‹ Suzanne drame en six actesChapitre 25 sur 58 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

les mêmes, ELISABETH, puis CONTRAN.

Elisabeth. Qu'as-tu donc, Suzanne?... i comme tu es émue!

suzanne. Moi, par exemple !

Elisabeth. Mais vous aussi, Bas i no.

■ asine, essayant (le, rire. Moi... Ah! c’ie idée!...

suzanne, toute troublée. Ah! jo dois dire à Elisabeth... [Haut.) C’est que...

■asine. vivement. C’est que. . manuelle me grondait de ce que je reste toujours trop longtemps dans mes courses... N'est-ce pas, manuelle?

Suzanne, troublée. Oui.... (À part.) Pour cclta fois... mais si elle recommence...

ELisAREtn. Où vas-tu donc, Suzanne?

suzanne. Je., je... crois que papa m’appelle...

Élisabeth . Mais non...

basine. Si... si... mamzclle...

SUZANNE, entrant ches Imbert, à gauche.

Là! tu vois bien.

SUZANNE

Élisabeth. Ah çà. mais, je suis donc bien sourde aujourd’hui?

basine, à part, entivmt <1 droite. Nous verrons... plus tard!

Elisabeth. Qu’ont-olles ilonc toutes deux?

C'est singulier! (Prenant sa braderie et s’asseyant à droite.) Voyons vite! léchons de finir aujourd'hui mes pantoufles .. C’est qu'elles sont très- jolies... nous verrons si monsieur mon père n'est pas content.

contran, sur le seuil, au fond. Seule!.,.

Élisabeth. M. Contran!..

(Elle se 1ère.)

oontban. Pardon, mademoiselle... M. Imbert...

Élisabeth. Il est ici, monsieur... et je

vais...

Contran. De grâce!... ne le dérangez pas!

j'niiciidrai qu'il soit libre...

Élisabeth. Mais...

Contran. Ou je mo retire. (Silence.) Je venais...

lusARRTn. Vous veniez...

Contran. Mademoiselle Suzanne se porte bien ?

Élisabeth. Parfaitement... Vous veniez.. .

oontban. La délicieuse broderie!

élisabetii. C'est pour mon père, monsieur!

Contran. Digne père!... dignes enfants!...

O» cherche partout la probité... c’est chez M. Imbert qu'elle se cache.

Élisabeth. L'honnêteté, monsieur Contran, n'est pas une vertu... c’est un devoir... et pour quelques billets de banque trouvés et rendus, mon père, à mes yeux, n’a fait qu’une chose toute naturelle.

contran. D'accord!., mais peu commune, et c'est l’avis de mon oncle, qui, ce matin même, a insisté pour savoir votre adresse.

élisabktii. Et vous veniez prévenir mon père...

Contran. Oui... non... Tenez, mademoiselle, jo ne sais nas mentir... c'est vous seule que je désirais rencontrer.

éusadbth. Mot... et pourquoi, monsieur?

Contran. Parce que... Bon... à présent je ne peux plus trouver un mot... et tout à I heure, un venant ici... je préparais des phrases» perte de vue...

Élisabeth. Mais je ne vous comprends pas....

contran. Mon Dieu! mademoiselle, si me compreniez seulement un peu, Ma irait tout seul.

Élisabeth. Comment?

gontran. Cela m'encouragerait...

ÉLISABETH. A quoi?

contran. A vous faire un aveu. * élisabeiu. Un aveu ?

contran. Que depuis six mois jo jure de vous faire tous les jours...

Élisabeth. Monsieur...

contran Oh! ne me regardez pas ainsi, mademoiselle, ou je ne pourrai pas continuer, ot vous ne saurez jamais que je vous aime...

Élisabeth. Que dites-vous?

oontban. Que mon bonheur dépend de vous, Elisabeth.... Voulez-vous devenir ma femme? ( Silence .} Eh quoi! pas un mot!

Vous ne répondez même pas.

Élisabeth. Ce n’est pas à moi à vous répondre, monsieur! il y a ici quelqu’un qui seul en a le droit. (Ouvrant la porte du robinet de gauche.) Venez, mon père!

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