P*. XII
1 Ibid. ♦.
1 Rom. vil , 24
« Ibid. 2:.-
POUR UNE VÊTURE
rison. Il est vrai ([ne tu éprouves deux sortes de maux : les uns qui piquent, les autres qui flattent; mais Dieu a disposé, par sa providence, que les uns servissent de remède aux autres ; je veux dire , que les maux qui blessent servent pour modérer ceux qui plaisent; les douleurs, pour corriger les passions ; les afflictions de la vie, pour nous dégoûter des vaines douceurs, et étourdir le sentiment des plaisirs mortels. C’est ainsi que Dieu se coudult envers scs enfants , pour purifier leurs afleetious. Impin/juatus est dilectus, et recalcitravit ' : • Son bien-nimé s'est engraissé,
. et il a regimbé contre lui. « Dieu l’a frappé , dit l'Écriture, et il s'est remis dans son devoir, et il l'a cherché des le matin : Cum occident cos quœnbant eum, et recertebantur, et diluculo veniebant ad eum ’.
Telle est la conduite de Dieu ; c’est ninsi qu’il nous guérit de nos passions , et c’est sur cette sage conduite que la vie religieuse a régie la sienne. Peut-elle suivre un plus grand exemple? peut-elle se proposer un plus beau modèle? Elle entreprend de guérir les 5 mes, pur la méthode infaillible de ce souverain médecin. Elle châtie le corps avec saint Paul’; elle réduit en servitude le corps par les saintes austérités de la pénitence, pour le rendre parfaitement soumis à l'esprit. Que cette méthode est salutaire! Car, ma soeur, je vous en conjure, jetez encore un peu les yeux sur le monde , pendant que vous y êtes encore : voyez les déréglements de ceux qui l'aiment; voyez les excès criminels oit leurs passions les emportent. Ah ! Je vois que le spectacle de tant de péchés fait horreur à votre innocence. Mais quelle est la cause de tous ces désordres? C'est sans doute qu’ils ne songent point à donner des bornes à leurs passions : au contraire , il les traitent délicatement; ils attisent ce feu, et ses ardeurs s'accroissent jusqu'à l'infini; ils nourrissent ces bêtes farouches, et ils n’en peuvent plus dompter lu fureur; ils flattent en eux-mèmes l’amour des plaisirs, et ils le rendent Invincible par leurs complaisances.
Mes sœurs, que votre conduite est bien plus réglée. Bien loin de donner des armes à cet ennemi , vous l'affaiblissez tous les jours par les veilles, par l'abstinence et par l’oraison; vous tenez le corps sous le joug, comme un esclave rebelle et opiniâtre. J'avoue que la nature souffre beaucoup dans cette vie pénitente ; mais ne vous plaignez pas de cette conduite : cette peine est un remède ; cette rigueur, qu'on tient à votre égard, est un régime. C'est ainsi qu'il vous faut traiter,
< rvu(. x»ii , is.
1 Pt. I.VXYll, 10.
I I. Cor. ix , 17.
IW'F.T. — T. III.
ô enfants de Dieu, jusqu'à ce que votre santé soit parfaite. Cette convoitise , qui vous attire ; ces maux trompeurs, dont je vous parlais, qui ne vous blessent qu'en vous flattant , demandent nécessairement cette médecine. Il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous en aurez à corriger : il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous serez au milieu des biens , où il est dangereux de sc plaire trop. Si ces remèdes vous semblent durs, • ils s'cxcu- « sent, dit Tertullien, des maux qu’ils vous font,
■ par l’utilité qu’ils vous apportent : « Emotumento curationis, offensant sui excu-tant ’. Soumettez-vous, ma sœur, puisqu’il plaît à Dieu de vous appeler à ce salutaire régime. Commencezen aujourd’hui l'épreuve avec la bénédiction de l'Eglise; embrassez de tout voire cœur ces austérités fructueuses, qui, ôtant tout le goût aux plaisirs des sens, purifieront votre intelligence, pour sentir plus vivement les chastes voluptés de l'esprit. En combattant ainsi votre corps , vous épurerez vos affections , vous remporterez la victoire. Mais de peur que vous ne vous enfliez par ces grands succès, accoutumez-vous à l'humilité par l’amour de la vie cachée : c’est ma dernière partie.
TBOISItllK rOINT.
