‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 69 sur 282 · IÆ TROISIÈME DIMANCHE DE L AVENT · texte numérisé non relu

IÆ TROISIÈME DIMANCHE DE L AVENT

SUR LE EAUX HORREUR ET L’HCXtUTÉ CHRÉTIENNE.

Miseront Judæi ab Jerosolymis sacerdotes et (évitas ad eum, ut interrogarent eutn : Ta quis es?

Les Juifs envoyèrent de Jérusalem de s prêtres et des lé vîtes A Jean- Baptiste, pour lui demander : Qui êtes vous? Joan. i, 19.

Le Maître de l’humilité paraîtra bientôt sur la terre ; l’Église pour nous préparer au mystère de

» Htm. Il, 13.

L’HUMILITÉ CHRÉTIENNE. iOf

sa naissance , nous propose aujourd’hui l'exemplo admirable de la modestie de saint Jean-Baptiste : et par là nous devons apprendre que l’une des plus saintes dispositions que nous puissions apporter à recevoir Jésus-Christ naissant, c’est le mépris de ce faux honneur qui établit dans le monde tant de mauvaises coutumes et tant de maximes dangereuses.

La presse est au désert ; on y aborde de toutes parts : ■ Toute la Judée, dit l’évangéliste, et

• même la ville royale y accourt : . Omnis Judœœ regio et Jerosolymitœ universi On vient voir, on vient écouter, on vient admirer Jean- Baptiste comme un homme tout divin. Les peuples étonnés de sa vertu ne savent quel titre lui donner ; même celui de prophète ne leur semble pasassez grand pour lui *. Ils prennent saint Jean- Baptiste pour le Messie ; et je ne sais si ce n'est point encore quelque chose de plus glorieux, qu'en d'autres occasions on ait pris le Messie même pour un autre Jean-Baptiste Dans une si haute réputation , et d'nutant plus glorieuse qu'elle était moins recherchée, Jean-Baptiste demeure toujours ce qu'il est, c’est-à-dire toujours humble, toujours modeste. Il n’est rien de ce qu’on pense : il n’est point Elle, Il n’est point prophète; et bien loin d'être le Messie, il n'est pas digne, dit-il, de lui délier ses souliers : car il se sert même de cette expression basse , afin de se ravllir tout à fait; et cette main vénérable do laquelle le fils de Dieu a voulu être baptisé, cette main qu’il a élevée, dit saint Chrysostflme , jusques au haut de sa tête , n'ose pas même toucher ses pieds : Non sum dignus corrigiam catceameniorum solverei : .Je ne suis pas digne de

• délier le cordon de scs souliers. . Un tel homme sans doute nous est envoyé pour nous désabuser de l’honneur du monde. Il n'est personne qui n'expérimcntcjusquesàquel point il nous éblouit, et combien même il nous caplive. Qui n'a pas encore éprouvé combien le désir de l’honneur nous oblige à donner de choses à l’opinion et à l’apparence contre nos propres pensées? En combien d’occasions importantes lacraintcd’unblàmc injuste resserre un bon cœur? combien elle y étouffe de sentiments droits ? combien elle en affaiblit de nobles et de vigoureux? La suite de ce discours nous fera paraître bien d’autres excès où nous jette l’honneur du monde. Il importe donc au genre humain que cet ennemi soit bien attaqué , mais auparavant il fout le connaître.

Je parle ici de l'honneur qui naît de l'estime

1 «are. 1,3.

* lue. ni, 13.

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