GENEVIÈVE, RAPHAËL
GENEVIÈVE. Donnez-vous la peine d'entrer... Voulez-vous un verre d'eau, monsieur ?
RAPHAËL , gaîment. Pourquoi faire?
GENEVIÈVE. Dam ! après un pareil accident...
RAPHAËL, souriant. Laisse-moi donc tranquille avec ton verre d'eau!
SUZANNE
Air : P^audewille du Piège.
Ah ! si je sens battre mon cœur, Ce ne peut être d'épouvante...
Et, quoi^jue bixanc, en honneur.
L'avL-nture est vraiment cl)armantc!
Phis d'un aveu tendre et courtois Me fut fait par mainte conquête...
Mais c'est bien la première fois Que l'on me le jette h la tète.
C'est très-orjj^inal , et la présence de ta maîtresse est le meilleur spécifique... Mais je croyais la trouver ici.
GENEVIÈVE regardant de côté. Elle ne tardera pas.
RAPHAËL. A merveille ! [Avecrolubilité.') Et quel est son nom ? celui de son tyran ? car il y a un tyran, c'est clair I... Est-elle fille , femme, veuve , esclave d'un tuteur ou victime d'un mari?.... C'est un mari, n'est-ce pas? tant mieux... c'est mon état à moi. .. de venger ces pauvres petites femmes. Et elle a donc reçu mon billet ? elle Ta lu, elle y a été sensible?
GENEVIÈVE, d'un air composé. Monsieur, je n'ai rien à vous dire... Je suis discrète.
BAPHAEL. Pas possible!...
GENEVIÈVE. Comment?
RAPHAËL, lui prenant la taille. Tu as des yeux qui parlent pour toi... et quand nous aurons fait plus ample connaissance...
Il veut l'embrasser.
GENEVIÈVE, le repoussant. Eh bien, monsieur ! vous oubliez que ce n'est pas pour moi...
RAPHAËL. C'est juste; j'ai le malheur d'être si distrait !... et puis ta maîtresse ne vient pas. . . moi qui aime à utiliser mon temps.
GENEVIÈVE, lui présentant un siège ^ et aoex mystère. Donnez-vous la peine de vous asseoir, de vous calmer... j'vas la prévenir.
Elle lui fait signe de garder le silence, remonte vers le fond, et, h la fin du monologue suivant, reparaît avec Suzanne.
RAPHAËL, seul sur le devant de la scène. Charmant! du mystère... une petite porte, une aventure moyen âge, à réjouir tous mes amis les désœuvrés de Tortoni! Surtout, si avant de me battre, je puis mériter la vengeance du vieux brutal de Castillan qui est venu me défier! J'ai du temps devant moi... le combat n'est que dans une heure... et à tout événcmc^nt... (^Regardant par la fcnctre qui eU resiçc ouverte.) J'ai placé mou gioom J3aptiste en vedette, pour m'avortir dès que mon adversaire paraîtrait!., s'il parait... car je commence à croire que c'était une ruse pour
m'intimider... Parbleu! il a bien trouvé son homme... et je lui apprendrai... {Se retournant.) C'est elle!... c'est mon inconnue !
•GENEVIÈVE, bas à Suzanne. Je me tiendrai là... {Montrant le fond.) Et il sera bien fin s'il peut nous échapper.
Elle sort.
SCEINE XVI.