Il ne sera pas dit, chrétieus, qu'en ce jour dédié à la sainte Vierge, elle soit passée sous silence; et la cérémonie qui nous assemble en ce lieu , m'ayant fait porter ailleurs mes pensées dans le reste de ce discours, je me suis du moins réservé de vous la proposer dans ce dernier point comme le modèle de la vie cachée. Combien elle a vécu solitaire! combien elle a été soigneuse de sc retirer! Vous le pouvez juger aisément par le peu que nous savons de sa sainte vie ; et les actions particulières de cette Vierge incomparable ne seraient pas , comme elles sont , si fort inconnues , si l’amour de la retraite ne les avait couvertes d'un voile sacré , et n'en avait fait un mystère. Qui vous a poussé, ô divine Vierge, à vous cacher si profondément? qui vous a inspiré unsi grand amourdceetteobseuritémystérlcusc, dans laquelle votre vie est enveloppée? Je pense, pour moi , chrétiens , que ç'a été sa [Hideur. Et ufin que vous entendiez quelle est cette pudeur merveilleuse, dont la sainte Vierge nous donne l'exemple. Je remarquerai en peu de paroles qu’il y en a de deux sortes. Si la chasteté a sa pudeur, l'humilité a aussi la sienne. Ces deux vertus chrétiennes ont cela de commun entre elles, que toutes deux craignent les regards : elles croient
1 De PattU. il* lu.
os
POUR l NB VÊTIIRE.
toutes deux perdre ipu*l(|uc chose de leur intégrité et de leur force , quanti clics s'abandonnent à la vue des hommes; et c'est pourquoi toutes ileux aiment la retraite, et embrasseut la x ie cachée.
Pour ce qui regarde la chasteté; je ne puis mieux vous exprimer combien elle y est délicate , que par ces beaux mots de Tcrtullicn : fera et intact i mra viryinitas, ait mugis limcl quam semelipsam; eliam feminarum oculos pâli non mil ' : » ta» virginité, nous dit-il, quand elle •• est entière et parfaite , I cru et Iota et para, ne • craint rien tant qu'elle-lnémc ; telle est sa dé-
- Ileatesse quelle appréhende même les yeux des « femmes : - etium feminarum oculos non vuU. C'est pourquoi elle se cache avec soin ; se réservant tout entière aux regards de Dieu , qui sont les seuls qu elle ne craint pas : voilà le portrait nu naturel de la pudeur virginale. Mais celle de l'humilité n'est ni moins tendre ni moi us délicate : au contraire, elle semble encore plus timide, elle ferme la porte sur soi pour n'étre point vue, selon le précepte de l’Évangile ■ ; elle ne craint pas seulement les regards des autres; mais encore elle appréhende les sieus : elle cache à la gauche ce que fait la droite 5 ; et elle se retire tellement en Dieu, quelle ne se voit pas elle-même. C’est pourquoi saint Paul nous lu représente dans une posture admirable, ■ oubliant, dit-il, ce qui est
- derrière, et s'étendant au devant de toute sa « force : • Qute guident rctro sunt oblivisccns, ail en veiv qtue suai priora extcmlcns meipsum*. C'est la vraie posture de l'humilité, qui porte ses regards bien loin devant sol, par In crainte qu'elle a de sc voir soi-même ; et qui considère toujours ce qui reste à faire pour n’étre jamais flattée de ce quelle a fait. Puisqu'elle se cache A sa propre vue, jugez de là, chrétiens, combien les regards des autres peuv ent offenser sa modestie.
Ces vérités étant supposées , venons maintenant a la sainte Vierge. Si vous la voyez retirée, aimant le secret et la solitude ; si peu accoutumée à la vue des hommes, qu'elle est même troublée à l'abord d'un ange : c’est la pudeur de la chasteté , qui lut donne cette retenue. Car les vierges, dit saint Bernard, qui sont vraiment vierges, ne sont jamais sans inquiétude, sachant quelles portent un trésor céleste dans uu fragile v aisseau de terre ; ou si les corps des v ierges , puriDés cl ennoblis par la chasteté, méritent un nom plus noble, mettons que ce soit uu cristal ,
1 Di F iry, vvland. «• 15.
1 hl’tllh. Vl.fi.
- Ibid. a.
