SUR LES MOTIFS
mais au contraire I humilité, la patience, quel baume! quel merveilleux adoucissement ! Quoi de plus doux que ce que dit Job : « Mes amis se « répandent en paroles contre moi; mais mes
• yeux fondent en larmes devant mon Dieu : *
I erbosi amici mei ; ad Dcum slillal ocidus meus1 ?Oul| je verse des larmes, mais c’est devant vous , c’est pour vous ; [ce sont des larmes] île confiance, de tendresse : c'est vous que je veux fléchir, de qui je veux m’attirer la compassion ; que me fait la pitié des hommes? Et cependant on veut être plaint : trop de faiblesse , amour-propre. « Mais, ô mon Dieu , ma misé-
• rtcorde*; • « vous, Seigneur, ayez eompassioo i de moi , et ressuscitez-moi : * Tu autem , Domine , miserere mcif et ressuscita me1.
Si vous vous adressez à lui , voici sa promesse : Ego scio cogitation es quas cogito super vos : » Je
• sais les pensées (pie j’ai sur vous; • vous ne les savez pas, mais je les sais. Cogitaliones pacisctnon afflictionis , ut drm vobis Jinem * : •* Ce sont des pensées de paix et non d aflliction, « pouç vous accorder la lin de ces maux ; » et si ce n’est pas si tôt , et patient ’iam , « la palience , » ce qui vaut mieux que la fin des maux; parce que» l’affliction produit la patience; la patience, •• l’épreuve; l’épreuve, l’espérance, laquelle ne » nous trompe pas*; » parce que » celui qui es- « pcrc en Dieu ne sera Jamais confondu6, » mais éternellement rendu heureux avec le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. Amen.
ABRÉGÉ D’UN SERMON
rnfcué a mf.vi’x
LF, JOUR DE PAQUES
Joie (lu etiriTiro : le» erilm reçue» , le» Rfiee» promise» ; deux Mijels de Hr ‘ju'll troose ru JS-sus-t :lirL't ressuscité, fjoieneineiil qu'il doit avoir de la Joie de» sens pour partiel* lier aux Jute» ( ' li ste..
Oaudetc in Domino Retaper ; ilerum dico , gautlclc.
Jiejotiixxeô-rnux xanx crxxe en yotrr-Sriynrur ; je lc dis rncoreunr/oix , rejouixxez-voux. Pltilipp. tr, 4.
Quel nouveau eomm andement ! peut*on commander de se réjouir? La joie veut nnitre de source, ni commandée, ni forcée : quand on possède le bien qu’on désiré, [elle coule J d'ellemême avec altondancc ; quand il manque , on
1 Job. xvi.st 1 Px. LVIII. IB- » Px. xi., it.
• Jerrw. xxtx , J ‘
» lion ». V, S. 4
• prrl It , 1 1
a beau dire : Réjouissez-vous ; eût-on itéré mille fois ee commandement, la joie ne vient pas. Et toutefois c’est un précepte de l’apôtre; [il le répète] trois fois dans cette épttre : • Au reste,
« mes frères, réjouissez-vous en Notre-Seigneur’: » Ici : « Réjouissez-vous toujours’; » et encore :
• Réjouissez-vous; » aux Tbessaloniciens : ■ Ré- ■ jouissez-vous toujours J. ■ Et de peur que vous ne croyiez que ee soit un précepte apostolique , Notre-Seigneur [ a dit avant l’apôtre] : Gavdete r{ rxultalr, quonium merers veslra copions est in caslis * : ■ Réjouissez- vous , et tressaillez de
• joie, parce, qu’une grande récompense vous est . réservée danslcscieux: -et il le répète souvent; et c'est le commandement de Jésus-Christ ressuscité. Tout est en joie dans l'Église. Je vous ai prêché la componction, qui est le sentiment qu'inspire Jésus-Christ crucifié; aujourd’hui [je vous prêcherai ] la joie que Jésus-Christ ressuscité [doit produire dans nos cœurs ]. Il ne faut pas toujours reprendre les vices, enseigner la perfection et les vertus : [Il est bon de proposer quelquefois une] « matière haute qui passe les
• sens , » quœexsupcral omnem sensum !. [C’est pourquoi je veux lécher de vous donner] un peu de ce goût céleste, par la gnlce du Saint-Esprit et l'intercession de la sainte Vierge.
Celui qui nous commande de nous réjouir, nous commande d’aimer; mais celui qui nous commande de nous réjouir toujours, nous commande d'aimer un objet toujours heureux , et d’aimer un objet toujours présent. [Et rien de plus raisonnable ;] car, hélas I peut- on être eu joie, si on ne possède un objet toujours heureux pour nous procurer une solide félicité, toujours présent pour s’unir à nous]? Cet objet, c’est Jésus- Christ ressuscité : toujours heureux , il ne meurt plus; toujours présent, il demeure en nous par la foi. Mais celui qui commande deux fois de se réjouir, semble avoir vu en Jésus-Christ deux sujets de joie pour ceux qui l’aiment : les gréées déjà reçues par Jésus-Christ ressuscité ; les gréées assurées et promises par sa résurrection ; les gréées de la vie présente, et celles qu'on espère dans la vie future : deux points.
razuies POINT.
Lajoie, dans son origine, devait être avec la sainteté. Dieu est une nature bienheureuse ; mais il est bienheureux, parce qu’il est saint : là donc
1 philipp. ta, l.
* Ibid. IV, ♦.
s |. Tkess. V. 16.
* Mutth. V, 13.
* Philipp. iv, 7.