‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 30 sur 243 · VERTU · texte numérisé non relu

VERTU

ni vos éclairs, ni ccttc majesté redoutable devant laquelle les plus hautes montagnes s'écoulent comme de la cire : je vois seulement une chair meurtrie et du sang épanché avec violence, et une mort Infâme et cruelle, une croix et une couronne d’épines : c'est tout votre appareil de guerre; c’est tout ce que vous opposez a vos ennemis. Justement, certes, justement; et en voici la raison solide, que je vous prie, chrétiens, de considérer.

C’est honorer l’orgueil, que d’aller contre lui par la force; il faut que l’infirmité même le dompte. Ce n’est pas assez qu’il succombe , s’il n'est contraint de reconnaître son impuissance; il faut le renverser par ce qu’il dednigne le plus. Tu t’es élevé, A Satin , tu t’es élevé contre Dieu de toute ta force : Dieu descendra contre toi armé seulement de faiblesse , afin de montrer combien il se rit de tes téméraires projets. Tu ns voulu être le Dieu de l'homme; un homme sera ton Dieu : tu ns amené In mort sur la terre; la mort ruinera tes desseins : tu ns établi ton empire en attaehaut les hommes à de faux honneurs, à des richesses mal assurées, à des plaisirs pleins d’illusion; les opprobres , la pauvreté, l’extrême misère, la croix en un mot détruira ton empire de fond en comble. O puissance de la croix de Jésus !

Les vérités de Dieu étaient bannies de la terre, tout était obscurci par les ténèbres de l’idolâtrie. Chose étrange, mais très-véritable ! les peuples les plus polis avaient les religions les plus ridicules; ils se vantaient de n’ignorer rien, et ils étaient si misérables que d’ignorer Dieu. Ils réussissaient en toutes choses jusqu’au miracle : sur le fait de la religion, qui est le capital de la vie humaine, ils étaient entièrement insensés. Qui le pourrait croire, fidèles, que les Égyptiens , les pères de la philosophie ; les Grecs , les maîtres des beaux-arts; les Romains, si graves et si avisés, que leur vertu faisait dominer par toute la terre : qui le croirait, qu’ils eussent adoré les bêtes, les éléments , les créatures inanimées, des dieux parricides et incestueux; que non-seulement les fièvres et les maladies, mais les vices les plus infâmes et les plus brutales des passions eussent leurs temples dans Rome? Qui ne serait contraint de dire, en ce lieu, que Dieu avait abandonné à l’erreur ces grands mais superbes esprits, qui ne voulaient pas le reconnaître ; et qu’ayant quitté la véritable lumière , le Dieu de ce siècle les a aveuglés, pour ne voir pas des choses si manifestes?

Et le monde et les maîtres du monde, le diable les tenait captifs et tremblants sous de serviles religions, desquelles néanmoins ils étaient jaloux , non moins que de la grandeur de leur

1)E LA CHOIX DE JÉSUS-CH1UST

république. Qu'y avait-il île plus méchant que leurs dieux? quoi de plus superstitieux que leurs sacrifices? quoi de plus impur que leurs profanes mystères? quoi de plus cruel que. leurs jeux , qui faisaient parmi eux une partie du culte diviu? jeux sanglants et dignes de bêtes farouches, ou ils soûlaient leurs faux dieux de spectacles barbares et de sang humain. Cependant tant de philosophes , tant de grands esprits que le bel ordre du monde forçait a reconnaître l'unique divinité qui gouverne toute la nature, encore qu'ils fussent choqués de tant de désordres, ils n’ont pu persuader aux hommes de les quitter. Avec leurs raisonnements si sublimes , avec leur éloquence toute-puissante, ils n’ont pu désabuser les peuples de leurs ridicules cérémonies et de leur religon monstrueuse.