* Phiiipp. in, la.
il est toujours une matière fragile, Thesaunm in vasit JictUibus '. C’est pourquoi elles sc tiennent sur leurs gardes, pour éviter ce qui est a craindre; toujours elles craignent où toutes choses sont en sûreté : lit limenda caveant, et mut tuta pertimcscunt * ; et appréhendant partout des embûches, elles se font un rempart du silence, du recueillement et de la retraite. Belle et admirable leçon pour toutes lesfllleschréticnnes;niais leçon peu pratiquéedans nos jours, ou, bien loin d'aimer la retraite , elles ont peine A trouver des places assez éminentes pour se mettre en vue. Qui pourrai) raconter tous les artifices dont elles se servent, pour attirer les regards? et encore, quels sont ces regards? et puis je en parler dans cette chaire? Non; c'est assez de vous dire, que les regards qui leur plaisent ne sont pas des regards indifférents : ce sont de ces regards ardents et avides qui boivent A longs traits, sur leurs visages, tout le poison quelles ont préparé pour les cœurs; ce sont ces regards qu’elles aiment.
Mais n’entrons pas plus avant dans cette matière, et contentons-nous de leur dire ce que Tcrtullien pense d'elles. Elles rougiront peut-être d'apprendre ce que ce grand homme ne craint pas de nous assurer; et je leur dirai après lui, que de s’attirer de tels regards, ou même s'y exposer avec dessein : si ce n'est pas s'abandonner tout A fait , c'est du moins prostituer son visage : Totaux faciem proslilucre3. Je leur laisse A méditer cette parole , que la modestie de la chaire ne me permet pas d'exprimer dans toutesa force: aussi bien ne touche-t-elle pascelleà qui je parle. Grâce A la miséricorde divine , Invocation qu’elle embrasse la met à couvert de cette honte ; elle se jette dans un monastère où, pour exclure les regards trop hardis, on bannit éternellement les plus modestes. Courage , ma chère sœur, fortifiezvous dans cette pensée ; et entrez avec joie dans un monastère, où vous trouverez le plus haut degré de la pudeur virginale , selon cette belle sentence , qui semble être prononcée pour les car mélites, et qu'un historien ecclésiastique a recueillie de la bouche du grand saint Martin:
* que le triomphe de lamodestiect lndernicrc per- - fcction de l'honnêteté dans votre sexe , c'est de
• ne se laisser jamais voir : » Prima virtuset consummala Victoria est non videri*.
Si la pudeur de la chasteté doit vous faire aimer la retraite, celle de l'humilité vous y oblige Leaucoup davantage : c'est ce qu’il faut encore
> It. Cor. IV . 7.
1 S. ttrn i. sitp. Mi 'MO ni , Ihm. III , o* 9, t. I, OOl. 7*7.
1 De t'rrg. r el. n® 17.
• Sulp. Sev. Dm/, il , 12.
POUR UNE VETU RE
montrer, en un mot , par l'exemple de la sainte Vierge. lorsque tou te In Judée accourt à son Fils, étonnée de ses prédications et de ses miracles, elle ne se mêle pas dans scs actions éclatantes , elle demeure enfermée dans sa maison ; et depuis le temps bienheureux de la manifestation de Jésus-Christ, à peine parait-elle une ou deux fois dans tout l'Evangile. Au reste, durant trente années qu’elle le possède toute seule, elle ne se vante pas d’un si grand bonheur; elle garde partout le silence ; et nous voyons bien dans l'histoire sainte, qu'elle écoute attentivement ce qui se disait de son Fils, qu'elle l’admire en ellemême, qu'elle le médite en son cceur;mais nous ne lisons pas qu’elle en parle , si ce n'est à sa cousine sainte Élisabeth, à laquelle elle ne pouvait se cacher; pareequ’ila plu ou Saint-Esprit de lui révéler le mystère.
