‹ Suzanne drame en six actesChapitre 30 sur 58 · IMBERT, M"* GERSON · texte numérisé non relu

IMBERT, M"* GERSON

imbert. Qui êtes-vous, et que voulezvous, madame ?

H"' gerson. Monsieur...

imbert. Expliquez-vous!... j’attends!

m*** gerson. Monsieur, pardonnez-moi !...

Dieu sans doute a amene hier ces enfants auprès de moi... Oh oui. Dieu... il y a si longtemps que je lui demande la grâce de me faire retrouver mes tilles.

imbert. Vous avez des filles, madame? elles sont heureuses, celles-là... les miennes n'ont plus de mère.

m"* gebson. Par pitié !

imbert. Plus do mère... c'est-à-dire une enfance livrée à des soins mercenaires...

pour toutes leçons, les rudes conseils d’un père dont le chagrin a aigri le cœur...

pour toute surveillance, la fidélité douteuse d'une servante, leur unique compagne.

m"* gebson. Ah! c’est affreux!

imbert. Oui. n’est-ce pas?... mais cela est ainsi... et il faut que cela soit... Pars, chaque matin, malheureux! quitte tes enfants.

Si lu veux qu’ils vivent... va leur gagner le pain du jour !

m u ” gebson. Oh ! monsieur... une horrible action... une infamie... un vol dont je repousse la pciuéo et la honte.

imbert. Ah!.., Mais, vous ne me dites pas ce que vous voulez, madame?

M“ r gerson. Ce quo je veux... je no le sais plus... Accablez-nioi de votre colère. . de votre indignation... Foulez aux pieds l’épouse coupable... mais grâce... grâce pour la mère!...

imbert. Grâce pour la mère!... mais c'est co nom qui le condamne, malheureuse... Il s'agit bien de l'épouse : que m'importe cette femme?... Elle m'a trahi, je la méprise, et je l’oublie... Mais la mère... est-ce que je peux l’oublier? est-ce que son inconduite ne pèsera pas sur toute la vie de ses hiles ?

M 1 ** gerson. Ah 1 taisez-vous!... taisezvous I

imbert. Oui, c’est du front déshonoré des mères coupables que l’opprobre rejaillit sur la tête des enfants.

m"' gerson. Mon Dieu!...

imbert. Votre passé peut ruiner leur avenir.

m™* gerson. Ah! malheureuse!

imbert. Et vous avez osé. madame, venir «lins cette maison... Vous êtes mono pour nous... Vos filles vénèrent votre mémoire...

Ne me remerciez nas... c’est pour elles que je l’ai fait... Je nai pas voulu que le premier sentiment qui germât dans ces jeunes cœurs filt une pensée d’horreur pour ce qu’il y a de plus pur et de plus saint au monde... le souvenir d’une mère... Sortez, madame.

m"* gerson. Eh quoi! monsieur, sans les revoir... sans les embrasser !...

imrebt. Sortez, madame.

m"* gebson. Mais vous me tuez, monsieur.

IMBERT. Sortez!

si"* gerson. Ahl vous êtes cruel, monsieur... prenez garde ! Dieu vous punira!

imbert. Les colères de Dieu, madame, ne sont pas pour les pères qui travaillent pour élever et nourrir leurs enfants, mais pour les mères qui les abandonnent.

slzanne, entrant. Quoi donc?

Élisabeth, entrant. Qu’y a-t-il?

imbert, s’inclinant vers J/** Gerson qui se dirige vers la porte, tout en regardant les deux jeunes fille*. Je vous salue, madame!

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