Mais sitôt que la croix de Jésus a commencé de paraître au monde, sitôt que l’on a prêché la mort et le supplice du Fils de Dieu ; les oracles menteurs sc sont tus, le régne des idoles a été peu à peu ébranlé ; enfin elles ont été renversées : et Jupiter, et Mars, et Neptune, et l'Égyptien Scrapis, et tout ce que l’on adorait dans la terre a été enseveli dans l’oubli, le monde a ouvert les veux pour reconnaître le Dieu créateur, et s’est étonné de son ignorance. L’extravagance du christianisme a été plus forte que la plus sublime philosophie. La simplicité de douze pécheurs sans secours, sans éloquence, sans art, a changé la face de l'univers. Ces pécheurs ont été plus heureux que ce fameux Athénien *, à qui la fortune , ce lui semblait , apportait les villes prises dans des rets. Ils ont pris tous les peuples dans leurs filets, pour en faire la conquête de Jésus-Christ, qui ramène tout il Dieu par sa croix.

Car vous remarquerez , chrétiens , que tandis qu’il a conversé parmi nous; encore qu’il fit des miracles extraordinaires, encore qu’il eût à la bouche des paroles de vie éternelle, il a eu peu de sectateurs : scs amis mêmes rougissaient souvent de se voir rangés sous la discipline d’un maître si méprisé. Mais est-il monté sur la croix , est-il mort à ce bois infâme, quelle affluence de peuples accourent à lui 1 O Dieu, quel est ce nouveau prodige? Maltraité et mésestimé dans la vie, il commence û régner après qu’il est mort. Sa doctrine toute céleste, qui devait le faire respecter partout, le fait attacher û la croix, et cette croix infâme, qui devait le faire mépriser partout, le rend vénérable û tout l’univers. Sitôt qu’il a pu étendre les bras , tout le monde a recherché scs embrassements. Ce mystérieux grain de froment n’est pas plutôt tombé dans la terre, qu’il s’est multiplié par sa propre corrup-

* Timothée, (ils «le Conon. Plut. Pii. parait.

tion. Il ne s’est pas plutôt élevé de terre , que selon qu’il l’avait prédit en son Évangile, «lia attiré « à lui toutes choses ’ , - et a changé l'instrument du plus infâme supplice en une machine céleste, pour enlever tous les coeurs : c'est-à-dire , que le Sauveur est tombé delà croix au sépulcre ; et par un merveilleux contre-coup, tous les peuples sont tombés à ses pieds.

Voyez cette affluence de gens qui , de toutes les parties de la terre , accourent à la croix de Jésus; qui non-seulement sc glorifient de porter son nom , mais s’empressent a imiter scs souffrances, à être déshonorés pour sa gloire, a mourir pour l'amour de lui. Si quelqu'un parmi les anciens méprisait la mort, on admirait cette fermeté de courage comme une chose presque inouïe. Grâce à la croix de Jésus, ces exemples sont si communs parmi nous, que leur abondance nous empêche de les raconter. Depuis qu'on a prêché un Dieu mort, la mort a eu pour nous des délices : on a vu la vieillesse la plus décrépite et l’enfance la plus imbécile , les vierges tendres et délicates y courir comme à l'honneur du triomphe. C’est pourquoi on disait que les chrétiens étaient un certain genre d’hommes destines et comme dévoués à la mort. La croix toute-puissante avait familiarisé avec enx ce fantôme hideux, qui est l’horreur de toute la nature. Le monde s'est plutôt lassé de tuer que les chrétiens n’ont fait de souffrir; toutes les inventions de la cruauté se sont épuisées pour ébranler la foi de nos pères ; toutes les puissances du monde s’y sont employées. Mais , ô aveugle fureur, qui établit ce quelle pense détruire ! c'est par la croix que le roi Jésus a résolu de conquérir tout le monde : c'est pourquoi il imprime cette croix victorieuse sur le eorps de ses braves soldats, en les associant à ses souffrances ; c’est par là qu’ils surmonteront tous les peuples; ils désarmeront leurs persécuteurs par leur patience; les loups a la fin deviendront agneaux, en Immolant les agneaux à leur cruauté.

