SUZANNE, GENEVIÈVE
SUZANNE , encore à genoux et soutenue par Genci'ihe. Ah ! Geneviève. ( Elle sanglote. ) Que vais-je devenir ?...
GENEVIÈVE , pleurant aussi. Ah ! ah î... Du courage , mamzelle I...
SUZANNE. Ducourage!... àquoi bon?...
maintenant qu'il me hait... qu'il me déteste...
GENEVIÈVE. Lui?... Non, maniselle. Ces hommes... ça ne veut pas avoir l'air... ça aune foule de préjugés... mais il vous aime toujours , allez.
SUZANNE. Tu crois , Geneviève?...
GENEVIÈVE. Pardi. . . . vous l'croyez bien aussi...
SUZANNE. C'est vrai!... car, au milieu de sa colère, il était tremblant... je voyais de grosses larmes... il me serrait la main, malgré lui!... mais alors pourquoi se faire du mal comme ça ? Pourquoi s'emporter ?
GENEVIÈVE. Jevous en avais prévenue...
vous avez parlé...
SUZANNE. J'ai parlé.... j'ai parlé....
qu'est-ce que ça prouve? M""^ Pi-
chard parle aussi elle; beaucoup même! .. . et ça ne lui fait rien.
GENEVIÈVE. Ce n'est pasla même chose . . .
]VJme Pichard est venue au monde comme ça... tandis que vous, c'est bien pernicieux, allez!...
SUZANNE, impatientée. Je ne peux pas vivre ainsi... car enfin , je suis accusée, et comment me défendre, comment nie justifier si je ne sais quel est mon crime. Geneviève, tu as promis de tout me dire... je l'exige, je le veux... à l'instant!...
GENEVIÈVE. Au fait... vous n'en mourrez pas...
SUZA.NNE. Qu'est-ce que l'on croit donc?
GENEVIÈVE. On croit... on croit... que ce jeune homme est votre amant !
SUZANNE. Mon amant?
GENEVIÈVE. Dam!... vous savez bien...
comme Catherine Millochau... avec Jean Pillois!... qu'elle a été obligée de quitter r pays, et que personne ne voulait plus la regarder.
SUZANNE , frappée. Comment?... Ah!
mon Dieu!... {^Avec résolution.) Se veux voir mon tuteur.... lui parler... (^AperceçanC Martial,) Ah ! Martial !...
MAGASII^ THEATRAL.