AUX NOUVELLES CATHOLIQUES
Dr quelle manière l'homme peut se revêtir de Jesus-O-.rivt. Combien étonnant l'anéantissement «lu Verbe : précieux, avantages que nous en recueillons. D'ou vient les hommes ont-ils tant de peine à modérer leurs désirs. Résistance qu'ils opposent aux leçons que Jésus-Christ leur a données, pour les réformer : son exemple Infiniment propre à confondre leur liberté licencieuse. Caractères de la vraie liberté. Comment la voie étroite eut-elle une voir large. Utilité des contrainte* de la vie religieuse. Epreuve nécessAire pour ne pas s'y engager témérairement Vertu* dont doit être ornéa une véritable religieuse. »
Induimini Dominum Jesvm Chrisium.
Bevêtex vous de Notre-Seigneur Jésus-Christ, flou», xui, ! 4.
Ne vous persuadez pas, ma trcs-chère sœur, que la cérémonie de ce jour ne soit qu’un simple
* A la reine régnante.
POUR UNE VÊTURE
changement d’habit Une telle cérémonie no mériterait pas d'étre sanctifiée par la parole de Dieu, et l'Église notre sainte mère ne voudrait pas employer scs ministres à une chose de si peu d’imporlance. Mais comme vous quittez un habit que le siècle tâche de rendre honorable par le luxe et par les vanités, afin d'en prendre un autre, qui tire tout son ornement de la modestie et de la pudeur; ainsi devez- vous penser qu'il faut
• vous dépouiller aujourd'hui du vieil homme et
• de ses convoitises , afin de vous revêtir du nou-
• veau , qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ , créé
• selon la volonté de Dieu , » comme dit l’apôtre aux Éphésiens : Induite novum hominem , qui secumlum Deum creatus est ■ . C’est à quoi vous exhorte saint Paul , dans le texte que j'ai allégué ; et encore que cette parole s'adresse généralement A tous les fidèles, il me semble que c’est A vous qu’il parle en particulier , et qu’il vous dit, avec sa charité ordinaire : « Revêtez-vous, « ma sœur, de Notre-Seigneur Jésus-Christ : • fnduirnini Dominum nostrum Jcsvm Christum. C'est ici la bienheureuse fournée en laquelle le fils de Dieu se fit homme, afin de nous faire des dieux. Réjouissez-vous donc en Notre-Seigneur, et revêtez-vous de celui qui a daigné aujourd’hui se revêtir de notre nature.
Peut-être vous me demanderez de qnelle sorte cela se peut faire , et comment l’homme se peut revêtir de Notre-Seigneur Jésus-Christ? C'est ce que je tâcherai de vous exposer, avec l'assistance divine , par une méthode facile et familière. Mais ne pensez pas , ma très-chère sœur , que j’ose me promettre, de ma propre suffisance, l'explication d'un si haut mystère. Je ne suis ni assez téméraire pour l’entreprendre , ni assez intelligent pour l'exécuter. A Dieu ne plaise que , dans cette chaire, je vous propose une autre doctrine que celle de l’Évangile! j'irai sous la conduite du grand apôtre saint Paul , qui sera notre prédicateur. Voici de quelle sorte ce saint personnage parle dans son Èpitre aux Philippines : • Ayez , *■ dit-il, mes frères, ayez cette même affection
- en vous-mêmes , qui a été en Notre-Seigneur
- Jésus-Christ : » Hoc senlite in vobis, quod et in Christo Jesu ’ : c’cst-A-dire : Prenez les sentiments du Sauveur ; soyez tous envers lui comme il a été envers vous ; que ce qu'il a fait pour votre salut soit le modèle et la règle de ce que vous devez faire pour son service : ainsi vous serez revêtus du Sauveur, quand vous serez imitateurs de sa charité. Considérons donc quels ont été les sentiments du Fils de Dieu dans le mystère de l’incarnation, et après Imprimons les mêmes pen-
1 Rphct. IV. 34.
• Philipp. tl , 6.
sées en nous-mêmes, et nous serons revêtus de Notre-Seigneur Jésus-Christ , scion le commandement de l'apôtre.Cestleprécisde cet entretien : Dieu le fasse fructifier, par sa grâce , A l’édification de nos âmes?
PBEUIEB POINT.
Qui dit Dieu , dit un océan infini de toute perfection : tons ses attributs divins sont sans bornes et sans limites. Son immensité passe tous les lieux, son éternité domine sur tous les temps : les siècles ne sont rien devant lui , ils sont comme le jour d’hier qui est passé , et ne peut plus revenir : Tanquam dies hesterna qua prœtcriil, chantait le prophète David '. Si vous demandez ce qu'il est , il est impossible qu'on vous réponde. Il est , personne n’en peut douter, et c'est aussi tout ce qu’on en peut dire : * Je suis celui qui est, c’est
• celui qui est qui te parle, > disait-il autrefois A Moïse ’. Je suis , n'en demande pas davantage : c’est parce qu’ilest impossible dedéflnirni de limiter ce qu'il est. Il n’est rien de ce que vous voyez ; pareequ’il est le Dieu et le créateur de tout ce que vous voyez : il est tout ce que vous voyez; parce qu’il renferme tout dans son essence infinie. Elle est une et Indivisible; mais il n’y a aucune multitude qui puisse jamais égaler cette unité admirable. Auprès de cette unité toutes les créatures disparaissent, et s'évanouissent dans le néant. Ce que je viens de vous dire , fidèles , et ce qu’il est impossible que je vous explique , c’est le Dieu que nous adorons, loué et glorifié aux siècles des siècles. VoilA ce qu'est le Fils de Dieu par nature ; voyons , je vous prie , ce qu’il et devenu par miséricorde et par grâce.
Certes, je vous l’avoue , chrétiens , quand j’entends cette trompette, ou plutôt, ce tonnerre de l’Évangile, ainsi que l’appellent les Pères : ln principio crut Vcrbum 5 : « Au commencement « était le Verbe , et le Verbe était en Dieu , et le - Verbe était Dieu : c’est lui qui était en Dieu
• au commencement ; toutes choses ont été faites « par lui ; en lui était la vie : • quand j’entends , dis-je, ces choses, mon âme demeure étonnée d’une telle magnificence. Mais lorsque , passant plus loin dans la lecture de cet évangile , je vols que ce Verbe a été fait cliair, et Verbum caro factum est * , je ne suis pas moins surpris d’un si grand anéantissement. O Dieu, dis-je incontinent en moi-même , qui l'eut jamais pu croire , qu'un commencement si majestueux dût avoir une fin qui semble si méprisable, et que, d’une