Il faut que la croix de Jésus soit adorée par toute la terre : son empire n'aura point de bornes , parce que sa puissance n'a point de limites ; elle étendra sa domination jusqu'aux provinces les plus éloignées , jusqu'aux lies les plus Inaccessibles, jusqu’aux nations les plus inconnues. Quelle joie en vérité, fidèles, de voir et Barbares et Grecs , et les Scythes et les Arabes , et les Indiens et tous les peuples du monde, faire tous ensemble un nouveau royaume, qui aura pour sa lot l’Évangile, et Jésus pour son chef, et la croix pour son étendard I Rome même , cette ville

I 1 JottH &II , 23.

Sllft LA VEUT U

superbe, après s’étrc si longtemps cuivrée du sang des martyrs de Jésus; llome, lu maîtresse, baissera la tête; elle portera plus loin ses conquêtes par la religion de Jésus, qu’elle n’a fait autrefois par ses armes; et nous lui verrons rendre plus d’honneur au tombeau d’un pauvre pécheur, qu'au temple de son Romulus.

Vous y viendrez aussi , 6 Césars! Jésus crucifié veut voir abattue à scs pieds la majesté de l’empire. Constantin , ce triomphant empereur, dans le temps marqué par la Providence, élèvera l'étendard de la croix au-dessus des aigles romaines. Par la croix, il surmontera les tyrans; par la croix , il donnera la paix à l’empire ; par In croix , il affermira sa maison : la croix sera son unique trophée, parce qu'il publiera hautemeut quelle lui a donné toutes ses victoires.

Certes, je ne m'étonne plus, ô Seigneur Jésus, si, peu de temps avant votre mort, vous vous treriiez avec tant de joie que votre heure glorieuse approchait , et que - le priuce du monde allait - être bientôt chassé '. » Je ne m’étonne plus si je vous vois dans le palais d’Hérode, et devant le tribunal de Pilate , avec une contenance si ferme, bravant pour ainsi dire la pompe de la cour royale et la majesté des faisceaux romains , par la générosité de votre silence. C'est que vous sentiez bien que le jour de votre crucifiement était pour vous un jour de triomphe. En effet , vous avez triomphé, A Jésus! et vous menez en triomphe les puissances des ténèbres captives et tremblantes après votre croix. « Vous avez surmonté le monde, • nou par le fer, mais par le bois : » Donnât orbrin, non ferra, sctl ligna'. Car il était bien digne de votre grandeur • de vaincre la force par

■ l’impuissance , et les choses les plus hautes par

■ les plus abjectes, et ce qui est par ce qui n’est . pas, comme parle l’apôtre1 * 3, et une fausse et » superbe sagesse, par une sage et modeste folie. . Par ce moyen , vous avez fait voir qu’il n’y avait rien de faible en vos mains, et que vous faites des foudres de tout ce qu'il vous plaît employer.

Mais ne vous dirai-je pas, chrétiens, une belle marque que nous a donnée Jésus-Christ, pour nous convaincre très-évidemment que c'est la croix qui a opéré ces merveilles? C'est que sous le règne de Constantin , dans le temps que la paix fut donnée à l'Église , que le vrai Dieu fut reconnu publiquement par toute la terre, que tous les peuples du monde confessèrent la divinité de Jésus; la croix de notre lion Maître, qui n'avait point paru jusqu'alors, fut reconnue par des miracles extraordinaires , dont toute l’antiqui té s'est

1 Joan. xii, 31

» S Auy. in UT, n* 12, t. IT, col. GOfl.

* I. Cor. | , 27, 28.

glorifiée. Elle fut exaltée dans un temple auguste a la gloire du Crucifié, et a fa consolation des fldeles. Est-ce par un événement fortuit que cela s’est rencontré dans ce temps? une chose si illustre est-elle arrivée sans quelque ordre secret de la Providence? Ah! ne le croyez pas, chrétiens. Et quoi donc? C'est que tout a fléchi sous le joug du Sauveur Jésus. Les puissances infernales sont confondues; tout le monde vient adorer le vrai Dieu dans l'Église, qui est son temple, et par Jésus-Christ, qui est son pontife.

