LE COLONEL, SUZANNE, GENE- VIÈVE
LE COLOIMEL, à Gcnevicoe , qui fait mine de s'éloigner. Toi, Geneviève, reste!...
( A purt. ) Cette petite pourra m'aider... car j'ai grand besoin d'être aidé... (^Toussant et s^ encourageant .) Hum ! . . . Suzanne. . . il y a une époque de la vie... où l'iiomnie doit... {A part.) Le diable m'emporte si je sais par où commencer I
SUZAN:ve, bas il Geneuièoe. C'est drôle!. .. il n'a pas l'air très-rassuré. .. est-ce que je lui fais peur?... je vais lui dire qu'il a tortl...
GENEVIÈVE , l'arrêtant. Chut'... c'est h: moment de s'observer plus que jamais.
LE COLONEL^ à part. Allons, allons!... en avant la vieille garde ! . . . {Haut.) Suzanne. . . parlez - moi... comme à votie meilleur ami... {D\ine voix émue.) Aimez-vous ce jeune homme de l'Opéra?
SUZANNE , vii>ement , a part. Moi ! ( S' arrêtant, et par .vignes. )0h. non î je vous jure.
LE COLONEL, respirant, à part. Ah!
voilà déjà une bonne avance!... (Haut.) Aimez-vous quelque antre jeune homme?
SUZANNE , à part. Un autre jeune homme... {Poussant Genevitve.) Mais parle donc, toi !
GENEVIÈVE , au colonel. Nous ! aimer des jeunes gens! fi donc, colonel!
LE COLONEL, il lui-mime. Ah I... voilà un boulet de trente-six de moins sur la poitrine!... ( Haut.) C'est qu'alors je vous proposerais... c'est-à-dire!... non... voilà... Je connais quelqu'un... (A par t.) C'est assez adroit, ça.
SUZANNE , à part. Allons I voilà qu'il s'embrouille encore...
LE COLONEL. Oui. . . quelqu'un qui a tou-
jours .eu pour vous.. . C'est d'hier seulement qu'il s'est apeicu... qu'il ne pourrait jamais vivre sans vous... Et ma foi, sans savoir si ça vous conviendrait... il a été à Paris , chez son notaire...
SUZANNE , à part. Il serait possible...
LE COLONEL. Il a fait préparer un contrat... ce qui est une bêtise !...
SUZANNE , à pa't. Mais du tout !..
LE COLONEL. Parce que s'il ne vous plaisait pas !... Mais d'une manière ou d'autre... Il avait besoin de vous a.ssurer tout son bien.
SUZANNE, bas à Geneviève. Ah !... comment ne pas l'aimer !
LE COLONEL. 11 a même aciielé la corbeille, les bijoux... ça lamusait ; et puis, pour ne pas perdre de temps... car ce n'est plus un jeune homme... ce n'est pas un viellard non plus...
SUZANNE, bas et contenue par Genes^iève. Dites donc vite que c'est vous!.... lui qui peut parler. .. C'est impudonnable I
LE COLONEL. Enfin c'est un brave garçon , un honnête homme... qui n'a m esprit, ni belles façons... maïs qui se feiait hacher en mille pièces pour vous épargner un chagrin... et le brave garçon... c'est...
SUZANNE CL part et GENEVîÈVE. C'est?
LE COLONEL. Ah! Suzanne... vous me feriez bien plaisir de deviner qui?
SUZANNE, à part. Il n'en viendra jamais à bout !
GENEVIÈVE. Pardi! c'te malice!... c'est vous, colonel ... et il y a long- temps que je m'en doutais.
LE COLONEL. Eh bien ! oui !
SUZANNE, transportée àe joie. Ah !
LE COLONEL , à Suzanne qui s'est élancée et qui coui>re sa main de baisers. Conunent? vrai, ça ne te déplaîtpas trop? tu m'aimerais un peu?...
SUZANNE, bas à Geneoitoe. Un peu! oh!
pour le coup, je vais lui dire...
GENEVIÈVE, bas et V arrêtant. N'en faites rien !
SUZANNE, bas. Quel danger... avant le mariage ?
GENEVIÈVE, bas. Ça lui fera plus déplaisir après !
SUZANNE, bas. Mais au moins, dis-lui donc, toi.
- LE COLONEL, étonné de leurs gestes, à part. Eh bien! me serais-je trompé?
GENEVIÈVE, ^oz/556r(?jyar Suzanne. Non...
non, monsieur... mainselle n'ose vous exprimer... mais du côté de ses sentimens. ,, et de la réciproque...
SUZANNE, frappant du pi^d et bas. Ah î que tu parles mal!
SUZANNE
GENEVIÈVE. Oui, colonel, certaineluenl... du côte de la réciproque...
LE COLONEL, regardant Suzanne. Taistoi, tais-loi, Geneviève... ses yeux m'en
disent bien plus que tous tes discours
et ma vie entière... [Siiù^ant les signes de Suzanne. ) Oui, oui, Suzanne... je te comprends.
Air : Kaisnns ici défense expresse.
Plus cloquent que la parole, Ton regard promet le bonheur, Et maintenant je me console Si, ponr te guérir, le docteur S'est bercé d'un espoir trompeur.
SUZANNE, choquée et bas à Geneviève.
Comment ! moi, (pai parle h merveille !... Laisse-moi lui dire à présent Combien je Taime...
GENEVIÈVE, haS.
Non, vraiment !
SUZANNE, has.
Je ne lui dirai qu'à l'oreille, {bis.')