ORDONNANCES DE VISITE
▼ex- vous pas , mes sœurs , que vous n’avez qu’un seul maître, qui est Jésus-Christ, qui vous est représenté par ses ministres? C’est a lui seul et à nous , qui vous tenons sa place , à qui vous appartenez et de qui vous devez dépendre absolument : les autres vous sont donués seulement comme des secours , que l’on vous accorde simplement pour les temps où vous pouvez en avoir besoin. Si vous ne considériez que Jésus-Christ eu ees personnes , vous ne feriez point de distinctions qui ne sont pas dignes des épouses du Seigneur. Ne parlez donc plus dans ces termes, qui ressentent encore trop Ir chair et le sang : agissez d’une manière plus dégagée et éloignée de toutes bassesses. Vous êtes l’ornement de l’Église, que vous embellissez : vous en êtes les victimes saintes , qui êtes consacrées à Dieu , et profitables au public par la profession de votre institut. Je vous regarde comme des anges sur la terre, comme les épouses de Jésus-Christ, et comme les enfants de Dieu. Espérez donc miséricorde ; puisque vous êtes enfants de miséricorde , formées à la louange de la grâce de Jésus-Christ.
Voilà, mes filles, ce que j’avais à vous dire pour votre perfection, touchant le silence, l’union et la charité. Que chacune s'étudie à présent ù l'observer, et tâche de se conformer à tout ce que je viens de vous prescrire. N 'empêchez point le Saint-Esprit d'entrer en vous ; n'apportez point de résistance ni d’obstacles aux grâces qu'il a dessein de vous faire par mon ministère en cette visite. Vous me direz : Tout cela ne se fait pas d'un coup. 11 est vrai ; mais je vous répondrai qu'avec un grand désir et une volonté efficace, l'on vient à bout de tout. Travaillez-y , mes filles, souvenez-vous toujours de ces paroles que je vous ai dites au commencement de ce discours :
• Que tout homme soit prompt à écouter, et tar-
• dif à parler. » Écoutez Dieu parler au fond de vos cœurs , écoutez-le quand il vous parle par l'organe de vos supérieurs et directeurs ; enfln éeoutez-le encore parlant en la personne de votre supérieure, et surtout je vous recommande d'être tardives à parler . Aimez le silence et le repos dans l'obéissance ; et n'ayez plus qu’un seul et unique désir, qu'une seule occupation , qui est le soin de votre perfection et avancement spirituel , et de faire du progrès dans la vertu.
Monseigneur fit ensuite le chapitre, après lequel Sa Grandeur, continuant de nous instruire , nous dit les choses qui suivent :
Voici, mes chères filles, les ordonnances et les articles que j'ai dressés pour le bon règlement de cette maison. Je n'ai pas trouvé necessaire d'en faire un si grand nombre : Je me suis con-
tenté de vous en donner seulement quelques-uns à observer, que voici , vous renvoyant cependant aux ordonnances de visite ci-devant faites fort amplement, en l’année 1669, dans lesquelles j'ai trouvé toutes choses expliquées fort au long : vous observerez tout ce qui vous y est ordonné ; c’est mon intention , spécialement pour les parloirs : n'y demeurez que le temps marqué par la règle. L’on n’y demeurera pas durant l'office divin et les observances, tant que faire se pourra, ni pendant les temps et les heures du silence : l’on n'y parlera point de choses qui puissent scandaliser les personnes séculières ni les auscultatrlces. Bref, vous vous y tiendrez dans la retenue et la modestie religieuse convenables à votre état.