SCÈNE VII
les MEMES, M"* GERSON.
M m * gerson .joyeuse, ù Fontenaille. Comment, est-il possible! vous avez envoyé Gontran chercher... Ah! merci, monsieur!
merci ’
imrert, à part. Elle !
fontenaille. Oui. j’ai changé d’avis...
Est-ce que jo ne suis pas mon maître?
n* e gkrrok, à la vue d’Imbert. Lui !...
fontenaille, la présentant à Imbert.
M 1 ** Gerson... une excellente amie... l’avocat de Contran... [La regardant.) Mais qu’avez- vous donc?
m-» gerson. Rien!...
fontenaille. Si fait... vous êtes pâle...
agitée...
imrert* à part. Elle ici... dans celte maison !
fontenaille. Parbleu, n’allez pas tomber malade avant le mariage de votre protégé.
imrert. Ce mariage, monsieur* est impossible.
ai"' gerson, à part. Que dit-il?
fonte* ville. Est-ce que vous allez encore recommencer, affreux entêté!
imrkrt- Ivcoiitez-jaoi, et vous aussi, madame. vous n êtes pas de trop (Appuyant ) Vous jugerez aussi, madame, si ma bile
peut entrer dans la famille do monsieur
On me croit veuf, c’est une erreur acarédi léo par moi-niêrue... J. a mère de mes filles n’est i>as morte.
FONTENAILLE. Ollt
ixiUT. Mcf enfants étaient encore au berceau quand leur mère abandonna le mai.- u u pour suivre un indigna o tuant-
FONTEXAILLE. Et depuis?...
ixbert. Je ne l'ai jamais revue... Les pauvres petites me demandaient leur mère.
Je leur ai dit: Elle est morte... et elles ont prié pour elle 1
fontenaillk. En effet, ceci est grave! Ce n’est pas que je vous considère comme déshonoré. par exemple! ..A mon avis, dans ces sortes d'affaires, le déshonneur est pour la femme... Mais celte mère qui peut, d'un jour à l'autre, nous tomber de... je* no sais où... C'est terrible I je vous demande un million de pardons de vous dire des choses comme ça... Mais...
ixbert. Allez, monsieur, allez, j'ai mon calice de chaque jour.
fontexaille. Ah! voilà le danger... C’est cette question de belle-mèro.
x m * gerson. Eh ! qui vous prouve que, dans la faute de cotte femme, dans son crime, si vous voulez... il n’v a pas eu plus de malheur, plus de fatalité./.
fontexai li.e. Jo ne vous dis pas le contrairtî-.. liais qu'est ce que cela me fait à moi? l,a chose n'en existe pas moins.
x- gersox. Ehl mon Dieu!' cette femme, elle pouvait peut-être, si elle l'eut voulu, rester près do ses enfants, conserver l'estime du monde, l'estime même de son mari.
Que fallait il pour cela? Feindre une conscience câline, une conduite sans reproche, tromper, mentir, être deux fois infâme!
fontexaille. Certainement, j'en vois tous les jours.
X"* gersox. El, parce qu'elle a préféré la fuite à une dissimulation honteuse, vous n’avez pas de pitié pour elle.
fontexaille. Là... là... calmez-vous, chère madame Gerson... par goût et par habitude, je ne suis pas un don Quichotte de vertu... mais que voulez-vous?... jo ne marierai pas tous les jours Contran... et la position plus qu'équivoque do celle mère. .
ixbert. Vous voyez, madame.
fontkn aille. Parbleu I si j 'étais sûr qu'elle ne revînt jamais...
m— gersox. Eb! monsieur... quand elle reviendrait... le bonheur de ses enfants avant tout! Quelle que soit cette femme...
si bas qu'elle soit tombée... elle est mère... Quand celle femme. . peut-être moins méprisable qus vous le supposez, aura compris que, pour assurer l'avenir, le bonheur de ses enfants, elle doit renoncer à les embrasser, à les voir même .. elle obéira, elle se résignera, non sans désesboir, mais sans murmure... Elle partira, cl personne, personne, entendez -vous bien? ne saura ce qu'elle est devenue... qu’un jour... un seul ou sa dernière volonté fera savoir à l'homme qu'elle a offensé, que désormais il ne mentira plus on disant à ses tilles : Votre mère est morte!
fontexaille. Oh! les femmes! comme elles se soutiennent!... c'est que vraiment je ne trouve pas grand'ebose a répondre à tout cela. [A Imbert.) El vous?
ixbert. Moi, ma réponse?...
m*' gerson. Prenez garde, monsieur! en échange du son sacrifice, celle femme....
cette mère pourrait vous dire un iour :
Vous aviez tous les droits et vous n'aviez lus qu’un devoir, celui d’assurer le boneur de mes enfants..,. Qu'en avez-vous fait?
fontexaille, à Imbert. Elle a raison!.,.
Ali t ipa foi!.,, je passe par là-dessus!... Et vous aussi?
ixbert, à mi-voix. Moi!... eh bien!...
füxtenaille. Eh bien ! vous le voyez, vous êtes de mon avis. Si celle femme* revient, vous la verrez, madame Gerson ; vous
SUZANNE
lui direz.... tout ce que vous venez de nous dire... et, ma foi, si elle n’est pas convaincue....
x“* gerson. Monsieur Fon tenaille, merci pour la mère... {A Imbert.) Merci, monsieur, our la femme coupable. [A part.) Elisaeth, ma tille... mariée, honorée, respectée de tons, heureuse. (Jrec joie eu sortant.) Heureuse, grâce à moi! Qu’importe si j’en meurs ! {Elle sort à gauche.)
fontexaille, a Imbert. Brave coeur !...
quand vous la connaîtrez comme moi, vous serez les'meilleurs amis du monde.
le domestique, entrant. Il y a là une personne qui dit avoir rendez-vous avec monsieur.
fontexaille. Ali! oui. je sais... Pardon, mon cher linberl, quelques minutes seulement et ic suis à vous, car nous avons eucore diablement à causer tous les deux.
(Ali domestique.) Faites venir. [A Imbert.) Et vous, rentrez là dans mon cabinet... Il y a d'excellents cigares, ne vous gênez pas I...
ixbert, à port, sortant à droite. Ah ! elle encore I... dans ma vie!