SI R L'UNITÉ DE L'ÉGLISE
Jamais pcusé. Invincibles envers toute autre puis- &uice , et toujours humbles devant le saint-siège , ils savent en quoi consiste la véritable hauteur. Ces princes , également religieux et magnanimes, n'ont pas moins méprisé que détesté les extrémités auxquelles on ue se laisse emporter que par desespoir et par faiblesse.
L'Eglise de F rance est zélée pour ses libertés1 : elle a raison; puisque le grand concile d'Éphèse nous apprend" que ces libertés particulières des Églises sont un des fruits de la rédemption , par laquelle Jésus-Christ nous a affranchis ; et il est certain qu’en matière de religion et de conscience , des libertés modérées entretiennent l'ordre de l'Église, et y affermissent la paix. Mais nos pères nous ont appris à soutenir ces libertés sans manquer nu respect; et loin d'en vouloir manquer, nous croyons au contraire que le respect inviolable que nous conserverons pour le saint-siège nous sauvera des blessures qu'on voudrait nous faire sous un nom qui nous est si cher et si vénérable.
Sainte Église romaine, mère des Eglises et mère de tous les fidèles, Église choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même fui et dans la même charité, nons tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles! - Si je t'oublie, - Église romaine, puissé-je m’oublier moi-même!
• que ma langue se sèche et demeure immobile « dans ma bouche, si tu n’es pas toujours la pre-
• micre dans mon souvenir, si je ne te mets pas
• au commencement de tous mes cantiques de ■ réjouissance : - Adhœreat lingua mca/aticibus tneis, si non memincro lui, si non proposucro Jérusalem in principio lodiliœ m(w'\
Mais vous, qui nous écoutez; puisque vous nous voyez marcher sur les pas de nos ancêtres , que reste-t-il, chrétiens, sinon qu'unis A noire assemblée avec une fidèle correspondance , v ous nous aidiez de vos vœux? - Souvent , dit un ancien « i’ere-, les lumières de ceux qui enseignent vien- « nent des prières de ceux qui écoutent : • Hoc accipil doclor quod meretur auditor. Tout cc qui se fait de bien dans l’Égliso, et même par les pasteurs , se fait , dit saint Augustin 4, par les secrets gémissements de ces colombes innocentes qui sont répandues par toute la terre.
Ames simples, âmes cachées aux yeux des hommes , et cachées principalement à vos propres yeux , mais qui connaissez Dieu et que Dieu connaît; ou êtes- vous dans cet auditoire, afin que
* Concil. Bitiir. cap. de Elect. I. Xt Concil. roi. 1018.
* Concil. F.phn. Ad. vil, t in Concil. col. 801.
' Pt. ex xxvi , ®.
« S. Pet. Chrytol. Serin. Ltxxvt.
* fl- fript. ront. ffonal. lit». |tl , n* 22, 21, f- IX , CO J. I1T,
je vous adresse ma parole? Mais sans qu’il soit besoin que je vous connaisse, ce Dieu qui vous connaît, qui habite en vous, saura bien porter mes paroles, qui sont les siennes, dans votre cœur. Je vous parle donc sans vous connaître, âmes dégoûtées du siècle. Ah! comment avezvous pu en éviter la contagion? comment est-ce que cette face extérieure du monde ne vous a pas éblouies? quelle grâce vous a préservées de la vanité que nous voyons si universellement régner? Personne ne se connaît, on ne connaît plus personne : les marques des conditions sont confondues, on se détruit pour se parer; on s’épuise à dorer un édifice dont les fondements sont écroulés, et on appelle se soutenir que d’achever de se perdre. Ames humbles, âmes innocentes, que la grâce a désabusées de cette erreur et de toutes les illusions du siècle, c’est vous dont je demande les prières : en reconnaissance du don de Dieu dont le sceau est en vous, priez sans relâche pour son Kglise : priez, fondez en larmes devant le Seigneur. Priez, justes; mais priez, pécheurs : prions tous ensemble; car si Dieu exauce les uns pour leur mérite, il exauce aussi les autres pour leur pénitence : c’est un commencement de conversion que de prier pour l'Église.
Pliez donc tous ensemble, encore une fois, que ce qui doit finir finisse bientôt. Tremblez à l’ombre même de la division : songez au malheur des peuples qui ayant rompu l’unité se rompent en tant de morceaux , et ne voient plus dans leur religion que la confusion de l’enfer et l'horreur de la mort. Ah ! prenons garde que ce mal ne gagne. Déjà nous ne voyons que trop parmi nous de ces esprits libertins, qui sans savoir ni la religion ni ses fondements, ni ses origines, ni sa suite, « blasphèment ce qu'ils Ignorent , et se corrom- « peut dans ce qu’ils savent : nuée.s sans eau , • poursuit l'apôtre saint Jude ‘ , docteurs sans doctrine, qui pour toute autorité ont leur hardiesse, et pour toute science leurs décisions précipitées : « arbres deux fois morts et déracinés, • morts premièrement parce qu’ils ont perdu la charité, mais doublement morts parce qu’ils ont encore perdu la foi ; et entièrement déracinés , puisque , déchus de l une et de l’autre, ils ne tiennent à l'Église par aucune fibre : ■ astres errants « qui se glorifient dans leurs roules nouvelles et écartées, sans songer qu'il leur faudra bientôt disparaitre. Opposons à ces esprits légers, et à ec charme trompeur de la nouveauté, la pierre sur laquelle nous sommes fondés, et l'autorité de nos traditions où tous les siècles passés sont renfermés, et l’antiquité qui nous réunit à l’origiue
' J od. Kl, 12.