‹ Suzanne, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 37 sur 41 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

LE COLONEL, seul.

Ainsi , elle me trompait ! . . . et quand elle consentait à me donner sa main...

quand elle semblait si heureuse de ce mariage!... c'était un autre... {Il essuie une larme.) Au fait... elle ne pouvait pas m'aimer, moi!... une vieille moustache... qui n'aurais su que donner ma vie pour elle!... oh! les femmes! les femmes !... si on m'y rattrape I... {Regardant autour de lui.) Mais ce freluquet va venir... il faut cependant que je trouve quelque endroit... {Apercei^ant le cabinet à gauche dont la parle est restée entr ouverte.) Ah ! voilà mon affaire ! . . .

11^ entre.

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SCEINE XV.

LE COLONEL, dans le cabinet^

SUZANNE

SUZANNE , reparaissant à droite. Trèsbien! quand je l'aurais conduit moi-même par la main ! . . .

LE COLONEL, dans le cabinet et repoussant la porte. La porte n'était pas fermée!...

SUZANNE, à part. Comme c'est heureux !

je l'avais laissée ouverte.

LE COLONEL. D'ici je pourrai tout entendre!...

SUZANNE, à part. Je l'espère bien.

LE COLONEL. Et la perfide ne se doutera pas...

SUZANNE, à part^ souriant. Elle en est à mille lieues !...

On entend le bruit d'une voiture qui|s'cloigne et le fouet (lu postillon.

LE COLONEL, écoutant. Bon !. .. la voiture s'éloigne ! . . . on nie croit parti I . . . pour la première fois de ma vie au moins j'y ai mis toute l'adresse dont je sais susceptible.

SUZANNE, à pari. Pauvre colonel!...

quelle adresse!... ( Le menaçant du doigt.) Patience , mon cher tuteur,, . je vous rendrai une partie du chagrin que vous m'avez causé.

Elle renaonte la scène, et feint d'ouvrir la porte h. droite, comme si elle arrivait.

LE COLONEL, à part. C'est elle... immobile! au port d'armes!...

SUZANNE, haut et soupirant. Ils sont donc partis!... me voilà seule, abandonnée!... oh! non!... celui que j'aune par-dessus tout.... {jetant un regard sur le cabinet ) est encore près de moi#

LE COLONEL , à part. Je pourrais m'en aller à présent... Je sais parfaitement à quoi m'en tenir!., mais non, je suis retenu là pieds et poings liés.

SUZANNE. Voudra-t-il me comprendre ?

ma voix pourra-t-elle arriver jusqu'à lui?

LE COLONEL , ému. Il faudrait qu'il fût bien Kalmouck! c'est qu'elle est trèsagréable sa voix... je n'avais pas eu le temps de remarquer. . .{Ecoutant.) Ah! . . on ouvre la petite porte du jardin !

SUZANNE, à part. C'est vrai!., ces jaloux ont-ils l'oreille fine !

LE COLONEL. C'est lui sans doute.

SUZANNE , à part. Le cœur me bat !

LE COLONEL , à part. Je sens comme une glace!..

ENSEMBLE

Air : Déicide ma blonde quenouille. (Grisar.)

De fureur comment se défendre?

Chaque pas que je crois entendre,

Me répond \h !

Son cœur tout bas lui dit déjà Qu'il va venir... oui, le voilh !

11 va venir ! oui. le vollh !...

SUZANNE

D'effroi, je ne puis me défendre.

Chaque pas, que je crois entendre,

Mc! répond là !...

Mon cœur tout bas'rae dit déjà Qu'il va venir... oui, le voilà!..

11 va venir!., oui, le voilà !

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