‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 71 sur 243 · IIS · texte numérisé non relu

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créature. Il attend, A la mettre en vous, qu'il vous trouve silencieuses. Quand II trouve notre Ame seule , dégagée des créatures et retirée avec lui tout seul , il la visite , il lui envoie ses lumières, Il répand en elle ses grâces, il lui découvre ses vérités : c'est ià qu'il nous remplit de la connaissance de nous-mêmes , et de la contrition de nos fautes. Eu ce saint silence , si nous avons besoin d’humilité, nous recevons des impressions qui nous anéantissent : nous sommes occupés au dedans de notre âme de l'esprit d’une componction intime ; Dieu nous remplit de cette sainte horreur de nous-mêmes , & la vue de nos indignités : il opère en notre intérieur de secrètes mais puisssantes convictions de nos iniquités; il nous abaisse et nous écrase comme des vers : colin , mes filles, sa bonté prend ce temps de retraite , et il l'attend pour nous occuper, pour nous éclairer, pour nous purifier et nous changer par tous ces effets de sa grâce. Dans ce saint commerce avec Dieu vous formerez des résolutions efficaces pour la pratique des oeuvres de la perfection du christianisme, qui fait la principale de vos obligations.

C'est le but où vousdevez tendre sans cesse; c’est là votre fin que vous devez toujours regarder, et non pas vous porter à rien de singulier. Il ne faut point vous proposer rien d’extraordinaire qui ressente l’élévation ; mais pourtant vous devez vous tenir disposées A vous exercer en la pratique des plus grandes vertus , si Dieu vous en donne les occasions : car bien qu'une religieuse ne doive pas se porter d'clle-même à rien d'extraordinaire , elle est cependant obligée d'être fidèle à embrasser les actes des plus grandes vertus, et de s'y porter avec fidélité quand Dieu les exigera, et s'il les demande d’elle. Le soin que vous devez avoir de votre salut et de votre sanctification doit vous rendre attentives et soigneuses de recevoir et cooserver la grâce ; mais vous ne le serez jamais si vous vous répandez trop à l'extérieur, et si vous ne vous récolligez pas.

le sais que vous êtes toutes fort occupées : il y a assez d'obéissances dans cette maison ; et votre institut vous occupe bien du temps et vous emploie beaucoup. C'est pourquoi le peu de loisir qui vous reste , employez-le à rentrer sérieusement dans le sanctuaire de votre âme ; où , sans doute , vous trouverez le Saint-Esprit. Ayez un saintempressement de vous donner A la retraite , et de faire de votre cellule un petit paradis, estimant tous les moments où vous pouvez vous y retirer, afin d’y entendre parler Dieu en vousmêmes et pour l’y écouter paisiblement; et nonseulement pour l'écouter, mais pour le posséder. Car, mes filles, ii n’est pas de ce divin objet de

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notre amour la même chose que des créatures : souvent nous aimons ce que nous ne possédons pas , et au moins ce que nous ne pouvons pas toujours posséder. Mais en Dieu nous avons ce bonbeuret ce grand avantage, de ne le pouvoir aimer sans le posséder : aussitôt que nous l'aimons, nous sommes en possession de lui-méme. Quand donc vous serez en obédience avec quelqu'une de la communauté , aussitôt préméditez tout ce que vous aurez à faire pour prendre toujours le parti du silence ; et prévoyez comment vous ferez pour le garder partout autant que vous pourrez.

Après vous être acquittées des devoirs de vos offices, estimez-vous heureuses si vous pouvez ménager le reste du temps pour le consacrer A la retraite. SI vous y êtes véritablement affectionnées, vous ne consommerez pas vainement le temps; vous n’aimerez pas à le perdre ni A le mal employer : soyez-en ménagères ; et nu lieu de le consommer A parler Inutilement après l'acquit de vos obédiences, allez le passer en votre cellule en onvrage et en silence : et IA, mes filles, occupez-vona de Dieu et de sa présence; pesez l'état que vous devez faire de ces moments qu'il vous donne pour lui parler, pour vous entretenir de lui et avec lui.

Combien précieux ces moments qui nous mettent en état d’écouter Dieu parier en nous-mêmes; Dieu qui se plaît à se communiquer à une âme, quand il la trouve dans une entière oubltanre et séparation de tout ce qui est hors de lui : Dieu qui observe et qui attend ce temps favorable pour prendre une possession intime de l’Intérieur, pour y établir son règne , et qui le dispose à ses giîjces dès que notre cœur le cherche dans la récollection véritable ; Dieu qui visite l'intime de ce cœur pour en faire son temple, sa maison vivante et animée, pour contenir son immense et Incompréhensible grandeur : Dieu qui porte des lumières dans le fond de l’âme recueillie, tantôt comme juge pour la remplir du regret de ses fautes ; tantôt comme souverain et tout-puissant, pour ta remplir du sentiment de sa présence et de sa majesté, et la former à des états d’abaissement et d'anéantissement devant lui : Dieu qui communique sa sainteté A ses créatures par des Impressions de pureté, et des désire qu'il leur donne de séparation pour les choses de la terre; Dieu qui leur confère cette même pureté, et qui les dispose A traiter familièrement avec lui , en leur imprimant une chaste crainte de lui déplaire, et les rendant amoureusement désireuses de lui plaire : Dieu qui prend une secrète possession d’une âme qu’il trouve fidèle à se séparer des vaines Joies et des vains amusements de la terre, et qui la comble de délices en lui faisant part de sa même Jeie:

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