Ne voyez-vous pas, chrétiens, cette pudeur de l'humilité, qui se sent comme violée par les regards et par les louanges des hommes? Imitez un si grand exemple; et croyez que, pour plaire A l'Époux céleste, vousne pouvez jamais êtretrop cachés ; que si vous en demandez la raison, je vous dirai , en peu de paroles , qu'il est un amant jaloux. Il est ordinaire aux jaloux de cacher soigneusement ce qu'ils aiment, afin de le réserver tout entier A leur coeur avide, que le moindre soupçon de partage offense A l’extrémité. Jésus, votre amant , est jaloux d'une jalousie extraordinaire : car il n’est pas seulement jaloux, si vous avez pour les autres quelque complaisance; mais il est si sévère et si délicat , qu'il se pique si vous en avez pour vous-même. * Si la droite liait « quelque bien , que la gauche , dit-il , ne le sache » pas ■. » Il demande tout votre amour pour lui seul ; et tellement pour lui seul , que vous-même , tant il est jaloux , ne devez point entrer dans ce partage. Pour satisfaire A sa jalousie, vous ne sauriez vous chercher, ma sœur, une trop profonde retraite. Cachez-vous avec Jésus-Christ , dans la sainte obscurité de cette clôture ; et pour être entièrement selon son cœur, arrachez du vôtre, jusqu'à la racine, tout le désir de paraître et de plaire au monde.
Unauteur profane a écrit, au rapport de saint Augustin, que les grands et les puissants de la terre, et, pour user de son mot, les princes, c'est-à-dire , les personnes de votre naissance et de votre rang, devaient être nourries parlagloire: principem civilatis ntendiim esse gloria *. Et moi au contraire , je vous dis , ma sœur, que le mépris de la gloire doit être votre nourriture ; que vous devez effacer de votre mémoire toutes les
■ Matth. n,a.
■ De Civil. Dri, Hh v, cap. xill, t. vu, col. 130.
marques de grandeur : et afin que vous commenciez à les oublier, je ne vous parlerai plus ni des titres illustres qui sont si bien dus à la grandeur de voire maison , ni des avantages glorieux de votre naissance. Je n’ignore pas néanmoins, que" j’en pourrais parler plus librement A une personne qui les quitte et qui les foule aux pieds; et qu’on peut en discourir de la sorte, pour en inspirer le mépris. Mais cette manièredétournée d’en parler en les rabaissant, ne me semble pas encore assez pure pour la prise d'habit d'une carmélite. Il est des passions délicates que l’on réveille, non-sculemcnt quand on les chatouille, mais encore quand on les pique et quand on les choque ; il vaut mieux les laisser dormir éternellement, et qu Une s’en parle jamais, parce qu'on ne peut les rabaisser de la sorte, suas en rappeler les Idées. Ainsi l’on imprime Insensiblement ce que l’on voulait effacer, et l'on réveille quelquefois la vanité qu'on pensait détruire.
Aussi ai-je remarqué dans les saintes Lettres, que l'Esprit de Dieu , qui les a dictées , parle aux épouses de Jésus-Christ des avantages de la naissance, avec une précaution admirable. Il ne les avertit pas seulement de les mépriser, Il veut qu’elles en perdent jusqu'au souvenir : « Écou- ■ tez , ma fille , et voyez , et oubliez votre peuple « et la maison de votre père 1 ; - nous montrant , par cette parole, que le remède le plus efficace contre ces douces peusccs qui flattent l'ambition et la vanité, dnns la partie la plus délicate et la plus sensible , c’est de n’y faire plus de réflexion , et de les ensevelir, s'il se peut , dans un oubli éternel.
Pratiquez cette leçon salutaire :etsi vous jetez les yeux sur ceux dont vous tenez la naissance, que ce soit pour contempler leurs vertus; que ce soit pour considérer cette conversion admirable où tous les intérêts politiques cédèrent A la force de la vérité, et furent sacrifiés si visiblement A la gloire de la religion ; que ce soit pour vous fortifier dans la piété par l'exemple de cette héroïne chrétienne qui vous a donné plus que la naissance, et qui n'aurait rien désiré avec tant d'ardeur sur la terre que de vous voir aujourd'hui renaître, s'il avait plu à la Providence qu’elle eût été présente A cette action. Mais que dis-je? elle la voit du plus haut des cicux ; et si la félicité dont elle y jouit est capable de recevoir de l'accroissement, vous la comblez d'une joie nouvelle. Suivez sa dévotion exemplaire ; et comme Dieu l’a choisie pour remettre la vraie foi dans votre maison, tâchez d'achever un si grand ouvrage. Vous savez, ma sœur, ce que je veux dire; et
' Fi. xuv.ii. le.