Paraissez, paraissez, il est temps, ô croix , qui avez fait ces miracles I c'est vous qui avez brisé les Idoles; c'est vous qui avez subjugué les peuples; c’est vous qui avez donné la victoire aux valeureux soldats de Jésus, qui ont tout surmonté par la patience. Vous serez gravée sur le front des rois; vous serez le principal ornement de la couronne des empereurs; vous serez l’espérance et la gloire des chrétiens, qui diront avec l'apôtre saint Paul , • qu'ils ne veulent jamais se glorifier, « si ce n’est en la croix de Notre-Selgneur Jésus- ■ Christ ; . à cause que la croix , par la bienheureuse victoire qu elle a remportée en faisant éclnter la toute-puissance divine , a aussi répandu sur nous les trésors de sa miséricorde : c’est ce qui me reste à vous dire en peu de paroles.

secoxd rotjrr.

Ce nous est, à la vérité, une grande gloire de servir un Dieu si puissant qu'est celui que nous adorons; mais c’est particulièrement sa miséricorde qui nous oblige à nous glorifier en lui seul. Qui ne se tiendrait infiniment honoré de voir un Dieu si grand, qui met sa gloire i nous enrichir? Et n’est-ce pas nous presser vivement de mettre toute la nôtre àJc louer? c'est ce que fait la miséricorde. Ce Dieu , qui , par sa toute-puissance, est si fort au-dessus de nous, lui-môme par sa bonté daigne sc rabaisser jusqu'à nous, et nous communique tout ce qu'il est par une miséricordieuse condescendance. Avouons que cela touche les cœurs , et que s'il est glorieux à la toute-puissance de faire craindre la miséricorde, il ne l'est pas moins à la miséricorde de ce qu'elle fait aimer la puissance.

Car, certes , il y a de la gloire à se faire aimer ; c'est pourquoi le grave Tertullicn nous enseigne que . dans l'origine des choses , Dieu n’avait que « de la bonté, et que sa première inclination, c’est « de nous bien faire : « Dette a primonlio tantum bonus'. Et la raison qu’il en rend est bien évidente , et bien digne d’un si grand homme : car pour bien connaître quelle est la première des inclinations, il faut choisir celle qui sc trouvera

'Advenus Marcion, üb. H, n* II, p. 402.

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DE LA CROIX DE JESUS-CHRIST

la plus naturelle , d’autant que la nature est le principe de tout le reste. Or, notre Dieu , chrétiens, a-t-il rien de plus naturel que cette inclination de nous enrichir par la profusion de scs grâces? Comme une source envoie ses eaux naturellement, comme le soleil naturellement répond scs rayons ; ainsi Dieu naturellement fait du bien. Étant bon , abondant , plein de trésors infinis par sa dignité naturelle , il doit être aussi , par nature , bienfaisant, libéral, maguifique.

Quand il te punit, ô impie, la raison n’en est pas en lui-même; il ne veut pas que personne périsse. C'est ta malice , c’est ton ingratitude qui attire son indignation sur ta tête. Au contraire , si nous voulons l’exciter à nous faire du bien , Il n'est pas nécessaire de chercher bien loin des motifs : sa nature , d'elle-même si bienfaisante , lui est un motif très-pressant , et une raison qui ne le quitte jumais. Quand il nous fait du mal, il le fait à cause de nous; quand il nous fait du bieu, il le fait à cause de lui-même. « Ce qu’iL est bon , c’est

• du sien , c’est de son propre fond , dit Tertullicn ; « ce qu’il est juste, c’est du niitre : » c’est nous qui fournissons par nos crimes la matière à sa juste vengeance : De suo optimus, de nostrojustus \ Il est donc vrai , ce que nous disions, que Dieu n’a pu commencer ses ouvrages que par un épanchement général de sa bonté sur les créatures , et que c’est là par conséquent sa plus grande gloire.

