subsistance se trouvera dans le] retranchement des convoitises. Jesus-Cbrist est-il venu pour découvrir de nouveaux trésors, ouvrir de nouvelles mines, donner de nouvelles richesses? [non sans doute.] Les présents du Dieu créateur [suffisent]; mais les passions engloutissent tout : il les faut réprimer : c’est la grâce du Dieu sauvenr, du Dieu crucifié ; c'est le fonds qu’il assigne. Sa croix est le retranchement des passions : [elle doit opérer la] circoncision du cœur : [par le] baptême, [nous nous sommes engagés il] l'abnégation des pompes du monde.

' /.wr. VIX.S, S.

■ Hem vr, 25, 20, DO, DI.

Excès des convoitises [condamné par ces paroles du Sauveur] : CoUigite quœ superaverunt fragmenta ' : « Ramassez les morceaux qui sont « restés. »

• Retranchement nécessaire, autrement votre aumône n'est pas un sacrilice. [Retrancher] lo jeu, [ou l'on en voit qui deviennent] - subitement

* pauvres, ou dans un instant riches : » Subilo egentes , repente divites. - Leur état et leur for- « tune se cliangent avec la même volubilitéque les

* dés qu'ils jettent : ■ Singutis jactibus slalum mutantes; versatur enim eorum vila ut fessera.

* On s'y fait un jeu du danger, et un danger du « jeu : autant de mises, autant de ruines : » Fi ludus de pericuto, et de ludo periculum : quoi pmpasitiones , tôt proscription** ’. Le jeu, ou parunasscmblagemonstrueuxonvoitrégnerdans le même excès et les dernières profusions de la prodigalité la plus déréglée , et les empressements de l’avarice la plus houleuse : le jeu, où l’on consume des trésors immenses, ou on engloutit les maisons et les héritages ; dont l'on ne peut plus soutenir les profusions que par des rapines épouvantables : on fait crier mille ouvriers ; [on prive lemercenairede sa récompense ; ses domestiques, de leursalnlre ; ses créanciers, de leur bien] ;et cela s'appelle jouer : jeu sanglant et cruel où les pères et les mères dénaturés se jouent de [a vie de leurs enfants, de la subsistance de leur famille, [et de celle des pauvres].

Donnez libéralement : « Imitez dans l'opposé « la sangsue de Salomon : » Salomonis sanguis u gain in contrarium æmu/ato; n, (fer, affer; « Donnez, donnez. » Pourquoi tant de folles dépenses? pourquoi tant d'inutiles magnificences? amusement et vain spectacle des yeux , qui ne frit qu'imposer vainement, et à la folie ambitieuse des uns et à l’aveugle admiration des autres. Cuncta inter furorcm edentis et spectantis errorem , prodigâ etstu/td vnluptalum frustrantium vanitate depereunt \ Que vous servent toutes ces dépenses superflues? que sert ce luxe énorme dans votre maison , tant d’or et tant d’argent dans vos meubles ? toutes ceschoses périssent. Faites des magnificences utiles comme Dieu : il a orné le monde , mais autant d’ornements, autant de sources de bien pour toute la nature.

Châtiment contre ceux qui excèdent ces bornes. ('.olligite fragmenta ne perçant : - Ramas- - sez les morceaux , de peur qu’ils ne périssent. »

La destruction d'un tel ouvrage * crie vengeance devant Dieu : serait-elle impunie? Dieu dé-

1 Joan. VI, 13.

1 S. / imbr . lil». de Tolid. cap. XI, 1. 1, col. SOS, 003.

1 S. Cÿprinn. de Oper. et Eteenun. p. 211.

* l-'HlVpllal

SUR I/AUMONE

nonce sa colère ù tous les hommes qui seraient coupables de cette perte : chacun se détourne , chacun se retire. Quoi donc ! dans un si grand crime si public , si considérable , ne pourra- t-on trouver le coupable? Ah ! je vois bien ce que c'est: puisque nul ne lest en particulier, tous le sont en général. C'est donc un crime commun : en serait-il moins vengé pour cela? Au contraire, ne sont-cc pas de tels crimes qui attirent les grandes vengeances? Est-ce que Dieu craint la multitude? cinq villes toutes emQummées , le monde entier, le deluge. S’il arrive donc quelque grand malheur ne vous en prenez qu’à vous-mêmes. Ah! faitesvous des amis, « qui vous reçoivent dans les tn-

• bernacles étemels : -Qui recipianl vos in tclerna tabemacula '.

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