POUR UNE VfiTURE.
quelque illustre que soit cette assemblée, on ne s’qperçoit que trop de ce qui lui manque. Dieu veuille que l'année prochaine la compagnie soit complète , que ce grand et invincible courage se •laisse vaincre une fois; et qu’après avoir tant servi, il travaille enlln pour lui-même*! Votre exemple lui peut faire voir que le Saint-Esprit agit dans l’Église avec une efficace extraordinaire; et du moins sera-t-il forcé d’avouer que dans le lieu ou il est, il ne se verra jamais un tel sacrifice.
Mais il est temps, ma sœur, de vous la laisser accomplir; votre pieté s’ennuie de porter si longtemps les livrées du monde et les marques de sa vanité. J’eutends que vous soupirez après cet heureux habit que l’Église va bénir pour vous. Vous aurez cet honneur extraordinaire, de le recevoir par les mains de cet illustre prélat qui représente ici, par sa charge, la majesté du siège apostolique, et qui en soutient si bien la grandeur par scs vertus éminentes. J’ose dire qu’il vous devait oet office : il fallait que Rome , où vous êtes née , s’intéressât par ce moyen à l’exemple de piété que vous donnez à Paris. Entrez donc dans cette clôture avec la sainte bénédiction de ce très-digne archevêque : mais souvenez-vous éternellement que , dés le premier pas que vous y ferez , vous devez renoncer de tout votre cœur jusqu'au moindre désir de paraître, et prendre pour votre partage la sainte et mystérieuse obscurité en laquelle il a plu à Notre-Seigneur que sa divine mère fut enveloppée.
Madame**, la grandeur qui vous environne empêche sans doute Votre Majestéde goûter cette vie cachée qui est si agréable aux yeux de Dieu , et qui nous unit si saintement au Sauveur des âmes. Votre gloire , déjà élevée si haut, a reçu encore un nouvel éclat, où nos expressions ne peuvent atteindre. Car qui pourrait dire , madame, combien il est glorieux d'avoir contribué, avec tant de force , à pacifier éternellement ccs deux puissantes maisons qui semblent ne se pouvoir quitter, tant elles se sont souvent embrassées ; qui semblaient ne se pouvoir joindre, tant elles se sont souventdésunies, et que nous voyons maintenant réconciliées par cet admirable traité qui nous promet enfin la paix immuable, parce que jamais il ne s'en est fait, où le présent ait été réglé par des décisions plus tranchantes, ni où l'aveuir ait été prévu avec des précautions plus sages : tant a été pénétrant ce noble génie, que Votre Mgj esté nousaconservé, par une si constante
* 1* personnage pour lequel l'orateur forme ici de* verux rst I** maréchal de Tu renne , dont on espérait la conversion, mai* qui ne flt son al ij un lion qu’en iflfW.
( Un de t'enaille*. )
•• A la reine mère.
et si diarltable prévoyance, comme l'Instrument nécessaire pour achever un si grand ouvrage?
Mais , madame * , que dirai-je maintenant de vous? et que trouverai-je dans cet univers qui égale votre majesté? Que peut-on s'imaginer de plus grand que d’être i’épouse chérie du premier monarque du monde , qui s’est arrêté pour l’amour de vous nu milieu de ses victoires, et qui , vous ayant préférée à tant de conquêtes infaillibles , ne laisse pas de confesser, qu'encore ne vous a-t-il pas assez achetée?
Parmi tant de gloire , mesdames , ce que j’appréhende pour Vos Majestés, c’estquc vous n’ayez point assezde part â l’humiliation de Jésus-Christ. C’est ce qui vous doit obliger de vous retirer souvent avec Dieu , de vous dépouiller à ses pieds de toute cette magnificence royale , qui aussi bien ne parait rien à ses yeux , et là de vous couvrir humblement In face de la sainte confusion de la pénitence. C’est trop flatter les grands , que de leur persuader qu’ils sont impeccables : au contraire il faut qu'ils entendent que leur condition relevée leur apporte ce mal nécessaire , que leurs fautes ne peuvent être presque médiocres. Dans la vue de tant de périls, Vos Majestés, mesdames, doiveut s'humilier profondément. Tous les peuples vous admireront , tous les peuples loueront vos vertus dans toute l’étendue de leurs cœurs. Vous seules vous vous accuserez, vous seules vous vous confondrez devant Dieu , et vous participerez, parce moyen, aux opprobres de Jésus-Christ, pour participer à sa gloire, que je vous souhaite éternelle. Amen.
SERMON
POUR UNE VÊTURE, prêché