‹ Suzanne, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 30 sur 41 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes , MARTIAL , puis M-« PI- CHARD.

MARTIAL, annonçant. IMadame Picliard .

TOUS. Madame/Pichard !

GENEVIÈVE, ba^ à Suzanne. Prenez bien garde.

SUZANNE, bas. Oh î je ne la crams plus.

LE COLONEL , gdîmeiit. Ah I nous allons avoir des grincemens de dents !... Ma foi, tant pis !

j^jme pichard entre. Maniai sort.

^mc piciiARD, d'un air composé. Pardon, cousin... je m'étais promis de ne plus reparaître chez vous... vous en savez les motifs?

LE COLONEL. Oui , oui , cousine... j'ai reçu votre lettre ; mais vous avez eu tojt de vous choquer d'une petite discussion,

ai"»* PICHARD. Oh! sans doute, M^i« Suzanne est une personne si douce , si i^^servée... ""

SUZANNE , bas à Gene^ièçe. Elle me regarde en louchant.

GENEVIÈVE , bas. Ça cache quelque trahison...

jl,me piciiARD. Ce n'est même qne pour elle que je me suis décidée à revenir sous ce toit ingrat et volage.

S\27.\^?iE., par signes. Pour moi, madame?

M""« PICHARD, d'un air pincé, Oui, ma chère.

GENEVIÈVE. Que de bonté !..

Suzanne, bas. Ça n'est pns naturel.

LE COLONEL. Suzannc vous en remer-

cie.

Suzanne lui fait une rc-vcrence.

jumc PICHARD , la lui rendant sèchement» Je l'en dispense !

Denx autres révérences de part et d'autre avec plus d'humeur et d'ironie.

LE COLO:^EL. Voyons, voyons... vous êtes là à vous piquer à coups d'épingles — Qu'est-ce qu'il y a encore, cousme Pichard ?

ujme PICIIARD. Il y a, colonel, que Thonnenr de la famille m'est cher !... que je ne puis souffrir qu'on le prenne pour un zéro en chiffre... comme était feu monsieur.... (^se reprenant) comme disait feu M. Pichard, et que dans ce moment M'*^ Suzanne avec son air d'eau qui dort... aime quelqu'un en secret.

LE COLONEL , ironiquement. Quelqu'un ?

vraiment?

]iime PICHARD. On ne parle que de ça, chez M™'^ Chabouillant...

SUZANNE, bas à Genef^ièf^e, Je crois bien î une collection de vieilles femmes!

LE COLONEL], riant. Parbleu ! voilà une nouvelle ausssi fraîche que celle qui l'ont fabriquée!... Je le savais avant vous, cousine!... oui, oui, je sais qui Suzanne aime, qui elle préfère, et j'approuve son choix... (prenant amicalement Suzanne sous son bras) par la grande raison... que c'est moi.

jj,mo PICIIARD. Vous?

LE COLONEL. Moi-même, cousinc. . ie 1 épouse I

3ime PICHARD. Allons donc... pas possible!

LE COLONEL. A cause de vos droits !.. ah ! je ne suis pas comme votre M. de Saint-Alphonse!... je ne vous ai pas signé de promesse de mariage moi, et d'ailleurs je vous ai prévenue que Suzanne.épouserait qui elle voudrait... ce n'est pas ma faute si c'est moi qu'elle veut... (^ Suzanne avec tendresse.) N'est-ce pas, mon enfant, que c'est moi que tu veux?

SUZANNE, par signes. Oui !.. oui!., vous seul!...

]nnie PICHARD, piquée. Il ne s'agit pas de mes droits , cousin. . . Mais vous réfléchirez...

LE COLONEL, s' échauffant. Du tout î „' Mme PICHARD, de mêmc. Une pareille folie !...

LE COLONEL, de même. Tant mieux !

M""' PICHARD, demême. Ce mariage n'aura pas lieu I

LE COLONEL, de même. Si fait I

M"" PICHARD, de même. Jamais!

LE COLONEL, hors de lui. Toiit ào suite •' et pour vous on convaincre. . . {à Genevièue.y (reneviève, va clierchiM- la corbeille, les cadeaux, que j'ai rapportés de Paris!.... que l'on prévienne le notaire... qu'il vienne

MAGASIN THEATRAL

vraiment?

sur-ie-cliamp!.... M"^^ Picliard pourra signer au condat...

Aitv du Galop de la Chatte (Montfort).

LE COLONEL, SUZANNE, à part, et GENEVIÈVE.

Oui Quoi Siir-lc-clianip, De ce mariage Le boni leur Enchanteur

Fait battre { '"''" ) cœur.

l sou /

Regardant M""^ Pichard.

Son de'pit Se trahit, Oh ! comme elle enrage I Doux espoir!

Dès ce soir Bravons son pouvoir.

M™e PICHARD, à part.

Q uoi ! vraiment Sur-le-champ 1 Ah! ce mariage De douleur, De fureur Fait battre mon cœur.

Mon dëpit Se trahit ; Mais calmons ma rage, Dès ce soir Mon pouvoir Trompe leur espoir.

Geneviève en sortant fait signe h. Suzanne d^elre prudente.

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