‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 189 sur 243 · SR PANEGYRIQUE DE SAINT THOMAS DE CANTORBF.HY · texte numérisé non relu

SR PANEGYRIQUE DE SAINT THOMAS DE CANTORBF.HY

même temporel quoique modéré , afin de combattre le monde par ses propres armes, pour attirer ou réprimer les âmes infirmes par les choses qui ont coutume de les frapper. Cet éclat , ces secours, ces soutiens externes de l’Église, empêchent peutêtre le mondede l’attaquer, pour ainsi dire, dans ses propres biens , dans cette divine puissance, dans le rouir même de la religion; et ce sont, si vous voulez , comme les dehors de cette sainte Sion, de cette belle forteresse de David, qu'il ne faut point laisser prendre ni abandonner, et moins encure livrer à ses ennemis. D’ailleurs, comme le monde gagne insensiblement, quand saint Thomas n’aurait fait qu'arrêter un peu son progrès, le dessein en est toujours glorieux. Voila une défense invincible , et sans doute on ne pouvait pas répandre son sang pour une cause plus juste.

Mais si le monde nous presse encore , s'il convainc un si grand nombre d’ecclésiastiques de faire servir ces droits à l'orgueil , cette puissance à la tyrannie, ces richesses à la vanité ou à l'avarice ; si cette apologie et notre défense n’est que dans notre bouche et dans nos discours, et non dans nos mœurs et dans notre vie : ne dira-t-on pas qu'u la vérité notre origine était sainte, mais que nous nous sommes démentis nous-mêmes , que nous avons tourné en mondanité la simplicité de nos pères, et que nous couvrons du prétexte de la religion nos passions particulières ? N’est-ce pas déshonorer le sang du grand saint Thomas, faire servir son martyre à nos tntéréts, et exposer aux derisiuns injustes de nos ennemis

la cause si juste et si glorieuse pour laquelle il • immolé sa vie?

Fasse donc ce divin Sauveur, qui a établi le clergé pour être la lumière du monde, que tous ceux qui sont appelés aux honneurs ecclésiastiques, en quelque degré du saint ministère qu’ils aient été établis, emploient si utilement leur autorité, qu'on loue àjnmais le grand saint Thomas de l’avoir si bien défendue; qu'ils dispensent si saintement, si chastement les biens de l'Église, que l’on voie par expérience la raison qu’il y avait de les conserver par un sang si pur et si précieux . Qu’ils maintiennent la dignité de l’ordre sacré par le mépris des grandeurs du monde, et non pour la recherche de ses honneurs; par l’exemple de leur modestie, plutôt que par les marques de la vanité ; par la mortification et la pénitence, plutôt que par l’abondance et la délicatesse des enfants du siècle : que leur vie soit lediflcatlon des peuples ; leur parole, l’instruction dessi mpk's ; leur doctrine, la lumière des dévoyés ; leur Vigueur et leur fermeté , la confusion des pécheurs; leur charité, l’asile des pauvres; leur puissance, le soutien des faibles; leur maison, la retraite des affligés; leur vigilance, le salut de tous. Ainsi nous réveillerons dans l’esprit de tous les fidèles cette ancienne vénération pour le sacerdoce ; nous i rons tous ensemble , nous et les peuples que nous enseignons, recevoir avec saint Thomas la couronne d’immortalité qui nous est promise. Au nom du Père , et du Fils, et du Saint Esprit. Amen.

riy dfs r.vxÉov niQL'ES.

MEDITATIONS SUR L’EVANGILE

lettre

firriip aux relijûeiiM»* de la Visitation de Sainte-Marie de Meaux , en leur adressant ces Méditations sur l'Kvang lie

Je vous adresse, mes filles , ces Méditations sur l’Évangile, comme à celles en qui j’espère qu’elles porteront les fruits les plus abondants. C’est pour quelqiiep-unes de vous qu elles ont été commencées ; et vous les avez reçues avec tant de joie, que ce m'a été une marque qu'elles étaient pour vous toutes. Recevez-lesdonc, comme un témoignage de la sainte affection qui m'unit à vous, comme étant d’humbles et véritables filles de saint François de Sales, qui est l’honneur de l’épiscopat et la lumière de notre siècle.

Je suis, dans le saint amour de Notre-Seigneur, Mes filles,

Votre très-affectionné serviteur, f J. Bénigne, évêque de Meaux.

A Meaux, ce 0 Juillet 1095.

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