Maintenant je vous demande , le sauveur Jésus, notre amour et notre espérance, notre pontife, notre avocat, notre intercesseur, pourquoi est-il monté sur la croix? pourquoi est-il mort sur ce bois infâme? qu'est-ce que nous en apprend le grand apôtre saint Paul*? N'cst-ce pas « pour

• renouveler toutes choses en sa personne , » pour ramener tout à la première origine , pour reprendre les premières traces de Dieu son Père , et réformer les hommes selon le premier desseinde ce grand ouvrier? C'est la doctrine du christianisme : donc ce qui a porté le Sauveur à vouloir mourir en la croix , c’est qu'il était touché de ces premiers sentiments de son Père ; c’est-à-dire, ainsi que je l'ai exposé tout à l'heure , de clémence, de bonté, de charité infinie.

En effet , n'est-cc pas à la croix qu'il a présenté devant le trône de Dieu, non point des génisses et des taureaux, mais sa sainte chair, formée par le Saint-Esprit, oblation sainte et vivante pour l'expiation de nos crimes? IN’est-cc pas à la croix qu’il a réconcilié toutes choses, faisant par la vertu de son sang la vraie purification de nos

1 De Kent r. ram n* u.

1 Lphrt.i. 10. Colot. w , la

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âmes ’ ? Les hommes étalent révoltés contre Dieu , ainsi que nous le disions dans la première partie : et d’autre part, injustice divine était prête à Ica précipiter dans l’abimc en la compagnie des démons, dont ils avaient suivi les conseils et imité la présomption; lorsque tout it coup notre charitable pontife parait entre Dieu et les hommes. Il se présente pour porter les coups qui allaient tomber sur nos têtes. Posé sur faute! de la croix , il répand son sang sur les hommes , il élève à Dieu ses mains innocentes ; ■ et ainsi pacifiant le ciel et « la terre ■ , <■ Il arrête le cours de la justice divine , et change une fureur implacable en une éternelle miséricorde.

En suivant l’andacc des anges rebelles, nous leur avions vendu nos corps et nos âmes, par un détestable marché; et Dieu sur ce contrat avait ordonné que nous serions livrés en leurs mains. Dieu l'avait prononcé de la sorte par une sentence dernière et irrévocable. Mais qu'a fait le sauveur Jésus? « Il a pris, dit l’apôtre saint Paul5, l'ori- • ginal de ce décret donné contre nous , et il l’a « attaché à la croix. • Pour quelle raison? C’est afin, ô Père éternel, que vous ne puissiez voir la sentence qui nous condamne, que vous ne voyiez le sacrifice qui nous absout; afin que si vous rappeliez en votre mémoire le crime qui vous irrite, en même temps vous vous souveniez du sang qui vous apaise et vousndoucit. Ainsi n été accompli cet oracle du prophète Isaïe : * Votre traité avec « la mort sera annulé, et votre pacte avec l’enfer « ne tiendra pas : » Delebitur/crdus vestrum cum morte, et pactum veslrum cvm infemo nonstabit*. Jésus a rompu ce damnable contrat par une meilleure alliance : dès là nos espérances se sont relevées. Le ciel , qui était de fer pour nous , a commencé de répandre ses grâces sur les misérables mortels : Jésus nous l'a ouvert par sa croix.

C’est pourquoi je la compare à cette mystérieuse échcllequi parut au patriarche Jacob, • où it voyait « les anges monter et descendre s. ■ Que veut dire ceci , chrétiens? IS'est-ec pas pour nous faire entendre que la croix de notre Sauveur renoue le commerce entre le ciel et la terre ; que par cette croix les saints anges viennent à nous comme à leurs frères et leurs alliés, et en même temps nous apprennent que , par la même croix , nous pouvons remonter au ciel avec eux , pour y remplir les places què leurs ingrats compagnons ont laissées vacantes ?

Où mettrons-nous donc notre gloire, mesfrères,

* Col. 1,20.

' Ibid.

1 Ibid. Il, 11.

* It. XXVIII , I H.

1 Cen. xxviil, 12.

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