E TROISIÈME DIMANCHE APRÈS L’ÉPIPIIANIE
Évangile ilu lépreux et du eentenirr. Matth. vin , |. y/arc l, 40. Luc. v. 11.
Deux sacrements : dans la guérison du lépreux, l'expiation du péché par la pénitence; dans lecentcnier, la prépnrotion à l'eucharistie.
Jésus en descendant de la montagne, ou il vient de publier tous les préceptes de la loi évangélique , nous apprend ht rémission des pèches. Après le précepte, la prévarication ;et par grâce, la rémission. Il ne souvient [guère] de songer aux bonnes oeuvres qui sont à faire , aux pèches qui sont à expier. * Nous devons cependant « travailler chaque jour à la rémission des péchés ■ que nous commettons sans cesse : » Sub quoti-
1 LU). IV, adv. Marriott, n* 21.
» llcbr. x, I.
)gle
SUR LA LÈPRE DU PÉCHÉ, me.
diana peccatorum remissione vivamus'. Dénombrement des péchés. Toute notre vie, inutilité : non-seulement paroles oiseuses ; mais tout oiseux : nous sommes l’oisiveté même. Je confesse vos péchés et les miens , ceux que la plupart du monde ne confesse pas. Venez donc a Jésus ; [ dites-lui] : « Si vous voulez, vous pouvez me • guérir : « Si vif, potes me mundare. [Il vous répondra] : * Je le veux , soyez guéris : > Yolo,
« mundare \ Quand le prêtre parle, Jésus parle : c'est lui qui dit : ■ Je le veux , soyez guéris : ■ Yolo, mundare.
Il lui défend de parler, il l'envoie aux prêtres « pour leur servir de témoignage : » In testimonium illis \ Ce n'est pas qu'il veuille que le peuple ignore ses merveilles et sa mission ; il veut qu'il les apprenne par la voie ordinaire établie de Dieu.
La cure du lépreux. La lèpre est une impureté : elle signifie le péché. ■> [Le pécheur ainsi . que le lépreux ] doit être condamné comme « Impur : » Immundiliæ condemnabitur1. On no traite pas de même tous les lépreux. La lèpre nouvelle et la lèpre invétérée. Les pécheurs ne doivent pas s'étonner si [on les traite] diversement. Médeelns qui ne discernent pas. Il faut savoir discerner entre la lèpre et la lèpre. Les elefs pour fermer et pour ouvrir. La communion avec discrétion : Et dixit Athersatha eis ut non cornederenl de sancto sanctorum, donec surgeret tacerdos dodus algue perfeelus 4 : • Le gouver- « ncur leur dit de ne point manger de viandes
■ sacrées, jusqu’à ce qu'il s’élevât un pontife
• doete et parfait. » « Un malade , dit saint Au- « gustin, reçoit d'autres préceptes pour traiter « sa maladie, que ceux qu’on lui donneen santé: » Secunda prœcepla œger accepit *.
* Tout homme infecté de la lèpre , qui avait . été séparé des autres par le jugement du prê- « tre, devait avoir ses vêtements décousus, la
■ tête nue, le visage couvert de son vêtement, « et devait crier qu’il était impur et souillé. Il
• était obligé de demeurer seul hors du camp , « pendant tout le temps qu’il était lépreux et
■ impur : • Quicumque maculatusfuerit lepra, etseparalus est ad arbitrium saccrdotis, habebil vestimenla dissuta, caput nudum, os veste eonlectum, contaminatum ae sordidumsc clamabit : solus habitabit extra castra Le pécheur doit être séparé de peur de la contagion :
» S. Auç. Strm. LV111, n° 6, t V, col. 339.
» Malth. VIII , 3.
* Levit. xlll , 8.
» I. Stdr. u , 63.
* Strm. uxxviii, n’7, 1. v, col. 473. Sern. ccexini , n' 3, OOi 1194.
> Lu». un, 14.4S.4S.
I c'est pourquoi la victime pour le péché [ s'immo- | lait ] « hors du camp : » Extra castra ' ; et Notre-Seigncur [a été crucifié ] « hors des portes « de Jérusalem : » Extra porlam 1 : excommunication que Jésus-Christ a soufferte.
Offeres ni u nus quod prœcepit Voijses 5 : « Vous > offrirez le don que Moïse a prescrit, » deux passereaux. On en immole l’un; on délivre l’autre , on le lâche en liberté, après avoir été trempé au sang de l'autre4. Jésus-Christ immolé; toute la nature vivante : elle est délivrée; mais il faut qu'elle soit trempée au sang de Jésus-Christ par la mortification. La vie délicieuse ne souffre pas qu'on soit trempé dans ce sang. Celle qui vit « dans les délices est morte , quoiqu’elle paraisse
• vivante : - Vivons, mort un est *.
Le lépreux était obligé de couper tous les poils, scs cheveux, sa barbe, ses sourcils. La lèpre s'attachait principalement aux cheveux et amx poils. ■ L’homme de la tète de qui les che-
• veux tombent, est chauve et pur : » Yir de cifjus capite capilti Jluunt, calvus et mundus est6 : c’était une marque. [Les poils sont] un superflu : le superflu retranché; c’est lé que les péchés s'attachent. Ne demandez pas ce qu’il faut retrancher : retranchez quelque chose, la lumière vous viendra pour retrancher toujours davantage. Retranchez par l’aumône ; retranchez tous les jours quelque chose é la vanité. On objecte toujours la bienséance : il faut couper même les sourcils et la barbe : il n’importe pas quand le visage sera un peu défiguré. Personne plus obligé aux aumônes que les lépreux purifiés , les pécheurs guéris.
Deux raisons pourquoi l’aumône ôte les péchés : 1° Le péché naturellement demande d'être puni par la privation de tout bien. Qui est ingrat et rebelle envers Dieu, mérite la soustraction de tous ses dons , et ne doit rien avoir dans son empire : il a abusé de tout Si l'on n’est pas effectivement privé, il faut compatir ù ceux qui le sont, souffrir avec eux : * Excr-
• cer la patience à l'égard des uns , et la misé-
• ricorde envers les autres : » Atios perpalientiam, atios per miscricoriliam ’.
2“ Par l’aumône on empêche les péchés des autres, une infinité de péchés où la pauvreté engage; péchés inconnus, incestes pour n’avoir point de lits, et autres abominations. Rien de meilleur pour expier nos péchés commis , que
' Levit. it, ai.
* Hebr. Xlll » 18.
» M ait h. vill, 4.
♦ Levit xiv, 4, b, 6,7.
| ‘ I. Tint. V, 6 ,
• Levit. XHt . 40.
' y S. Léo.
SUR LE MÉUNGE
d'empêcher que les autresn'en commettent. «La * charité couvre la multitude des péchés : - Cbaritas operit mu/titudinem peccatorum ' : nous avons besoin d'un remcdc qui en remetle et eu couvre plusieurs , car nous péchons sans cesse.
Aumône, excellente préparation pour la communion. Le don de l'aumône , préparation au dou sacré. Donner à Jésus-Christ , préparation à l'action par laquelle il sc donne à nous.
SERMON
po un